Série « La psychologie peut vous aider » : L’épuisement professionnel

Qu’est-ce que l’épuisement professionnel (burnout)?

Vous vous êtes probablement dit un jour ou avez pensé à un certain moment de votre vie : « Je suis en burnout! » Dans la vie quotidienne, nous utilisons souvent le terme « burnout » lorsque nous souffrons d’épuisement physique ou émotionnel, ou que nous n’avons plus de motivation, souvent à la suite d’un état de stress ou de frustration prolongé. Néanmoins, dans un contexte de recherche en psychologie, l’épuisement professionnel se ne limite pas à la fatigue. Le terme épuisement professionnel est utilisé afin de décrire un ensemble de signes et de symptômes qui se produisent habituellement simultanément et qui sont causés par un environnement de travail où le stress apparaît de façon chronique. L’utilisation du mot « burnout » dans ces différents contextes peut prêter à confusion et rendre la compréhension de l’épuisement professionnel plus difficile. De plus, l’épuisement professionnel est défini dans la onzième révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11) non pas comme un trouble ou comme une maladie, mais comme un « phénomène » dû aux conditions de travail.

Dans la CIM-11, l’épuisement professionnel est un « syndrome conceptualisé comme résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été correctement géré. Trois dimensions le caractérisent :

  1. Un sentiment de manque d’énergie ou d’épuisement;
  2. Un retrait vis-à-vis du travail ou des sentiments de négativisme ou de cynisme liés au travail;
  3. Une perte d’efficacité professionnelle. »

L’épuisement professionnel « fait spécifiquement référence à des phénomènes relatifs au contexte professionnel et ne doit pas être utilisé pour décrire des expériences dans d’autres domaines de la vie ».

Les chercheurs ont identifié l’épuisement, le cynisme et l’inefficacité comme trois dimensions essentielles de l’épuisement professionnel. Nous sommes tous exténués de temps en temps, mais si vous souffrez d’épuisement professionnel, l’épuisement se fait oppressant : vous vous sentez fatigué, presque en permanence, à la fois physiquement et émotionnellement. Vous pouvez aussi ressentir plus de détachement ou de distance par rapport à votre travail, ou avoir beaucoup de pensées négatives ou cyniques envers celui-ci. Il se peut que vous vous aperceviez que vous détestez un travail qui, auparavant, vous passionnait, et ce manque d’implication peut en lui-même vous faire ressentir de la frustration. Il peut également être plus difficile de travailler : vous pourriez ressentir une baisse d’efficacité (la capacité de produire le résultat désiré ou attendu) et une baisse de productivité, d’accomplissement ou de la capacité de satisfaire aux exigences de travail. Les difficultés semblent insurmontables et les effets se font ressentir jusque dans la vie personnelle.

Il est important de se rappeler que l’épuisement professionnel n’est pas qu’un problème individuel. L’épuisement professionnel est le résultat de facteurs multiples qui proviennent de l’environnement de travail. Nous vivons du stress lorsque les exigences de travail (tant sur le plan physique, émotionnel ou autre) excèdent les ressources dont nous disposons. Il faut s’imaginer un feu de camp : s’il n’y a pas de bois à mettre dans le feu et qu’il pleut à verse, il va être difficile de garder le feu allumé.

Personne ne choisit ou ne désire souffrir d’épuisement professionnel. Tout le monde préférerait se sentir impliqué et avoir assez de ressources pour faire face aux exigences de leur travail et dans la vie de tous les jours.

Comment savoir si vous souffrez d’épuisement professionnel?

L’épuisement professionnel apparaît de façon insidieuse; c’est-à-dire qu’il se manifeste graduellement avec le temps.

L’épuisement professionnel s’installe à cause du stress lié à l’environnement de travail. Lorsque les exigences de travail l’emportent sur les ressources disponibles, les travailleurs ressentent du stress. Quand ce stress perdure, ou qu’un stress s’installe sur le lieu de travail de façon chronique, les travailleurs risquent l’épuisement professionnel. Il arrive que les personnes qui sont aux prises avec l’épuisement professionnel remarquent des changements affectant leurs pensées, leurs comportements, leurs émotions, leur motivation et leurs sensations physiques. Quelques signes et symptômes associés à l’épuisement professionnel sont présentés ci-dessous.

Émotions et motivation Pensées Comportement Sensations physiques
Perte de motivation au travail, peu d’enthousiasme et d’intérêt

Baisse de la satisfaction au travail

Irritabilité, frustration, colère

Anxiété, inquiétude, sentiment d’insécurité

Sentiment d’être seul au monde, envie de s’isoler

Sentiment d’incompétence et d’échec, baisse de la confiance en soi

Pensées négatives liées au travail

Plus grande focalisation sur les défauts, les erreurs, et les échecs

Cynisme à propos des ambitions des autres

Attitude plus distante et augmentation du détachement à propos du travail

Attitudes négatives ou inappropriées à l’encontre de la clientèle ou des collègues

Perte d’idéalisme, intention accrue de quitter son emploi

Problèmes de concentration, de mémoire, de jugement et difficulté à prendre des décisions

Difficulté à produire les résultats escomptés au travail

Baisse de productivité ou de rendement, inefficacité

Procrastination

Retrait et isolement social

Absentéisme ou présentéisme

 

Fatigue persistante et épuisement, sentiment d’être fatigué la plupart du temps, baisse d’énergie

Douleurs (p. ex., maux de tête, de dos, muscles endoloris)

Plus grande vulnérabilité aux rhumes, aux grippes et aux infections

Troubles du sommeil (p. ex., difficulté à s’endormir ou à rester endormi, réveil matinal précoce)

Symptômes gastro-intestinaux (p. ex., problèmes digestifs, ulcères), côlon irritable (p. ex., douleurs abdominales, crampes), modification de l’appétit ou du poids

Problèmes cutanés (p. ex., urticaire, eczéma)

 

L’épuisement professionnel peut être confondu avec d’autres problèmes de santé mentale et de troubles liés au stress, comme les traumatismes psychologiques, les troubles de l’humeur tels que la dépression majeure et les troubles anxieux. Pour obtenir un complément d’information à propos de ces troubles, consultez les fiches d’information associées à chacun d’eux au https://cpa.ca/fr/lapsychologiepeutvousaider/.

Quelles sont les causes de l’épuisement professionnel?

Différentes causes sont invoquées pour expliquer l’épuisement professionnel, mais la plupart des chercheurs s’entendent pour dire que le stress chronique au travail est un facteur déterminant. L’épuisement professionnel a plus de chance de se manifester quand les exigences de travail l’emportent sur les ressources disponibles.

Les chercheurs s’accordent aussi pour dire que certains facteurs individuels et situationnels peuvent contribuer au développement de l’épuisement professionnel ou augmenter la possibilité qu’un individu en souffre.

Plusieurs facteurs de risque contribuant à l’épuisement professionnel ont été mis en évidence :

Facteurs de risques individuels

  • Faire preuve de perfectionnisme dans tous les aspects de son travail, sans tenir compte des priorités;
  • Donner trop d’importance au travail (p. ex., avoir son travail comme unique préoccupation);
  • Faible estime de soi, rigidité cognitive, instabilité émotionnelle et lieu de contrôle externe;
  • Difficultés personnelles qui peuvent perturber l’équilibre entre travail et vie personnelle (p. ex., avoir des responsabilités familiales importantes);
  • Avoir de la difficulté à fixer ses propres limites (ce qui conduit à un déséquilibre entre travail et vie personnelle);
  • Avoir des attentes élevées envers soi-même et une très grande conscience professionnelle;
  • Avoir de la difficulté à déléguer ou à travailler en équipe dans un environnement stressant;
  • Avoir des stratégies d’adaptation inadéquates (dépendance, faible capacité de gestion du temps, grand besoin de soutien, habitudes de vie malsaines, relations interpersonnelles difficiles);
  • Avoir une personnalité de type A ambitieuse, très compétitive et qui a besoin de contrôler.

Facteurs de risques situationnels

  • Surcharge de travail;
  • Manque de contrôle et incapacité à participer aux décisions quant à la manière dont le travail doit être fait;
  • Récompenses et reconnaissance insuffisantes (p. ex., compensation financière, estime, respect), ce qui peut être dévalorisant et accentuer le sentiment d’inefficacité;
  • Relations de travail toxiques, caractérisées par des conflits non résolus, un manque de soutien psychologique, une mauvaise communication et le manque de confiance;
  • Injustices, impolitesse ou manque de respect qui peuvent mener à du cynisme, de la colère et du ressentiment;
  • Conflit de valeurs au travail, quand il existe un fossé entre les valeurs personnelles et les valeurs de l’organisation, ce qui peut causer du stress lorsque les employés doivent faire des compromis entre leurs croyances et le travail qu’ils doivent accomplir;
  • Les responsabilités mal définies, les rôles ambigus et les horaires difficiles ont aussi été reconnus comme stressants lorsque la situation perdure.

Comment aider les personnes qui souffrent d’épuisement professionnel?

La meilleure façon d’appréhender l’épuisement professionnel consiste en une approche multidimensionnelle qui met l’accent à la fois sur la capacité des individus à se soigner eux-mêmes ainsi que la réduction des facteurs de stress dans l’environnement de travail.

L’intervention en matière d’épuisement professionnel devrait se concentrer à la fois sur :

  • L’individu (p. ex., améliorer les ressources psychologiques offertes aux employés, les aider à développer des stratégies d’adaptation, leur fournir l’occasion de se reposer et de prendre des répits lorsqu’ils le demandent et favoriser des stratégies permettant aux personnes de se soigner elles-mêmes);
  • L’environnement (p. ex., modifier le contexte professionnel et réduire les sources de stress, en particulier celles qui sont liées aux exigences de travail).

Les recherches sur les stratégies d’intervention individuelles sont plus nombreuses que celles qui portent sur l’environnement de travail ou les organisations. Néanmoins, les recherches montrent l’importance primordiale des facteurs situationnels et indiquent que les interventions basées uniquement sur les individus ne suffisent pas à combattre l’épuisement professionnel grave. Il est aussi important de considérer les facteurs de stress liés à l’environnement de travail et d’y remédier.

Comment prévenir et gérer l’épuisement professionnel?

Pour les individus

  • Modifier son rythme de travail (p. ex., travailler moins, prendre davantage de pauses, éviter les heures supplémentaires);
  • Développer des stratégies d’adaptation (p. ex., gestion du temps);
  • Améliorer ses aptitudes en matière de relations interpersonnelles (p. ex., affirmation de soi et résolution de conflits);
  • Prendre soin de soi (faire de l’exercice, manger sainement, dormir suffisamment);
  • Faire de la relaxation, de la méditation ou des exercices de pleine conscience;
  • Obtenir l’appui de ses proches (collègues, famille);
  • Changer sa façon de percevoir le travail (p. ex., entreprendre une thérapie cognitivo-comportementale);
  • Améliorer sa connaissance de soi par la psychothérapie;
  • Améliorer son intelligence émotionnelle (p. ex., conscience de soi, autorégulation de ses émotions, et autres prises de conscience).

Pour les organisations

  • S’assurer que les employés ont une charge de travail soutenable et facile à gérer, où les exigences sont réalistes;
  • Solliciter l’implication des employés dans les décisions qui touchent leurs tâches pour qu’ils se sentent autonomes, en contrôle et aptes à trouver les ressources nécessaires pour effectuer leur travail de manière efficace;
  • Savoir reconnaître et récompenser le travail bien fait;
  • Favoriser un environnement de travail où les employés ont des relations enrichissantes et du soutien. Favoriser la communication et la résolution de conflits pour que les employés puissent gérer leurs désaccords efficacement;
  • Élaborer au sein de l’organisation des politiques justes et équitables. Traiter les employés avec respect;
  • Définir les valeurs de l’organisation, les objectifs et les exigences de travail;
  • Promouvoir des habitudes de vie saine (autant sur le plan de la santé physique que mentale) et les bienfaits de l’activité physique.

Comment les psychologues peuvent-ils aider les personnes qui souffrent d’épuisement professionnel?

Les psychologues sont en mesure de faire de la sensibilisation à propos de l’épuisement professionnel en milieu de travail (avec les dirigeants et les employés), pour qu’ils le comprennent et sachent comment le gérer efficacement, et ce, grâce à des ateliers conçus pour l’ensemble des employés ou pour les dirigeants, ainsi que par des séances de perfectionnement.

Les psychologues sont également formés pour faire des évaluations psychologiques afin de déterminer si un individu souffre d’épuisement professionnel et pour trouver un moyen d’y remédier. Les psychologues sont capables de déterminer, au sein des organisations, les facteurs contribuant au stress et à l’épuisement professionnel.

Les psychologues ont la capacité de vous aider à développer vos habiletés personnelles, notamment, des stratégies d’adaptation, de gestion du temps et d’autorégulation de vos émotions. Les psychologues sont à même d’aider les organisations à mettre en place des programmes afin d’améliorer l’engagement des employés, de réduire leur stress et de prévenir l’épuisement professionnel.

Les psychologues font de la recherche pour nous permettre de mieux comprendre l’épuisement professionnel et de développer les meilleures stratégies de prévention et de traitement.

Enfin, les psychologues sont là pour défendre les personnes qui souffrent d’épuisement professionnel.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations de psychologues, qu’elles soient provinciales, territoriales, ainsi que certaines associations municipales, peuvent vous orienter vers des services psychologiques. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

Vous pouvez trouver de l’information supplémentaire et des ressources gratuites sur la santé mentale au travail et sur l’épuisement professionnel au :

 

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Melanie Badali, psychologue agréée exerçant à la North Shore Stress and Anxiety Clinic, et par la Dre Joti Samra, psychologue agréée, ainsi que chef de la direction et fondatrice de « MyWorkPlaceHealth ».

Date : 17 mai 2021

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur cette fiche ou sur les autres fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous à l’adresse courriel : factsheets@cpa.ca.

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“Psychology Works” Fact Sheet: Preparing for an Interview

What to expect from an interview

A job interview is a social interaction between two or more individuals, (1) interviewer(s), and (2) a job applicant. Before an interview, it is likely that the interviewer and the job applicant know very little about each other. They have likely never met before, and the majority of the information would have come from the applicant’s resume, a pre-interview test results, or some initial correspondence via email or telephone.

As such, the interview process is a tool to gather additional information so both parties can make an informed decision about whether they want to continue or start an employment relationship.

For example, the interviewer is trying to assess two key “elements of fit”:

  • Person-job fit: based on skills and experience, is the applicant qualified to perform the duties of the position?
  • Person-organization fit: based on personality and values, will the applicant be a good fit with the company’s values, culture and preferences or interest?

At the same time, the applicant is trying to understand whether they will feel comfortable in that job/position and happy working for that organization, so they are also assessing the organization as a potential partner for this employment relationship. To promote themselves as a great place to work, the organization may highlight positive aspects about the job, the working conditions, and other organizational benefits during the interview.

During an interview, there is often some embellishment on both sides. For a job applicant, there is an incentive to put your best foot forward, which can lead to exaggeration or dishonesty about your skills or experience. In the same way, some organizations may embellish about the position, organization or benefits in order to recruit the best potential candidate.

Finally, there is a time element on all of this. There is a lot of information being shared in usually less than an hour. So there are cognitive demands on both sides to do a lot of things in a very limited amount of time.

Interviews can vary in a number of different ways, including format, interviewer(s), and medium:

Format

Type Brief Description Pros Cons
One-to-One One internal interviewer from the hiring organization Most common type of interview, making the format more predictable Singular perspective/assessment; more potential for bias
Panel Multiple interviewers from the hiring organization More diverse perspectives/less bias, can share tasks and responsibilities among interviewers More cognitively demanding for applicants to interact with multiple interviewers
Group Multiple applicants interviewing at the same time with one or more interviewers (e.g. for large organizations) Cheaper for the hiring organization; chance to “check” the competition for applicants May be more stressful for the applicant; fewer opportunities to put “your best foot forward” when being assessed alongside other applicants
Serial Back-to-back interviews at the same organization but with different interviewers Opportunity to gather different perspectives for the hiring organizations. Chance to meet with more people to assess the company for the applicant Cognitively demanding for the applicant; can be confusing as to who/what you said in each interview; requires a lot of preparation

 

Interviewer(s)

Type Brief Description Pros Cons
Supervisors/Colleagues Future supervisor or potential colleagues Opportunity to highlight in-depth expertise and background  (e.g. use of jargon and/or technical terms) Not always interview experts, which can lead to  interview being conducted in a very unstandardized way or introduce different types of bias
HR Professionals/

I/O Psychology Consultants

External professionals with expertise in interviewing/HR processes Expertise in how to conduct and/or design fair and appropriate interview assessments; more structured, less bias Not experts in the job/subject matter, so language needs to be adapted (avoiding jargon and/or technical terms)

 

Medium

Type Brief Description Pros Cons
In-person Face-to-face meetings between interviewer and candidate More room to clarify/expand on answers; opportunity to develop rapport and give-off a great impression using non-verbal cues Heightened pressure/interview anxiety; difficulties with scheduling and more costly
Phone Interview over the phone May mitigate some interview anxiety; eliminates geographic distance Less time to “sell yourself”; difficulties building rapport, zero non-verbal element
Synchronous Video Live/video-conference interview Similar to in-person, but more flexible and cheaper/easier to schedule Risk of technical issues, poor internet connection, limited non-verbal elements
Asynchronous Video Recorded video format Most flexible option (can complete where and when you want). Very standardized and thus fair by default Risk of technical issues, no interaction with an interviewer (so no verbal or non-verbal feedback), no opportunity to probe or follow-up

What kinds of questions can be asked?

(1)   Traditional / Popular

  • Examples: “what is your main weakness?” what is your main strength? where do you see yourself in 5 years? why should we hire you?”
  • Reatively easy to prepare because they are quite generic (a quick “google” to find most common questions should do the trick!)
  • Can be considered as poor/sub-optimal interviewing techniques

(2)   Knowledge-based

  • Examples: “what is the best technique to deal with…”
  • Focused on job-specific questions, such as tools, techniques, methods, concepts, etc.
  • As an expert in the field, you should have the background and expertise to answer these types of questions quite easily

(3)   Past-behavioural

  • Example: “tell us about a time when you’ve dealt with/experienced….?”
  • Based on actual behaviour – asked to reflect on what you have done in the past, ideally in a workplace or school-based context, to demonstrate whether you possess job-relevant skills or abilities
  • Aims to assess if you have specific skill(s) such as leadership, communication, problem solving, time management and stress management – the question is often matched to the type of skill they are trying to assess.
  • Can be considered as a “best practice” for interviewing

(4)   Situational

  • Example: “imagine that you are working in…?”
  • Based on intentions – aims to assess similar skills as past-behavioural questions by asking how you would handle a specific, hypothethical workplace situation/issue
  • May include some kind of dilemma or challenge you to decide between two or more potential alternatives to solve a problem
  • Usually includes a lot of details to create a specific context, including what the problem is, what you resourcing constraints are, etc.
  • Can be considered as a “best practice” for interviewing

(5)   Brainteasers

  • Example: “why are manhole covers round? how many ping pong balls can you put in a Boeing 747?”
  • Not looking for the right answer, but instead, aims to assess your cognitive/problem-solving processing: how do you react to this weird situation where you have a bit of pressure on you? What kind of logic you do follow?
  • Can be considered as poor/sub-optimal interviewing techniques

How to prepare for an interview

(1)   Try to identify the “selection criteria”

  • Selection criteria is what the company is looking for – what are the skills, abilities experiences qualifications that they want to assess in this interview?

How and where?

  • In the job ad → Role description and required qualifications, skills, or experience
  • On the company (career) website → Culture, values, etc.
  • Reaching out to connections within the organization
  • Using online job descriptions

(2)   Demonstrate how you can match the selection criteria

  • Identify potential questions and find a relevant experience

(3)   Use the STAR technique

When asked to describe a past experience or emphasize qualifications

  1. Situation – What was the context, when did it happen, what problem did you face?
  2. Task – What was your role, position, or responsibilities (e.g., leadership)?
  3. Action – How did you react, what action did you take, what decision did you make?
  4. Result – What was the result or outcome for you, your team, or your organization?

(4)   Use honest impression management tactics

What does that mean?

  • Present your skills, abilities, and experiences in a true but positive light
  • Emphasize how your beliefs, core values, or personality align with the interviewer’s or the organization’s
  • Take responsibility of your past errors or failures, but explain what happened, and describe how you learned from these experiences (e.g. providing contexting, such as COVID-19)

(5)   Apply effective coping strategies to manage interview anxiety

Use…

  • … emotion-oriented coping strategies (e.g., share your anxiety with others, like friends, family members, partners, colleagues)
  • … or problem-oriented coping strategies (e.g., practice, use breathing techniques)

Adapting to video interviews

As more and more businesses shift to a remote or hybrid working format, a lot of interviews are moving from in-person to video or technology mediated.

Video interviews come in two key formats: (1) synchronous video interviews (SVIs) using tools (e.g. zoom, skype), or (3) asynchronous video interviews (AVIs) using a platform where you actually are invited to go online and answers questions without any live interaction, and then those answers are watched later on by an interviewer.

SVIs AVIs
• Live interaction

• Similar to in-person

• Can be facing a panel of  interviewers

• Somewhat flexible (location)

• Not live (recorded only)

• Talking to your camera only a largely novel experience

• Multiple raters possible or  automatic (AI-based) scoring

• Very flexible (location + time)

• Preparation or re-recording  opportunities

Tips for video interviews

  • Use the same 5 tips as with traditional interviews
  • But also…
    1. Check your tech (computer, webcam, sound/mic, internet)
    2. Find the right time and place (quiet, natural light, book enough time, etc.)
    3. Consider your background (no distraction or bias-inducing content)
    4. Use options available to you (preparation time, re-recording)
    5. Practice even more!

For more information:

More on the psychology of interviewing from Dr. Nicholas Roulin: “The Psychology of Job Interviews.” (2017). Taylor & Francis.  https://www.google.ca/books/edition/The_Psychology_of_Job_Interviews/RS6EDgAAQBAJ?hl=en&gbpv=0

More on video interviewing: https://theconversation.com/how-to-land-a-job-when-companies-have-shifted-to-virtual-hiring-144997

An article on virtual hiring: https://theconversation.com/how-to-land-a-job-when-companies-have-shifted-to-virtual-hiring-144997

This fact sheet has been prepared for the Canadian Psychological Association by Dr. Nicholas Roulin, PhD, Associate Professor of I/O Psychology, Saint Mary’s University

Date:  June 30, 2021.

Your opinion matters! Please contact us with any questions or comments about any of the Psychology Works Fact Sheets:  factsheets@cpa.ca

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Série « La psychologie peut vous aider » : Stratégies pour soutenir la fonction sociale dans les enfants épileptiques

Introduction

Les élèves atteints d’épilepsie peuvent démontrer: un mauvais processus social (p. ex., interpréter les expressions faciales, comprendre les nuances du langage, prendre du recul), un niveau plus faible d’indépendance fonctionnelle et un statut scolaire inférieur ce qui peut rendre leur vie sociale difficile.

Ils peuvent également se retirer des situations sociales pour éviter d’avoir une crise imprévisible ou embarrassante devant leurs pairs. Cette inquiétude peut être considérablement réduite grâce à l’état de préparation des enseignants et de la classe. Si tout le monde sait à quoi s’attendre avant qu’un élève ait une crise et sait comment l’aider, la réponse collective peut être rassurante et apaisante. Cela peut réduire l’inquiétude de l’élève épileptique, de ses parents, de son enseignant et de ses camarades de classe.

Le stigmate social est courant pour les personnes atteintes d’épilepsie et peut conduire un enfant à avoir une faible estime de soi et peu de motivation à s’engager dans l’apprentissage et à participer aux activités scolaires (Elliott et al., 2005).

Selon une enquête menée en Ontario, 69 % des parents estimaient que leur enfant épileptique avait des problèmes sociaux et 57 % des parents craignaient que leur enfant épileptique ne soit embêté ou intimidé à l’école (ESWO, 2018).

Les enfants qui ne socialisent pas ou n’interagissent pas avec leurs pairs sont susceptibles de connaître une issue difficile à l’âge adulte (Camfield et al., 2014). Souvent, les effets engendrés par les crises d’épilepsie, la prise de médicaments et la surveillance étroite de la part d’un adulte, retardent le développement de l’autonomie et de la maîtrise de soi émotionnelle chez l’enfant épileptique. Pour atteindre les compétences socio-émotionnelles de leur groupe de pairs, les enfants épileptiques peuvent avoir besoin de plus de soutien.

Les crises d’épilepsie survenues pendant l’enfance peuvent avoir une incidence sur le développement des compétences cognitives de base et complexes qui constituent le fondement de l’adaptation éducative, professionnelle et interpersonnelle à long terme (Smith et al., 2013).

  • Chez certains élèves atteints d’épilepsie, des étapes typiques du développement peuvent avoir été omises et il peut être nécessaire de les enseigner de nouveau.
  • Tout au long du développement, les enfants apprennent à partager et à interagir socialement avec les autres. En raison de leur épilepsie, certains enfants peuvent ne pas avoir acquis ces compétences importantes et peuvent éprouver des difficultés d’interaction sociale. Ils peuvent sembler centrés sur eux-mêmes et ne pas bien jouer avec les autres.
  • Ils peuvent éprouver des explosions émotionnelles ou comportementales à la suite de situations relativement mineures parce qu’ils n’ont pas les compétences sociales ou le contrôle émotionnel nécessaires pour faire face à leurs pairs.
  • Ils peuvent ressentir une grave anxiété de séparation lorsqu’ils sont loin de leurs parent et/ou se retirer socialement et s’isoler de leurs pairs.

La protection excessive des adultes et les restrictions à l’école

Les élèves peuvent éprouver une autonomie réduite en raison de la persistance des crises d’épilepsie et de la nécessité d’une surveillance accrue de la part d’un adulte.

Un parent ou un enseignant peut protéger excessivement l’élève atteint d’épilepsie afin de gérer la nature imprévisible des crises. Réciproquement, les enfants et les jeunes atteints d’épilepsie peuvent devenir trop dépendants des parents ou des enseignants.

Craignant que l’élève soit en danger ou blessé, un parent ou un enseignant peut limiter les activités de l’élève et le retirer des rencontres sociales, des activités de loisir et des programmes scolaires (Elliott et al., 2005).

La surveillance des adultes et l’imposition de restrictions en fonction de l’âge ou des activités appropriées suggèrent aux élèves qu’ils ne sont pas « comme les autres enfants », que le monde est un endroit dangereux et qu’ils ne sont pas capables de faire les choses par eux-mêmes. Les restrictions peuvent amener l’élève épileptique à avoir un apprentissage discontinu et fragmenté, à se sentir impuissant ou à se retirer des groupes sociaux.

Demandez aux parents si le fournisseur de soins de santé de leur enfant a imposé des restrictions sur les activités et, dans l’affirmative, pour quelle raison. Cette démarche peut contribuer à veiller à ce que les élèves s’engagent dans les activités qu’ils sont capables de faire.

Stratégies pour soutenir le développement de l’autonomie et des compétences prosociales

  • Fournissez à l’élève des occasions qui l’aideront à développer un sentiment de maîtrise.
  • Soutenez le développement des compétences décisionnelles et de la résilience.
  • Modélisez et enseignez explicitement un comportement social approprié.
  • Enseignez des comportements alternatifs pour atteindre l’objectifs social de l’élève (p. ex., d’autres moyens d’attirer l’attention, d’autres moyens de créer du plaisir).
  • Modélisez des façons de démontrer votre intérêt et de respecter l’espace personnel.
  • Intégrez la « cartographie sociale » pour aider l’élève à comprendre ce qui est acceptable et comment répondre aux attentes.
  • Encouragez la participation à des activités parascolaires d’intérêt.

Pour plus d’informations:

Vous pouvez consulter un psychologue agréé pour déterminer si les interventions psychologiques peuvent vous venir en aide. Les associations de psychologie provinciales et territoriales ainsi que certaines associations municipales offrent souvent des services d’aiguillage. Pour obtenir le nom et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, rendez-vous à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

 

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Dr. Mary Lou Smith, University of Toronto, The Hospital for Sick Children; Dr. Elizabeth N. Kerr, The Hospital for Sick Children; Ms. Mary Secco, Epilepsy Southwestern Ontario; et Dr. Karen Bax, Western University.

Dernière révision : juin 2021

Votre opinion compte! Si vous avez des questions ou des commentaires au sujet des rubriques La psychologie peut vous aider, veuillez communiquer avec nous à l’adresse suivante : factsheets@cpa.ca.

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Références:

Camfield, P. R., & Camfield, C. S. (2014). What happens to children with epilepsy when they become adults? Some facts and opinions. Pediatric neurology, 51(1), 17-23.

Elliott, I. M., Lach, L., & Smith, ML. (2005). I just want to be normal: a qualitative study exploring how children and adolescents view the impact of intractable epilepsy on their quality of life. Epilepsy & behavior, 7(4), 664-678.

ESWO (2018). Living with Epilepsy: Voices from the Community, www.clinictocommunity.ca

Smith ML., Gallagher A, Lassonde, M. Cognitive Deficits in Children with Epilepsy. In Duchowny M, Cross H, Arzimanoglou A (Eds.). Pediatric Epilepsy, New York: McGraw-Hill, 2013, pp. 309-322.

 

Série « La psychologie peut vous aider » : Stratégies pour soutenir un fonctionnement psychologique optimal dans les enfants épileptiques

Introduction

Selon une étude ontarienne, sur 144 parents interrogés, 111 ont exprimé des inquiétudes au sujet du comportement de leur enfant atteint d’épilepsie (ESWO, 2018).

L’inattention, l’irritabilité, l’agitation, la négativité et les crises de colère sont fréquentes chez les enfants atteints d’épilepsie. Ces problèmes peuvent être primaires ou représenter ou masquer l’anxiété et la dépression. L’anxiété et la dépression ne se présentent pas nécessairement par les signes traditionnels d’une inquiétude manifeste, de variations de l’appétit ou des habitudes de sommeil.

Des sentiments d’irritabilité, de colère, d’aggressivité ainsi que d’anxiété et de dépression peuvent survenir quelques heures ou quelques jours avant qu’une crise ne survienne, puis reprendre à un niveau antérieur après que l’enfant a subi une crise. Le changement peut être dû à un dysfonctionnement des neurones ou à des crises d’épilepsie résultant des centres de contrôle émotionnel du cerveau et/ou être un effet secondaire aux conséquences de l’épilepsie.

Anxiété et dépression

Les taux d’incidence de l’anxiété et de la dépression chez les jeunes enfants épileptiques sont plus élevés que dans la population générale, survenant chez environ le tiers des enfants atteints d’épilepsie (Bermeo-Ovalle et al., 2016; Reilly et al., 2011; Ekinci et al., 2009).

L’anxiété et la dépression d’un enfant peuvent avoir plusieurs causes:

Primaire:

  • Il peut y avoir des anomalies structurelles dans les zones du cerveau liées à la régulation des émotions et à l’humeur.
  • Les crises continues peuvent pertuber les zones qui contrôlent la régulation des émotions et l’humeur.

Secondaire:

  • Environ un tiers des enfants ayant de nouvelles crises déclarent s’inquiéter d’avoir une autre crise (Besag et al., 2016).
  • Environ un tiers des enfants déclarent s’inquiéter de parler à d’autres de leur épilepsie (Besag et al., 2016).
  • Les élèves peuvent également vivre des périodes de détresse émotionnelle intense liées à l’imprévisbilité de leurs crises et à la perte de contrôle de leur corps (Elliott et al., 2015).

Stratégies pour favoriser le comportement positif et le bien-être émotionnel

  • Créez un calendrier prévisible lorsque cela est possible.
  • Parlez des émotions, étiquetez-les, puis discutez et modélisez des stratégies pour affronter les émotions afin d’aider les élèves à développer une autorégulation émotionnelle.
  • Enseignez des moyens spêcifiques pour identifier et exprimez les sentiments de stress et développez une stratégie concrète pour savoir quoi faire dans ces situations:
    • À qui l’enfant doit-il le dire? Que doit-il dire?
    • Donnez à l’élève un scénario à suivre.
  • Allouez du temps à l’écart du pupitre (circuler) – tous les enfants ont besoin d’une évasion.
  • Essayez de réduire ou d’éliminer les éléments déclencheurs.
  • Profitez du temps en classe pour placer l’élève près d’un adulte afin qu’il puisse ressentir sa présence, qui à son tour peut aider l’élève à se calmer et à s’autoréguler.
  • Pensez à des activités qui peuvent aider l’élève (p .ex., des activités visuelles peuvent être utiles pour un élève ayant des trouble du langage, des outils sensoriels peuvent aider les autres, un endroit calme dans la salle peut être utile).
  • Intégrez la « cartographie sociale » pour appuyer la compréhension des résultats des comportements attendus et inattendus.
  • Utilisez un langage qui favorise l’autorégulation (p. ex., « il est temps de s’apaiser », « essaie de penser à autre chose », « compte jusqu’à dix, puis expire », etc.)
  • Faites preuve d’empathie face aux sentiments de l’élève sans vous concentrer sur un comportement inapproprié.
  • Aidez à désamorcer les problèmes en utilisant des distractions appropriées pour l’élève (p. ex., humour, changement de décor / d’activité / personne travaillant avec lui).
  • Organisez des réunions de famille.

Stratégies pour soutenir l’estime de soi de l’élève

  • Demandez à l’élève de progresser dans une activité qu’il aime.
  • Aidez l’enfant à développer un « îlot de compétences », p. ex : lui faire connaître un nouveau sport, l’art dramatique, la musique, l’art, la mécanique, le bénévolat, les amitiés, l’informatique, le vélo, les arts martiaux, le scoutisme, les 4H, les groups confessionnels, etc.
  • Aidez à développer la responsabilité et faire des contributions.
  • Trouvez des occasions où l’élève peut aider les plus jeunes enfants.
  • Fournissez des rôles de leadership dans la classe.
  • Encouragez l’élève à résoudre des problèmes.
  • Offrez des choix concernant les sujets, les travaux scolaires et les devoirs.
  • Donnez des encouragements et des commentaires positifs.
  • Reconnaissez les réussites académiques et non académiques de l’élève.
  • Reconnaissez au moins une des forces de l’enfant chaque jour.
  • Reconnaissez que c’est normal de faire des erreurs.
  • Démontrez un signe d’acceptation lorsque vous faites des erreurs.
  • Évitez de réagir de manière excessive aux erreurs.
  • Acceptez les erreurs dans le cadre du processus d’apprentissage.
  • Utilisez les erreurs comme des moments propices à l’apprentissage.
  • Faites des éloges du processus.
  • Faites des éloges de l’effort.
  • Faites des éloges de la persévérance.

Pour plus d’informations:

Vous pouvez consulter un psychologue agréé pour déterminer si les interventions psychologiques peuvent vous venir en aide. Les associations de psychologie provinciales et territoriales ainsi que certaines associations municipales offrent souvent des services d’aiguillage. Pour obtenir le nom et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, rendez-vous à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par le Dr. Mary Lou Smith, University of Toronto, The Hospital for Sick Children; Dr. Elizabeth N. Kerr, The Hospital for Sick Children; Ms. Mary Secco, Epilepsy Southwestern Ontario; et Dr. Karen Bax, Western University.

Dernière révision : juin 2021

Votre opinion compte! Si vous avez des questions ou des commentaires au sujet des rubriques La psychologie peut vous aider, veuillez communiquer avec nous à l’adresse suivante : factsheets@cpa.ca.

Société canadienne de psychologie.
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Tél. : 613-237-2144
Numéro sans frais (au Canada) : 1-888-472-0657

Références:

Bermeo-Ovalle, A. (2016). Psychiatric comorbidities in epilepsy: we learned to recognize them; it is time to start treating them. Epilepsy Currents, 16(4), 270-272.

Besag, F., Gobbi, G., Caplan, R., Sillanpää, M., Aldenkamp, A., & Dunn, D. W. (2016). Psychiatric and behavioural disorders in children with epilepsy (ILAE Task Force Report): epilepsy and ADHD. Epileptic Disorders, 18(s1), S8-S15.

Ekinci, O., Titus, J. B., Rodopman, A. A., Berkem, M., & Trevathan, E. (2009). Depression and anxiety in children and adolescents with epilepsy: prevalence, risk factors, and treatment. Epilepsy & Behavior, 14(1), 8-18.

Elliott, I. M., Lach, L., & Smith, ML. (2005). I just want to be normal: a qualitative study exploring how children and adolescents view the impact of intractable epilepsy on their quality of life. Epilepsy & behavior, 7(4), 664-678.

ESWO (2018). Living with Epilepsy: Voices from the Community, www.clinictocommunity.ca

Reilly, C., Agnew, R., & Neville, B. G. (2011). Depression and anxiety in childhood epilepsy: a review. Seizure, 20(8), 589-597.

 

Série « La psychologie peut vous aider » : Stratégies pour les difficultés cognitives dans les enfants épileptiques

Problèmes cognitifs chez la majorité des enfants épileptiques

La cognition se réfère à une variété de compétences telles que l’attention, la vitesse de traitement, l’apprentissage et la mémoire, les capacités de raisonnement intellectuel, l’expression et la compréhension du langage ainsi que la planification et la résolution de problèmes.

Les problèmes cognitifs sont souvent présents à un stade précoce de l’épilepsie ou peuvent même précéder l’apparition des crises (Smith et al., 2013; Besag et al., 2016).

Les problèmes les plus courants qui affectent le rendement scolaire sont les suivants:

  • Attention
  • Vitesse de traitement
  • Mémoire
  • Déficiences intellectuelles

Les élèves épileptiques peuvent également avoir des difficultés avec les fonctions exécutives, linguistiques et motrices, ce qui peut avoir une incidence sur leur performance scolaire.

Les conséquences cognitives, psychologiques et sociales de l’épilepsie jouent un rôle majeur dans la réussite scolaire et dans la détermination des résultats scolaires et professionnels d’un élève souffrant d’épilepsie.

L’attention est facilement affectée parce que les réseaux d’attention sont largement répartis dans tout le cerveau.

Une attention soutenue, ou la capacité de rester concentré pendant de longues périodes, en particulier si une activité est ennuyeuse ou difficile, est un problème commun pour de nombreux élèves épileptiques.

Le TDAH est beaucoup plus fréquent chez les enfants et jeunes épileptiques que dans la population générale. Environ 30 à 40 % des enfants et jeunes épileptiques répondent aux critères du TDAH (Besag et al., 2016). Le sous-type inattentif est le plus courant. Les hommes et les femmes sont également représentés.

Les soutiens éducatifs et comportementaux utilisés pour tout élève ayant des troubles de l’attention peuvent être efficaces pour les enfants atteints d’épilepsie.

 Stratégies pour soutenir les élèves ayant des troubles de l’attention

  • Configurez l’environnement pour réduire la distraction.
  • Envisagez de demander à l’élève de s’asseoir à l’avant de la classe, près de l’enseignant et loin des portes et des fenêtres.
  • Offrez la possibilité d’accéder à un espace de travail non bruyant.
  • Considérez l’effet d’une atmosphère : calme, musique, couleurs.
  • Fournissez des notes à l’avance.
  • Fournissez des consignes claires, sans équivoque et concises.
  • Utilisez des activités attrayantes et variées, en mettant l’accent sur les intérêts de l’élève.
  • Adaptez les activités à un rythme/une durée appropriée.
  • Utilisez des invites visuelles : calendrier ou listes de contrôle.
  • Attirez l’attention avant de donner des consignes : utilisez le contact visuel/le nom de l’enfant.
  • Fournissez des incitations à y assister (regardez, écoutez, répondez).
  • Modifiez/limitez la durée de la tâche (début clair/fin claire).
  • Demandez à l’élève d’identifier quelque chose de positif qui aura lieu après l’achèvement du travail.
  • Encouragez l’élève à participer activement dans la salle de classe pour maintenir l’attention.
  • Prévoyez des pauses de travail régulières.
  • Alternez des périodes de travail intenses avec des périodes de loisirs.
  • Aidez à décomposer l’information en petits morceaux qui sont « faisables ».
  • Offrez beaucoup de rétroaction positive et essayez de limiter la rétroaction corrective.
  • Identifiez et encouragez les forces.
  • Utilisez des systèmes de récompense pour stimuler l’estime de soi.
  • Évaluez l’élève à l’aide de courts tests sur une période de quelques jours.

La vitesse de traitement lente ou incohérente est fréquente, ce qui entraîne:

  • Réponse variable
  • Temps de réaction plus lent sur les tâches
  • Difficulté à travailler rapidement et méthodiquement
  • Difficulté à apprendre une routine
  • Difficulté à suivre le rythme des leçons
  • Lacunes dans l’apprentissage
  • Frustration

Stratégies pour soutenir les élèves qui ont une vitesse de traitement lente

  • Parlez à rythme plus lent et fournissez des informations concises.
  • Utilisez un langage séquentiel et clair.
  • Simplifiez les tâches en divisant l’information en morceaux.
  • Utilisez une approche multisensorielle – visuelle, auditive, kinesthésique.
  • Récapitulez et comblez autant que possible les lacunes dans l’apprentissage.
  • Accordez plus de temps.
  • Utilisez des mécanismes de repère pour préparer l’élève aux changements.
  • Enseignez des stratégies indépendantes (p. ex. écrire des listes, mettre les devoirs et les notes de classe dans le sac à dos après chaque matière pour éviter de se presser à la fin de la journée).
  • Fournissez des informations visuelles / écrites à l’appui des consignes verbales.
  • Utilisez des horaires visuels et le codage des couleurs.
  • Prévoyez un preneur de notes ou un enregistrement audio/vidéo de la leçon.
  • Allouez des délais plus longs pour la rédaction de tests et d’examens.
  • Évitez les compétitions (p. ex. les plus rapides gagnent).

La mémoire est vulnérable aux crises d’épilepsie

70 % des enfants atteints d’épilepsie signalent des problèmes de mémoire dans leur vie quotidienne (Smith et al., 2006) et plus de 50 % des enfants ayant des crises continues présentent une faiblesse dans certains aspects de la mémoire lorsqu’ils sont officiellement évalués (Reilly et al., 2014).

La mémoire est une fonction complexe qui peut être affectée par d’autres processus cognitifs comme l’attention, l’effort, l’auto-observation, la rapidité du traitement de l’information, l’utilisation de stratégies et l’organisation.

Pour que la mémoire fonctionne correctement, le cerveau doit s’observer en tout temps. Les crises peuvent interférer avec le processus d’auto-observation du cerveau.

Les souvenirs avant une crise peuvent être perdus parce que le cerveau ne les a pas stockés correctement.

Après une crise, la confusion et la fatigue peuvent empêcher les processus de la mémoire de fonctionner correctement.

Les décharges intérictales (c.-à-d. la décharge anormale des neurones au-dessous d’un niveau qui causerait une crise) perturbant la manifestation et la récupération des souvenirs.

Les problèmes de mémoire impliquent la consolidation, la conservation et le transfert d’informations nouvellement apprises.

Les problèmes de mémoire le plus fréquemment constatés par les élèves épileptiques sont les suivants:

  • Oublier ce qu’ils viennent d’entendre ou de lire.
  • Oublier les événements distants comme des voyages spéciaux qu’ils ont faits.
  • Récupérer les mots ou les informations nécessaires en ce moment afin d’exprimer leurs idées ou de participer à des discussions en classes.
  • Oubli rapide anormal de l’information qu’ils avaient précédemment apprise.

Stratégies pour soutenir les élèves ayant des problèmes de mémoire

  • Activez l’apprentissage en rendant les sujets d’intérêt pour l’élève.
  • Trouvez des façons de relier le contenu discuté aux connaissances ou aux intérêts antérieurs de l’élève.
  • Utilisez différents styles d’apprentissages (visuel, auditif, kinesthésique).
  • Enseignez l’information en petits morceaux, de façon claire.
  • Établissez des routines; gardez les choses dans le même ordre.
  • Utilisez des activités pratiques.
  • Répétez les messages et les renseignements importants.
  • Enseignez les mnémoniques et utilisez des repères musicaux, des exercices.
  • Demandez à l’élève de générer ses propres indices de mémoire.
  • Utilisez des aides visuelles : albums de photos, listes de contrôle, cartes de tâches, mots clés, horaires, notes autocollantes, photos.
  • Favorisez l’utilisation d’un journal pour se tenir au courant.
  • Allouez du temps à l’élève pour réviser ses travaux.
  • Donnez aux élèves et aux parents du matériel d’examen et des leçons que l’élève peut faire à la maison ou à une date ultérieure.
  • Reconnaissez que l’apprentissage par cœur exigera des efforts et du soutien.
  • Créez un environnement où les élèves n’ont pas à compter sur la mémoire (livre ouvert, accès à l’ordinateur, accès aux notes).
  • Mettez moins l’accent sur la récupération de l’information par mémorisation que sur la reconnaissance.
  • Évitez les tests qui nécessitent l’usage de la mémoire (p. ex., remplir les champs vides).
  • Fournissez aux élèves une liste de formules pour les mathématiques et les sciences, en leur faisant sélectionner et appliquer la formule appropriée.
  • Demandez à l’élève de pratiquer la récupération de l’information à apprendre (à l’aide d’indices, de reconnaissance, d’exercices).
  • Communiquez avec les parents par l’intermédiaire d’agendas ou en ligne au sujet des programmes de classe.

Capacités de raisonnement intellectuel

Les capacités intellectuelles de raisonnement se réfèrent aux capacités mentales générales.

Comparativement à d’autres personnes de leur âge, un plus grand nombre d’élèves épileptiques éprouveront des faiblesses légères (moyenne faible), modérées ou importantes dans leurs capacités de raisonnement intellectuel (Prasad et al., 2014).

Les personnes ayant des faiblesses importantes répondront aux critères de déficience intellectuelle (c.-à-d. au 2e percentile pour leur âge).

Dans l’ensemble, environ 15 à 25 % des enfants épileptiques répondent aux critères d’une déficience intellectuelle ; toutefois, les taux sont plus élevés lorsque seuls les enfants ayant des crises continues sont pris en considération (Reilly et al., 2014).

Stratégies pour soutenir les élèves ayant de faibles capacités de raisonnement

  • Vérifiez qu’il / elle comprend.
  • Donnez des exemples concrets.
  • Enseignez le raisonnement de façon évidente en parlant à haute voix, en proposant des modèles et des pratiques.
  • Soyez direct – exprimez des idées complexes de manière aussi simple que possible.
  • Offrez des possibilités d’apprentissage expérientiel.
  • Mettez en place des possibilités d’apprentissage à renforcer à la maison.

Fonctionnement exécutif

Les élèves épileptiques, ainsi que ceux atteints de TDAH et de troubles d’apprentissage, peuvent avoir des problèmes de fonctionnement exécutif.

Le fonctionnement exécutif se réfère à un ensemble de compétences autodirigées, y compris:

  • La concentration.
  • Planifier et organiser des approches de résolution de problèmes.
  • La régulation des émotions, du comportement et de l’attention.
  • Se donner des repères pour utiliser des informations précédemment apprises.
  • Amorcer des activités.

Stratégies pour soutenir les élèves dans le fonctionnement exécutif et l’organisation

  • Changez l’environnement pour soutenir les compétences.
  • Mettez en place et demandez à l’élève de suivre des routines; lorsque les activités deviennent habituelles, elles nécessitent un traitement moins actif et sont moins susceptibles d’être oubliées.
  • Utilisez des consignes courtes et demandez aux élèves de cocher chaque étape au fur et à mesure qu’elles sont achevées.
  • Utilisez des aides visuelles.
  • Utilisez des activités et des styles d’apprentissages attrayants et variés.
  • Utilisez le contact visuel.
  • Modifiez les tâches pour soutenir le développement.
  • Allouez plus de temps à l’élève.
  • Adaptez le rythme et la durée des activités.
  • Prévoyez des pauses régulières, y compris celles qui font des exercices physiques.
  • Limitez les multitâches; faites en sorte que l’élève se concentre sur une activité à la fois afin de réduire la demande de mémoire active et de limiter les distractions.
  • Considérez l’effet de l’atmosphère de classe sur l’apprentissage et éliminez les distractions.
  • Donnez des avertissements bien à l’avance pour les changements de routine afin de faciliter les transitions.
  • Planifiez de façon proactive les changements de routine dans la mesure du possible.
  • Vérifiez fréquemment les cahiers de notes.
  • Ayez en double exemplaire les feuilles de travail pour les élèves qui perdent des objets.
  • Modélisez de manière concrète la résolution de problèmes (en pensant à haute voix).
  • Utilisez des approches de résolution de problèmes étape par étape et fournissez un modèle.
  • Avant d’entreprendre la tâche, apprenez à l’élève à diviser l’activité en plusieurs étapes.
  • Modélisez les stratégies organisationnelles tout au long de la journée à l’école.
  • Apprenez aux élèves à utiliser un agenda.
  • Décomposez l’agenda en sections : un calendrier avec suffisamment d’espace pour écrire des activités quotidiennes, carnet d’adresses, liste générale des tâches, date d’échéance d’un travail.

Langue et communication

Les enfants atteints d’épilepsie peuvent éprouver des difficultés linguistiques. Parfois, la perturbation est entraînée par des difficultés dans un large éventail de compétences réceptives et expressives. Certains types d’épilepsie peuvent produire des modèles spécifiques de difficulté.

Stratégies pour soutenir les élèves qui ont des difficultés de langage et de communication

  • Parlez clairement, lentement, et soyez précis.
  • Utilisez la communication non verbale pour améliorer les consignes verbales.
  • Allouez plus de temps et vérifiez la compréhension.
  • Répétez et reformulez les consignes.
  • Utilisez des questions ouvertes pour favoriser le dialogue.
  • Utilisez le travail de groupe et le jeu de rôle.
  • Enseignez les mots clés.
  • Utilisez des repères visuels (objets, photos, images, symboles).
  • Classez et regroupez les objets et les images.
  • Enseignez le chant.
  • Engagez l’élève dans la conversation – incluez de nouveaux mots et expliquez leur signification.
  • Encouragez les parents à lire à l’enfant tous les jours.
  • Lorsque la leçon contient un mot nouveau ou intéressant – faites une pause et expliques le.
  • Jouez à des jeux de mots.
  • Ayez une liste de contrôle quotidienne du matériel à apporter à la maison dans l’agenda de l’élève.
  • Fournissez un horaire quotidien au tableau ou dans l’agenda de l’élève.
  • Fournissez aux parents les dates / examens / tests importants.
  • Aidez à la recherche de mots.
    • Fournissez un indice phonémique et sémantique.
    • Encouragez la visualisation et les gestes.
    • Encouragez l’auto-direction.
  • Envisagez de recommander une consultation ou une évaluation auprès d’un orthophoniste.

Coordination motrice

Les enfants épileptiques peuvent éprouver des problèmes de fonctionnement moteur, y compris la motricité fine et la motricité globale.

  • Lenteur d’exécution
  • Faiblesse des deux côtés ou d’un côté
  • Problèmes de démarche et d’équilibre
  • Difficultés avec la coordination des mouvements

Ces questions peuvent avoir des répercussions sur l’écriture et la prise de notes, et sur le déplacement d’une classe à l’autre.

Stratégies pour les problèmes de motricité fine

  • Fournissez un preneur de notes pour copier l’élève.
  • Fournissez des feuilles avec le contenu au tableau.
  • Offrez la possibilité de passer des tests par oralement pour vérifier la compréhension.
  • Allouez plus de temps pour les projets et les tests.
  • Considérez l’utilisation d’un clavier comme une alternative à la graphie ou à l’écriture cursive.
  • Vérifiez si l’élève est admissible à l’utilisation de l’équipement spécial (p. ex., demande de financement pour un ordinateur).

Pour plus d’informations:

Vous pouvez consulter un psychologue agréé pour déterminer si les interventions psychologiques peuvent vous venir en aide. Les associations de psychologie provinciales et territoriales ainsi que certaines associations municipales offrent souvent des services d’aiguillage. Pour obtenir le nom et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, rendez-vous à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par le Dr. Mary Lou Smith, Université de Toronto, L’Hospital for Sick Children; Dr. Elizabeth N. Kerr, L’Hospital for Dr. Mary Lou Smith, University of Toronto, The Hospital for Sick Children; Dr. Elizabeth N. Kerr, The Hospital for Sick Children; Ms. Mary Secco, Epilepsy Southwestern Ontario; et Dr. Karen Bax, Western University.

Dernière révision : le 13 août 2021

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Société canadienne de psychologie.
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Tél. : 613-237-2144
Numéro sans frais (au Canada) : 1-888-472-0657

Références:

Besag, F., Gobbi, G., Caplan, R., Sillanpää, M., Aldenkamp, A., & Dunn, D. W. (2016). Psychiatric and behavioural disorders in children with epilepsy (ILAE Task Force Report): epilepsy and ADHD. Epileptic Disorders, 18(s1), S8-S15.

Prasad, A. N., Burneo, J. G., & Corbett, B. (2014). Epilepsy, comorbid conditions in Canadian children: analysis of cross-sectional data from cycle 3 of the National Longitudinal Study of Children and Youth. Seizure, 23(10), 869-873.

Reilly, C., Atkinson, P., Das, K. B., Chin, R. F., Aylett, S. E., Burch, V. & Neville, B. G. (2014). Neurobehavioral comorbidities in children with active epilepsy: a population-based study. Pediatrics, 133(6), e1586-e1593.

Smith, ML., Elliott, I. M., & Lach, L. (2006). Memory outcome after pediatric epilepsy surgery: objective and subjective perspectives. Child Neuropsychology, 12(3), 151-164.

Smith ML., Gallagher A, Lassonde, M. Cognitive Deficits in Children with Epilepsy. In Duchowny M, Cross H, Arzimanoglou A (Eds.). Pediatric Epilepsy, New York: McGraw-Hill, 2013, pp. 309-322.

 

 

Série « La psychologie peut vous aider » : Aider les enfants épileptiques pour réussir à l’école

Introduction

L’épilepsie est définie comme une « maladie du cerveau caractérisée par une prédisposition à générer des crises d’épilepsie et par les conséquences cognitives, psychologiques et sociales de cette affection » (Scheffer et al., 2017).

Comprendre l’épilepsie et les conséquences cognitives, psychologiques et sociales de la maladie est la première étape pour soutenir les élèves atteints d’épilepsie.

Comprendre le cerveau, les crises d’épilepsie et l’impact des crises sur la fonction cérébrale

Le cerveau humain contient des milliards de cellules spécialisées, appelées neurones. Les signaux électriques et chimiques que ces cellules transmettent et reçoivent sont au cœur du fonctionnement du cerveau. Tout ce que nous faisons, pensons, disons et ressentons est le résultat des signaux générés par les neurones du cerveau.

Le cerveau est souvent comparé à un ordinateur – une unité de traitement qui reçoit des entrées et génère des sorties. Cependant, le cerveau est bien plus qu’un simple appareil d’entrée-sortie. Le cerveau est un organe vivant qui se modifie en fonction des expériences et des interactions que nous avons avec notre environnement. C’est le centre de contrôle de notre pensée, de notre résolution de problèmes, de notre conscience, de nos émotions, de nos mouvements physiques et de notre comportement social. Les cellules cérébrales forment de nouvelles connexions lorsque nous vivons de nouvelles expériences.

Les lobes du cerveau

Lobe frontal

Le lobe frontal assure un contrôle exécutif sur les fonctions supérieures du cerveau. Le fonctionnement exécutif est lié aux compétences autodirigées, y compris la concentration, la planification, l’organisation, la résolution de problèmes, ainsi que la régulation de nos émotions et notre attention, ainsi que l’utilisation des informations précédemment apprises.

Lobe temporal

Le lobe temporal aide à former des souvenirs à plus long terme. Les comportements, les émotions et la compréhension du langage sont également associés à des structures du lope temporal.

Lobe pariétal

Le lobe pariétal aide à traiter les informations sensorielles (p. ex. le toucher), l’orientation gauche et droite, ainsi que les aspects des relations spatiales et du fonctionnement du langage.

 Lobe occipital

Le lobe occipital est impliqué dans le traitement visuel et la perception.

Le cerveau en tant que réseau

De nombreuses parties du cerveau travaillent ensemble pour prendre en charge des fonctions complexes. Il y a une communication entre différentes parties du cerveau pour nous permettre d’effectuer des tâches complexes qui sont importantes pour la réussite scolaire, comme le langage, l’attention, la lecture et les mathématiques.

Qu’est-ce qu’une crise d’épilepsie?

Parfois, les neurones du cerveau ne signalent pas correctement et provoquent une soudaine explosion d’énergie électrique dans le cerveau ou ce que l’on appelle une crise.

Les symptômes d’une crise dépendent de l’endroit du cerveau où se produisent les explosions anormales d’activité électrique. Les crises peuvent être observées comme un changement transitoire de la sensation, du mouvement, du comportement ou de la conscience. Puisque le cerveau est responsable d’un large éventail de fonctions, il existe de nombreux types de crises.

Entre les crises, certains élèves continuent à avoir des décharges électriques accrues dans leur cerveau (appelées décharges intérictales) qui ne sont pas assez fortes pour provoquer une crise, mais provoquent des problèmes transitoires d’attention, de réflexion, de mémoire et de comportement.

L’épilepsie est plus que des crises récurrentes

L’épilepsie est un trouble du spectre avec des présentations variées de:

  • Fréquence de crises
  • Types de crises
  • Gravité de crises
  • Contrôle des crises: certains élèves ont un bon contrôle sur les crises tandis que d’autres ont des crises persistantes et sévères
  • Chronicité: pour certains élèves, leurs crises disparaissent, mais ce n’est pas le cas pour tout le monde
  • Types de problèmes cognitifs, psychologiques et sociaux
  • Gravité des problèmes cognitifs, psychologiques et sociaux

Pour chaque élève atteint d’épilepsie, l’effet d’une crise sur sa fonction cérébrale et par conséquent ses capacités cognitives, psychologiques (comportementales, émotionnelles) et sociales associées seront différents. Alors que certains élèves souffrant de crises touchant une seule zone ou un seul lobe du cerveau peuvent avoir des problèmes très particuliers associés à ce lobe. De nombreux élèves atteints d’épilepsie éprouvent des problèmes dans plusieurs domaines. Les élèves atteints d’épilepsie peuvent être comparés aux élèves présentant d’autres types de dommages neurologiques (p. ex., traumatisme crânien).

Certains élèves atteints d’épilepsie auront très peu d’obstacles à la réussite, tandis que d’autres risquent d’avoir de mauvais résultats scolaires et de connaître une issue difficile à l’âge adulte.

L’épilepsie est une maladie invisible

Lorsqu’un élève entre dans une salle de classe avec un plâtre sur le bras, nous reconnaissions immédiatement qu’il a une blessure. Nous ne nous attendons pas à ce que l’élève lance une balle de baseball ou utilise une raquette de badminton avec son bras blessé. Il serait facile de modifier la plupart des activités parce que nous pourrions voir et comprendre la déficience.

Les élèves atteints d’épilepsie ont une maladie invisible. Vous ne pouvez pas dire qu’ils souffrent d’épilepsie à moins qu’ils ne subissent activement une crise. Il n’est pas possible de voir « le plâtre » sur la partie du cerveau d’où proviennent les crises.

Les conséquences cognitives, psychologiques et sociales associées à l’épilepsie sont souvent méconnues (Reilly et al., 2014).

La crise est la pointe de l’iceberg. Sous la surface de l’iceberg se trouvent les conséquences invisibles ou méconnues : les impacts cognitifs, psychologiques, et sociaux associés à cette maladie cérébrale.

Assiduité scolaire

  • Les élèves épileptiques peuvent manquer des cours ou manquer du contenu même lorsqu’ils sont présents en classe.
  • Ils ont des taux d’absentéisme scolaire plus élevés pour récupérer des crises, pour se rendre à des rendez-vous médicaux et pour mettre en place de nouveaux traitements.
  • Des facteurs sociaux tels que l’embarras, les agacements et l’intimidation ont également une incidence sur l’assiduité scolaire.
  • Certaines écoles renvoient inutilement les élèves à la maison lorsqu’ils ont une crise à l’école ou les excluent des activités par crainte qu’ils ne fassent une crise.
  • Un élève qui s’absente 15 jours par année scolaire aura manqué l’équivalent d’une année complète d’enseignement à la fin de la 12e année.

Réduire les restrictions à l’école

Bien qu’il puisse sembler que limiter l’activité physique d’un élève soit dans son intérêt fondamental, cela peut en fait encourager l’isolement social et interférer avec de nombreuses occasions pour l’élève d’apprendre et de pratiquer des compétences physiques et sociales importantes.

Tous les efforts devraient être faits pour inclure les élèves dans des activités physiques telles que l’éducation physique, la récréation, le déjeuner, les sports parascolaires et les excursions. Il est prouvé que les crises sont moins susceptibles de se produire si l’élève participe à des activités satisfaisante et motivantes, qu’elles soient mentales ou physiques.

Une surveillance excessive de la part des adultes et l’imposition de restrictions peuvent en fait accroître l’activité épileptique.

Effets secondaires des médicaments

Les élèves atteints d’épilepsie ne ressentent pas tous les effets secondaires des médicaments.

Les effets secondaires sont plus susceptibles de se produire lorsqu’un nouveau médicament est utilisé, la dose d’un médicament existant est augmentée ou lorsque l’élève prend plus d’un médicament. Les effets secondaires potentiels des médicaments anti-épileptiques peuvent inclure:

  • Fatigue
  • Somnolence
  • Vitesse de traitement des informations plus lente
  • Difficultés d’attention et de mémoire
  • Problèmes d’étourdissements et de coordination
  • Vision double
  • Changements d’humeur, de comportement et d’appétit

L’élaboration d’un plan de communication avec les familles est utile pour documenter les crises et faire des observations à la suite de changements de médicaments.

La fatigue est une plainte constante des élèves épileptiques

L’anomalie cérébrale sous-jacente à l’origine des crises, la récupération après une crise et les médicaments pour traiter les crises peuvent faire en sort qu’un élève se sent épuisé.

Certains élèves ont des crises fréquentes la nuit, ce qui les rend fatigués, irritables ou peu fonctionnels le lendemain. Les élèves épileptiques ont besoin de beaucoup de sommeil et peuvent se coucher plus tôt que leurs pairs. Ils peuvent s’endormir en classe ou faire une sieste à leur retour de l’école.

La fatigue peut empêcher les élèves épileptiques de participer pleinement aux activités académiques et de se concentrer pendant de longues périodes. La fatigue peut rendre difficiles les devoirs ou la participation à des programmes parascolaires.

Stratégies pour aider les élèves souffrant de fatigue

  • Offrez des cours moins intensifs plus tard dans la journée.
  • Réduisez la quantité de travail que vous attendez de l’élève sur une période de temps donné.
  • Offrez des pauses fréquentes.
  • Faites des évaluations sur une période de plusieurs jours.
  • Réduisez la quantité de devoirs que vous donnez.
  • Réduisez la charge de cours pour les élèves plus âgés.
  • Élaborez un plan de communication avec le parent et l’élève pour documenter les crises, les changements de médicaments et les effets secondaires.

La variabilité du fonctionnement d’un jour à l’autre est typique

La disposition d’un étudiant peut varier d’un jour à l’autre et en quelques jours.

Bonnes journées: Vous observerez des moments où un élève atteint d’épilepsie est disposé à apprendre, s’engage dans des discussions, semble établir des liens et affiche un tempérament stable.

Mauvaises journées: Vous pouvez observer d’autres moments où l’élève semble facilement distrait, a oublié des informations apprises précédemment ou peut être irritable.

Sans soutiens, que réserve l’avenir?

La trajectoire potentielle des enfants épileptiques est démontrée par les données sur les résultats chez les adultes:

Des études menées dans le monde entier indiquent qu’à l’âge adulte, les personnes atteintes d’épilepsie ont:

  • Un niveau d’éducation inférieur
  • Chômage plus élevé
  • Taux de pauvreté plus élevé
  • Taux plus élevé de grossesses non planifiées
  • Taux plus élevé de problèmes de santé mentale

Au Canada, le coût économique indirect projeté attribuable aux décès prématurés et à l’invalidité liés à l’épilepsie est d’environ 3 milliards de dollars par année, juste derrière les lésions cérébrales parmi toutes les affections neurologiques (ASPC, 2014).

Pour les élèves atteints d’épilepsie, l’éducation et l’apprentissage scolaires représentent les principales composantes biopsychosociales interactives associées à leurs résultats de santé.

Fournir un soutien scolaire aux élèves épileptiques peut réduire le fardeau de l’épilepsie sur l’élève, les parents et la communauté scolaire. Le développement des compétences et de la confiance dans les premières années peut modifier la trajectoire négative de l’élève atteint d’épilepsie infantile.

Stratégies générales pour les enseignants pour améliorer la réussite scolaire

  • Rencontrez les parents pour comprendre l’épilepsie de l’enfant et élaborer un plan de soins.
  • Donnez du pouvoir à l’élève qui a eu la crise en l’impliquant dans la discussion sur son expérience de l’épilepsie.
  • Invitez un éducateur communautaire spécialiste de l’épilepsie à animer une séance de développement professionnel sur l’épilepsie pour vous et vos collègues.
  • Invitez un éducateur communautaire spécialiste de l’épilepsie à présenter à l’ensemble de la classe des vidéos ou des exposés adaptés à l’âge expliquant l’épilepsie et les crises d’épilepsie.
  • Assurez-vous que toute la classe comprend à quoi s’attendre lorsqu’un camarade de classe fait une crise et de quelle façon il est possible de l’aider.
  • Minimisez les déclencheurs connus des crises : chaleur, hydratation, lumières, stress, fatigue en classe.
  • Fournissez une aire de repos.
  • Prévenez les défis sociaux et émotionnels en fournissant des informations appropriées à la classe après une crise.
  • Favorisez l’interaction sociale.
  • Gardez l’enfant en class après une crise afin qu’il puisse développer des capacités d’adaptation sociales et émotionnelles.
  • Participez aux programmes de sensibilisation à l’épilepsie, à la Journée pourpre pour l’épilepsie, aux journées internationales et aux collectes de fonds.

Pour plus d’informations:

Vous pouvez consulter un psychologue agréé pour déterminer si les interventions psychologiques peuvent vous venir en aide. Les associations de psychologie provinciales et territoriales ainsi que certaines associations municipales offrent souvent des services d’aiguillage. Pour obtenir le nom et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, rendez-vous à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par le Dr. Mary Lou Smith, University of Toronto, The Hospital for Sick Children; Dr. Elizabeth N. Kerr, The Hospital for Sick Children; Ms. Mary Secco, Epilepsy Southwestern Ontario; et Dr. Karen Bax, Western University.

Dernière révision : juin 2021

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Références:

Fisher R.S., Van Emde Boas W., Blume W., Elger C., Genton P., Lee P., Engel Jr, J. (2005). Epileptic seizures and epilepsy: Definitions proposed by the International League Against Epilepsy and the International Bureau for Epilepsy. Epilepsia, 46(4):470–472.

PHAC (2014). Public Health Agency of Canada, & National Population Health Study of Neurological Conditions (Canada). Mapping connections: An understanding of neurological conditions in Canada.

Reilly, C., Atkinson, P., Das, K. B., Chin, R. F., Aylett, S. E., Burch, V. & Neville, B. G. (2014). Academic achievement in school-aged children with active epilepsy: A population-based study. Epilepsia, 55(12), 1910-1917.

Série « La psychologie peut vous aider » : L’asthme chez les enfants

Qu’est-ce que l’asthme?

L’asthme est une affection médicale qui se traduit par une inflammation des voies respiratoires dans les poumons. L’asthme est actuellement incurable et est donc considéré comme une maladie chronique. Même si les symptômes de l’asthme disparaissent chez certains enfants, l’asthme nécessite souvent une prise en charge à long terme. Le principal symptôme de l’asthme est une toux récurrente et il s’accompagne parfois d’autres symptômes comme de l’essoufflement, une respiration sifflante ou un serrement de poitrine. Il s’agit de la maladie chronique la plus fréquente dans le monde affectant les voies respiratoires inférieures des enfants.

L’asthme touche environ 8,3 % des enfants (Akinbami et coll., 2016). Les garçons sont plus susceptibles de souffrir d’asthme jusqu’à l’adolescence (c.-à-d., 11-12 ans), mais les filles sont plus susceptibles d’en souffrir pendant l’adolescence et jusqu’à l’âge adulte. Plusieurs facteurs peuvent accroître, chez l’enfant, le risque de développer de l’asthme ou d’en ressentir les symptômes. Les principaux facteurs de risque sont l’obésité, l’exposition à la fumée ou à l’alcool pendant la grossesse ou après la naissance, le fait d’être en présence d’autres produits chimiques ou toxines dans l’environnement (p. ex., pesticides), de vivre dans une résidence ou un endroit poussiéreux ou d’avoir déjà souffert d’infections respiratoires. L’asthme a également une composante génétique : de 35 % à 95 % des enfants asthmatiques ont également un parent atteint de la maladie. En fait, l’un des principaux facteurs de l’asthme est la tendance génétique à développer une maladie allergique. Enfin, les enfants qui vivent dans la pauvreté et qui résident dans certaines régions du Canada sont plus susceptibles de souffrir d’asthme. Cela indique que la situation socio-économique, la région où l’on vit et la race, en privilégiant certains plutôt que d’autres, peuvent jouer un rôle dans l’asthme, et met en évidence le fait que l’asthme a tendance à être plus fréquent dans les groupes marginalisés.

Si vous suspectez que votre enfant souffre d’asthme, un médecin pourra en établir le diagnostic en utilisant un test respiratoire simple, comme la spirométrie; on demandera alors à votre enfant d’expirer dans un capteur après avoir pris une profonde respiration. Le diagnostic de l’asthme est généralement basé sur une diminution ou une obstruction du flux d’air et est habituellement confirmé si les symptômes s’améliorent après l’utilisation d’un bronchodilatateur. Les bronchodilatateurs et les autres traitements de l’asthme sont expliqués à la section suivante.

Comment traite-t-on l’asthme?

Le traitement de l’asthme chez les enfants dépend généralement de la gravité des symptômes. Votre médecin pourrait suggérer un bronchodilatateur (c.-à-d. un inhalateur de secours) comme traitement de première intention afin de détendre les muscles des poumons et élargir les voies respiratoires. Chez les enfants dont les poumons semblent fonctionner plutôt bien, mais qui éprouvent des symptômes diurnes occasionnels, les inhalateurs de secours, comme le salbutamol, sont souvent suffisants. Ces inhalateurs sont destinés à soulager rapidement les symptômes.

Chez les enfants dont les symptômes sont persistants, les corticostéroïdes en inhalation (c.-à-d. un inhalateur de contrôle), comme la mométasone, pourraient être proposés pour soulager les symptômes. Les médecins travaillent généralement avec les familles et les enfants pour trouver la meilleure dose de médicament.

Si les bronchodilatateurs ou les corticostéroïdes en inhalation ne fonctionnent pas, quelle que soit la dose, les médecins pourraient rechercher un autre diagnostic parce que les bronchodilatateurs ou les corticostéroïdes en inhalation se sont avérés efficaces chez la plupart des enfants asthmatiques. Les allergies, la sinusite (une inflammation des sinus), le reflux acide, l’activité physique (p. ex., courir ou faire du sport), les réactions à certaines moisissures ou les affections des cordes vocales peuvent également entraîner des symptômes semblables à ceux de l’asthme.

Dans les cas graves d’asthme, un médecin peut prescrire un médicament à prendre par voie orale, souvent en association avec des bronchodilatateurs ou des corticostéroïdes en inhalation. Parmi ces médicaments figurent des corticostéroïdes oraux, comme la prednisone, ou d’autres médicaments destinés à réduire l’inflammation des voies respiratoires. Les médecins peuvent proposer des médicaments administrés par injection (p. ex., immunothérapie spécifique ou omalizumab) dans les cas où les autres traitements ne sont pas efficaces ou ne sont pas recommandés.

En plus des traitements médicaux, on pourra recommander des interventions psychologiques pour aider les patients asthmatiques, et ce, pour de nombreuses raisons. Par exemple, certaines situations peuvent « déclencher » les symptômes d’asthme, comme les exercices physiques intenses ou le fait de rester trop longtemps au froid. Ainsi, le traitement psychologique pourra aider l’enfant à reconnaître ces déclencheurs et les limiter afin de maîtriser les symptômes, et à trouver d’autres moyens de pratiquer des activités agréables. Pour être optimale, la prise en charge de l’asthme peut faire appel à une combinaison d’interventions médicales et psychologiques, qui sont parfois difficiles à mettre en œuvre et à gérer par les familles.

Que peuvent faire les psychologues pour aider les enfants asthmatiques et leur famille?

Les psychologues peuvent aider à gérer plusieurs aspects de l’asthme, y compris ceux décrits ci-dessous :

a.      Perception des symptômes

Les enfants ou les adolescents peuvent avoir parfois de la difficulté à décrire leurs symptômes ou le soulagement que leur apportent leurs médicaments. Quelque 15 % à 60 % des patients asthmatiques ont du mal à décrire les symptômes qu’ils ressentent (Janssens et coll., 2009), ce qui peut entraîner une utilisation excessive de médicaments.

Les psychologues peuvent aider les enfants et les adolescents à apprendre des façons de nommer et de décrire facilement leurs symptômes. Pour ce faire, le psychologue apprendra à l’enfant à porter une attention accrue sur ses sensations corporelles et à reconnaître les situations dans lesquelles les symptômes peuvent se manifester. De même, les psychologues peuvent aider les enfants à reconnaître les situations qui sont susceptibles de déclencher leurs symptômes (p. ex., le temps froid). Ces interventions contribuent à améliorer la prise en charge de l’asthme.

b.      Adaptation

L’asthme est souvent une maladie stressante qui nécessite des ajustements difficiles sur le plan psychologique, émotionnel et comportemental. Les psychologues peuvent aider les enfants et les familles en abordant avec eux des stratégies qui pourraient les aider à faire face à l’asthme.

Certaines situations sont particulièrement difficiles pour les enfants asthmatiques et leur famille, comme changer d’école ou de médicament. Un psychologue peut travailler avec les familles pour les encourager à utiliser des stratégies d’adaptation utiles, comme la résolution de problèmes, plutôt que des stratégies inutiles, comme le déni ou le fait d’ignorer le problème. Des recherches ont montré que l’utilisation de modes d’adaptation efficaces peut avoir un effet positif sur la qualité de vie des enfants (Braido et coll., 2012).

c.       Adhésion thérapeutique

De nombreux facteurs peuvent empêcher les enfants et les familles d’adhérer aux traitements prescrits ou suggérés par les professionnels de la santé. Parmi ces facteurs figurent une mauvaise compréhension de la façon de prendre les médicaments, la gêne que cause la prise des médicaments en public, le déni entourant la maladie, la difficulté à intégrer les traitements dans un horaire quotidien, l’oubli ou la méconnaissance de l’importance de la gestion de la maladie.

Les psychologues peuvent aider les enfants et les familles à déterminer les obstacles qui les empêchent d’adhérer au traitement. Par exemple, ils peuvent leur apprendre des stratégies adaptées et sensibiliser les familles sur l’importance de prendre les médicaments et de structurer la journée de manière à intégrer le traitement. Les psychologues peuvent ensuite aider les enfants et les familles à apporter des changements concrets pour les aider à respecter la prise des médicaments.

L’adhésion thérapeutique peut devenir particulièrement difficile lorsque l’enfant devient plus autonome et commence à prendre ses médicaments lui-même. Beaucoup de parents sont très désireux d’aider leur enfant à adhérer à son traitement médicamenteux, mais il peut être difficile de transférer les responsabilités du parent à l’enfant pendant cette période où l’enfant développe peu à peu son indépendance. Les psychologues peuvent se concentrer sur certaines questions, comme la motivation et l’établissement de rappels pour aider les enfants plus âgés à continuer de respecter leur traitement à mesure qu’ils gagnent en autonomie.

d.      Stratégies à développer par les parents

Élever un enfant asthmatique peut être particulièrement difficile, surtout parce qu’il a été démontré que les enfants asthmatiques présentent davantage de problèmes émotionnels et comportementaux que leurs pairs non asthmatiques. Ainsi, les parents qui ont un enfant asthmatique sont susceptibles de déclarer des niveaux plus élevés de stress ou de détresse psychologique.

Le psychologue peut travailler avec les soignants (seuls ou ensemble) pour résoudre les problèmes liés à la prestation des soins, comme la gestion du stress, la régulation des émotions, l’apprentissage de stratégies d’adaptation efficaces, l’optimisation des pratiques parentales, l’amélioration des interactions qu’entretiennent les parents et les autres membres de la famille avec les enfants et le soutien de l’adhésion au traitement médicamenteux.

e.      Gestion de l’anxiété associée à l’asthme

Les enfants qui présentent des symptômes d’anxiété ou des troubles anxieux peuvent faire face à des problèmes particuliers en lien avec leur asthme. Chez les enfants plus anxieux, la détresse apparaît lorsqu’ils se mettent à associer l’essoufflement lié à l’anxiété et l’asthme.

Les psychologues peuvent aider les enfants et les familles à reconnaître que l’essoufflement est également un symptôme courant de l’anxiété, et ils peuvent aider les enfants à développer des stratégies afin de faire la distinction entre les situations susceptibles de provoquer des problèmes respiratoires dus à l’anxiété ou à l’asthme, et d’envisager différemment ces situations. Ils pourraient également examiner les moyens de maîtriser l’inquiétude (p. ex., exercices de relaxation) qui naît en présence de véritables symptômes d’asthme.

Quels types d’interventions les psychologues utilisent-ils pour aider les personnes souffrant d’asthme?

Les psychologues peuvent utiliser différents types de thérapies ou de techniques lorsqu’ils fournissent de l’aide aux personnes qui souffrent d’asthme. Deux types de traitement courants sont décrits ci-dessous.

a. Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est un type de psychothérapie qui s’intéresse aux pensées, aux émotions et aux comportements. Plusieurs stratégies mentionnées dans la présente fiche d’information peuvent être intégrées à un plan de TCC pour aborder les difficultés liées à l’asthme. Par exemple, les plans de TCC incluent souvent de la sensibilisation sur la maladie, l’identification des comportements qui nuisent au traitement et la prise en charge de l’anxiété associée aux symptômes.

En ce qui concerne la dimension cognitive de la TCC, les psychologues peuvent aider en amenant les enfants et les familles à examiner les pensées qui sont susceptibles de nuire à la prise en charge de l’asthme de l’enfant. Par exemple, l’idée que les médicaments ne sont pas très importants, le fait de s’inquiéter de ce que pensent les autres enfants des médicaments contre l’asthme ou les craintes des parents face à la possibilité que leur enfant prenne ses médicaments incorrectement sont des attitudes qui peuvent faire obstacle à la gestion optimale de l’asthme. Les psychologues qui utilisent la TCC aideront généralement les enfants et les familles à améliorer leur fonctionnement en les aidant à remarquer les pensées peu utiles qu’ils entretiennent au sujet de l’asthme, à remettre en question ces pensées et à adopter des comportements visant à expérimenter et à consolider des pensées plus utiles.

b. Thérapie d’acceptation et d’engagement (TAE)

La thérapie d’acceptation et d’engagement (TAE) s’intéresse aux stratégies d’acceptation et de pleine conscience qui peuvent aider les gens à adopter des comportements conformes à leurs valeurs.

Les psychologues qui utilisent la TAE peuvent aider les parents à être conscients de leurs pensées et de leurs émotions entourant l’asthme, à accepter les situations difficiles et à s’y adapter et à se comporter de manière à aider leurs enfants dans le respect de leurs valeurs.

Lorsque prodiguée directement aux adolescents, la TAE s’est également révélée utile. Les psychologues peuvent travailler avec les adolescents en se concentrant sur les mêmes sujets que ceux abordés par leurs parents : prise de conscience accrue des pensées et des émotions, augmentation de l’acceptation et de la souplesse dans les situations impliquant l’asthme et prise de décisions touchant leur santé qui sont conformes à leurs valeurs.

Les interventions psychologiques sont-elles efficaces?

Pour faire court, oui, les interventions psychologiques sont efficaces pour traiter l’asthme! La recherche a montré que les interventions psychologiques qui comportent des composantes éducatives, cognitives, comportementales et familiales sont bénéfiques pour les enfants et les adolescents (Oland et coll., 2017). Ces interventions se sont révélées utiles à la maison, en milieu scolaire et en milieu médical.

Toutefois, il convient de noter que la plupart des recherches menées sur l’asthme chez les enfants ont été menées de manière différente. Par exemple, les études portaient souvent sur des enfants présentant des niveaux d’asthme différents ou testaient le niveau des symptômes observés chez les enfants à l’aide d’outils différents. Ainsi, les résultats des recherches sont très différents les uns des autres. Un examen approfondi des interventions psychologiques utilisées pour le traitement de l’asthme chez les enfants a été proposé en septembre 2019 (Sharrad et coll., 2019). Il est donc probable que les conclusions de cet examen permettront d’apporter un éclairage supplémentaire sur la prise en charge de l’asthme.

Même si les interventions psychologiques se sont avérées efficaces (et souvent très importantes pour améliorer les résultats pour les familles), étant donné que la prise en charge médicale est le traitement primaire de l’asthme, les familles devraient communiquer avec un médecin s’ils suspectent que leur enfant souffre d’asthme ou s’ils croient que le traitement médical prodigué à leur enfant pose problème.

Ressources utiles

Les sites Web ci-dessous proposent des ressources utiles sur l’asthme :

  1. Asthma Canada : https://asthma.ca/
  2. Association pulmonaire du Canada : https://www.poumon.ca/
  3. The Children’s Asthma Education Centre : https://www.facebook.com/TheChildrensAllergyandAsthmaEducationCentre/
  4. You Can Control Your Asthma : https://cumming.ucalgary.ca/research/icancontrolasthma
  5. Société canadienne de thoracologie : https://cts-sct.ca/collection-des-lignes-directrices/?lang=fr

Pour plus d’informations :

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Jason Isaacs (étudiant au doctorat à l’Université Dalhousie), en collaboration avec le Dr Dimas Mateos (médecin au Centre de soins de santé IWK) et Martha Greechan (infirmière autorisée au Centre de soins de santé IWK).

Date : 2021-03-17

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

Société canadienne de psychologie
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Numéro sans frais (au Canada) :  1-888-472-0657


Références :

Akinbami, L. J., Simon, A. E. et Rossen, L. M. (2016). Changing trends in asthma prevalence among children. Pediatrics, 137(1), e20152354.

Braido, F., Baiardini, I., Bordo, A., Menoni, S., Di Marco, F., Centanni, S., … et Canonica, G. W. (2012). Coping with asthma: Is the physician able to identify patient’s behaviour? Respiratory Medicine, 106(12), 1625-1630.

Janssens, T., Verleden, G., De Peuter, S., Van Diest, I. et Van den Bergh, O. (2009). Inaccurate perception of asthma symptoms: a cognitive–affective framework and implications for asthma treatment. Clinical Psychology Review, 29(4), 317-327.

Oland, A. A., Booster, G. D. et Bender, B. G. (2017). Psychological and lifestyle risk factors for asthma exacerbations and morbidity in children. World Allergy Organization Journal, 10(1), 35.

Sharrad, K. J., Sanwo, O., Carson-Chahhoud, K. V. et Pike, K. C. (2019). Psychological interventions for asthma in children and adolescents. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2019(9).

 

Série « La psychologie peut vous aider » : L’activité physique, la santé mentale et la motivation

La Société canadienne de physiologie de l’exercice (SCPE) recommande aux adultes de 18 ans et plus de faire au moins 150 minutes d’exercice d’intensité modérée ou élevée par semaine en séances d’au moins 10 minutes. De plus, tous les adultes devraient faire des exercices musculaires et des activités de renforcement des os au moins deux fois par semaine. Les personnes âgées (de 65 ans et plus) dont la mobilité est faible devraient pratiquer régulièrement des activités qui aident à améliorer l’équilibre et à éviter les chutes (p. ex., le yoga).

Selon les statistiques canadiennes, la plupart des adultes ne suivent pas ces recommandations, l’activité physique diminuant avec l’âge. Il s’agit là d’un problème particulier chez les personnes qui ont des enfants, car les enfants et les jeunes observent les adultes pour adopter de bons comportements; les statistiques montrent que seulement 15 % des enfants (de 5 à 11 ans) et 5 % des jeunes (de 12 à 17 ans) atteignent le niveau d’activité physique recommandé (60 minutes par jour).

Que signifient « intensité modérée » et « intensité élevée »?

La définition de l’activité physique d’intensité modérée et de l’activité physique d’intensité élevée dépend de l’âge, de l’état de santé, du niveau actuel d’activité et du niveau relatif de la capacité ou de l’incapacité de la personne. Par exemple, un jeune athlète non handicapé ne sera probablement pas dérangé par une courte promenade, tandis que, pour une personne âgée habituellement peu active, et ayant une faible mobilité, la même promenade sera une activité d’« intensité élevée ». Les lignes directrices suivantes peuvent être utiles :

  • Les activités physiques d’intensité modérée doivent augmenter sensiblement votre fréquence cardiaque. Lorsque vous pratiquez une activité physique d’intensité modérée, vous devriez être capable de tenir une conversation, mais pas de chanter votre chanson préférée.

 

  • Pendant une activité physique d’intensité élevée, le rythme cardiaque au repos s’élève considérablement, mais cela ne devrait pas vous incommoder. Lorsque vous faites une activité d’intensité élevée, il vous sera impossible de prononcer plus que quelques mots sans prendre une respiration.

Quels sont les bienfaits de l’activité physique sur la santé mentale?

Faire régulièrement de l’activité physique, conjuguant exercices cardiovasculaires et exercices d’endurance, apporte de nombreux bienfaits sur la santé mentale. L’étendue de ces bienfaits dépend de votre fidélité à votre programme d’exercice et de la fréquence de vos entraînements. Par exemple, la recherche montre que l’activité physique régulière contribue à :

  • Prévenir la dépression et les troubles anxieux, et serait aussi efficace que les traitements psychologiques et pharmaceutiques utilisés pour soigner la dépression et l’anxiété;
  • Réduire le stress quotidien;
  • En particulier chez les personnes d’âge moyen, réduire le risque de déclin des fonctions cognitives, c’est-à-dire le ralentissement de l’attention, de la mémoire et de la concentration, plus tard dans la vie;
  • Les personnes obtiennent de meilleurs résultats que les autres personnes de leur âge aux tests d’habileté cognitive (p. ex., mémoire, attention, vitesse de traitement);
  • Améliorer le rendement scolaire (p. ex., les notes) des enfants, des jeunes et des jeunes adultes;
  • Réduire le risque de développer une maladie neurodégénérative (p. ex., la maladie d’Alzheimer) et est susceptible d’atténuer la gravité des symptômes des maladies neurodégénératives (p. ex., problèmes de mémoire, de concentration, d’attention);
  • Accroître le niveau de bonheur autodéclaré et réduire les niveaux de tristesse et de solitude, à la fois à court terme et plus tard dans la vie;
  • Diminuer le sentiment de fatigue, améliorer la qualité du sommeil et réduire le risque d’insomnie (à condition d’éviter de faire un exercice vigoureux peu de temps avant de se coucher);
  • Renforcer l’efficacité du traitement de la toxicomanie, notamment parce qu’elle réduit l’envie irrésistible de consommer;
  • Accroître l’estime de soi, qui est lui-même un signe manifeste de santé mentale et de bien-être global, de la petite enfance jusqu’à un âge avancé;
  • Aider au traitement des troubles de l’alimentation, de la douleur chronique (adapté aux aptitudes physiques de la personne), du trouble de stress post-traumatique, de la schizophrénie et de la peur d’une dysmorphie corporelle (c.-à-d. être obsédé par un « défaut » physique réel ou imaginaire).

Pourquoi l’activité physique procure-t-elle ces avantages?

Aucune raison ne peut expliquer à elle seule pourquoi l’activité physique est bénéfique pour la santé mentale. Au lieu de cela, la recherche laisse entendre que les bienfaits de l’activité physique sur la santé mentale viennent de la combinaison des effets physiologiques, psychologiques, sociaux et neurologiques de l’exercice.

  • Effets psychophysiologiques: l’activité physique stimule à la fois la production d’endorphines et d’endocannabinoïdes par le corps; il s’agit de substances chimiques qui aident à se détendre, à ressentir du plaisir et à atténuer la douleur, en plus de réduire la quantité de cortisol (c.-à-d. l’« hormone du stress ») produit par l’organisme.
  • Effets psychologiques: faire régulièrement de l’activité physique contribue à renforcer l’estime de soi et le sentiment d’efficacité personnelle, c’est-à-dire la certitude d’être capable de réaliser une tâche importante. De très brèves périodes d’exercice peuvent aussi rendre plus heureux sur le moment, car cela interrompt le fil de pensées négatives.
  • Effets sociaux: les personnes qui font régulièrement de l’exercice ont tendance à avoir un réseau social plus grand et à entretenir des relations plus solides avec leurs amis et leur famille. L’interaction régulière directe qu’implique l’exercice en groupe (p. ex., cours de conditionnement physique, sports d’équipe) améliore l’humeur et aide, dans certains cas, à prévenir la dépression.
  • Effets neurologiques: l’activité physique aide le cerveau à utiliser et à produire plus de dopamine et de sérotonine – des substances chimiques qui rendent heureux, produites dans le cerveau. De plus, l’exercice régulier augmente la circulation sanguine dans le cerveau et le fonctionnement cérébral, voire la taille de certaines régions du cerveau (p. ex., l’hippocampe, qui est associé à la mémoire).

Par quoi commencer, et comment rester motivé

Avant de commencer, vous devez vous demander pourquoi vous voulez faire de l’exercice, et identifier les types d’exercice qui sont le mieux adaptés à vos capacités ou à vos limitations physiques, à votre personnalité et à vos objectifs. Consultez votre médecin de famille pour avoir de l’aide pour dresser un programme d’exercice réaliste et bon pour votre santé.

Les raisons suivantes sont souvent évoquées pour ne pas faire d’exercice : le manque de temps, le manque d’argent, le manque d’énergie et un sentiment d’inconfort (physique ou social). Voici quelques solutions propres à vous motiver :

  • Prévoyez de faire souvent de l’exercice, mais pendant de brèves périodes (c.-à-d. 10 minutes ou plus).
  • Planifiez vos séances d’exercice en fonction des moments où vous avez habituellement plus d’énergie, et faites toujours votre possible.
  • Trouvez des activités gratuites ou peu coûteuses qui vous plaisent (p. ex., marche, vélo ou sports improvisés).
  • Évitez d’en faire trop.
  • Essayez de trouver un environnement où vous vous sentez à l’aise et motivé (p. ex., à la maison, en plein air, avec un ami ou une amie).

Plusieurs façons peuvent vous aider à respecter votre programme d’exercice :

  • Faites un plan et fixez-vous des objectifs concrets et réguliers.
  • Ne reportez pas votre séance d’exercice.
  • Soyez réaliste dans le choix du programme d’exercice et dans l’engagement qu’il requiert de votre part.
  • Lorsque vous faites face à des difficultés, rappelez-vous pourquoi l’exercice est important dans votre vie quotidienne.
  • Efforcez-vous de manger des repas réguliers et équilibrés, et dormez régulièrement.
  • Concentrez-vous sur vous-même et sur vos réalisations, et non sur ce que font les autres.
  • Suivez vos progrès et célébrez chaque petit gain.
  • Intégrez l’activité physique à votre routine quotidienne.
  • Ne faites pas la même chose chaque fois et essayez de faire des activités qui vous plaisent.
  • Déterminez ce que vous ferez concrètement si des difficultés ou des distractions se présentent (p. ex., si vous êtes susceptible d’être dérangé après être rentré à la maison, essayez de faire de l’exercice au déjeuner.)
  • Faites preuve de compassion envers vous-même, surtout si vous n’avez pas réussi à réaliser vos objectifs quotidiens ou hebdomadaires.
  • Trouvez un partenaire d’exercice qui vous ressemble (p. ex., âge, niveau de condition physique, capacités).

Où aller pour trouver de l’aide ou pour en savoir davantage?

Visitez le site Web de la SCPE pour consulter les directives canadiennes en matière d’activité physique : http://www.csep.ca/fr/directives/obtenez-les-directives.

Les centres communautaires et les centres de loisirs offrent une variété de programmes qui peuvent vous aider à intégrer l’activité physique à votre routine quotidienne.

Les sports libres et les cours de conditionnement physique sont une excellente façon d’essayer différentes activités avant de s’inscrire à quelque activité que ce soit.

Consultez un psychologue afin d’avoir des conseils sur la façon de maintenir votre motivation, pour parler de vos préoccupations liées à l’image de soi et à l’exercice et pour explorer des stratégies particulières à vos besoins.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

Section de la psychologie du sport et de l’exercice de la SCP : https://cpa.ca/fr/sections/sportandexercise/

Division 47 de l’American Psychological Association (APA) : http://www.apadivisions.org/division-47/

 

La présente fiche d’information a été préparée pour le compte de la Société canadienne de psychologie par Matthew Murdoch, Société canadienne de psychologie

Date : novembre 2016

Votre opinion est importante! Veuillez communiquer avec nous pour toute question ou tout commentaire sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider » : factsheets@cpa.ca.

Société canadienne de psychologie

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Série « La psychologie peut vous aider » : l’attachement chez l’enfant

Qu’est-ce que l’attachement?

L’attachement est un lien affectif particulier entre deux personnes, qui répond au besoin d’être protégé. Habituellement, lorsque nous parlons de l’attachement, nous évoquons le lien entre un enfant et ses parents, ou le substitut parental. Nous parlons aussi parfois de l’attachement dans le contexte des relations amoureuses. La présente fiche d’information porte sur l’attachement entre les parents et les enfants.

Presque tous les enfants s’attachent à quelqu’un. Lorsqu’ils ne le font pas, c’est habituellement à cause de circonstances malheureuses, comme le fait d’être élevé dans un orphelinat ou d’être victime d’abus ou de négligence graves. Les enfants qui n’ont aucun lien d’attachement sont très rares, et cela témoigne parfois d’un trouble de l’attachement. Ces enfants, de même que leurs parents ou leur parent substitut, ont généralement besoin d’aide professionnelle. Nous ne traitons pas ici des troubles de l’attachement. Vous trouverez de l’information sur les troubles de l’attachement à l’adresse suivante : http://www.aacap.org/AACAP/Families_and_Youth/Facts_for_Families/FFF-Guide/Attachment-Disorders-085.aspx (en anglais).

Les enfants ont tendance à s’attacher à un petit nombre d’adultes, la plupart du temps aux adultes qui prennent soin d’eux. Ils ne s’attachent pas généralement à d’autres enfants. Même si les enfants sont capables d’avoir d’excellentes relations avec plusieurs adultes (enseignants, gardiennes, amis de la famille), ils ne sont pas vraiment attachés à ces personnes. Ils les aiment et leur font confiance, parce que les liens d’attachement qu’ils connaissent leur montrent qu’il est sécuritaire de le faire.

Bien que presque tous les enfants développent des liens d’attachement, l’attachement varie en fonction du niveau de « sécurité » qui le caractérise. Les psychologues, les chercheurs et les thérapeutes catégorisent souvent les liens d’attachement. Les principaux types d’attachement sont l’attachement sécure, l’attachement insécure et l’attachement désorganisé. La plupart des enfants (environ 60 %) ont un style d’attachement sécure. Ce type de liens d’attachement est le meilleur pour le développement de l’enfant. Le type d’attachement désorganisé conduit à des problèmes de santé mentale et de comportement très graves. Il arrive que, chez le même enfant, le style d’attachement varie en fonction de la personne qui prend soin de lui.

Quels sont les différents styles d’attachement?

Dans le style d’attachement sécure, l’enfant explore son environnement lorsque la personne qui en prend soin (la figure d’attachement) est à proximité. Il vérifie également autour de lui en regardant régulièrement la personne qui en prend soin. Si celle-ci s’en va, l’enfant cesse habituellement d’explorer. Lorsque la figure d’attachement revient, il est heureux de la voir et se calme rapidement, s’il est contrarié. Il est prouvé que le style d’attachement sécure aide l’enfant à apprendre, à montrer de l’empathie, à développer des liens, à faire face au stress, à maîtriser la peur et à être indépendant.

Il existe deux types d’attachement insécure. Dans le style d’attachement insécure évitant, l’enfant semble indifférent à la présence ou non de la personne qui en prend soin, mais dans les faits, il s’en préoccupe énormément. Généralement, l’enfant insécure évitant explore beaucoup. Lorsque la figure d’attachement revient après l’avoir laissé, l’enfant ignore souvent celle-ci, mais si l’on mesure sa réponse au stress en utilisant des mesures physiologiques, comme le rythme cardiaque, on constate qu’il est vraiment bouleversé.

L’enfant qui a un style d’attachement résistant insécure a tendance à être dépendant. En général, il cherche le contact avec la figure d’attachement et explore peu. Il est vraiment contrarié lorsque la personne qui en prend soin le laisse. Il est difficile de le calmer lorsque celle-ci revient.

Dans le type d’attachement désorganisé, l’enfant est plus imprévisible. Lorsqu’il est bébé, il a tendance à faire des choses inhabituelles, comme rester impassible ou s’approcher, la tête tournée, de la personne qui est la figure d’attachement. Lorsqu’il est d’âge préscolaire, il a tendance à être autoritaire et contrôlant.

Comment l’attachement se développe-t-il?

L’attachement se développe avec le temps et se précise peu à peu au fil des interactions entre l’enfant et la personne qui en prend soin. L’attachement est inné ou « fortement ancré ». Quand un enfant a un besoin, la personne qui en prend soin y répond. Par exemple, si un enfant tombe de son vélo et que la figure d’attachement vient le voir et le réconforte, il apprend à s’attendre à cette réaction de la part de son parent ou de son parent substitut. En revanche, si la figure d’attachement crie après lui, il apprend à s’attendre à cette réaction. Plutôt que ce qui se passe dans une situation donnée, c’est le type de réactions qui importe. Avec le temps, l’enfant intériorise ce qui se passera lorsqu’il aura besoin de la personne qui en prend soin. Celle-ci réagira-t-elle gentiment et comblera-t-elle son besoin? L’ignorera-t-elle? Criera-t-elle? Ce modèle détermine le style d’attachement entre l’enfant et la personne qui en prend soin. Le style d’attachement d’une personne n’est pas toujours observable. Il n’est activé (déclenché) que lorsque l’enfant a besoin de soins ou de réconfort (p. ex., lorsqu’il est stressé, est malade, a peur ou a mal).

L’enfant apprend également ce qu’il doit faire pour que l’adulte satisfasse à ses besoins. Doit-il demander, crier ou pleurer? À un certain moment, l’enfant en vient à s’attendre à ce que toutes les relations ressemblent à ses liens d’attachement. Il commencera alors à faire confiance aux gens, à se méfier des gens, à cacher ses sentiments ou à ne jamais savoir à quoi s’attendre. Il intériorise aussi la façon dont il doit se comporter dans ses relations.

Quand l’attachement se développe-t-il?

L’attachement commence à se bâtir peu après la naissance. L’attachement devient plus évident autour de six à neuf mois. Nous développons tous un style d’attachement, qui caractérisera notre façon de voir nos relations pendant toute notre vie, mais le style d’attachement peut changer en fonction des expériences de la vie ou à la suite d’une thérapie.

Que dois-je faire pour aider mon enfant à développer un style d’attachement sécure?

Vous pouvez faire beaucoup de choses pour aider votre enfant à développer un style d’attachement sécure. Tout d’abord, essayez d’être présent et disponible lorsqu’il a besoin de vous. Deuxièmement, laissez-le explorer ou interagir avec le monde qui l’entoure, lorsqu’il est prêt à le faire. Voici d’autres suggestions :

  • Soyez sensible aux besoins et aux émotions de votre enfant et essayez de répondre de manière adaptée à sa personnalité et à ses besoins.
  • Parlez des sentiments : vos sentiments et ses sentiments. Nommez les sentiments de chacun et dites-lui que c’est correct de se sentir ainsi. Vous pouvez le faire même lorsqu’il est bébé.
  • Restez avec votre enfant lorsqu’il est contrarié. Même lorsque votre enfant se comporte mal, vous devez lui montrer que vous l’aimez. Ne le rejetez pas; ne le menacez pas de partir.
  • Ayez du plaisir avec votre enfant : jouez, riez, lisez et regardez la télévision avec lui.
  • Laissez-vous guider par votre enfant. Cela lui montre que vous accordez de l’importance à ses idées et à ses pensées.
  • Prenez les choses en main, au besoin. Cela aide votre enfant à se sentir en sécurité.
  • Soyez constant, prévisible et stable. Cela aide les enfants à se sentir en sécurité.
  • Fixez des limites. Trop de liberté rend les enfants anxieux, même s’ils croient en avoir besoin. Vous devez être le plus fort, et faire savoir à votre enfant les limites à ne pas franchir.
  • Acceptez-le comme il est. Vous n’avez pas à approuver son comportement, mais vous devez aimer votre enfant, peu importe ce qu’il fait.

Et si je fais une erreur?

Ne vous en faites pas! Les liens d’attachement se construisent à partir de milliers d’expériences et peuvent toujours se modifier. La recherche montre que les enfants ont besoin de parents « suffisamment bons », et non de parents parfaits. En fait, il est bon, pour un enfant, d’être confronté à des difficultés (pas trop, mais un peu). Cela enseigne à l’enfant qu’il est capable d’affronter des situations difficiles et contribue à renforcer sa résilience.

Que faire si mon enfant n’a pas un lien d’attachement sécure?

Il existe une variété de thérapies, appuyées par la recherche, fondées sur la théorie de l’attachement. Il s’agit notamment de la thérapie d’interaction parent-enfant, du cercle de sécurité, de l’approche Watch, Wait and Wonder, de la guidance interactive et de la méthode du jeu réflexif familial. Consultez un psychologue ou parlez-en au pédiatre de votre enfant pour être orienté vers un professionnel qui offre des thérapies fondées sur des données probantes dans votre localité. Les thérapies mentionnées ci-dessus et d’autres traitements appuyés sur la recherche devraient être privilégiés. Même si d’autres thérapies disent être indiquées pour traiter les problèmes d’attachement, elles ne sont pas fondées sur des données probantes.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, vous et votre enfant, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

Le présent feuillet d’information a été rédigé pour le compte de la Société canadienne de psychologie par Jen Theule, Ph.D., C.Psych., University of Manitoba.

Octobre 2016

Votre opinion est importante! Veuillez communiquer avec nous pour toute question ou tout commentaire sur les feuillets d’information de la série « La psychologie peut vous aider » : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : La dysphorie de genre chez les adolescents et les adultes

Qu’est-ce que la dysphorie de genre?

La dysphorie de genre fait référence à la détresse ressentie par certaines personnes par rapport à leur sexe et/ou au rôle associé à leur genre.

Selon certains théoriciens, le sexe s’inscrit dans un spectre, et non dans une forme où sexe masculin et sexe féminin sont figés et opposés. Pour la plupart des gens, le corps physique (c.-a-d. femme/homme) représente bien le sexe auquel ils s’identifient (c.-à-d. le sentiment profond d’être un garçon ou une fille, ou identité de genre) – il s’agit de cissexuels/cisgenres (le préfixe latin « cis » signifiant « le même »). Le terme « transgenre » (désigné de plus en plus par le terme « trans ») fait référence au fait, pour une personne, de se sentir comme ayant une identité sexuelle opposée au sexe qui lui a été attribué à la naissance. Certaines personnes éprouvent un clivage marqué entre le corps physique dans lequel elles sont nées et le genre auquel elles s’identifient, par exemple, si une personne naît avec des organes génitaux masculins et est élevée comme un homme, mais qu’elle s’identifie comme une femme. D’autres personnes transgenres ont une identité plus androgyne ou ont l’impression d’occuper un espace au centre du spectre des genres (p. ex., genderqueer), tandis que d’autres ont une identité sexuelle fluide (p. ex., non-binaire, genre fluide). Enfin, les personnes qui ne se sentent appartenir à aucune catégorie en particulier montreront une préférence sur le spectre des genres, en s’identifiant comme étant un trans-féminin ou un trans-masculin.

La dysphorie de genre est-elle courante?

Il est difficile d’établir un taux de prévalence précis au sein d’une population cachée et stigmatisée, et, à notre connaissance, aucune étude de population à grande échelle sur l’identité de genre n’a été réalisée à ce jour. Des recherches communautaires récentes, comme le Trans Pulse Project, en Ontario, proposent des méthodes novatrices pour estimer la prévalence, comme l’échantillonnage fondé sur les répondants. Selon les principes de santé publique et de l’épidémiologie, les taux de prévalence des problèmes de santé tiennent compte uniquement des individus qui se présentent pour recevoir un traitement; les chiffres ainsi obtenus ne représentent donc que la « pointe de l’iceberg ». Fait intéressant à noter, les cliniques spécialisées en troubles de l’identité de genre au Canada connaissent, depuis quelques années, une hausse significative du nombre de recommandations médicales. Autre tendance claire au chapitre des recommandations médicales : le nombre de femmes et d’hommes trans qui s’adressent à ces cliniques est pratiquement similaire, alors qu’on croyait que les femmes trans étaient plus nombreuses que les hommes trans à faire appel à ces cliniques. Une récente étude démographique menée par le Trans Pulse Project montre que les communautés trans sont diversifiées et sont constituées de personnes d’âges, d’orientation sexuelle, d’origine ethnique et raciale, de niveau d’instruction, de situation de famille et de statut parental très divers.

La dysphorie de genre chez les adolescents

La dysphorie de genre dans l’adolescence est parfois accompagnée d’une humeur dépressive, d’anxiété et de problèmes de comportement, qui peuvent tous aggraver considérablement la détresse chez l’adolescent. Les normes de soins énoncées par l’Association mondiale des professionnels pour la santé transgenre (WPATH, 2012) recommandent aux professionnels de faire une évaluation minutieuse impliquant la famille et de donner aux adolescents un éventail de possibilités pour explorer les différentes options de l’expression du genre. Lorsque les interventions médicales sont indiquées, on recommande d’utiliser un protocole gradué, en commençant par les interventions entièrement réversibles, comme celles qui bloquent ou retardent la puberté à l’aide d’hormones, afin d’évaluer et d’intégrer leurs effets avant de passer à l’étape suivante. Des compétences cliniques supplémentaires sont nécessaires pour travailler avec les adolescents.

La dysphorie de genre chez les adultes et la transition

La façon dont une personne gère sa dysphorie de genre est un processus hautement individuel, qui dépend de facteurs particuliers, comme le degré de dysphorie, les ressources financières, l’état de santé et le soutien social, y compris la situation de famille et les mesures de protection des droits de la personne. Une personne transgenre peut choisir de vivre selon son sexe physique/attribué à la naissance et décider de ne pas subir de changements physiques. Une autre exprimera son identité de genre dans certaines situations seulement, comme à la maison ou avec un groupe d’amis particulier. Dans d’autres cas, la personne transgenre choisira de vivre en société conformément à son identité de genre, en changeant de nom ou en modifiant son apparence, sans subir la moindre intervention médicale. Cependant, de nombreux adultes qui souffrent de dysphorie de genre veulent modifier leur corps pour harmoniser celui-ci avec leur identité de genre en ayant recours à un processus appelé « transition médicale ». La transition médicale implique des traitements hormonaux, de l’électrolyse, des chirurgies thoracique/mammaire, des interventions de chirurgie esthétique et l’ablation chirurgicale des gonades ou des organes génitaux. Pour les personnes qui voient la réattribution sexuelle comme la meilleure solution pour elles, la transition amène généralement un degré de satisfaction relativement élevé. En outre, selon des recherches récentes, les symptômes de détresse ou les autres formes de psychopathologie diminuent considérablement pendant le processus de transition médicale, particulièrement après le début de l’hormonothérapie (Heylens et coll., 2014; Keo-Meier et coll., 2015). De même, l’accès en temps opportun aux soins et à la transition médicale est au nombre des facteurs qui sont fortement associés à la réduction des risques de suicide au sein d’un vaste échantillon de membres de la communauté transgenre (Bauer et coll., 2015).

L’accès à la transition médicale dépend du genre d’intervention voulu et du lieu de résidence au Canada. L’hormonothérapie permet de masculiniser le corps (avec de la testostérone) ou de féminiser le corps (avec des œstrogènes et des androgènes). Les résultats varient considérablement en fonction de l’âge et de la génétique. Les hormones ont des effets réversibles et irréversibles, et dans certains cas, leur effet optimal prend environ deux ans avant de se manifester. De plus en plus, les médecins de famille, qui ont la formation nécessaire pour le faire, prescrivent l’hormonothérapie, certains avec le consentement éclairé du patient et d’autres, avec l’aide d’un professionnel de la santé mentale spécialisé dans ce domaine ou en endocrinologie, lorsque cela est indiqué (LGBT Health Program, 2015).

Dans plusieurs ministères des provinces et des territoires (mais pas tous), les chirurgies de réattribution sexuelle sont considérées par le régime public de soins de santé comme un service assuré et sont couvertes. Dans les provinces ou les territoires où la réattribution sexuelle est couverte, les chirurgies disponibles ne sont pas toutes considérées comme des services assurés. Même dans les provinces qui offrent une bonne couverture, cela implique, pour le patient, des coûts financiers, comme les frais de voyage, et les difficultés émotionnelles qu’entraînent les longues listes d’attente avant d’obtenir une évaluation ou de se faire opérer. Pour avoir accès aux interventions chirurgicales, la personne trans doit répondre aux critères de la dysphorie de genre, et à des critères d’admissibilité et de préparation, établis par la province ou le territoire. Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5; American Psychiatric Association, 2013), la dysphorie de genre est une « non-concordance marquée entre l’identité sexuelle vécue/expérimentée et l’identité sexuelle assignée (à la naissance) » qui dure au minimum six mois et se manifeste par au moins deux des caractéristiques suivantes : (1) non-concordance marquée entre l’identité sexuelle vécue/expérimentée et les caractères sexuels primaires et/ou secondaires; (2) fort désir de se débarrasser des caractères sexuels primaires et/ou secondaires en raison de l’identité sexuelle vécue/expérimentée; (3) fort désir de posséder les caractères sexuels primaires et/ou secondaires de l’autre genre; (4) fort désir d’appartenir à l’autre sexe; (5) fort désir d’être traité comme un membre de l’autre sexe; (6) conviction puissante que l’on éprouve/présente les sensations et les réactions typiques de l’autre sexe. Pour répondre aux critères, la détresse qu’entraîne la non-concordance doit être démontrée. On distingue deux sous-types chez les personnes qui souffrent de dysphorie de genre : la dysphorie de genre avec trouble du développement sexuel et la dysphorie de genre sans trouble du développement sexuel. Il y a, depuis peu, une caractérisation supplémentaire pour les personnes qui vivent intégralement leur identité de genre avec l’aide d’une intervention de changement de sexe.

Les normes de soins de l’Association mondiale des professionnels pour la santé transgenre (Coleman et coll., 2012) sont un ensemble de lignes directrices internationales à l’intention des professionnels qui fournissent des soins à une clientèle transgenre; l’interprétation de ces lignes directrices varie dans certains cas selon le contexte et les politiques du pays et de la région en matière de santé. Les normes de soins proposent des critères d’admissibilité et de préparation différents selon la chirurgie; plus l’intervention chirurgicale est poussée, plus la barre est haute. Pour la chirurgie, la recommandation d’un professionnel de santé mentale habilité à faire des diagnostics (y compris les psychologues et les associés en psychologie) et ayant des compétences spécialisées en dysphorie de genre est requise. L’ablation chirurgicale des gonades ou des organes génitaux, qui n’est autorisée qu’aux clients ayant l’âge de la majorité (18 ans), nécessite la recommandation de deux professionnels de la santé mentale. Pour être admissible à l’ablation chirurgicale des gonades ou des organes génitaux, le patient doit avoir suivi un traitement hormonal pendant une année complète. De plus, pour être admissible à ce genre de chirurgie, le candidat doit avoir une expérience de vie réelle du genre associée à son identité de genre pendant 12 mois consécutifs. Pendant cette période, le patient doit vivre et se présenter de manière régulière, tous les jours et dans tous les contextes, dans le rôle de genre désiré, de manière à donner son consentement éclairé. De plus, pour chaque intervention chirurgicale, d’autres critères sont appliqués pour déterminer l’état de préparation du candidat, à qui l’on demande, notamment, de jouir d’une bonne santé mentale et d’une bonne stabilité émotionnelle, d’avoir du soutien social et de comprendre l’intervention, ses risques et le plan de suivi qu’elle implique. Les exigences varient selon les provinces et les territoires; cependant, il est conseillé aux personnes qui envisagent une intervention physique de consulter un professionnel de la santé mentale local ou régional ayant des compétences dans ce domaine. Certaines provinces ont identifié des fournisseurs ou des organisations habilités à évaluer l’admissibilité aux chirurgies financées par le régime public. La Canadian Professional Association for Transgender Health (CPATH; voir les coordonnées ci-dessous) peut être une ressource utile.

Récemment, des changements ont été apportés aux politiques provinciales et fédérales dans le but de tenir compte du fait que certaines personnes trans se voient refuser, pour diverses raisons, une chirurgie de réattribution sexuelle. Par exemple, dans la cause XY v. Ministry of Government and Consumer Services (2013), le Tribunal des droits de la personne de l’Ontario a conclu que la loi obligeant une personne à subir une « opération de changement de sexe » avant de faire modifier la désignation du sexe sur son enregistrement de naissance est discriminatoire et qu’une lettre d’un médecin ou d’un psychologue suffit. À l’échelon fédéral, un acte de naissance modifié est désormais accepté pour faire une demande de modification de la désignation de sexe sur un passeport canadien (2015). Certains membres de la communauté réclament la possibilité d’utiliser la mention « sexe neutre » sur leur acte d’état civil.

Quelles sont les causes de la dysphorie de genre?

La cause exacte de la dysphorie de genre demeure inconnue. Les chercheurs tentent de comprendre dans quelle mesure l’identité sexuelle est le résultat de la nature (facteurs biologiques) ou de la culture (influences environnementales ou sociales). La recherche prouve que chacun des deux aspects joue un rôle. Même si les chercheurs ne s’entendent pas tous sur l’âge à laquelle l’identité sexuelle est considérée comme établie, beaucoup d’entre eux conviennent généralement que c’est vers l’âge de la puberté. Cela signifie que, pour les personnes qui répondent sans équivoque aux critères de la dysphorie de genre, la thérapie ne changera pas l’identité sexuelle; il n’est pas non plus considéré comme éthique de tenter une thérapie dans ce but. Lorsque cela est indiqué, la transition sociale et/ou médicale est considérée comme le traitement de choix.

Bien que, dans l’histoire récente, la dysphorie de genre ait été considérée comme un problème de santé mentale, ce ne fut pas toujours le cas. On retrouve, dans plusieurs écrits historiques, des descriptions de personnes, appartenant à différentes cultures, qui n’entraient pas dans la catégorie des hommes ou des femmes. Dans certains cas, ces personnes étaient extrêmement respectées en raison de leur connaissance approfondie des univers masculin et féminin (par ex., les personnes bispirituelles des Premières nations). Il ne faut pas oublier que l’idée qu’il existe deux sexes opposés semble un concept occidental nouveau.

Quel est le rôle des psychologues?

Le rôle du psychologue qui travaille avec des adultes qui souffrent de dysphorie de genre prend plusieurs formes et comporte généralement les éléments suivants :

  • Évaluer et établir la dysphorie de genre chez le client;
  • Diagnostiquer et traiter les troubles de santé mentale concomitants (comme l’anxiété ou les troubles de l’humeur) ou la toxicomanie;
  • Explorer avec le client l’éventail de traitements possibles et leurs répercussions;
  • Déterminer l’état de préparation aux traitements hormonaux et chirurgicaux;
  • Aider les clients à s’adapter à leur nouvelle réalité au cours de la transition;
  • Sensibiliser les membres de la famille, les employeurs et les organismes au sujet de la dysphorie de genre;
  • Défendre les intérêts des personnes trans en s’assurant que l’environnement scolaire et le milieu de travail soient accueillants pour les adolescents et les adultes à genre différent et facilitent l’expression de leur identité de genre.

Références

American Psychiatric Association. (2013). Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 5e édition. Washington, DC. American Psychiatric Association.

Bauer, G.R., A.I. Scheim, J. Pyne, R. Travers et R. Hammond (2015). Intervenable factors associated with suicide risk in transgender persons: a respondent driven sampling study in Ontario, Canada. BMC Public Health, volume 15, 525.

Coleman, E., W.O. Bockting, M. Botzer, P. Cohen-Kettenis, G. DeCuypere, J. Feldman et coll. (2012). Standards de soins pour la santé des personnes transsexuelles, transgenres et de genre non-conforme, 7version. Association mondiale des professionnels pour la santé transgenre.

Heylens, G., C. Verroken, S. De Cock, G. T’Sjoen, et G. DeCuypere (2014). Reassignment therapy on psychopathology: A prospective study of persons with a gender identity disorder. Journal of Sexual Medicine, volume 11, 119-126.

Keo-Meier, C.L., L.I. Herman, S.L. Reiser, S.T. Pardo, C. Sharp et J.C. Babcock (2015). Testosterone treatment and MMPI-2 improvement in transgender men: A prospective controlled study. Journal of Consulting & Clinical Psychology, volume 83, 143-156.

LGBT Health Program (2015). Guidelines and protocols for hormone therapy and primary health care for trans clients. Toronto : Sherbourne Health Centre. http://sherbourne.on.ca/lgbt-health/guidelines-protocols-for-trans-care/

2-Spirited People of the 1st Nations (2008). Our relatives said: A wise practices guide – voices of Aboriginal trans people. Toronto : http://www.2spirits.com/

Ressources

  • Canadian Professional Association for Transgender Health (CPATH). La CPATH est une organisation professionnelle interdisciplinaire qui se consacre aux soins de santé des personnes ayant une identité transgenre.cpath.ca
  • Santé Arc-en-ciel Ontario. Ce programme provincial donne de la formation, fait de la représentation pour influencer les politiques publiques et offre des ressources en ligne dans le but d’améliorer la santé des personnes LGBT et l’accès de ces dernières à des soins adéquats. http://www.rainbowhealthontario.ca/fr/
  • Transgender Health Information Program de Vancouver Coastal Health. Ce centre d’information de la Colombie-Britannique donne accès à des renseignements sur les traitements d’affirmation du genre et sur le soutien offert aux personnes transgenres.http://transhealth.vch.ca
  • Association mondiale des professionnels pour la santé transgenre (WPATH; anciennement connue sous le nom de Harry Benjamin International Gender Dysphoria Association). La WPATH est une association professionnelle internationale pluridisciplinaire qui se consacre à la promotion de soins fondés sur des données probantes pour les personnes transgenres. La WPATH fournit des directives déontologiques au sujet des soins s’adressant aux personnes atteintes de dysphorie de genre, ainsi qu’un répertoire des membres et des listes de ressources.wpath.org

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour le compte de la Société canadienne de psychologie par Nicola Brown, Ph. D., psy. agrée, Centre de toxicomanie et de santé mentale, Ontario.

Mise à jour : janvier 2016

Votre opinion est importante! Veuillez communiquer avec nous pour toute question ou tout commentaire sur les feuillets d’information de la série « La psychologie peut vous aider » : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : La douleur chronique

Qu’est-ce que la douleur chronique?

La douleur chronique est une douleur qui ne s’en va pas. Lorsque la douleur dure plus de trois à six mois ou persiste au-delà de la durée habituelle de rétablissement, elle est dite chronique. Il existe différents types de douleur chronique, dont plusieurs ne sont pas bien compris. La douleur chronique peut être associée à une maladie ou un handicap, comme le cancer, l’arthrite ou un membre fantôme. Certains types de douleur se déclenchent après une blessure ou un accident et deviennent chroniques avec le temps. D’autres peuvent commencer progressivement, comme c’est parfois le cas pour les lombalgies. Dans certains types de maladies chroniques, comme la migraine, la douleur est récurrente, plutôt que constante. Il existe de nombreux autres types de douleurs chroniques, comme les douleurs post-chirurgicales, la fibromyalgie et les douleurs neuropathiques. Dans certains cas, la cause de la douleur reste inconnue.

Selon la recherche, entre 10 % et 30 % des Canadiens souffrent de douleur chronique. Les coûts directs et indirects qui lui sont associés sont faramineux et sont estimés à des milliards de dollars annuellement. Les femmes ont tendance à présenter des taux de douleur chronique légèrement plus élevés que les hommes. Les personnes de tous âges peuvent souffrir de douleur chronique, mais celle-ci est plus fréquente chez les personnes d’âge moyen (pour obtenir de l’information supplémentaire sur la douleur chez les personnes âgées, veuillez vous reporter à la fiche d’information intitulée « La douleur chronique chez les personnes âgées »). La douleur chronique peut rendre douloureux de simples mouvements, perturber le sommeil et diminuer l’énergie. Elle peut compromettre le rendement au travail ainsi que les activités sociales, récréatives et domestiques. Les personnes qui ont été blessées dans un accident peuvent développer d’autres symptômes, comme l’anxiété et la dépression. La douleur chronique peut avoir un impact négatif sur la situation financière et, dans certains cas, elle peut contribuer à l’abus d’alcool ou de drogue. Elle peut aussi perturber les relations conjugales et familiales.

La douleur est invisible. Ainsi, plusieurs personnes qui souffrent de douleur chronique se sentent incomprises et/ou seules dans leur souffrance. Certaines personnes se sentent jugées ou stigmatisées, tandis que d’autres pensent que la douleur est « entièrement dans leur tête ». En fait, la douleur est véritablement « dans la tête », car le cerveau est situé dans la tête et que l’origine de la douleur réside dans le cerveau. Parce que la douleur chronique peut avoir un impact négatif sur la qualité de la vie et les capacités fonctionnelles, il n’est pas surprenant que plus du quart des personnes qui souffrent de douleur chronique souffrent également de dépression ou d’anxiété importantes.

Les médicaments sont souvent utilisés pour traiter la douleur chronique. En effet, les médicaments peuvent aider, mais la pertinence de leur utilisation à long terme doit être soigneusement examinée et surveillée.

Comment le psychologue peut-il aider une personne qui souffre de douleur chronique?

Les psychologues s’intéressent à de nombreux aspects de la douleur chronique, notamment l’évaluation, le traitement, la recherche, l’enseignement et la sensibilisation. En ce qui a trait au traitement, les psychologues utilisent plusieurs approches et techniques pour aider les personnes qui souffrent de douleur chronique à améliorer leur qualité de vie, à retrouver un sens à leur vie et à améliorer leurs capacités fonctionnelles. Les psychologues abordent des thèmes importants, comme l’acceptation et la perte, et aident les personnes souffrant de douleur chronique par le soutien, la sensibilisation et le perfectionnement de compétences dans certains domaines tels que la relaxation, la pleine conscience, la résolution de problèmes, l’établissement d’objectifs, le sommeil, l’affirmation de soi et la réflexion adaptative.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une forme de traitement psychologique qui est axé sur les pensées, les émotions et les comportements. Elle vise à aider les personnes à penser et à réagir de manière plus adaptée. Autre approche psychologique, la thérapie d’acceptation et d’engagement (TAE) est axée sur l’acceptation, le choix et l’action engagée. Elle vise à aider les personnes à vivre de manière conforme à leurs valeurs fondamentales. La méditation de pleine conscience est une autre approche qui peut aider les personnes souffrant de douleur persistante. Dans tous les cas, le but principal du traitement est d’améliorer le fonctionnement et la qualité de vie, plutôt que d’éliminer les symptômes de la douleur. L’évaluation des aptitudes professionnelles permet d’examiner les intérêts, les aptitudes et les habiletés de la personne. Elle peut aider les personnes qui sont obligées de modifier leur façon de travailler ou de changer de type de travail. Les psychothérapies utilisées pour traiter l’anxiété et/ou la dépression peuvent être bénéfiques aux personnes qui souffrent de douleur chronique, tout comme le traitement de la toxicomanie ou de l’alcoolisme, au besoin. La thérapie familiale et la thérapie de couple peuvent également être efficaces pour traiter les difficultés interpersonnelles liées à la douleur.

Les approches psychologiques sont-elles efficaces?

De nombreuses études scientifiques révèlent que les approches psychologiques aident les personnes qui souffrent de douleur chronique. Il a été démontré que les traitements psychologiques améliorent la qualité de vie et le fonctionnement dans de nombreux domaines de la vie, comme les activités de la vie quotidienne, la santé émotionnelle et les relations interpersonnelles. Après avoir suivi un traitement psychologique, les personnes déclarent être plus actives et plus confiantes, et avoir une meilleure maîtrise de leur vie, et disent se sentir moins déprimées et moins anxieuses. Dans de nombreux cas, elles soutiennent que la douleur et les symptômes physiques ont diminué. Même si les gens continuent à ressentir de la douleur, celle-ci est souvent plus facile à gérer.

Même si la thérapie individuelle peut leur être offerte, les personnes souffrant de douleur chronique sont souvent traitées en groupe, où elles peuvent partager leurs expériences avec les autres. Parce que la douleur chronique est complexe, les psychologues travaillent fréquemment au sein d’équipes interdisciplinaires ou multidisciplinaires composées d’autres professionnels de la santé, comme des physiothérapeutes, des ergothérapeutes, des médecins, des infirmières et des travailleurs sociaux. Encore une fois, l’objectif principal du traitement est d’aider les personnes souffrant de douleur chronique à développer un mode de vie satisfaisant et sain. Les programmes interdisciplinaires de réadaptation en douleur chronique sont aussi efficaces que les médicaments et les interventions médicales pour réduire l’intensité de la douleur; toutefois, ils sont plus efficaces pour diminuer la consommation de médicaments, réduire l’utilisation des soins de santé, améliorer les activités fonctionnelles, améliorer l’humeur et favoriser le retour au travail.

Comment la recherche peut-elle aider?

En plus de travailler directement avec les personnes souffrant de douleur chronique, les psychologues ont contribué de manière significative à notre compréhension de la douleur chronique au moyen de nombreux types de recherche. Par exemple, certaines études portent sur la réduction de l’incidence de la douleur chronique à l’aide de programmes de prévention des blessures ou d’intervention précoce. D’autres études se penchent sur l’efficacité des traitements de la douleur chronique. Certains chercheurs étudient la façon dont les variables psychologiques influencent la douleur et la souffrance, tandis que d’autres étudient le rôle du système nerveux central dans une variété de maladies à l’origine de douleurs chroniques.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour obtenir des renseignements sur la douleur chronique, vous pouvez communiquer avec la Chronic Pain Association of Canada (www.chronicpaincanada.com) ou la Société canadienne de la douleur (www.canadianpainsociety.ca).

Vous trouverez de l’information sur la douleur chez les enfants sur le site Web intitulé « Pediatric Pain – Science Helping Children » de l’Université Dalhousie, à l’adresse http://pediatric-pain.ca/.

Un psychologue agréé pourrait vous aider à utiliser les thérapies mentionnées dans la présente fiche d’information.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par John Kowal, Ph. D., psychologue en pratique privé.

Révision : janvier 2021

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Série « La psychologie peut vous aider » : L’intimidation chez les enfants et les jeunes

What is bullying?

Bullying among children and youth is defined as repeated, unwanted aggressive behaviour(s) by a youth or group of youths. It involves an observed or perceived power imbalance. It can result in physical, social, or educational harm or distress for the targeted youth.[1]

  • The power imbalance may be based on differences in size, strength, ability, popularity, appearance/body size, race/ethnicity, culture, religion, financial resources, sexual orientation, gender identity/expression, or any other difference.
  • Bullying is a relationship problem. Over time, the person who is bullying feels more and more powerful and the person who is being bullied feels more and more helpless, shamed, and trapped.
  • Bullying requires relationship solutions. That is, solutions that create safety and social-emotional growth for those who bully, those who are bullied, and those who witness it.
  • Bullying happens most often when few adults are around (e.g., school playgrounds, hallways, cyberspace).
  • At least 1/3 of bullying is experienced beyond school boundaries (e.g., recreation settings, online).

Forms of bullying

  • Physical bullying: physical aggression such as hitting, kicking, shoving, stealing or harming property.
  • Verbal bullying: teasing, name calling, put-downs, shaming, threatening or humiliating others.
  • Social bullying: excluding others, damaging friendships, negative gossiping, spreading rumours etc. This is also known as indirect or relational bullying.
  • Cyber bullying: is the use of electronic communication technology to bully others. The technology itself creates a power imbalance. It reaches youth anywhere and at any time, messaging is instantaneous, the audience can be huge, and the messages can be permanent.

How common is bullying?[2],[3]

In 2018, a large and representative sample of Canadian youth in grades 6 through 10 were asked whether they have been involved in bullying over the last two months.

  • 36% of the sample reported they had been involved in bullying at least once over this time period.
    • 6% bullied others
    • 20% were bullied
    • 9% reported they both bullied others and were bullied
  • Being bullied is more common among girls than boys – approximately 1 in 3 Canadian girls are bullied.
  • Bullying others is more common among boys than girls.
  • Teasing or name calling is the most common form of bullying for both boys and girls.
  • Bullying rates in Canada have remained relatively stable over the last 12 years. Relative to other wealthy nations, Canada ranks in the middle in terms of bullying rates (23rd out of 35 nations).

Bullying – The role of peers

Observational research of elementary school children showed that bullying incidents occurred every 7 minutes on the playground and bystanders were present for 85% of these incidents.[4] Bystanders influence bullying dynamics in both ways:

  • When bystanders remain passive observers, this sends the message that bullying is acceptable. The bigger the audience, the longer the bullying incident lasts.[5]
  • When bystanders intervene, the bullying stopped within 10 seconds in 57% of observed incidents.[6]

Defending against bullying is a complex, social-emotional task for bystanders. They must recognize the event as bullying, take responsibility for helping, and have the skills necessary to intervene successfully. Research suggests that defending can take multiple forms[7]:

  • Comforting: Offering emotional support to the person being bullied.
  • Reporting: Telling a teacher or another adult about the bullying.
  • Solution-focused: Using assertiveness or problem solving to stop the bullying.
  • Aggressive: Using retaliation against the aggressor.

Youth should be encouraged to defend using the behavior that is safest and most effective for them in the moment. Boys tend to defend aggressively and may need help to develop more prosocial intervention strategies[6].

Who is at risk?

Of being bullied?

  • Those with few friends who are seen as unable to defend themselves
  • Those with a disability, neurodevelopmental difference, special healthcare need, intellectual exceptionality (both gifted and learning disability)
  • Overweight children and youth
  • LGBTQ children and youth report being bullied significantly more and more severely than other students[8]

Of bullying others?

  • Children and youth who believe that bullying is normal
  • Those who have friends who bully
  • Not all children and youth who bully are alike. Some are popular and socially skilled, while others have behaviour problems and few friends.

Dangers and psychological impacts

Bullying is a health issue. It is linked to both short and long-term mental and physical health problems and academic under-achievement.[9]  Strong and supportive relationships with parents, a caring and responsive school environment, and positive relationships with family and friends can all help protect against long-term harm. The harm related to bullying is related to:

  • Severity and frequency of the bullying behaviour
  • Pervasiveness of involvement in bullying (e.g., is bullying happening in just one relationship or place, or in many relationships and places?)
  • Chronicity of involvement in bullying (how long has the bullying gone on? Have there been other bullying problems in the past?)

Children and youth whose bullying involvement has been severe/frequent and/or pervasive, and/or chronic require the most intensive and focused support.

Research has documented many immediate and long-term negative impacts of bullying involvement[10]:

  • Negative impacts of bullying are significant and have been found across all cultures.
  • For some individuals, the impacts can last throughout life.
  • Lessons learned about the abuse of power in relationships from bullying may carry over to: sexual harassment, dating aggression, intimate partner violence, workplace harassment, child and elder abuse.
  • Children and youth who both bully others and are bullied tend to have the most severe and enduring problems, including the negative impacts in both lists below.

Negative impacts linked to bullying others[11]

  • Depression
  • Substance abuse
  • Aggression and anti-social behaviour
  • Sexual harassment and dating aggression
  • Academic problems and increased school dropout rate
  • Delinquency and criminal behaviour

Negative impacts linked to being bullied[12]

  • Depression, anxiety, mood disorders
  • Substance abuse
  • Low self-esteem and social confidence
  • Isolation and loneliness
  • Poor peer relationships
  • Stomach aches, headaches
  • “Toxic stress” or enduring low grade systemic inflammation which is linked to disease[13]
  • School absenteeism and learning problems
  • Contemplating, attempting, or committing suicide

How can psychologists help?

In Schools?[14]

  • Provide training for staff members on how to promote healthy relationships and social climates, and to identify and address bullying issues.
    • After training, teachers report feeling more supportive toward children who are bullied and more confident handling bullying issues.
  • Recommend school policies that address prevention, intervention and evaluation. [15]
  • Develop intervention strategies for children who are involved in bullying problems that develop social-emotional capacity and skills. Counsel students and families dealing with impacts of bullying and victimization.

Those who bully others?

  • Help them recognize and understand the negative impacts of their bullying on others and on themselves.
  • Support understanding of human rights to safety, respect, and dignity.
  • Help develop the ability to control behaviour, resist peer pressure, and use problem solving strategies.
  • Help find ways to use their power in a positive way (e.g., identify leadership roles).
  • Find opportunities to engage in positive social experiences with a diverse mix of peers where the focus is on making a contribution to the greater good (e.g., peer mentoring, or peer mediation)

Those who are bullied?

  • Help develop an immediate plan of safety so they can feel comfortable attending school and participating in community activities.
  • Listen, empathize, and reduce shame and self-blame.
  • Help them understand and assert their human rights to safety, respect, and dignity.
  • Help find ways to build self-esteem, confidence and healthy interests.
  • Find opportunities to form positive friendships with peers.

Bystanders?

  • Support understanding of human rights and healthy relationships.
  • Educate about bullying and its impacts on health and well-being.
  • Use role-play and scripts to teach bystanders specific skills for standing up to various bullying situations, instead of being passive or joining in.
  • Run workshops to build assertive communication skills and problem solving skills, and peer pressure resistance.

Where can I get more information?

Additional information about bullying can be found at www.prevnet.ca.  For downloadable resources, see Factsheets and Tools for Schools at http://www.prevnet.ca/resources/bullying-prevention-facts-and-tools-for-schools

You can consult with a registered psychologist to find out if psychological interventions might be of help to you. Provincial, territorial, and some municipal associations of psychology often maintain referral services. For the names and coordinates of provincial and territorial associations of psychology, please visit:  https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

This fact sheet has been prepared for the Canadian Psychological Association by Annie Tang, Dr. Joanne Cummings, Dr. Debra Pepler, and Kelly Petrunka, PREVNet.  This fact sheet was updated by Dr. Wendy Craig, Dr. Debra Pepler,  and Laura Lambe.

February 2021

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[1] Centers for Disease Control and Prevention (2014). Retrieved from http://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/bullying_factsheet.pdf.

[2] Craig, W., Pickett, W, King, M. (2020) The health of Canadian youth: Findings from the health behavior in school-aged children study. Public Health Agency of Canada, retrieved from https://www.canada.ca/en/public-health/services/publications/science-research-data/youth-findings-health-behaviour-school-aged-children-study.html#ch10

[3] UNICEF (2020). Canadian companion to the UNICEF report card 16. Retrieved from: https://www.unicef.ca/en/unicef-report-card-16

[4] Craig, W. & Pepler, D. (1997).  Observations of bullying and victimization in the schoolyard. Canadian Journal of School Psychology, 2, 41-60.   See: http://www.prevnet.ca/sites/prevnet.ca/files/research/PREV-Craig-Pepler-1997-Communique-peers.pdf for a downloadable research summary of this article.

[5] O’Connell, P., Pepler, D., & Craig, W.  (1999) Peer involvement in bullying: Issues and challenges for intervention. Journal of Adolescence, 22, 437-452.

[6] Hawkins, D.L., Pepler, D., & Craig, W. (2001). Peer interventions in playground bullying. Social Development, 10, 512-527.  See http://www.prevnet.ca/sites/prevnet.ca/files/research/PREV-Hawkins-etal-2001-Communique-peer-intervention.pdf for a downloadable research summary of this article.

[7] Lambe, L. J., & Craig, W. M. (2020). Peer defending as a multidimensional behavior: Development and validation of the defending behaviors scale. Journal of School Psychology78, 38-53.

[8] Taylor, C. & Peter, T., with McMinn, T.L., Schachter, K., Beldom, S., Ferry, A., Gross, Z., & Paquin, S. (2011). Every class in every school: The first national climate survey on homophobia, biphobia, and transphobia in Canadian schools. Final report. Toronto, ON: Egale Canada Human Rights Trust.  Retrieved from: http://egale.ca/wp-content/uploads/2011/05/EgaleFinalReport-web.pdf.

[9] Hymel, S. & Swearer, S. (2015). Four decades of research on school bullying. American Psychologist, 70, 293-299.

[10] Hymel, S. & Swearer, S. (2015). Four decades of research on school bullying. American Psychologist, 70, 293-299.
See also: Takizawa, R., Maughan, B., & Arsenault, L. (2014). Adult health outcomes of childhood bullying victimization: Evidence from a five-decade longitudinal British birth cohort. Am J Psy in Advance. Retrieved from http://ajp.psychiatryonline.org/data/Journals/AJP/0/appi.ajp.2014.13101401.pdf.
See also:  Ozdemir, M., & Stafttin, H. (2011). Bullies, victims, and bully-victims: A longitudinal examination of the effects of bullying victimization experiences on youth well-being. Journal of Aggression, Conflict and Peace Research3, 97-102.

[11] Farrington, D.P. & Toffi, M. M. (2011).  Bullying as a predictor of offending, violence, and later life outcomes.  Criminal Behaviour and Mental Health (21)2, 90-98. See also: Fergusson, D. M., Boden, J. M., & Horwood, L. J. (2014). Bullying in childhood, externalizing behaviors, and adult offending: Evidence from a 30-year study. Journal of school violence13(1), 146-164.

[12] Bowes, L., Maughan, B., Ball, H., Shakoor, S., Ouellet-Morin, I., Caspi, A., Moffitt, T.E., and Arseneault, L. (2013). Chronic bullying victimization across school transitions: The role of genetic and environmental influences. Development and Psychopathology, 25, pp 333-346.

[13 Copeland, W. E., Wolke, D., Lereya, S. T., Shanahan, L., Worthman, C., & Costello, E. J. (2014). Childhood bullying involvement predicts low-grade systemic inflammation into adulthood. Proceedings of the National Academy of Sciences111(21), 7570-7575.
See also: Rueger, S. Y. & Jenkins, L. N. (2014). Effects of peer victimization on psychological and academic adjustment in early adolescence. School Psychology Quarterly, 29, 77-88.
See also: Vaillancourt, T., Hymel, S., & McDougall, P. (2013). The biological underpinnings of peer victimization: Understanding why and how the effects of bullying can last a lifetime. Theory into Practice52(4), 241-248.

[14] Pepler, D. & Rodrigues, B. (in press). Bullying prevention: Re-imagining a non-violent and healing learning environment for all students at school. In E. Cole and M. Kukai (Eds.)
Mental Health Consultation and Interventions in School Settings: A Scientist–Practitioner’s Guide, pp. 339-357. Boston: Hogrefe Publishing.

[15] Ttofi, M. M., & Farrington, D. P. (2011). Effectiveness of school-based programs to reduce bullying: A systematic and meta-analytic review. Journal of Experimental Criminology7(1), 27-56.

Série « La psychologie peut vous aider » : L’abandon du tabac

Selon la plus récente Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues, environ 4,2 millions de Canadiens de plus de 15 ans fument. Il s’agit du taux national de tabagisme le plus bas jamais observé, mais environ 15 % de la population adulte fume toujours, les taux provinciaux allant de 11 % en Colombie-Britannique à 20 % au Nouveau-Brunswick. Le tabagisme est l’une des principales causes de maladie et de décès prématuré au Canada, ce qui renforce la nécessité d’abaisser encore davantage le taux de tabagisme au pays de manière à offrir aux Canadiens la possibilité de vivre longtemps et en santé.

Le fait d’arrêter de fumer diminue le risque de développer de nombreuses maladies physiques (p. ex., cancer, cardiopathie, maladies respiratoires). Cesser de fumer est également très bénéfique pour la santé mentale. Comparativement aux personnes qui continuent de fumer, celles qui abandonnent le tabac ressentent les bienfaits suivants plusieurs années après avoir cessé de fumer : diminution du stress et de l’anxiété, diminution des symptômes de dépression, émotions positives plus fréquentes, amélioration de la qualité de vie globale et sentiment d’être en meilleure santé en général.

Pourquoi le tabac entraîne-t-il une si forte dépendance?

Trouvée dans la fumée de cigarette, la nicotine est la principale substance chimique qui crée l’accoutumance; elle agit très rapidement dans le corps, atteignant le cerveau en 10 à 20 secondes environ. Environ deux heures après avoir fumé une cigarette, la concentration de nicotine dans l’organisme chute de 50 %. La personne a alors une envie irrépressible de fumer, elle devient anxieuse ou irritable et, dans beaucoup de cas, elle se sent « déprimée ».

La nicotine affecte un certain nombre de substances chimiques qui jouent un rôle important dans le cerveau et le corps, et qui peuvent rehausser l’humeur, diminuer le stress, donner l’impression d’avoir plus d’énergie, et même, diminuer la douleur. Toutefois, ces effets sont de courte durée et sont très communs chez les nouveaux fumeurs ou les fumeurs occasionnels. Cela s’explique par le fait que, peu à peu, le corps s’adapte à ces changements, d’où le besoin de fumer davantage avec le temps pour ressentir ces effets – ou tout simplement pour se sentir « normal ».

Même si la nicotine entraîne une très forte dépendance, ce n’est pas la seule raison pour laquelle il est difficile d’arrêter de fumer. Chez les fumeurs réguliers, s’allumer une cigarette fait souvent partie de la routine quotidienne. Que vous fumiez après les repas, pendant votre pause ou lorsque vous socialisez, il sera encore plus difficile de cesser de fumer si vous le faites à des moments de la journée qui déclenchent votre envie de fumer.

Quels sont les traitements disponibles?

Cesser de fumer, cela implique de gérer les symptômes physiques du sevrage et de déconstruire les liens entre la cigarette et la façon dont vous vous sentez, les choses que vous faites, les personnes avec lesquelles vous passez du temps et la façon dont vous vous percevez. C’est pourquoi il arrive souvent que plusieurs tentatives et plusieurs types de traitement soient nécessaires avant de réussir à cesser de fumer.

Arrêter d’« un coup » en s’imposant un sevrage brutal est l’une des approches les plus courantes, mais aussi l’une des moins efficaces. Certains traitements peuvent effectivement vous aider à arrêter définitivement de fumer :

  1. La thérapie comportementale: cette approche vise les croyances, les attitudes et les comportements qui entretiennent la dépendance. La thérapie cognitivo-comportementale, la thérapie d’acceptation et d’engagement et la thérapie analytique fonctionnelle sont des traitements, basés sur la thérapie comportementale, qui sont utilisés fréquemment.
  2. La thérapie de remplacement de la nicotine (TRN): la TRN se présente sous deux formes : libération lente (p. ex., timbre de nicotine) et libération rapide (p. ex., gomme à mâcher à la nicotine, inhalateurs). Les TRN aident à contrôler les envies de fumer et les symptômes de sevrage en libérant de petites quantités de nicotine dans l’organisme, sans toutefois entraîner de la dépendance.
  3. Médicaments sur ordonnance: au Canada, deux principaux médicaments sur ordonnance sont utilisés pour aider les gens à cesser de fumer, soit la varénicline et le bupropion. Ces médicaments affectent les récepteurs nicotiniques dans le cerveau et contribuent à réduire les envies de fumer et les symptômes de sevrage. La varénicline a également comme effet de réduire le plaisir de fumer.

Remarque : avant d’utiliser une TRN ou de prendre des médicaments sur ordonnance, vous devriez toujours consulter un médecin pour obtenir de l’information sur le risque d’effets indésirables ou les interactions.

Quelles sont les thérapies les plus efficaces?

La varénicline est, à elle seule, la plus efficace, mais les trois types de traitement fonctionnent. Même si le recours à au moins un de ces traitements est susceptible d’augmenter de pas moins de 80 % vos chances de réussite, la recherche montre que la meilleure façon de cesser de fumer est de combiner les traitements. Les deux combinaisons les plus efficaces sont :

  • Combinaison de TRN, soit l’utilisation d’une TRN à libération lente (p. ex., timbre de nicotine) et d’une TRN à libération rapide (p. ex., inhalateur de nicotine).
  • Pharmacothérapie et thérapie comportementale. Vous pouvez augmenter vos chances d’arrêter de fumer en utilisant la pharmacothérapie (c.-à.-d. TRN ou médicaments sur ordonnance), tout en recevant de l’aide d’un professionnel de la santé mentale autorisé (p. ex., un psychologue agréé).

Les lignes d’aide pour les fumeurs et le soutien en ligne, seuls ou combinés à d’autres traitements, peuvent aussi accroître vos chances d’écraser pour de bon.

Quelles sont les thérapies qui ne fonctionnent pas?

La thérapie par aversion (p. ex., fumer jusqu’à en être dégoûté), la consommation d’autres produits du tabac (p. ex., tabac à mâcher ou à priser, cigarette électronique) et les thérapies non conventionnelles (p. ex., hypnothérapie, acupuncture, herbes et remèdes naturels) n’améliorent pas vos chances de réussite.

Que dois-je faire pour mettre de mon côté toutes mes chances d’arrêter de fumer?

Quel que soit le moyen que vous choisirez, gardez à l’esprit qu’il est parfois extrêmement difficile de cesser de fumer. Même si vous devez vous y prendre à plusieurs fois, vous finirez vraisemblablement par réussir.

La recherche en psychologie montre qu’il y a plusieurs choses à faire pour renoncer définitivement au tabac, que vous en soyez à votre première ou à votre cinquième tentative :

  • Établissez des objectifs réalistes et concrets (p. ex., définir la date précise à laquelle vous arrêterez de fumer).
  • Commencez les traitements avant d’arrêter.
  • Dites à votre famille et à vos amis que vous cessez de fumer, ainsi que ce qu’ils peuvent faire pour vous aider.
  • Intégrez votre démarche à votre routine quotidienne, dans votre entourage et dans vos motivations.
  • Trouvez un ami qui essaie lui aussi de cesser de fumer.
  • Réduisez graduellement votre consommation de cigarettes avant d’arrêter de fumer.
  • Commencez par réduire la quantité de cigarettes que vous fumez.
  • Récompensez-vous, même s’il s’agit de petits gains.
  • Préparez-vous aux symptômes de sevrage (p. ex., maux de tête, tristesse, irritabilité, anxiété) qui surviendront dans les quatre premières semaines suivant votre dernière cigarette. Certains signes montrent que votre corps est en train de récupérer.
  • Voici quatre trucs à retenir pour surmonter vos envies de fumer : occupez-vous, buvez beaucoup d’eau, prenez de grandes respirations et remettez le plus tard possible votre prochaine cigarette.
  • Soyez actif.
  • Ne perdez jamais de vue ce qui vous déplaît dans la cigarette plutôt que ce qui vous plaît.
  • Soyez indulgent envers vous-même si vous fumez une cigarette à l’occasion.
  • Tenez-vous occupé.
  • Comprenez les éléments déclencheurs et apprenez à les gérer.
  • Remplacez la cigarette par autre chose; faites des activités différentes et fréquentez des personnes avec lesquelles vous vous sentez bien.
  • Rappelez à vos amis, votre famille, vos collègues, et à vous-même, votre statut de « non-fumeur » ou d’« ex-fumeur ».
  • Acceptez que ce soit difficile pendant un certain temps, tout en sachant que vous récolterez toute votre vie le fruit de vos efforts.

Où aller pour trouver de l’aide?

Votre médecin de famille peut vous aider à élaborer un plan d’abandon du tabac personnalisé, explorer les traitements les plus efficaces dans votre cas et vous recommander à d’autres professionnels de la santé, qui, eux aussi, sont susceptibles de vous aider à arrêter de fumer. Les médecins peuvent également vous conseiller sur l’innocuité des TRN et des médicaments (p. ex., effets secondaires, interactions).

Les psychologues agréés peuvent vous aider à élaborer un plan d’abandon du tabac et offrent de la thérapie qui vous aidera dans votre démarche. Les psychologues offrent également une variété de thérapies efficaces et travailleront avec vous pour trouver celle qui vous conviendra le mieux. Vérifiez auprès de l’association de psychologues de votre province/territoire pour trouver un psychologue de votre région qui peut vous aider à cesser de fumer.

Santé Canada et la Société canadienne du cancer offrent un service d’assistance téléphonique confidentiel et gratuit au 1-866-366-3667. Les conseillers qui fournissent ce service sont formés pour offrir du soutien et pour vous aider à établir votre plan personnel d’abandon du tabac.

Vous trouverez également de l’aide en ligne sur le site http://jetelaisse.ca/, qui propose des forums, de l’information sur les traitements, des ressources d’entraide et une application mobile.

Le présent feuillet d’information a été rédigé pour le compte de la Société canadienne de psychologie par

Date : août 2016

Votre opinion est importante! Veuillez communiquer avec nous pour toute question ou tout commentaire sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider » : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : L’insomnie

Qu’est-ce que l’insomnie?

Beaucoup de gens, soit environ 20 % à 25 % de la population, ne sont pas satisfaits de leur sommeil. Parmi ceux-ci, certains souffrent d’un trouble spécifique du sommeil appelé insomnie. L’insomnie se définit comme une difficulté persistante à s’endormir ou à rester endormi, qui affecte le fonctionnement quotidien ou cause de la détresse. Lorsque la difficulté à dormir survient au moins trois nuits par semaine et dure pendant au moins trois mois, on parle de trouble d’insomnie chronique. Au moins 10 % de la population adulte souffre d’insomnie chronique.

Les causes courantes de l’insomnie sont, entre autres, le stress à la maison, à l’école ou au travail, les changements intervenant dans les relations, la perte, les problèmes de santé, l’anxiété, la dépression et la douleur. Les stimulants tels que la caféine et la nicotine peuvent également entraîner des problèmes de sommeil.

L’insomnie chronique peut être alimentée par des facteurs autres que ceux qui l’ont déclenchée au départ. Les pensées qui défilent, l’inquiétude liée au manque de sommeil, le fait de rester au lit lorsqu’on ne dort pas et les horaires de sommeil irréguliers contribuent souvent à maintenir le cycle de l’insomnie. Parfois, la peur de ne pas dormir ou le fait de trop essayer de dormir suffisent pour empêcher le sommeil d’arriver.

L’insomnie est un problème grave. Elle entraîne de la fatigue diurne, de l’irritabilité, une baisse de la vigilance et de la concentration, une perte de satisfaction dans les relations et une diminution de la productivité au travail. Il a également été constaté qu’elle augmente le risque de dépression, de diabète de type 2 et de maladie cardiaque.

Quelles sont les approches psychologiques efficaces pour le traitement de l’insomnie primaire?

Une bonne hygiène de sommeil est importante pour avoir une bonne nuit de sommeil (p. ex., réduire la caféine ou l’alcool au coucher, éviter la lumière et le bruit, faire davantage d’activité physique). Si vous avez déjà une bonne hygiène de sommeil et souffrez toujours d’insomnie, l’approche que voici pourrait vous être utile.

Le premier traitement recommandé pour l’insomnie chronique est appelé « thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie », ou TCC-I. Des recherches ont montré que ce traitement psychologique améliore véritablement le sommeil. Les personnes qui suivent ce traitement se sentent également moins fatiguées, elles fonctionnent mieux et leur humeur s’améliore.

Les composantes comportementales et cognitives et les techniques de relaxation qui font partie de la TCC-I sont décrites ci-dessous :

  • Les composantes comportementales vous apprennent à associer votre lit à un sommeil de qualité et à ajuster votre horaire de sommeil. Par exemple, vous apprendrez quoi faire lorsque vous n’arrivez pas dormir, quand aller vous coucher et quand vous lever pour avoir un sommeil réparateur.
  • La composante cognitive de la thérapie vous aidera à maîtriser votre inquiétude et les pensées incessantes qui nuisent à votre sommeil. Ainsi, vous apprendrez à faire face à votre crainte de ne pas être capable de surmonter la journée du lendemain si vous n’arrivez pas à dormir.
  • Les techniques de relaxation réduisent le stress mental et physique au moment de se coucher.

Quelle est l’efficacité des méthodes psychologiques de traitement de l’insomnie?

La recherche révèle qu’entre 70 % et 80 % des personnes qui souffrent d’insomnie retirent un bénéfice important de quatre à six semaines de TCC-I et continuent de bien dormir pendant des mois ou des années.

La TCC-I est aussi efficace, sinon plus efficace que les somnifères et produit des effets durables sur le sommeil. La TCC-I permet également de réduire l’utilisation des somnifères, qui peuvent altérer la vigilance et la coordination motrice et créer une dépendance.

La TCC-I est plus efficace pour l’insomnie chronique que l’hygiène du sommeil seule ou les techniques de relaxation seules.

Vous pouvez consulter un psychologue agréé pour savoir s’il offre des traitements psychologiques pour l’insomnie, en particulier la TCC-I. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Judith Davidson, Ph. D., de l’Université Queen’s.

Révision : août 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité

Qu’est-ce que le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH)?

Le TDAH se caractérise par un niveau d’inattention, d’agitation et d’impulsivité inapproprié du point de vue du développement de la personne et qui nuit à son fonctionnement. Certaines personnes présentent les trois types de symptômes, tandis que d’autres présentent surtout de l’inattention ou surtout de l’hyperactivité/impulsivité. Chez les personnes qui souffrent d’un TDAH, l’inattention se manifeste souvent par de la difficulté à suivre les instructions, à garder les choses en ordre et à exécuter des tâches. Quant à l’hyperactivité et à l’impulsivité, elles se manifestent dans plusieurs cas par une tendance à agir sans réfléchir, à interrompre les autres, à parler excessivement ou à être agitées ou nerveuses. Le TDAH commence dans l’enfance et de nombreuses personnes continuent de présenter des symptômes de TDAH à l’âge adulte. Le TDAH touche environ 5 % à 8 % des enfants et des adolescents d’âge scolaire et est plus fréquent chez les garçons que chez les filles.

En plus d’avoir des problèmes d’inattention, d’hyperactivité et d’impulsivité, les personnes atteintes de TDAH ont souvent des problèmes à l’école ou au travail et des difficultés sur le plan des interactions et des relations sociales. Le TDAH est souvent associé à d’autres problèmes comme le trouble oppositionnel avec provocation ou des troubles de comportement, des troubles d’apprentissage, de la dépression ou des troubles anxieux.

Le TDAH semble avoir une base biologique, et chez certaines personnes, il serait héréditaire. Cependant, la cause précise de ce trouble n’est pas connue et peut différer selon les personnes; il est probable qu’il y ait plusieurs causes ou facteurs contributifs possibles. L’environnement familial ne cause pas le TDAH, mais il peut influencer la façon dont les symptômes se manifestent ainsi qu’aider les gens à gérer leur TDAH.

Il n’y a pas de test de dépistage unique du TDAH, qui permettrait de déterminer si une personne en est atteinte ou non. Au lieu de cela, pour évaluer une personne, il faut recueillir des informations auprès de plusieurs sources (p. ex., parents, enseignants, observations, tests), dans plusieurs domaines (p. ex., à la maison et à l’école) et à l’aide de mesures normalisées. L’évaluation devrait également examiner attentivement d’autres causes possibles des symptômes du TDAH, comme d’autres troubles ou facteurs de stress. Une évaluation approfondie peut être un processus complexe, et les psychologues sont bien placés pour effectuer de telles évaluations.

Quels sont les traitements psychologiques utilisés pour traiter le TDAH?

Chez la plupart des enfants et des adolescents d’âge scolaire, le meilleur traitement pour le TDAH consiste en une combinaison de thérapie comportementale et de médicaments. La thérapie comportementale est particulièrement importante pour résoudre le stress familial et les problèmes de comportement social chez les personnes atteintes de TDAH et peut aider à prévenir ou à traiter d’autres problèmes qui accompagnent parfois le TDAH.

La thérapie comportementale fait appel à de nombreuses techniques et se concentre sur l’établissement d’attentes comportementales claires et sur la communication de commentaires fréquents et cohérents sur le comportement, qui pourrait inclure des récompenses et des conséquences. La thérapie comportementale peut également intégrer le modelage, la résolution de problèmes et l’acquisition de compétences. Lorsqu’elle s’adresse aux enfants, la thérapie comportementale est souvent menée à la fois en classe et à la maison, et les parents et les enseignants sont essentiels à l’application de la thérapie. Lorsqu’elle s’adresse aux adolescents et aux adultes, la thérapie cognitivo-comportementale axée sur l’autogestion par l’individu de ses propres comportements peut être utile.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Vous trouverez des renseignements supplémentaires sur le TDAH et les traitements (psychologiques et médicamenteux) utilisés pour sa prise en charge sur un site Web créé par les National Institutes of Health des États-Unis à l’adresse http://www.nimh.nih.gov/health/publications/adhd-listing.shtml.

Children and Adults with ADHD, un groupe de défense des droits des personnes souffrant de TDAH, a un site Web qui propose des fiches d’information sur le sujet : https://chadd.org/understanding-adhd/adhd-fact-sheets/.

Vous trouverez également des informations sur les interventions psychologiques utilisées pour traiter le TDAH dans l’article suivant : Evans, S.W., Owens, J.S., Wymbs, B.T. et Ray, A.R. (2018) Evidence-based psychosocial treatments for children and adolescents with attention deficit/hyperactivity disorder, Journal of Clinical Child & Adolescent Psychology, 47:2, 157-198, DOI : 10.1080/15374416.2017.1390757

Vous pouvez consulter un psychologue agréé pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Amori Yee Mikami, Ph. D., Département de psychologie, Université de la Colombie-Britannique.

Révision : janvier 2021

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Série « La psychologie peut vous aider » : La douleur chronique chez les personnes âgées

Qu’est-ce que la douleur chronique?

Une douleur qui ne s’en va pas et qui dure plusieurs mois est appelée « douleur chronique ». Souvent, la douleur chronique est causée par une maladie ou une blessure connue et peut durer plus que le temps normal de guérison associé à cette maladie ou cette blessure.

Il arrive parfois que les analyses médicales ne parviennent pas à trouver la cause de la douleur chronique. Dans la plupart des cas, la meilleure façon d’aider une personne qui souffre de douleur chronique est de lui apprendre à gérer la douleur.

La douleur présente différentes caractéristiques (p. ex., sensation de brûlure, douleur vive et douleur lancinante), a tendance à être accompagnée d’émotions négatives (p. ex., la colère, la peur) et nuit parfois au bien-être physique, mental et affectif de la personne qui en souffre. Dans certains cas, elle altère la capacité physique fonctionnelle de la personne; il est donc plus difficile pour elle de marcher, de se pencher, de se lever ou de s’asseoir. La douleur peut gêner les activités quotidiennes, comme prendre son bain, cuisiner, faire le ménage et travailler.

Parfois, la douleur perturbe le sommeil ou coupe l’appétit, et fait baisser le niveau d’énergie. Elle peut aussi interférer avec les rôles et les relations avec les amis et la famille. Sur le plan mental, la douleur chronique nuit parfois à la concentration ou au rappel de certains souvenirs. Du point de vue affectif, les personnes qui souffrent de douleur chronique se sentent, dans certains cas, irritables, anxieuses et déprimées. Les psychologues jouent un rôle de premier plan auprès des personnes souffrantes, car ils peuvent les aider à gérer la douleur chronique et les nombreuses conséquences qu’a celle-ci sur leur bien-être.

La douleur est-elle courante chez les personnes âgées?

La douleur se manifeste plus fréquemment lorsque la personne vieillit. La recherche révèle que, au cours d’une année, la plupart des personnes âgées éprouvent au moins un problème de douleur important, qui est chronique, dans plusieurs cas. Voici les problèmes de douleur courants chez les personnes âgées :

  • la douleur causée par l’arthrite;
  • les maux de dos;
  • les douleurs aux jambes;
  • la douleur causée par le zona;
  • la douleur causée par un accident vasculaire cérébral;
  • la douleur causée par le cancer;
  • le syndrome de post-poliomyélite;
  • la douleur associée à d’autres maladies comme la bronchite chronique, l’emphysème, les ulcères d’estomac, la fibromyalgie et l’ostéoporose.

Quels sont les mythes courants au sujet du vieillissement et de la douleur?

Un certain nombre de mythes circulent au sujet du vieillissement et de la douleur. Par exemple, de nombreuses personnes (y compris les professionnels de la santé) disent parfois que la « douleur est une conséquence naturelle du vieillissement ». Or, cette affirmation est fausse. La douleur n’est pas une conséquence de l’âge. Elle est plus courante chez les personnes âgées parce que les maladies ou les blessures à l’origine de la douleur sont plus fréquentes dans ce segment de la population.

Il est important de traiter la maladie ou la blessure, tout comme la douleur, peu importe l’âge de la personne. Si nous pensons que la douleur est une « conséquence naturelle du vieillissement », il est possible que la douleur qu’éprouve une personne âgée ne soit pas traitée avec autant de sérieux que celle ressentie par un adulte plus jeune.

Voici d’autres mythes qui entourent la douleur chez les personnes âgées :

  • « les personnes âgées souffrent moins de la douleur que les adultes plus jeunes »;
  • « les personnes âgées tolèrent mal les analgésiques puissants ou sont plus à risque de devenir dépendants des médicaments antidouleur »;
  • « les médicaments antidouleur interfèrent toujours avec le fonctionnement physique et mental ».

En outre, comparativement aux adultes plus jeunes, certaines personnes âgées se sentent moins en droit de poser des questions à leurs fournisseurs de soins de santé, et ces derniers ne donnent pas toujours de l’information aux personnes âgées.

Aucun de ces mythes et de ces points de vue au sujet de la douleur et du vieillissement n’est vrai ou utile; ils risquent, au contraire, de dissuader les personnes âgées à chercher et à obtenir la gamme complète des traitements de la douleur possibles.

La douleur est-elle insuffisamment traitée chez les personnes âgées?

Probablement à cause de certains mythes, dont il est question ci-dessus, la douleur chez les personnes âgées est insuffisamment traitée et mal évaluée. Les personnes âgées sont sous-représentées dans les cliniques qui se spécialisent dans le traitement de la douleur. Lorsqu’une personne âgée souffre d’une autre maladie qui affecte sa capacité de communiquer (p. ex., la maladie d’Alzheimer), le problème de douleur est très difficile à détecter par les professionnels de la santé.

Il est important de former les professionnels de la santé sur la façon d’évaluer la douleur chez les personnes âgées; des méthodes conçues pour déceler et évaluer la douleur chez les personnes qui souffrent de démence grave ont été développées et sont en cours d’évaluation au Canada et à l’étranger. Les personnes âgées devraient rechercher un traitement pour soulager leur douleur et poser des questions sur la panoplie de traitements médicaux et psychologiques disponibles.

Le traitement de la douleur chronique chez les personnes âgées

Comme dans le cas des adultes plus jeunes, les personnes âgées peuvent, pour gérer la douleur, bénéficier de traitements, comme la physiothérapie, l’ergothérapie, la massothérapie, la psychothérapie et la médication. Cependant, la recherche révèle qu’une combinaison coordonnée de traitements contre la douleur (p. ex., une psychothérapie combinée à la physiothérapie et à la prise en charge médicale) produit de meilleurs résultats.

On désigne parfois la combinaison de types de traitement « traitement inter- ou multidisciplinaire », car ce traitement est fourni par une équipe composée de différents professionnels de la santé, comme des médecins, des psychologues, des physiothérapeutes et des ergothérapeutes.

Il est important de travailler avec des professionnels qui ont une expertise particulière dans le traitement de la douleur chez les personnes âgées. Par exemple, comme l’organisme des personnes âgées a tendance à métaboliser plus lentement les médicaments que celui des adultes plus jeunes, il faudra peut-être administrer les médicaments de manière différente. De la même façon, un psychologue en gestion de la douleur qui travaille auprès des personnes âgées doit comprendre les problèmes propres à ce groupe d’âge.

Le traitement de la douleur chronique a de multiples bienfaits, notamment :

  • un regain d’énergie;
  • une amélioration de la capacité physique fonctionnelle (p. ex., s’asseoir, marcher, se tenir debout);
  • un sommeil de meilleure qualité et un plus grand appétit;
  • des activités plus nombreuses et une plus grande autonomie;
  • un plus grand engagement social et une meilleure relation avec les proches;
  • une meilleure concentration;
  • une amélioration de l’humeur, de l’estime de soi et du sentiment de bien-être.

Que peut faire le psychologue pour aider les personnes qui souffrent de douleur chronique? Les traitements sont-ils efficaces?

Les psychologues qui traitent les personnes âgées souffrant de douleur chronique travaillent souvent dans des équipes interdisciplinaires de soins de santé ou coordonnent le traitement avec les autres services de soins de santé que la personne âgée pourrait recevoir.

Étant donné que l’aggravation ou le soulagement de la douleur sont influencés par de nombreux facteurs, il est très important que le psychologue traitant ou un spécialiste de la douleur communique avec les autres professionnels de la santé qui donnent des soins aux personnes âgées. La communication ne peut se faire qu’avec le consentement du patient (ou, dans le cas d’une personne atteinte de déficits cognitifs graves, avec le consentement d’un proche ou d’un tuteur légal).

Les interventions psychologiques visent à aider la personne âgée à améliorer sa qualité de vie malgré la douleur, ce qui, en retour, peut diminuer l’intensité de la douleur ressentie. Généralement, ces interventions font appel à des techniques cognitivo-comportementales, qui explorent comment les sensations physiques, les sentiments, les pensées et les comportements interagissent entre eux et affectent le fonctionnement quotidien.

Par exemple, une personne qui souffre de douleur chronique cesse de faire sa marche régulière pour se rendre au centre communautaire. Parce qu’elle a cessé de marcher, sa forme physique risque de se dégrader davantage, son humeur, de devenir maussade et ses contacts sociaux, de se raréfier. Tous ces facteurs contribuent à nuire à la qualité de vie et à aggraver la douleur ressentie. Les interventions psychologiques peuvent améliorer la qualité de vie et, parfois, faire diminuer la douleur, en aidant la personne souffrante à :

  • faire face à la dépression, l’anxiété ou l’irritabilité;
  • améliorer la communication avec autrui;
  • améliorer son réseau de soutien social;
  • apprendre des techniques et des stratégies visant à améliorer le sommeil et à relaxer;
  • apprendre à doser et à organiser ses activités.

Où puis-je obtenir plus d’information?

La Société canadienne de psychologie prépare des feuillets d’information qui décrivent les traitements d’un certain nombre de problèmes de santé, comme la douleur chronique, la dépression, les troubles du sommeil et l’anxiété. Ces traitements peuvent être utilisés et adaptés pour régler certains problèmes fréquents chez les personnes âgées qui souffrent de douleur chronique.

Pour plus d’informations sur la douleur chronique, visitez le site Web de la Coalition canadienne de la douleur (http://www.canadianpaincoalition.ca/). Vous pouvez également joindre la Coalition en composant le 905-404-9545. La principale organisation canadienne qui se consacre à l’étude de la douleur est la Société canadienne de la douleur http://www.canadianpainsociety.ca.

Pour plus d’information sur la douleur causée par l’arthrite, vous pouvez communiquer avec la Société de l’arthrite au http://arthrite.ca/accueil.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur la douleur causée par l’ostéoporose, visitez le site Web d’Ostéoporose Canada (http://www.osteoporosecanada.ca/).

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

Le présent feuillet d’information a été préparé pour le compte de la Société canadienne de psychologie, en collaboration avec la Coalition canadienne pour la santé mentale des personnes âgées, par le Dr Thomas Hadjistavropoulos et la Dre Sheryl Green, du département de psychologie de l’Université de Regina.

Révision : février 2017

Votre opinion est importante! Veuillez communiquer avec nous pour toute question ou tout commentaire sur les feuillets d’information de la série « La psychologie peut vous aider » : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : La dépression

Qu’est-ce que la dépression?

À peu près tout le monde se sent triste ou « déprimé » à certains moments. La dépression majeure (aussi appelée trouble dépressif caractérisé) est une maladie plus grave, qui est confirmée par la présence d’au moins cinq symptômes pendant au moins deux semaines.

Les symptômes possibles de la dépression majeure sont la tristesse, la perte d’intérêt pour les activités habituelles, la modification de l’appétit, la modification du sommeil, la modification du désir sexuel, les difficultés de concentration, une diminution des activités ou le retrait social, l’augmentation de l’autocritique ou des reproches, et des pensées ou des projets réels de suicide.

La dépression majeure peut varier en gravité et en durée. Dans sa forme extrême, la dépression majeure peut mettre la vie en danger et nécessiter une hospitalisation.

Tandis que la dépression majeure est une forme plus grave de dépression, qui peut être assez limitée dans le temps, le trouble dysthymique (également appelé dysthymie) est un type de dépression moins grave, mais plus chronique.

Un diagnostic de dysthymie peut être posé lorsque trois des symptômes énumérés ci-dessus sont présents pendant au moins deux ans. Certaines personnes présentent aussi ce que l’on appelle une « dépression double », c’est-à-dire qu’elles souffrent de dysthymie chronique, mais répondent aussi de temps en temps aux critères de la dépression majeure.

Le trouble dépressif majeur se distingue également de la maniaco-dépression (également appelée trouble bipolaire), car, dans le cas de la dépression majeure, l’individu ne connaît que des périodes de dépression et revient éventuellement à un fonctionnement normal entre ces périodes. Dans le trouble bipolaire, cependant, la personne passe de la dépression à des périodes d’hypomanie ou de manie complète (euphorie, énergie élevée, activités décuplées).

Environ 1 % des hommes canadiens et 2 % des femmes canadiennes souffrent de dépression majeure à n’importe quel moment donné et environ 5 % des hommes et 10 % des femmes souffriront de dépression majeure à un moment donné de leur vie. Les femmes présentent environ deux fois plus de risques que les hommes de souffrir de dépression majeure. Ces taux de dépression sont assez constants ailleurs dans le monde.

La dépression est souvent un problème récurrent, car une personne qui a eu un épisode de dépression majeure présente un risque élevé de rechute, et ce risque de rechute augmente à chaque épisode successif. La prévention, l’évaluation précoce et l’intervention sont donc reconnues comme des aspects essentiels des soins de santé.

Bien que les causes de la dépression majeure soient complexes et varient d’un individu à l’autre, une variété de facteurs augmentent le risque qu’une personne souffre de dépression majeure. Les femmes peuvent être confrontées à un risque accru après un accouchement. Le fait d’avoir un parent qui a déjà souffert de dépression majeure, la présence d’une maladie physique ou d’une incapacité chronique, le décès ou la séparation des parents, les événements négatifs majeurs de la vie (en particulier, les événements liés à une perte ou à un échec interpersonnel), les pensées négatives omniprésentes, la privation physique ou émotionnelle et les épisodes précédents de dépression sont d’autres facteurs de risque. Le cadre le plus commun est appelé « modèle biopsychosocial », qui intègre les catégories de risques biologiques, psychologiques et sociaux.

Il est également de plus en plus reconnu que certains facteurs peuvent accroître la résilience ou réduire le risque de dépression, comme une activité régulière, un sommeil sain et des relations sociales positives. Les modèles de dépression majeure englobent désormais des facteurs de risque et de résilience.

Chez certaines personnes, la dépression suit un rythme saisonnier régulier. Enfin, certains problèmes de santé et certains médicaments peuvent ressembler à un épisode dépressif ou induire un épisode dépressif.

Quels sont les traitements psychologiques utilisés pour traiter la dépression?

Compte tenu du grand nombre de personnes qui souffrent de dépression et de ses effets négatifs profonds, les psychologues ont consacré beaucoup d’efforts pour étudier la dépression et mettre au point des traitements efficaces. Ces efforts ont débouché sur un certain nombre de traitements étayés par des preuves. Bon nombre de ces traitements mettent l’accent sur un ou plusieurs des facteurs de risque reconnus mentionnés ci-dessus.

La thérapie cognitive est le traitement psychologique de la dépression le plus étudié et dispose des preuves les plus constantes pour justifier son utilisation.

La thérapie cognitive vise à faire reconnaître les schémas de pensée négatifs présents dans la dépression et corriger ceux-ci au moyen de divers exercices de « restructuration cognitive ». La thérapie cognitive utilise également des stratégies de modification du comportement et est parfois appelée « thérapie cognitivo-comportementale ».

Il a été démontré que la thérapie cognitive traite avec succès environ 67 % des personnes atteintes de dépression majeure. Selon les données, la thérapie cognitive réduit le risque de vivre un épisode de dépression subséquent.

La thérapie comportementale aide les patients à multiplier les activités agréables et à surmonter l’évitement et le retrait en s’efforçant de devenir plus actifs dans le monde.

La thérapie comportementale enseigne également des stratégies permettant de faire face aux problèmes personnels et apprend à développer de nouveaux modèles de comportements et d’activités. La thérapie comportementale est offerte individuellement ou en groupe et a une efficacité comparable à la thérapie cognitive.

La thérapie interpersonnelle est un autre traitement de la dépression, basé sur l’idée que le stress interpersonnel et les schémas relationnels dysfonctionnels sont les principaux problèmes rencontrés dans la dépression.

La thérapie interpersonnelle enseigne à l’individu à prendre conscience des schémas interpersonnels et à améliorer ces schémas par une série d’interventions. La thérapie interpersonnelle a un taux de réussite comparable à la thérapie comportementale et à la thérapie cognitive.

D’autres traitements psychologiques existent en plus des traitements ci-dessus, et sont prometteurs pour traiter la dépression. Même s’ils ne sont pas aussi bien établis que les trois premiers traitements, leur utilisation est appuyée par des preuves.

La thérapie psychodynamique brève est un traitement qui se concentre sur l’identification des thèmes conflictuels de base dans la façon dont une personne se perçoit ou perçoit ses relations interpersonnelles, dont certains sont parfois inconscients.

Cette approche thérapeutique utilise la relation thérapeutique comme modèle à d’autres relations et se sert des expériences correctives vécues en thérapie pour amener d’autres changements dans la vie de la personne dépressive. Les données indiquent que l’efficacité de cette approche thérapeutique est comparable à celle d’autres traitements de la dépression éprouvés, bien que les recherches soient moins nombreuses pour permettre de tirer des conclusions définitives.

La thérapie de réminiscence est un traitement qui a été développé pour les personnes âgées atteintes de dépression. Elle consiste à enseigner à l’individu à se rappeler les moments où il était plus jeune et fonctionnait d’une manière plus performante qu’une personne âgée dépressive.

L’entraînement à la maîtrise de soi et la thérapie de résolution de problèmes sont des approches qui combinent certains éléments de la thérapie cognitive et comportementale destinés au traitement de la dépression et apprennent à acquérir de meilleurs comportements de maîtrise de soi et de résolution de problèmes dans les situations difficiles.

Les exercices planifiés peuvent également être utilisés pour traiter la dépression. Des preuves cohérentes révèlent que la pratique régulière (trois fois ou plus par semaine, à raison de 30 minutes environ chaque fois) d’un exercice aérobique au moins modéré est associée à une réduction de la dépression.

Il existe également des traitements biologiques pour les personnes qui souffrent de dépression majeure. Ces traitements ne sont pas offerts par des psychologues, mais sont généralement fournis par un médecin de famille, un psychiatre ou une infirmière praticienne. Les thérapies médicamenteuses, l’électroconvulsivothérapie et la luminothérapie (cette dernière étant destinée aux personnes qui souffrent de dépression saisonnière, également appelée trouble affectif saisonnier; TAS) figurent parmi ces traitements.

Les traitements psychologiques sont des solutions de rechange efficaces et sûres à la pharmacothérapie pour traiter la dépression lorsqu’ils sont fournis par un psychologue professionnel qualifié.

Les traitements psychologiques reconnus pour soigner la dépression majeure sont à peu près aussi efficaces que la pharmacothérapie contre la dépression. En fait, les traitements psychologiques enregistrent souvent des taux d’abandon significativement plus faibles que la pharmacothérapie (environ 10 % pour les thérapies psychologiques contre 25 à 30 % pour la pharmacothérapie), ce qui peut être lié au fait que les médicaments contre la dépression ont souvent des effets secondaires désagréables. Il est également prouvé que la thérapie cognitive en particulier réduit le risque de rechute comparativement aux médicaments.

Bien que les preuves soient quelque peu incohérentes à l’heure actuelle, il ne semble pas que la combinaison des traitements médicamenteux et des traitements psychologiques améliore significativement l’efficacité de l’un ou l’autre de ces traitements seuls. Cependant, certaines thérapies médicamenteuses peuvent être associées efficacement à des traitements psychologiques qui apportent des changements durables. Des recherches supplémentaires sur les coûts et les avantages des traitements combinés sont nécessaires.

Il convient également de mentionner que des traitements psychologiques axés sur la prévention de la rechute ont été mis au point et testés. Un modèle en particulier, appelé thérapie cognitive basée sur la pleine conscience, se révèle efficace pour réduire le risque de rechute, par rapport au traitement habituel ou aux médicaments seuls, en particulier chez les individus qui souffrent de dépression récurrente.

En résumé, la dépression est un trouble invalidant et potentiellement chronique. Il existe plusieurs traitements efficaces, notamment des traitements psychologiques et biologiques. Malheureusement, il n’existe pas de moyen précis de savoir à l’avance à quel traitement une personne souffrant de dépression répondra.

Il est important de reconnaître et de traiter la dépression le plus tôt possible, afin d’éviter qu’elle ne devienne un problème chronique. De plus, une dépression prolongée et sévère est associée à un risque accru de suicide; c’est pourquoi l’intervention rapide d’un professionnel de la santé qualifié est recommandée.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Vous pouvez consulter un psychologue agréé pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider. Au Canada, les psychologues agréés sont des professionnels de la santé appartenant à une profession réglementée et sont tenus de respecter des normes pédagogiques, éthiques et juridiques. Vous trouverez une liste des ordres professionnels et des organismes de réglementation à https://acpro-aocrp.ca. Les associations de psychologues des provinces et des territoires offrent souvent des services d’aiguillage; pour en savoir plus, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/. Le Répertoire canadien des psychologues offrant des services de santé propose également une liste de fournisseurs accessible sur son site Web (http://www.crhspp.ca).

D’autres organismes au Canada fournissent également de l’information sur la dépression. Les deux sources suivantes sont incontournables : Santé Canada à l’adresse https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies-chroniques/maladie-mentale/est-depression.html et le Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments à l’adresse https://www.canmat.org/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Keith Dobson, Ph. D., Département de psychologie, Université de la Colombie-Britannique.

Révision : janvier 2021

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur cette fiche ou sur les autres fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : L’anxiété périnatale

(anxiété durant la grossesse et la première année du bébé)

Qu’est-ce que l’anxiété périnatale?

Habituellement, la venue d’un bébé est un moment merveilleux dans la vie. C’est aussi une période de grand changement et d’incertitude. Il n’est donc pas étonnant que nous devenions presque tous anxieux et angoissés pendant cette période. L’anxiété est une réaction naturelle, et nous en faisons tous l’expérience lorsque nous nous sentons en danger ou menacés. Mais il n’est pas nécessaire d’être en danger pour éprouver de l’anxiété. Même l’idée qu’il puisse arriver quelque chose de grave à nous-mêmes ou à nos proches – surtout à notre bébé – peut nous faire ressentir de l’anxiété. Pendant la grossesse, il arrive que l’on s’inquiète de la santé du bébé et de l’accouchement. Après la naissance, il se peut que l’alimentation, le sommeil et la sécurité du bébé nous fassent ressentir de l’inquiétude. Parfois nos inquiétudes n’ont pas d’objet précis. Au lieu de cela, nous ressentons une vague crainte que quelque chose de grave pourrait arriver. Dans ce cas, nous pourrions nous mettre à éviter certaines tâches ou situations, voire notre bébé. Il se peut aussi que nous devenions extrêmement prudents et que nous fassions excessivement certaines choses (p. ex., passer beaucoup de temps à rechercher des informations en lien avec nos inquiétudes). Bien que l’anxiété se vive différemment selon la personne, elle se traduit généralement par une modification de la façon de penser, de ressentir les choses et d’agir.

L’anxiété peut affecter :

  • Nos pensées (p. ex., inquiétude excessive, imaginer le pire, difficulté à se concentrer)
  • Notre façon d’agir ou nos comportements (p. ex., évitement, planification excessive, vérification constante)
  • Nos émotions (p. ex., peur, nervosité, irritabilité, torpeur, engourdissement)
  • Notre corps (p. ex., maux d’estomac, palpitations, muscles tendus, sursauter pour un rien, perte d’appétit, difficulté à dormir)

Quand l’anxiété devient-elle un problème?

Même si l’anxiété semble très effrayante, c’est un phénomène normal. Elle peut même être utile. L’anxiété peut aider notre corps à se renforcer pour faire face à un danger. Cependant, nous sommes parfois alarmés à tort par de fausses alertes (nous réagissons comme s’il y avait un danger lorsqu’il n’y en a pas). Lorsque l’anxiété devient perturbante et qu’elle a des répercussions sur notre vie et notre quotidien, elle peut devenir un problème ou un trouble anxieux. Environ 20 pour cent des femmes enceintes et des nouvelles mamans souffrent d’anxiété et de troubles connexes. Mais l’anxiété périnatale n’affecte pas seulement les mamans. Les futurs parents et les nouveaux parents de tous les sexes, âges et milieux sont susceptibles de souffrir d’anxiété périnatale.

C’est le moment de chercher de l’aide lorsque nous…

  • nous sentons anxieux, sur les nerfs, ou que nous nous inquiétons beaucoup presque tous les jours
  • remarquons que l’anxiété nous dérange vraiment ou qu’elle gêne notre vie quotidienne. Cela peut se manifester de la façon suivante :
    • nous évitons des endroits, des activités, des personnes ou des situations qui risquent d’entraîner de l’anxiété
    • nous faisons excessivement certaines choses (p. ex., demander beaucoup de réconfort)
    • nous avons de la difficulté à effectuer les activités courantes de la vie quotidienne
    • nous avons de la difficulté à profiter de la grossesse ou de la venue du nouveau bébé
    • les relations avec nos proches sont plus tendues

Qu’est-ce qui aide les gens qui souffrent d’anxiété périnatale à aller mieux?

Les personnes qui souffrent d’anxiété périnatale peuvent bénéficier des interventions suivantes (seules ou en association) :

  • Psychothérapie
  • Traitement pharmacologique
  • Soutien psychosocial

La gravité des symptômes d’anxiété périnatale et les préférences personnelles orienteront l’intervention la plus appropriée. Pour décider de la ou des interventions à préconiser, le soutien d’un professionnel de la santé qualifié est primordial.

Quelles approches psychologiques ont démontré leur efficacité pour traiter l’anxiété périnatale?

Le traitement psychologique de premier plan pour les personnes qui souffrent d’anxiété périnatale est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). La TCC implique l’apprentissage de nouvelles façons de penser et d’agir, qui peuvent contribuer à réduire l’anxiété.

La recherche scientifique montre que de nombreuses personnes qui suivent une TCC voient leur anxiété diminuer. La TCC est une méthode efficace pour le traitement de plusieurs problèmes d’anxiété, comme l’inquiétude excessive, les obsessions, la panique et le stress post-traumatique. La TCC peut aussi aider à avoir plus confiance en sa capacité à surmonter l’anxiété liée au fait de devenir parent et de prendre soin d’un bébé.

Que peuvent faire les psychologues pour aider les personnes qui souffrent d’anxiété périnatale?

Les psychologues peuvent aider les gens à jouer un rôle actif dans la concrétisation de changements positifs. Ils peuvent nous aider à nous sentir mieux et à réduire les répercussions négatives de l’anxiété, pour ainsi retrouver notre capacité de vivre pleinement notre vie.

Un psychologue peut aider à apprendre et à mettre en pratique les habiletés nécessaires pour gérer l’anxiété. En voici quelques exemples :

  • INFORMATION/SENSIBILISATION : apprendre ce qu’est l’anxiété est une étape primordiale. Il est souvent très réconfortant de savoir que nous ne sommes pas seuls et que ce n’est pas notre faute.
  • PRENDRE SOIN DE SOI : si nous voulons avoir de l’énergie pour prendre soin d’un nouveau-né, nous devons prendre soin de nous-mêmes. Pour y arriver, il faut bien manger, faire de l’exercice, prendre le plus de repos possible et prendre du temps pour soi (même si ce n’est que quelques minutes).
  • FLEXIBILITÉ MENTALE : lorsque nous sommes anxieux, nos pensées sont parfois inutiles. La première étape consiste à apprendre à reconnaître les pensées inutiles. Ensuite, nous développons de nouvelles façons, plus utiles, de voir notre situation et de nous voir nous-mêmes. Souvent, il s’agira d’apprendre à être plus gentil avec soi-même.
  • FAIRE FACE À SES PEURS : l’anxiété a tendance à engendrer des comportements qui nous nuisent au lieu de nous aider (p. ex., éviter les situations qui déclenchent notre anxiété). Ces comportements nous soulagent temporairement, mais font augmenter l’anxiété avec le temps. Lorsque nous faisons face à nos peurs, nous apprenons que les choses que nous craignons ne sont pas aussi dangereuses que nous le pensions.
  • RELAXATION ET PLEINE CONSCIENCE : la respiration calme, la relaxation musculaire ou la pleine conscience peuvent aider à réduire ou à mieux gérer les symptômes physiques qui accompagnent l’anxiété, et ce sont de bonnes techniques à apprendre. Les techniques de pleine conscience peuvent aussi nous aider à considérer nos pensées différemment. La pleine conscience peut nous aider à reconnaître nos pensées anxieuses et à les démêler pour qu’elles aient moins de pouvoir sur nous.

Qu’est-ce que le trouble obsessionnel compulsif (TOC) post-partum?

Le trouble obsessionnel compulsif (TOC) post-partum est un problème de santé mentale lié à l’anxiété. Les personnes qui souffrent d’un TOC ont des pensées indésirables et adoptent des comportements qui leur semblent incontrôlables.

Dans le cas du TOC post-partum, les pensées indésirables tournent autour de la peur de faire mal à son bébé. Ces pensées peuvent être effrayantes pour la mère et pour les autres. Cependant, les pensées caractéristiques du TOC ne sont pas associées à un risque accru de violence ou de blessures envers le bébé. La TCC peut aider à améliorer la vie des mères qui souffrent d’un TOC post-partum.

Devenir parent, ça change une vie, et cela engendre souvent de l’anxiété. Heureusement, nous pouvons apprendre des stratégies psychologiques qui nous aideront à gérer notre anxiété.

La psychologie peut aider les personnes qui souffrent d’anxiété périnatale!

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour savoir si une intervention psychologique pourrait vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

Un expert en TCC peut vous aider à apprendre de nouvelles habiletés à utiliser dans votre vie quotidienne avant la naissance et après l’arrivée du bébé. Pour consulter le répertoire des thérapeutes cognitivo-comportementaux certifiés au Canada, allez à : https://cacbt.ca.

Si vous ne trouvez pas de thérapeute cognitivo-comportemental certifié dans votre collectivité, vous pouvez utiliser des guides d’autogestion qui vous aideront à acquérir ces habiletés. Vous trouverez des ressources gratuites sur l’anxiété chez les futurs et les nouveaux parents à :

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie, en collaboration avec AnxietyBC, par Melanie Badali1,2, Martha Capreol3, Nichole Fairbrother4, Michelle Haring2, Sarah Newth2 et Adrienne Wang3, psychologues agréées.
1AnxietyBC, 2North Shore Stress and Anxiety Clinic. 3Changeways Clinic, 4Université de la Colombie-Britannique

Date : 23 mars 2018

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca

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Série « La psychologie peut vous aider » : La consommation de cannabis

Le cannabis est la drogue illicite la plus couramment consommée au Canada (Centre canadien de lutte contre les toxicomanies). En avril 2017, le gouvernement du Canada a pris des mesures pour légaliser le cannabis consommé à des fins récréatives. En ce moment, la marijuana thérapeutique est disponible légalement.

Comment le cannabis affecte-t-il les jeunes?

La recherche indique que la consommation régulière ou excessive de cannabis à l’adolescence (entre l’âge de 10 et 20 ans, selon l’Organisation mondiale de la santé) est liée à des difficultés scolaires, à un faible revenu, à la suicidabilité, au chômage et à une dépendance accrue à l’aide sociale, ainsi qu’à une moins grande satisfaction dans la vie.

Notre cerveau continue de se développer jusqu’à l’âge de 24 ans. Le cannabis peut modifier la façon dont le cerveau se développe, et les tests d’imagerie médicale révèlent des différences entre le cerveau des consommateurs et le cerveau des non-consommateurs de cannabis. Plus précisément, l’apprentissage verbal, la mémoire et l’attention sont affectés négativement par la consommation aiguë et chronique de cannabis. Dans certains cas, cet effet persiste même après l’arrêt de la consommation de cannabis.

Comment le cannabis affecte-t-il la santé mentale?

La consommation de cannabis est liée à la santé mentale et à la maladie mentale. Par exemple, selon les études, la consommation de cannabis est associée à la psychose, en particulier chez les personnes qui en font l’usage à un jeune âge, qui consomment fréquemment du cannabis très puissant et qui ont une prédisposition génétique à la psychose. Certaines recherches montrent également que la consommation de cannabis est associée à la dépression, au trouble bipolaire et à l’anxiété, même si le lien de causalité n’a pas encore été clairement établi pour ces problèmes de santé.

Comment le cannabis affecte-t-il le jugement et la prise de décisions?

Le fonctionnement exécutif, c’est-à-dire la capacité de planifier, de hiérarchiser et de résoudre les problèmes, est affecté négativement par la consommation excessive ou chronique de cannabis. Cela peut altérer de manière négative la prise de décision, la planification et l’organisation. L’usage aigu de cannabis est associé à un risque accru d’accidents de la route, en particulier, de collisions mortelles.

Comment traite-t-on et prévient-on la dépendance au cannabis et la consommation excessive de cannabis?

D’après la recherche, les programmes scolaires structurés axés sur la prise de décisions éclairées sur l’usage du cannabis, ainsi que sur l’acquisition de compétences pour s’adapter au stress et aux difficultés de la vie et pour résister à la consommation de cannabis, offerts au début de l’adolescence, peuvent avoir des effets puissants sur la réduction de l’usage du cannabis. La thérapie de renforcement de la motivation aide les individus à résoudre leur ambivalence quant à la décision d’obtenir un traitement et de cesser de consommer de la drogue, et s’avère efficace pour réduire de la consommation de cannabis chez les jeunes. La thérapie cognitivo-comportementale, l’entrevue motivationnelle et la thérapie familiale multidimensionnelle sont également utiles.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Énoncé de position intitulé « Recommandations relatives à la légalisation du cannabis au Canada » – fournit de plus amples renseignements sur la recherche ainsi que des recommandations sur la légalisation du cannabis au Canada : http://www.cpa.ca/docs/File/Position/Position_Paper_Recommendations_for_the_Legalization_of_Cannabis_in_Canada-September_2017-FRENCH.pdf

Centre de toxicomanie et de santé mentale – fournit des informations sur la consommation et l’abus de cannabis : http://www.camh.ca/fr/hospital/health_information/a_z_mental_health_and_addiction_information/marijuana/Pages/about_marijuana.aspx

Gouvernement du Canada – renseignements généraux sur le cannabis : https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/toxicomanie/drogues-illicites-et-reglementees/sujet-marijuana.html

« Here to Help – Cannabis Use and Youth: A parents’ guide » : http://www.heretohelp.bc.ca/workbook/cannabis-use-and-youth-a-parents-guide

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie (SCP) à partir de l’énoncé de position intitulé « Recommandations relatives à la légalisation du cannabis au Canada », élaboré par le groupe de travail de la SCP sur la légalisation du cannabis.

Date : 9 janvier 2018

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Série « La psychologie peut vous aider » : La douleur chez les enfants non verbaux ayant une déficience intellectuelle

Qu’est-ce qu’une déficience intellectuelle?

Selon l’American Association on Intellectual and Developmental Disabilities, une déficience intellectuelle :

  1. apparaît avant l’âge de 18 ans
  2. se manifeste dans différents contextes (p. ex. à l’école, à la maison) par des limitations observables à la fois dans :
    • le fonctionnement adaptatif (p. ex. hygiène personnelle, compétences sociales)
    • le fonctionnement intellectuel (c’est-à-dire aptitude à réfléchir de l’enfant).

Ces limitations ne s’expliquent pas par le contexte culturel. Même si un enfant a des limitations, il peut avoir des forces dans d’autres domaines. Les enfants qui ont une déficience intellectuelle sont capables d’apprendre et d’améliorer certains aspects de leur fonctionnement lorsque les difficultés qui leur sont propres sont bien identifiées et qu’ils reçoivent un soutien personnalisé.

Certains problèmes physiques et stades du développement de l’enfant font augmenter le risque de développer une déficience intellectuelle. Premièrement, les erreurs chromosomiques et génétiques mènent parfois à des syndromes associés à la déficience intellectuelle (p. ex. trisomie 21). La déficience intellectuelle peut aussi être causée par d’autres facteurs qui surviennent dans les périodes prénatale, périnatale et postnatale (par exemple, poids très faible à la naissance, infection, traumatisme physique). La déficience intellectuelle se classe en trois catégories, selon le degré :

  • Déficience intellectuelle légère :
    • les enfants qui ont une déficience intellectuelle légère éprouvent parfois des difficultés à l’école, et, généralement, ils peuvent vivre de façon autonome.
  • Déficience intellectuelle moyenne :
    • dans beaucoup de cas, ces enfants atteignent au plus le niveau de la troisième année du primaire et dépendent d’autrui dans certains aspects de leur vie.
  • Déficience intellectuelle profonde :
    • ces enfants exigent habituellement de l’aide pour accomplir la majorité des activités quotidiennes, et plusieurs de ces enfants ne maîtrisent pas totalement le langage.

Qu’entend-on par « non verbal »?

Pour les besoins de la présente fiche d’information, enfant non verbal désigne un enfant qui a reçu un diagnostic de déficience intellectuelle et qui ne communique pas avec des mots. En d’autres termes, cet enfant ne communique pas avec les autres verbalement ou à l’aide d’une forme de langage gestuel universellement reconnu (p. ex. langue des signes). Il arrive que l’on considère comme non verbaux les enfants qui connaissent quelques mots, mais qui ne les utilisent pas de manière constante ou significative.

Qu’est-ce que la douleur?

L’International Association for the Study of Pain définit la douleur comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à des lésions tissulaires réelles ou potentielles ou décrites en des termes évoquant de telles lésions ». L’expérience de la douleur (la façon dont la personne perçoit ce qu’elle ressent) est différente de l’expression de la douleur (la façon dont la personne montre qu’elle a mal). La douleur est subjective : autant l’expérience de la douleur que l’expression de la douleur varient d’une personne à l’autre.

Comme les individus peuvent réagir différemment à la douleur, l’auto-évaluation est utilisée très souvent pour mesurer celle-ci. Toutefois, beaucoup d’enfants non verbaux qui ont une déficience intellectuelle sont incapables de faire une auto-évaluation précise de leur douleur. Pour cette raison, les soignants sont souvent amenés à estimer la gravité de la douleur éprouvée par un enfant en observant le comportement de ce dernier ou sa façon de l’exprimer. Ainsi, les facteurs sociaux peuvent également entrer en jeu et être particulièrement importants dans un contexte où l’on compte fortement sur les aidants et les personnes qui s’occupent des enfants.

Comment le fait d’avoir une déficience intellectuelle et d’être incapable de communiquer verbalement affecte-t-il l’expérience et l’expression de la douleur?

Dans le passé, on croyait que les enfants atteints d’une déficience intellectuelle ne ressentaient pas la douleur de la même façon que les autres enfants. Certaines personnes pensent encore que ces enfants ne ressentent pas la douleur, sont moins sensibles à la douleur ou y sont indifférents. Ces croyances sont incompatibles avec les résultats d’études de recherche récentes. La perception selon laquelle les personnes atteintes d’une déficience intellectuelle, en particulier les personnes non verbales, seraient insensibles à la douleur peut s’expliquer par le fait que ces dernières expriment la douleur différemment que les enfants qui n’ont pas de déficience intellectuelle. Plusieurs raisons expliquent cette différence, l’une d’entre elles étant la difficulté de communiquer.

Comment les enfants ayant une déficience intellectuelle font-ils savoir aux autres qu’ils ont mal?

Comme il est mentionné ci-dessus, les soignants sont souvent amenés à faire état de la douleur ressentie par ces enfants. Dans certains cas, les soignants sont capables de constater la source de la douleur (p. ex. une plaie ouverte), mais dans d’autres cas, ce n’est pas possible. Le fait de ne pas voir d’où vient la douleur ne signifie pas que la douleur n’existe pas. Malgré cela, il est parfois difficile pour les soignants d’évaluer la douleur (sa présence et/ou sa gravité), car les enfants non verbaux ayant une déficience intellectuelle n’expriment pas toujours clairement la douleur. Dans certains cas, même les soignants qui connaissent très bien l’enfant ont de la difficulté à évaluer l’ampleur et l’emplacement de la douleur. La recherche donne à penser que les parents d’un enfant non verbal atteint d’une déficience intellectuelle sont capables d’identifier les comportements fréquents adoptés par cet enfant lorsqu’il souffre (voir la section ci-dessous).

Selon des études récentes qui visaient à créer une liste des mécanismes courants utilisés dans cette population pour exprimer la douleur, certains comportements communs peuvent indiquer que l’enfant a mal. Par exemple, la Non-Communicating Children’s Pain Checklist[1] [2] est une échelle utile à une variété de personnes qui s’occupent d’enfants non verbaux (c.-à-d. professionnels de la santé, enseignants, parents). La liste des comportements qui figurent dans la Non-Communicating Children’s Pain Checklist est présentée ci-dessous. Il convient de mentionner que chaque personne peut exprimer différemment la douleur; il faut donc tenir compte des comportements de base de l’enfant. De même, certains de ces comportements ne sont pas toujours une manifestation de la douleur; ils peuvent exprimer de la détresse ou de la frustration. En outre, l’enfant ne montrera pas nécessairement tous ces signaux à la fois lorsqu’il a mal.

  • Signes vocaux: gémissements/pleurnichements/geignements (assez faibles), cris (très forts), pleurs (moyennement forts).
  • Comportement social : l’enfant ne coopère pas, est grognon/irritable/mécontent; moins d’interactions avec les autres/retrait, recherche le confort ou la proximité physique; difficile à distraire/incapacité à le satisfaire.
  • Expression du visage : sourcils froncés, regard différent, ne sourit pas; lèvres avancées/serrées/moue/voix tremblante; serre les dents ou grince des dents/sort la langue.
  • Activité : reste immobile/moins actif/calme; saute partout/agité/excité.
  • Corps et membres : raideur/mouvements involontaires/tendu/rigide; gesticule ou touche la partie du corps qui est douloureuse; protège/préfère/préserve la partie du corps douloureuse; sensibilité au toucher.
  • Signes physiques : sueur; changement de couleur; larmes; souffle court.

Comment pouvons-nous nous assurer que la douleur ressentie par un enfant non verbal ayant une déficience intellectuelle est évaluée et prise en charge adéquatement?

Il est essentiel d’évaluer efficacement la douleur pour traiter celle-ci efficacement. Ces processus sont difficiles, car ils sont influencés par de nombreux facteurs, y compris les différentes formes d’expression de la douleur et les limitations cognitives. La recherche a montré que les soignants primaires et secondaires ont des croyances différentes quant à la douleur, dont certaines sont inexactes. Ces croyances peuvent également influencer les décisions en matière de soins. Premièrement, les programmes de formation peuvent servir à améliorer les connaissances au sujet de la douleur chez les personnes qui s’occupent d’enfants présentant une déficience intellectuelle. Deuxièmement, l’élaboration et la mise en œuvre d’outils d’évaluation de la douleur efficaces pour ces soignants pourraient aider à améliorer la prise en charge de la douleur dans cette population. Certains milieux médicaux utilisent des « trousses d’outils » pour la prise en charge de la douleur chez les enfants handicapés, comme la Chronic Pain Assessment de l’hôpital Holland Bloorview[3] pour les enfants handicapés. Enfin, il pourrait être utile de partager l’information sur la douleur éprouvée par l’enfant avec les différentes personnes qui s’occupent de lui dans tous les milieux de soins. Le Caregiver Pain Information Guide[4] est un exemple de ressource en cours d’élaboration qui vise à servir à cette fin.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Non-Communicating Children’s Pain Checklist[1],[2] :

La Chronic Pain Toolbox[3] est accessible à l’adresse suivante :

Le Caregiver Pain Information Guide[4] est accessible à l’adresse suivante :

Autres ressources en ligne :

OUCH! How Understanding Pain can Lead to Gain when it Comes to Supporting Those with Developmental Disabilities * Ne traite pas seulement des enfants : https://www.porticonetwork.ca/documents/38160/99698/sss%2520vol%25206%2520issue%25205%2520-%2520ENGLISH.pdf/bf828358-15c9-48f6-a7d7-70812c0df146

Pain Assessment in the Nonverbal Patient: Position Statement with Clinical Practice Recommendations (MedScape) *Ne traite pas seulement des enfants ayant une déficience intellectuelle : http://www.medscape.com/viewarticle/533939.

Understanding Pain in Patients with Intellectual Disabilities (MedScape) *Ne traite pas seulement des enfants : http://www.medscape.com/viewarticle/752725.

Références citées :

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Breau, L.M., C.S. Camfield, P.J. McGrath et G.A. Finley (2001). Measuring pain accurately in children with cognitive impairments: Refinement of a caregiver scale. Journal of Pediatrics, volume 138, no 5, 721-727.

Breau, L.M., G.A. Finley, P.J. McGrath et C.S. Camfield (2002). Validation of the non-communicating children’s pain checklist–postoperative version. Anesthesiology, volume 96, no 3, 528-535.

Breau, L.M., M. Lotan et J.L. Koh (2011). Pain in individuals with intellectual and developmental disabilities. (Publié sous la direction de Patel, D.R., D.E. Greydanus, H.A. Omar et J. Merrick. Neurodevelopmental Disabilities: Clinical Care for Children and Young Adults, 255-276). New York : Springer.

Drew, C.J. et M.L. Hardman (2007). Intellectual disabilities across the lifespan. É.-U. : Pearson Education Inc.

Genik, L. M., C. M. McMurtry et L. M. Breau (2017). « Caring for children with intellectual disabilities part 1: Experience with the population, pain-related beliefs, and care decisions. » Research in Developmental Disabilities, volume 62, 197-208.

Genik, L. M., M. McMurtry, L. Breau et S.P. Lewis (2018). « Improving pain assessment and management knowledge of children’s respite workers: Development and preliminary effectiveness of the “Let’s Talk About Pain” training program ». Journal on Developmental Disabilities, volume 23, no 2, 115-115.

Genik, L.M., G.E. Millett et C.M. McMurtry (en cours de révision). Facilitating respite: Preliminary evaluation of the Caregiver Pain Information Guide for children with disabilities.

Herr, K., P.J. Coyne, M. McCaffery, R. Manworren et S. Merkel (2011). Pain assessment in the patient unable to self-report: Position statement with clinical practice recommendations. Pain Management Nursing, volume 12, no 4, 230-250.

Hunt, K.A. et L.S. Franck (2011). Special needs require special attention: A pilot project implementing the paediatric pain profile for children with profound neurological impairment in an in-patient setting following surgery. Journal of Child Health Care, volume 15, no 3, 210-220.

McGrath, P.J., C. Rosmus, C. Camfield, M.A. Campbell et A. Hennigar (1998). Behaviours caregivers use to determine pain in non-verbal, cognitively impaired individuals. Developmental Medicine & Child Neurology, volume 40, no 5, 340-343.

Sous la direction d’Oberlander, T.F. et F.J. Symons (2006). Pain in children and adults with developmental disabilities. É.-U. : Paul H. Brookes Publishing.

Orava, T., C. Provvidenza, A. Townley et S. Kingsnorth. (2018). « Screening and assessment of chronic pain among children with cerebral palsy: a process evaluation of a pain toolbox ». Disability and rehabilitation, 1-9.

Symons, F.J., S.K. Shinde et E. Gilles (2008). Perspectives on pain and intellectual disability. Journal of Intellectual Disability Research, volume 52, no 4, 275-286.

Zabalia, M., L.M. Breau, C. Wood, C. Lévêque, M. Hennequin, E. Villeneuve et G. Breau (2011). Validation of the French version of the non-communicating children’s pain checklist-postoperative version. Canadian Journal of Anaesthesia, volume 11, no 58, 1016-1023.

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

Le présent feuillet d’information a été rédigé pour la Société canadienne de psychologie par Lara M. Genik (Université de Guelph), la Dre C. Meghan McMurtry (Université de Guelph) et la Dre Lynn Breau (Glenrose Rehabilitation Hospital).

Mai 2020

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Ottawa (Ontario) K1P 5J3
Tél. : 613-237-2144
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[1] Breau, L. M., G. A. Finley, P. J. McGrath et C. S. Camfield, (2002). Validation of the non-communicating children’s pain checklist–postoperative version. Anesthesiology, volume 96, no 3, 528-535.

[2] Zabalia, M., L. M. Breau, C. Wood, C. Lévêque, M. Hennequin, E. Villeneuve … et G. Breau. (2011). Validation of the French version of the non-communicating children’s pain checklist-postoperative version. Canadian Journal of Anaesthesia, volume 58, no 11, 1016-1023.

[3] Orava, T., C. Provvidenza, A. Townley et S. Kingsnorth, S. (2018). « Screening and assessment of chronic pain among children with cerebral palsy: a process evaluation of a pain toolbox ». Disability and rehabilitation, 1-9.

[4] Genik, L.M., G.E. Millett et C.M. McMurtry (en cours de révision). Facilitating respite: Preliminary evaluation of the Caregiver Pain Information Guide for children with disabilities.

 

Série « La psychologie peut vous aider » : Les symptômes comportementaux et psychologiques des troubles neurocognitifs chez les personnes âgées

Comment définir les troubles neurocognitifs (TNC)?

Les troubles neurocognitifs sont caractérisés par un déclin cognitif qui affecte une ou plusieurs sphères cognitives comme la mémoire et l’apprentissage, les fonctions exécutives, les activités perceptivomotrices, l’attention, le langage et la cognition sociale. Le déclin doit être significatif par rapport au fonctionnement antérieur de la personne; il peut être signalé par la personne elle-même ou par un membre de sa famille et doit être objectivé par une évaluation clinique (p. ex., évaluation neuropsychologique). Lorsque le déclin cognitif n’a pas d’incidence sur l’autonomie fonctionnelle, il est considéré comme un trouble cognitif léger. Cependant, lorsque les déficits ont plus de répercussions sur l’autonomie fonctionnelle, un diagnostic de trouble cognitif majeur peut être établi. Plusieurs étiologies expliquent les troubles neurocognitifs, notamment la maladie d’Alzheimer, les maladies vasculaires, la maladie de corps de Lewy, les troubles frontotemporaux, etc.

Quels sont les symptômes comportementaux et psychologiques de la démence (SCPD)?

Les personnes qui souffrent d’un trouble neurocognitif, comme la maladie d’Alzheimer, peuvent avoir un certain nombre de difficultés en rapport avec :

  • la pensée (p. ex., pensées paranoïaques, délire, hallucinations);
  • l’humeur (p. ex., anxiété, dépression, apathie);
  • le comportement (p. ex., agressivité, cris, errance, manipulation d’objets et comportement sexuel inapproprié).

De 80 % à 97 % des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer présenteront des SCPD pendant leur maladie (Gauthier S, Cummings J, Ballard C, Brodaty H, Grossberg G, Robert P et coll. Management of behavioral problems in Alzheimer’s disease. Int Psychogeriatr. 2010; 22(3), pp. 346-372.)

Quelles sont les causes des SCPD?

Les SCPD sont causés par un certain nombre de facteurs. Il s’agit notamment de :

  • changements cérébraux associés au trouble neurocognitif;
  • facteurs environnementaux, par exemple, des exigences excessives, une stimulation sensorielle excessive (p. ex., trop de bruit ou d’agitation dans l’environnement), l’absence d’indices visuels pour aider la personne à s’orienter (p. ex., la porte marquée en vert est la porte de la cuisine, la porte identifiée par une photo d’arbres est celle de la chambre à coucher de la personne) et le manque d’activités ou de passe-temps;
  • facteurs sociaux, comme des relations ou des situations interpersonnelles ou sociales difficiles (p. ex., communication non adaptée);
  • facteurs individuels liés à l’état physique ou émotionnel de la personne, comme la douleur, la fatigue, le stress, la peur, l’ennui ou d’autres besoins de base non satisfaits.

Quels sont les effets des SCPD?

La nature pénible des SCPD peut affecter la qualité de vie de la personne qui souffre de démence. Celle-ci pourrait se sentir délaissée, être contrariée ou en colère, ou se sentir seule ou blessée. La présence de SCPD augmente également la nécessité d’utiliser des mesures de contention physique et chimique. Les SCPD ont également une incidence sur les relations avec la famille et les soignants, ainsi que sur le traitement. Il se peut que les soignants constatent une diminution de leur qualité de vie et ressentent davantage de détresse psychologique, comme des symptômes d’anxiété et de dépression, de la culpabilité, du désespoir ainsi que de la difficulté à supporter les SCPD. Ce contexte risque de précipiter la décision de la famille de placer le patient dans une résidence. En outre, le personnel des résidences pour personnes âgées pourrait trouver difficile de s’occuper d’une personne qui présente des SCPD (p. ex., dans certains cas, la résistance et l’agitation physiques rendent les soins d’hygiène plus difficiles). Certains signalent du stress, de l’anxiété, de la peur, de l’impuissance et de la détresse et sont plus exposés aux accidents du travail.

Que peuvent faire les psychologues pour aider les personnes qui présentent des SCPD?

Des études révèlent que les interventions psychologiques sont efficaces pour réduire les SCPD perturbateurs chez les personnes atteintes de troubles neurocognitifs.

Il est généralement recommandé de traiter les SCPD en premier lieu avec des approches non pharmacologiques, qui sont efficaces pour traiter plusieurs symptômes psychologiques et comportementaux chez les personnes atteintes de troubles neurocognitifs. Toutefois, lorsque la situation est urgente ou grave (c.-à-d. s’il existe un danger pour la sécurité de la personne ou d’une autre personne), un traitement pharmacologique peut être ajouté aux approches non pharmacologiques. Bien que certains médicaments puissent aider à traiter les SCPD, les risques et les effets secondaires du médicament doivent être soigneusement examinés du point de vue de leur utilité.

L’implication du psychologue dans la prise en charge des SCPD est importante. Le mandat du psychologue est assez varié et celui-ci peut jouer un rôle important tant pour la personne présentant des SCPD qu’avec les personnes qui s’occupent d’elle (membres de la famille et personnel).

ÉVALUATION

Le psychologue procède à une évaluation approfondie des symptômes afin de les caractériser et de déterminer ce qui les atténue ou les aggrave. Certains modèles psychosociaux ont été élaborés pour comprendre les SCPD. L’un des plus populaires est l’Unmet Needs Model (Cohen-Mansfield, 2000) qui aborde les SCPD sur la base des besoins non comblés. Un autre modèle intéressant est le Newcastle Model élaboré par James (2011). Ce modèle intègre des éléments de l’expérience de la personne atteinte d’un trouble neurocognitif, le modèle des « besoins non comblés » de Cohen-Mansfield et le modèle cognitivo-comportemental. Grâce à ce modèle, les cliniciens travaillent avec les soignants et les proches aidants pour effectuer une estimation des SCPD et prendre en compte les nombreux facteurs contextuels présents, comme les traits de personnalité, la santé mentale, le vécu de la personne, l’environnement social, etc. Ensuite, le psychologue utilise les résultats de l’évaluation pour élaborer un plan d’intervention en collaboration avec les soignants ou les proches aidants et, dans certains cas, avec l’équipe de soins infirmiers.

INTERVENTION PSYCHOLOGIQUE

La psychothérapie avec les patients présentant un trouble cognitif léger est une intervention psychologique qui peut aider à diminuer les symptômes d’anxiété et de dépression (par exemple, TCC adaptée aux personnes âgées). Le psychologue peut également être mis à contribution pour fournir du soutien psychologique à la personne et/ou à la famille après un diagnostic de trouble neurocognitif majeur (p. ex., comprendre la maladie, acceptation de la maladie) ou pendant les différentes étapes associées à la maladie (p. ex., placement dans un établissement de soins de longue durée). Tout au long de la maladie, les interventions psychologiques peuvent aider à réduire la détresse de la personne (p. ex., thérapie de la réminiscence, technique de validation).

INTERVENTIONS COMPORTEMENTALES

Les interventions comportementales peuvent aider à organiser la routine quotidienne et l’environnement afin d’éliminer les facteurs qui déclenchent ou entretiennent les symptômes.

Par exemple, certains patients manifestent un comportement agressif lors des activités d’hygiène personnelle, comme le bain. Dans cette situation, l’inconfort associé au bain est le déclencheur et l’évitement de l’activité est l’agent renforçateur. Plutôt que de réduire le temps consacré au bain, il est recommandé de détourner l’attention du patient pendant l’activité, en parlant avec lui, en faisant jouer la musique, etc. En même temps, il faut renforcer les bons comportements qui se produisent pendant le bain. De même, le manque d’activité pendant la journée peut engendrer de l’apathie et des symptômes dépressifs. La planification d’activités agréables peut s’avérer utile dans ce cas.

Une autre approche à envisager consiste à structurer les activités de manière à réduire le stress. Prenons l’exemple d’un patient qui présente des symptômes plus intenses à une certaine période de la journée où il est très occupé à faire une activité. Dans cette situation, il pourrait être utile de prévoir du repos et de la détente plutôt que de proposer une activité stimulante à cette période de la journée.

Chez un autre patient, les symptômes pourraient s’aggraver à un moment de la journée où il est seul et ne fait rien. Si l’évaluation révèle que les symptômes sont habituellement peu présents lorsque le patient fait une activité, c’est peut-être le bon moment de planifier les visites ou des travaux d’artisanat.

Dans d’autres cas, des interventions comme la stimulation sensorielle seront également utiles. Cela consiste, entre autres, à donner au patient du tissu ou une boule de mousse à manipuler, des photos à regarder dans un livre ou un magazine, de la musique à écouter, des parfums à sentir, etc. Parfois, si la personne qui devait le faire ne peut être présente pour permettre une interaction sociale, écouter celle-ci sur bande ou la regarder en vidéo est une bonne solution de remplacement.

Il n’est pas toujours nécessaire d’empêcher les patients de faire de l’errance. On peut configurer l’environnement pour permettre au patient d’être actif physiquement, par exemple, en créant des zones précises dans la résidence où le patient peut se déplacer en toute sécurité. Le fait de dissimuler les portes extérieures et les issues de secours peut dissuader les patients de sortir de manière non sécuritaire.

SOIGNANTS et ÉQUIPES DE SOINS INFIRMIERS

Les psychologues peuvent jouer un rôle important pour aborder la détresse et la résistance des soignants et des équipes de soins infirmiers qui travaillent avec des personnes qui présentent des SCPD. Au sein (ou comme partenaires) de l’équipe traitant, ils peuvent aider à déterminer les difficultés de l’équipe, donner un espace permettant d’évacuer ses frustrations ou exprimer ses préoccupations (bilan) et aider à maintenir la motivation et le bien-être des membres de l’équipe. Ils peuvent également aider l’équipe à mieux comprendre la maladie et les SCPD et à mettre en œuvre des interventions non pharmacologiques par l’entremise d’un enseignement ou d’un encadrement formel, afin d’accroître la capacité de l’équipe à prendre en charge les SCPD.

Enfin, le psychologue peut travailler avec les membres de la famille de manière individuelle ou en groupe. L’intervention du psychologue devrait viser l’amélioration des connaissances du soignant sur les troubles neurocognitifs et les DSGP ou servir à apprendre au soignant les techniques de prise en charge des SCPD. Le psychologue joue également un rôle clé dans l’évaluation et la prise en charge de l’épuisement professionnel et de la détresse psychologique des soignants. La psychothérapie peut s’avérer nécessaire pour aborder certaines questions, comme la culpabilité et l’acceptation.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour plus d’information, visitez le site Web de la Société Alzheimer du Canada à l’adresse http://www.alzheimer.ca.

https://alzheimer.ca/fr

https://www.baycrest.org/Baycrest/Education-Training/Educational-Resources/Responsive-Behaviours

https://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/maladies-chroniques/alzheimer-et-autres-troubles-neurocognitifs-majeurs/processus-cliniques-et-outils/

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Philippe Landreville, Ph. D., de l’Université Laval.

Révisée par Caroline Ménard et Laurence Villeneuve, psychologues à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM). Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : La santé sexuelle après une crise cardiaque

Une sexualité saine joue un rôle important dans la qualité de vie, mais la reprise de l’activité sexuelle après une crise cardiaque peut susciter beaucoup d’appréhension chez les deux partenaires. Or, l’inquiétude peut réduire la spontanéité, empêcher de se détendre et de s’abandonner et rendre l’expérience moins agréable.

Plusieurs facteurs peuvent interférer avec votre vie sexuelle dans les premiers temps suivant votre congé de l’hôpital. Par exemple, une légère dépression peut temporairement diminuer votre désir sexuel. Certains médicaments peuvent aussi entraîner une baisse de la capacité sexuelle et de la libido. Par ailleurs, vous et votre partenaire pouvez craindre, même sans le dire explicitement, que les rapports sexuels déclenchent une autre crise cardiaque. Chez la majorité des patients, cela ne durera pas et vous devriez retrouver rapidement une vie sexuelle pleine et satisfaisante.

Les hommes et les femmes font face à des difficultés qui leur sont propres. Par exemple, le dysfonctionnement érectile est un problème fréquent chez les hommes atteints d’une maladie du cœur. Les mêmes facteurs qui ont contribué à bloquer les artères de votre cœur peuvent bloquer des artères ailleurs dans votre corps. Certains médicaments peuvent aussi favoriser ce trouble. La modification du style de vie peut aider à réduire le risque de dysfonctionnement érectile; adopter un régime alimentaire sain pour le cœur, faire de l’exercice régulièrement et atteindre un poids santé suffisent à corriger le problème chez 30 % des patients obèses.

Les femmes peuvent rencontrer des difficultés dans certains aspects du cycle de la réponse sexuelle, y compris le désir, l’excitation et l’orgasme. Certaines femmes voudront éviter les rapports sexuels en raison de la douleur causée par une diminution de la circulation sanguine ou la friction que cause une lubrification insuffisante. Les lubrifiants en vente libre peuvent souvent résoudre le problème et empêcher l’apparition d’autres problèmes sur le plan des relations sexuelles et interpersonnelles.

Toutefois, plusieurs des difficultés sexuelles que rencontrent les gens après une crise cardiaque découlent du fait qu’ils ignorent tout simplement s’ils peuvent à nouveau avoir des relations sexuelles sans danger.

Quand est-il sécuritaire d’avoir des activités sexuelles après une crise cardiaque?

Si vous avez subi récemment une crise cardiaque, votre médecin vous recommandera probablement d’attendre une semaine ou plus (plusieurs mois, si vous avez souffert de complications) avant de reprendre vos activités sexuelles. Après cette période, le risque de subir une crise cardiaque pendant les activités sexuelles est en fait assez faible. Le risque que vous courrez pendant les rapports sexuels n’est pas plus élevé que lors d’un accès de colère, et vous pouvez le réduire en faisant de l’exercice régulièrement et en prenant vos médicaments selon les instructions.

Du point de vue médical, l’activité sexuelle est semblable à toute autre forme d’activité physique et a les mêmes effets physiologiques, soit une augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle. L’effort fourni par le cœur est le même, quelle que soit la position. À titre de comparaison, avoir des rapports sexuels équivaut à marcher à une vitesse de trois à six kilomètres à l’heure en terrain plat ou à monter 20 marches d’escalier en 10 secondes. Cependant, chaque individu peut présenter des caractéristiques physiques différentes à prendre en compte. Il est important de toujours consulter votre cardiologue/médecin de famille avant de reprendre vos activités sexuelles.

Comment les stratégies psychologiques peuvent-elles aider à préserver ma vie sexuelle après une crise cardiaque?

  • Commencer lentement et avoir des attentes réalistes. Les dernières semaines ont été éprouvantes pour vous et votre partenaire et vous pourriez ressentir de la fatigue pendant un certain temps. Choisissez un moment de la journée où vous avez plus d’énergie et ne vous sentez pas perturbé par d’autres inquiétudes liées à votre santé. Attendez quelques heures après un repas copieux pour avoir des relations sexuelles, car la digestion fait travailler le cœur. De même, limitez votre consommation d’alcool et évitez le tabac, car ils peuvent réduire votre capacité sexuelle. Si vous ressentez de la douleur à la poitrine ou de l’essoufflement pendant les relations sexuelles, communiquez avec votre médecin.
  • La tendresse et l’affection sans sexe sont tout aussi importantes. Explorez vos sens : tenez-vous les mains, enlacez-vous et touchez votre partenaire. Créez une ambiance romantique : faites jouer de la musique douce et allumez des bougies parfumées. Vous pouvez aussi maintenir des contacts affectifs, par exemple, en planifiant régulièrement des soirées en tête-à-tête.
  • Dans tous les couples, la communication est essentielle pour avoir une vie sexuelle épanouie et cela est particulièrement vrai après une crise cardiaque. Acceptez de vous parler franchement. Discutez de ce que vous aimez et n’aimez pas. Si vous rencontrez des difficultés de communication dans votre relation, la consultation d’un psychologue pourrait vous aider à améliorer vos compétences en communication.
  • De nombreux facteurs peuvent affecter le désir sexuel, par exemple, la fatigue, la peur et l’anxiété, la dépression, la douleur/inconfort physique et les effets secondaires des médicaments sur la sexualité. Si vous rencontrez l’un de ces problèmes, il pourrait être utile de rencontrer un psychologue pour aborder ces difficultés.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Thriving with Heart Disease: A Unique Program for You and Your Family. Live Happier, Healthier, Longer – par Sotile etCantor-Cooke (comprend un chapitre consacré au fonctionnement sexuel)

Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada : https://www.coeuretavc.ca/

Association canadienne de prévention et de réadaptation cardiovasculaires : www.cacpr.ca

Conseil d’information & d’éducation sexuelles du Canada (SIECCAN) : www.sieccan.org

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada : https://www.sexandu.ca/fr/

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par la Dre Heather Tulloch, de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa, la Dre Hannah Marchand, du Kingston Orthopaedic and Pain Institute, et la Dre Michele de Margerie (médecin), de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa.

Révision : septembre 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : Facteurs de risque psychologiques et cardiopathie

Qu’est-ce que la cardiopathie?

La cardiopathie, également connue sous le nom de maladie cardiovasculaire, est un terme général qui désigne une variété d’affections qui touchent le cœur et les vaisseaux sanguins. Il s’agit d’une maladie chronique qui peut mener à divers problèmes graves, dont la crise cardiaque et la mort. La cardiopathie est l’une des principales causes de mortalité au Canada et ailleurs dans le monde.

Quels sont les facteurs de risque de cardiopathie?

Les facteurs de risque de cardiopathie sont nombreux. Il existe des « facteurs de risque incontrôlables », notamment l’âge, le sexe, l’hérédité et l’origine ethnique. Il existe également des « facteurs de risque modifiables », qui peuvent être contrôlés ou modifiés par des changements apportés au style de vie. Le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, l’excès de poids, l’hypertension artérielle, les niveaux de cholestérol sanguins anormaux, les comportements sédentaires ou le manque d’exercice, le diabète, le stress excessif, l’anxiété et la dépression figurent parmi ces facteurs de risque.

Stress et anxiété et cardiopathie

Tout le monde ressent du stress à un moment ou à un autre de sa vie. Lorsque cela se produit, votre corps réagit en libérant des hormones de stress, qui à leur tour augmentent la transpiration, la respiration, le rythme cardiaque et la pression artérielle, pendant que le corps passe à la vitesse supérieure pour faire face au stress perçu. À court terme, ces réactions peuvent être utiles. Cependant, à long terme, le stress peut être dommageable. Lorsqu’une personne subit un stress constant sur une longue période de temps, il arrive que les cellules graisseuses soient converties en cholestérol, que les plaquettes deviennent plus « collantes » et que les habitudes de vie quotidienne changent (moins grande consommation d’aliments sains, diminution de la pratique régulière d’activités physiques et baisse de la quantité de repos).

Il est fréquent que les patients cardiaques éprouvent divers degrés de peur ou de nervosité liée à leur santé. Environ un cardiaque sur cinq (20 %) présente des symptômes d’anxiété importants qui nuisent à son fonctionnement quotidien, notamment : inquiétude incontrôlable, agitation, irritabilité, tension musculaire, maux de tête, troubles du sommeil, fatigue accrue, transpiration et/ou problèmes gastro-intestinaux/gastriques.

Dépression et cardiopathie

La dépression est également fréquente chez les personnes ayant des problèmes cardiaques. Tout comme l’anxiété, environ un patient sur cinq présente une dépression clinique (ou majeure) qui interfère de manière significative avec son fonctionnement quotidien. De la tristesse, une perte d’intérêt pour les activités agréables, une modification du poids et/ou de l’appétit, des troubles du sommeil, une diminution de l’énergie, des difficultés de concentration/mémoire, un sentiment d’inutilité, d’impuissance ou de désespoir et/ou des pensées morbides ou suicidaires sont des symptômes de dépression. La dépression peut contribuer à la fois à l’apparition d’une maladie cardiaque et à un moins bon pronostic après un diagnostic de cardiopathie.

Comment les traitements psychologiques peuvent-ils aider à la prise en charge de la cardiopathie?

Les psychologues jouent un rôle important dans la prévention et la prise en charge des maladies chroniques, comme la cardiopathie. En plus de posséder une formation générale sur le traitement de la dépression et de l’anxiété, de nombreux psychologues sont spécialement formés pour aider les personnes à faire face à une maladie chronique. En fait, certains programmes de réadaptation cardiaque comptent un psychologue dans leur équipe.

Voici comment les interventions psychologiques peuvent aider à prévenir et à prendre en charge les maladies cardiaques :

  • Gestion du stress et de l’anxiété – la façon dont vous percevez le stress dans votre vie influence le niveau de stress ou d’anxiété que vous ressentez. Il est important d’apprendre à reconnaître et à déterminer vos propres « déclencheurs de stress » et de prendre conscience de l’effet qu’a le stress sur votre vie quotidienne. Pour gérer l’anxiété, il est important de développer des stratégies d’adaptation saines, par exemple, prendre conscience des émotions qui sont susceptibles de provoquer de l’anxiété, apprendre des techniques de relaxation et de respiration profonde, chasser vos pensées anxiogènes ou vos symptômes physiques, faire des choses agréables, partager vos craintes et vos inquiétudes avec une personne en qui vous avez confiance et vous concentrer sur ce que vous pouvez contrôler plutôt que sur les choses que vous ne pouvez pas contrôler. De plus, les réseaux de soutien social positifs (p. ex., amis et famille) et l’activité physique quotidienne contribuent à réduire les effets du stress et de l’anxiété.
  • Prise en charge de la dépression – les pensées négatives, les faibles niveaux d’activité et la difficulté à gérer les émotions fortes jouent souvent un rôle dans la dépression. De nombreuses personnes atteintes de cardiopathie peuvent aussi avoir des problèmes non résolus de perte, de deuil et de colère, qui peuvent être pénibles et drainer de l’énergie. Il serait sûrement utile à ces personnes d’obtenir de l’aide pour apprendre de nouvelles façons de penser et apprendre à mieux gérer les pensées négatives et les émotions fortes. En outre, il est important de se fixer des objectifs réalistes et de prendre soin de soi, par exemple, en s’adonnant à des activités agréables, même si on n’en a pas envie.
  • Apporter et maintenir des changements au mode de vie – les psychologues et les stratégies psychologiques peuvent également aider les gens à modifier leur régime alimentaire et leur programme d’exercice, qui sont des éléments importants de la prise en charge des maladies cardiaques. Pour y arriver, les psychologues peuvent vous aider à prendre conscience de votre volonté de changer et améliorer votre motivation, définir avec vous des objectifs réalistes et réalisables et tirer parti des changements que vous avez apportés à votre de mode de vie.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Thriving with Heart Disease: A Unique Program for You and Your Family. Live Happier, Healthier, Longer – par Sotile & Cantor-Cooke

Mind Over Mood: Change How You Feel by Changing the Way You Think – par Greenberger & Padesky

It’s Not All in Your Head: How Worrying about Your Health Could Be Making You Sick – and What You Can Do About It – par Asmundson & Taylor

Au cœur de la tourmente, la pleine conscience – par J. Kabat-Zinn

Cœur + AVC : https://www.coeuretavc.ca

Association canadienne de prévention et de réadaptation cardiovasculaires : http://www.cacpr.ca

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par la Dre Hannah Marchand, du Kingston Orthopaedic and Pain Institute, et la Dre Heather Tulloch, de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa.

Révision : septembre 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : Le trouble panique

Imaginez que vous vous prélassez au bord de la piscine. Soudainement, sans raison apparente, vous avez l’impression que vous allez vous évanouir, vous éprouvez une douleur au thorax, vous avez de la difficulté à respirer, vous avez les jambes molles, vous croyez faire une crise cardiaque et vous avez peur de mourir. Certes, il peut s’agir d’une crise cardiaque, mais vous pourriez aussi être l’un des milliers de Canadiens qui souffrent de trouble panique.

Qu’est-ce que le trouble panique?

Le trouble panique (TP) se manifeste par des crises de panique répétées qui se produisent inopinément en l’absence de toute menace apparente (c.-à-d. qu’elles « surgissent de nulle part » et sans aucun avertissement). Ces crises se déclenchent rapidement et atteignent rapidement leur paroxysme (habituellement en moins de 10 minutes). Elles s’accompagnent souvent d’un sentiment de danger ou de mort imminente et du besoin urgent de fuir. Les crises de panique sont souvent décrites comme « l’expérience la plus effrayante que j’aie jamais vécue ». Après une crise de panique, la personne est émotionnellement épuisée, effrayée, se sent vulnérable et inquiète pour sa santé.

Les personnes souffrant de TP vivent souvent avec la crainte de subir une autre crise de panique. Certaines personnes redoutent que les crises indiquent la présence d’une maladie non diagnostiquée et potentiellement mortelle (p. ex., une maladie du cœur). D’autres ont peur que les crises ne soient le signe qu’elles « deviennent folles » ou qu’elles perdent le contrôle. Certaines personnes vont jusqu’à modifier leur comportement de façon significative (p. ex., elles quittent leur emploi) en réponse aux crises de panique.

Le TP s’accompagne souvent d’agoraphobie. La caractéristique essentielle du trouble panique avec agoraphobie est l’anxiété liée au fait de se retrouver dans des endroits ou des situations d’où il pourrait être difficile (ou gênant) de s’échapper ou dans lesquelles on pourrait ne pas trouver de secours en cas de crise de panique. Les peurs agoraphobiques regroupent un ensemble de situations caractéristiques incluant le fait de se retrouver seul en dehors de son domicile, d’être dans une foule ou dans une file d’attente, sur un pont ou dans un autobus, un train ou une voiture. Les situations sont soit évitées, soit subies avec une souffrance intense, ou nécessitent la présence d’un accompagnateur de confiance.

Non traité, le TP peut mener à une anxiété chronique débilitante et à de trop fréquentes visites aux établissements de santé. Le TP est souvent aggravé par d’autres problèmes. De 50 % à 65 % des personnes aux prises avec le TP souffrent aussi de dépression. Il est également fréquent qu’elles développent d’autres troubles anxieux. On estime que 36 % des personnes souffrant de TP ont aussi des problèmes de toxicomanie (drogue et/ou alcool).

Qui est touché de trouble panique?

Le TP se manifeste plus souvent chez la femme que chez l’homme. Le TP peut survenir à tout âge, mais il commence le plus souvent chez les jeunes adultes. L’apparition du TP est souvent précédée d’une période de stress intense (p. ex., surcharge de travail, perte d’un être cher, déménagement dans une autre ville, accident grave, chirurgie, divorce) ou l’anticipation d’un événement stressant. Il peut aussi surgir sans crier gare. Des études menées dans le monde entier indiquent que trois personnes sur cent souffriront de trouble panique à un moment ou à un autre de leur vie. Le trouble panique disparaît rarement de lui-même.

Quelles sont les causes du trouble panique?

Plusieurs personnes attribuent le TP à un manque de « force » ou de « caractère ». Rien n’est plus faux. Même si on ne connaît pas les causes exactes du TP, la plupart des experts croient que le TP est le fait d’une combinaison de facteurs biologiques et psychologiques. Par exemple, le TP semble « courir dans la famille ». Il pourrait donc exister une prédisposition génétique au trouble panique. Un autre axe de recherche indique que les personnes atteintes de TP présenteraient des anomalies sur le plan de l’activité cérébrale et de la biochimie du cerveau. Par exemple, les scientifiques ont découvert que les personnes sujettes aux crises de panique sont beaucoup moins susceptibles de paniquer lorsqu’elles sont informées à l’avance des sensations que provoqueront certaines situations (p. ex., l’hyperventilation) ou certaines substances (p. ex., la caféine).

Le trouble panique peut-il être traité?

La grande majorité des personnes souffrant de TP peuvent être aidées grâce à des soins professionnels appropriés. De plus, il est très rare que le traitement nécessite une hospitalisation. Le rétablissement peut se faire en quelques mois, mais peut prendre plus de temps en fonction des circonstances individuelles. Les personnes souffrant de TP ont souvent plus d’un trouble, ce qui complique le traitement. Pour être efficace, le plan de traitement doit aborder tous les problèmes liés à l’individu, y compris la dépression ou la toxicomanie qui peuvent accompagner le TP sous-jacent.

Comment la psychologie peut-elle aider?

Les approches thérapeutiques les plus efficaces pour le TP sont les thérapies cognitives et comportementales et la pharmacothérapie. Les résultats de nombreuses études révèlent que les meilleures approches psychologiques sont aussi efficaces que les meilleures approches pharmacologiques à court terme et que les effets sont plus durables à long terme. Toutefois, il n’existe aucune approche qui soit efficace pour tous; d’une part, certaines personnes ne réagissent pas au traitement cognitivo-comportemental et réagissent bien à la médication; d’autre part, certaines personnes sont réticentes à la pharmacothérapie et pourraient bénéficier davantage d’une thérapie cognitivo-comportementale; enfin, pour certains patients, une combinaison des deux approches thérapeutiques sera plus efficace.

La thérapie comportementale aide la personne à diminuer ses peurs et à mieux maîtriser les situations difficiles. Elle est axée sur l’exposition aux sensations physiques réelles éprouvées pendant une crise de panique, ainsi qu’aux situations que la personne craint et évite.

La thérapie cognitive essaie de modifier les schémas de pensée des personnes en aidant celles-ci à identifier et à remettre en question leurs pensées irréalistes et à remplacer ces pensées par des façons plus réalistes et positives de voir les crises. Les psychologues ont créé des thérapies comportementales et cognitives et, le plus souvent, ils utilisent une combinaison des deux pour traiter le TP. Ainsi, les crises de panique diminuent en nombre et en gravité, et les patients participent activement à leur rétablissement et acquièrent des habiletés qu’ils continueront à utiliser dans d’autres situations une fois la thérapie terminée.

Les antidépresseurs et les anxiolytiques peuvent atténuer les symptômes. Les anxiolytiques (p. ex., les benzodiazépines) agissent rapidement et peuvent être utilisés comme solution à court terme pour faire diminuer l’anxiété aiguë. Les antidépresseurs peuvent être utilisés dans le traitement à long terme du TP, mais prennent parfois des semaines avant de produire des bénéfices thérapeutiques notables.

Les groupes de soutien, en ligne et en personne, peuvent être utiles. Beaucoup de personnes apprennent au contact des autres, profitent du soutien offert par les membres du groupe et ont besoin d’être rassurées sur le fait qu’elles ne sont pas les seules à souffrir du TP.

Des applications pour téléphones intelligents (applis) bien conçues, qui utilisent des stratégies cognitivo-comportementales pour la gestion de l’anxiété et des crises de panique, peuvent aider. Elles peuvent apporter un soutien précieux dans la vie quotidienne.

Un traitement efficace peut apporter un soulagement significatif à 70 % à 90 % des personnes qui souffrent de TP.

Pour en savoir plus :

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée par le Dr Janel Gauthier, Université Laval, Québec.

Dernière révision : mai 2020

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Série « La psychologie peut vous aider » : Le trouble obsessionnel compulsif

Qu’est-ce que le trouble obsessionnel-compulsif?

Vous est-il déjà arrivé de voir surgir dans votre esprit une pensée étrange ou inhabituelle, et qui ne vous ressemble pas du tout? Peut-être avez-vous déjà eu envie soudainement de lâcher un commentaire embarrassant ou blessant, ou encore à faire du mal à une personne ou à blesser quelqu’un? Peut-être avez-vous aussi déjà douté d’avoir agi correctement dans une situation donnée?

Avez-vous eu une envie irrésistible de faire quelque chose que vous savez totalement absurde, comme vérifier la porte même si vous savez qu’elle est verrouillée, ou vous laver les mains même si elles sont propres?

La plupart des gens éprouvent, de temps en temps, des pensées, des images et des impulsions indésirables, voire quelque peu bizarres ou dégoûtantes. Nous ne sommes pas perturbés par ces pensées et ces pulsions, même si elles semblent assez inhabituelles par rapport à notre personnalité et à notre vécu.

Certaines personnes, toutefois, souffrent d’un type particulier de pensées intrusives et indésirables appelées obsessions. Les obsessions sont des pensées, des images ou des impulsions récurrentes et persistantes, qui sont indésirables, qui sont inacceptables pour la personne qui les éprouve et qui causent une détresse importante.

Même si la personne essaie très fort de faire disparaître l’obsession ou d’en annuler les effets négatifs, l’obsession ne cesse de resurgir de manière incontrôlable.

Les obsessions mettent généralement en scène des thèmes dérangeants qui ne sont pas simplement des inquiétudes excessives face à des problèmes réels, mais plutôt des préoccupations irrationnelles que la personne reconnaît souvent comme étant très improbables, voire insensées.

Les idées obsessionnelles les plus courantes sont : a) la peur d’être contaminé par la saleté ou les microbes; b) la peur de perdre le contrôle et de se blesser ou de blesser une autre personne; c) des doutes quant à ses propres réactions verbales ou comportementales; d) des pensées répugnantes à caractère sexuel ou blasphématoire; e) des obsessions d’ordre et de symétrie.

Les compulsions sont des comportements ou des actes mentaux répétitifs, plutôt stéréotypés, que la personne adopte dans le but d’empêcher ou de réduire la détresse ou les conséquences négatives que représente l’obsession. La personne se sent parfois poussée à obéir à un rituel compulsif, même si elle tente d’y résister.

Les compulsions les plus courantes sont le lavage prolongé et répété par peur de la contamination, des vérifications répétées pour s’assurer d’avoir bien agi, compter jusqu’à un certain nombre ou répéter une certaine expression pour annuler les effets dérangeants de l’obsession.

Généralement, les personnes atteintes de TOC clinique ont à la fois des obsessions et des compulsions (bien que certaines soient plus conscientes de souffrir principalement d’obsessions ou de compulsions), la majorité (81 %) d’entre elles souffrant de plus d’un type d’obsession ou de compulsion.

Environ 1 % de la population canadienne vivra un épisode de TOC, et il est possible que les femmes soient légèrement plus nombreuses que les hommes à souffrir de ce trouble. La plupart des personnes signalent que le TOC est apparu à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte, et très peu d’individus verront apparaître ce trouble après l’âge de 40 ans.

Le TOC s’observe également chez les enfants et les adolescents et se manifeste par un ensemble de symptômes semblables à ceux observés chez les adultes. Le TOC a tendance à devenir chronique, les symptômes allant et venant en fonction du stress de la vie et d’autres expériences marquantes. Il est rare que les personnes se rétablissent spontanément du TOC sans une forme quelconque de traitement.

Selon la gravité des symptômes, le TOC peut avoir des répercussions négatives profondes sur le fonctionnement. Dans les cas les plus graves, les pensées obsessionnelles et les rituels répétitifs et compulsifs peuvent occuper toute la journée. Comme d’autres troubles anxieux chroniques, le TOC interfère souvent avec le travail et les études. Le fonctionnement social peut être perturbé et les relations devenir tendues, car la famille et les amis proches se laissent entraîner dans les problèmes de la personne qui souffre de TOC.

La cause réelle de ce trouble n’est pas bien connue. Il se peut que des facteurs génétiques jouent un rôle, mais à ce jour, il existe peu de preuves attestant le caractère héréditaire du TOC.

Des études indiquent qu’il peut y avoir des anomalies dans des régions ou des circuits particuliers du cerveau. D’autres recherches indiquent que des expériences marquantes ou les prédispositions personnelles seraient liées à une vulnérabilité accrue au TOC.

Cependant, il n’y a pas de cause unique connue au TOC. Au lieu de cela, la plupart des causes génétiques, biologiques et psychologiques augmentent probablement la vulnérabilité à l’anxiété en général plutôt qu’au TOC en particulier.

Quels sont les traitements psychologiques utilisés pour traiter le TOC?

Depuis le début des années 1970, la recherche ne cesse de montrer que la thérapie comportementale constitue le traitement le plus efficace pour la plupart des types de TOC. Avec ce type de thérapie, la personne expérimente les situations effrayantes qui déclenchent l’obsession (exposition) et prend des mesures pour empêcher les comportements ou les rituels compulsifs (prévention de la réponse).

Ces études font ressortir que 76 % des personnes qui suivent le traitement jusqu’à la fin (de 13 à 20 séances) présentent une réduction importante et durable de leurs symptômes obsessionnels et compulsifs.

Lorsqu’on la compare à d’autres approches thérapeutiques, comme les médicaments, la thérapie comportementale produit le plus souvent une amélioration plus forte et plus durable. En fait, il y a probablement peu d’avantages à combiner la thérapie comportementale et les médicaments compte tenu des effets évidents du traitement psychologique.

Toutefois, jusqu’à 20 % des personnes atteintes de TOC refuseront de suivre une thérapie comportementale ou abandonneront prématurément le traitement. L’une des principales raisons qui explique cela est la réticence à être confronté à l’inconfort engendré par l’exposition aux situations redoutées.

Récemment, les psychologues ont ajouté des interventions cognitives aux traitements fondés sur la thérapie comportementale, qui impliquent l’exposition et la prévention de la réponse. Appelée thérapie cognitivo-comportementale (TCC), cette approche aide les gens à modifier leurs pensées et leurs croyances qui peuvent renforcer les symptômes obsessionnels et compulsifs et peut aider les individus à se sentir moins craintifs à l’idée de faire les exercices d’exposition et de prévention de la réponse. En outre, les interventions cognitives peuvent être particulièrement utiles si vous luttez principalement contre des obsessions, plutôt que des compulsions.

Lorsqu’elle est jumelée à l’exposition et à la prévention de la réponse, la TCC s’avère efficace, car elle donne de l’espoir aux personnes qui souffrent du TOC.

Quels sont les symptômes du TOC1?

  • présence d’obsessions et/ou de compulsions;
  • les obsessions et les compulsions causent une détresse marquée, accaparent du temps ou nuisent de manière importante aux activités quotidiennes;
  • le contenu des obsessions et des compulsions ne se limite pas aux préoccupations associées à une autre perturbation psychologique, comme l’obsession de la nourriture dans le cas d’un trouble alimentaire ou des ruminations de culpabilité dans le cas d’une dépression majeure, ni aux symptômes causés directement par les effets d’une substance ou un problème médical général.

1 Basé sur les critères diagnostiques du TOC, définis dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e éd.) de l’American Psychiatric Association (2013).

Où puis-je obtenir plus d’information?

Les sites Web suivants fournissent des informations utiles sur le TOC :

Autres ressources utiles :

  • Purdon, C. et Clark, D.A. (2005). Overcoming Obsessive Thoughts: How to Gain Control of your OCD. New Harbinger Publications.
  • Baer, L. (2012). Getting control: Overcoming your obsessions and compulsions (3rd ed.). De Silva, P. et Rachman, S. (1992). Obsessive-Compulsive Disorder: The Facts. Oxford University Press.
  • Foa, E. B., Yadin, E. et Lichner, T. K. (2012). Exposure and Response (Ritual) Prevention for Obsessive-Compulsive Disorder: Therapist Guide (2nd). Oxford University Press.
  • Steketee, G. et White, K. (1990). When Once is not Enough: Help for Obsessive Compulsives. New Harbinger Publications.
  • Munford, P.R. (2004). Overcoming compulsive checking: Free your mind from OCD. New Harbinger Publications.
  • Munford, P.R. (2005). Overcoming compulsive washing: Free your mind from OCD. New Harbinger Publications.
  • Abramowitz, J.S. (2009). Getting over OCD: A 10-step workbook for taking back your life. Guilford Press.
  • Challacombe, F., Oldfield, V.B. et Salkovskis, P. (2011). Break free from OCD: Overcoming obsessive compulsive disorder with CBT.
  • Grayson, J. (2014). Freedom from obsessive-compulsive disorder: A personalized recovery program for living with uncertainty (updated edition). Berkley Publishing Group.
  • Winston, S. M. et Seif, M. N. (2017). Overcoming Unwanted Intrusive Thoughts: A CBT-Based Guide to Getting Over Frightening, Obsessive, or Disturbing Thoughts. New Harbinger Publications.

 

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour obtenir le nom et les coordonnées des associations provinciales et territoriales en psychologie, visitez https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

 

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par David A. Clark, Ph. D., Université du Nouveau-Brunswick. Elle a été révisée en 2020 par Gillian Alcolado, Ph. D., Université du Manitoba.

Révision : juillet 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : Le trouble d’anxiété généralisée

Qu’est-ce que le trouble d’anxiété généralisé (TAG)?

Si vous souffrez d’un trouble d’anxiété généralisée, vous éprouvez une inquiétude chronique, excessive et incontrôlable. Il se peut que vous ayez les nerfs à fleur de peau, que vous vous fatiguiez facilement, que vous ayez de la difficulté à vous concentrer, que vous ressentiez des tensions musculaires et que vous ayez des problèmes de sommeil.

Le TAG est l’un des troubles anxieux les plus courants. Les données canadiennes indiquent qu’une personne sur douze souffrira de TAG à un moment donné de sa vie. Le trouble peut être bénin ou encore, contribuer au chômage et entraîner des problèmes familiaux et sociaux graves.

Le TAG peut engendrer d’autres problèmes, comme la peur de rencontrer des gens (anxiété sociale), des crises de panique graves (trouble panique) et la dépression. Si elles ne sont pas traitées, les personnes souffrant de TAG sont beaucoup plus susceptibles de développer des problèmes médicaux comme une maladie cardiaque, le diabète et le cancer.

Approches psychologiques éprouvées pour traiter le TAG

Il existe plusieurs thérapies psychologiques éprouvées pour traiter le TAG. Ces thérapies vous aideront à contrôler vos inquiétudes, à réduire votre anxiété et à améliorer votre qualité de vie. Les thérapies qui s’avèrent les plus efficaces sont :

  • la réévaluation cognitive pour vous aider à corriger les schémas de pensée qui augmentent l’inquiétude;
  • des expériences comportementales pour vous aider à faire face à l’incertitude;
  • l’exposition en imagination pour vous aider à affronter vos peurs plutôt que les éviter;
  • la formation à la résolution de problèmes pour vous aider à apprendre de meilleures façons de résoudre les problèmes quotidiens;
  • la technique de Jacobson pour diminuer vos symptômes physiques d’anxiété comme la respiration trop rapide et les muscles douloureux.

La recherche révèle que les traitements psychologiques sont efficaces pour traiter le TAG

La psychothérapie est très efficace pour traiter le TAG. Selon une étude canadienne, 77 % des personnes qui avaient suivi une psychothérapie à court terme (16 séances de réévaluation cognitive, de formation en résolution de problèmes et d’exposition) ne présentaient pas de symptômes de TAG un an après le traitement.

Le fait que l’on aille mieux et que l’on continue d’aller mieux après une psychothérapie est assurément un élément à considérer par les personnes qui ont des problèmes d’anxiété.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, visitez le site Web suivant :

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/ .

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Michel J. Dugas, Ph. D., Université du Québec en Outaouais.

Révision : octobre 2020

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Série « La psychologie peut vous aider » : Le jeu

Le jeu et les problèmes de jeu : de quoi s’agit-il?

La plupart des Canadiens jouent à des jeux de hasard pour de l’argent ou d’autres prix. La loterie et les billets de tirage, les gratteux, les jeux de casino, les machines à sous, les terminaux de loterie vidéo (TLV), le bingo, les paris sportifs et les parties de cartes privées figurent sont des jeux populaires. Au Canada et ailleurs dans le monde, les gens ont eu de plus en plus d’occasions de jouer au cours des 30 dernières années.

Même si la plupart des Canadiens jouent pour le plaisir, environ 5 % de la population adulte développe des problèmes de jeu. Ces problèmes prennent différentes formes et vont de la personne qui dépense excessivement à une seule occasion jusqu’à celle qui a de plus en plus de difficulté à contrôler son désir de jouer.

À l’extrémité du spectre se trouve le jeu pathologique, c’est-à-dire une tendance à jouer sans pouvoir s’arrêter, de manière excessive et anormale en raison de ses effets négatifs sur la famille et la vie personnelle et professionnelle (APA, 2013). Environ 1 % des adultes souffrent de cette forme grave de dépendance au jeu.

Des efforts répétés, mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu, de l’agitation ou de l’irritabilité lors de ces tentatives, le besoin de jouer des sommes d’argent croissantes pour arriver à l’état d’excitation désiré, la préoccupation par le jeu, jouer pour échapper aux difficultés ou pour soulager des émotions pénibles, comme la dépression ou l’anxiété, mentir à sa famille ou à d’autres personnes pour dissimuler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu, mettre en danger ses relations, son emploi ou ses possibilités de carrière à cause du jeu et compter sur les autres pour obtenir de l’argent et se sortir de situations financières désespérées dues au jeu sont des indicateurs[1] témoignant de la présence du problème. Chercher à se refaire (retourner jouer un autre jour pour récupérer l’argent perdu) est considéré comme un comportement typique du jeu pathologique.

Il n’y a pas de cause unique aux problèmes de jeu et il est clair que les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux jouent tous un rôle. Les problèmes de jeu ont tendance à courir dans les familles et les personnes qui ont souffert ou qui souffrent d’une autre dépendance, comme l’alcool, risquent davantage de développer un problème de jeu.

Les problèmes de jeu peuvent aussi être liés à la dépression majeure, mais nous ignorons si ce sont les problèmes de jeu qui mènent à la dépression ou si c’est la dépression qui contribue aux problèmes de jeu, ou les deux. Les personnes impulsives (par exemple, les personnes qui prennent des décisions sans penser aux conséquences) sont également plus susceptibles d’avoir des problèmes de jeu. La plupart des jeux d’argent se pratiquent également dans un contexte social. Les gens jouent parce que leurs amis et leur famille jouent.

Que peuvent faire les psychologues pour aider les personnes qui ont des problèmes de jeu?

Les chercheurs étudient activement dans quelle mesure nous réussissons à traiter les personnes ayant des problèmes de jeu. Dans la plupart des régions du pays, des programmes et des conseillers utilisent des approches de traitement semblables à celles utilisées pour régler les problèmes de toxicomanie et d’alcool. Le traitement peut être fourni individuellement ou en groupe, et être prodigué aux patients hospitalisés et aux patients externes. La plupart des villes ont des sections des Joueurs Anonymes, qui offrent des groupes de soutien fonctionnant selon un modèle spirituel en douze étapes.

La recherche préconise l’utilisation par les psychologues de traitements cognitifs et comportementaux pour aider les joueurs pathologiques. Les traitements cognitifs aident les personnes à comprendre et à changer les schémas de pensée qui entretiennent le jeu pathologique.

Par exemple, les joueurs à problèmes essaient de prédire le résultat de leur prochaine mise en considérant les résultats des mises précédentes.

Ce genre de raisonnement est faux et dangereux. Un certain résultat n’est pas plus probable parce qu’il s’est produit ou non lors de paris précédents – la probabilité d’un certain résultat reste la même pour chaque pari. Avec les traitements comportementaux, les personnes modifient leurs comportements et leur environnement afin de rendre le jeu plus difficile pour eux. Par exemple, les gens vont souvent limiter leur accès à l’argent.

La recherche met également en évidence l’importance de la motivation pour surmonter des problèmes de jeu. Les techniques de renforcement de la motivation aident les personnes à comprendre les effets qu’a le jeu sur leur vie et les sentiments mitigés qu’ils pourraient avoir face à la perspective d’arrêter de jouer.

À ce jour, aucun médicament ne s’est avéré efficace pour traiter le jeu pathologique.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Le site Web du Conseil du jeu responsable, http://www.responsiblegambling.org/fr/, comprend une liste complète de liens conduisant à des programmes de traitement canadiens, aux Joueurs Anonymes et aux lignes d’aide provinciales.

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour obtenir le nom et les coordonnées des associations provinciales et territoriales en psychologie, visitez https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par le Dr David Hodgins, professeur au programme de psychologie clinique de l’Université de Calgary, à Calgary, en Alberta. Le Dr Hodgins est affilié à l’Alberta Gaming Research Institute http://www.addiction.ucalgary.ca.

Révision : octobre 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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[1] Basé sur les critères diagnostiques du jeu pathologique, tel que défini dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e éd.) de l’American Psychiatric Association (2013).

Série « La psychologie peut vous aider » : La douleur causée par les aiguilles et les injections

Pourquoi ne doit-on pas négliger la douleur causée par les interventions médicales qui utilisent des aiguilles?

Plusieurs interventions médicales utilisent des aiguilles pour prévenir, diagnostiquer, surveiller et traiter une variété de problèmes de santé. Par exemple, les injections d’insuline et les piqûres au bout du doigt font partie de la vie des personnes diabétiques, tandis que les ponctions de moelle osseuse et les ponctions lombaires sont des interventions courantes chez les personnes atteintes de cancer. Chez l’enfant, l’immunisation/vaccin est la cause la plus courante de douleur causée par les injections et les aiguilles. Par exemple, selon le calendrier d’immunisation canadien, l’enfant aura reçu plus de 20 piqûres avant d’atteindre l’âge de 18 ans, et à cela s’ajoute la vaccination annuelle contre la grippe. Bien que la vaccination soit un élément essentiel des soins de santé et qu’elle joue un rôle majeur dans la prévention des maladies infectieuses, elle est parfois douloureuse. Une mauvaise prise en charge de la douleur causée par les injections a des conséquences à court et à long terme; elle peut, notamment, accroître la durée de l’intervention, entraîner des évanouissements et des blessures, engendrer des souvenirs négatifs et de la peur, et faire craindre les interventions futures au point de les éviter.

Pourquoi ne doit-on pas négliger la douleur causée par les injections?

Heureusement, il existe plusieurs façons de gérer la douleur et la détresse pendant les interventions qui utilisent des aiguilles. Voici différents types de stratégies à envisager :

  • Intervention clinique : la façon dont le clinicien effectue l’intervention (p. ex., ne pas aspirer avant d’injecter le vaccin).
  • Stratégie physique – à tous les âges, la position assise est recommandée, sauf si la personne a des antécédents d’évanouissement. Si c’est le cas, la détente musculaire progressive est une technique qui peut s’avérer utile.
  • Stratégie pharmacologique – analgésique topique ou autres médicaments s’il s’agit d’une intervention plus invasive.
  • Stratégies psychologiques. Pour en savoir plus sur les stratégies à utiliser avec les enfants d’âge préscolaire et les enfants plus âgés, voir ci-dessous.

Les stratégies recommandées peuvent changer en fonction de l’âge de la personne qui reçoit l’injection. Par exemple, avec les bébés (de moins d’un mois) : la méthode mère kangourou; une étreinte étroite par le parent ou le soignant; allaiter l’enfant pendant l’intervention et/ou donner de l’eau sucrée dans le cas d’interventions mineures, comme l’administration de vaccins ou la veinopuncture.

La recherche révèle que les techniques psychologiques décrites ci-dessous aident à réduire la douleur causée par la vaccination et peuvent aider à gérer la douleur causée par les injections chez l’enfant ainsi que chez l’adulte. Ces techniques sont toutes relativement faciles à employer et peu coûteuses, voire gratuites. Chaque technique peut être adaptée au besoin, selon l’âge de la personne et l’intervention qu’elle subit.

  • Information et préparation – chacun a le droit de connaître l’intervention médicale qui lui est proposée, de savoir pourquoi il la reçoit et ce qui sera fait pour la rendre plus facile à supporter (ce que la personne peut faire et ce qui sera fait par les autres). Donnez le choix lorsque c’est possible : par exemple, le patient veut-il voir ou non l’aiguille? Quelles stratégies d’adaptation utilisera-t-il? Le patient souhaite-t-il qu’un soignant ou une autre personne de confiance soit présent?
    Avant l’injection :

    • Répondez honnêtement aux questions que se pose la personne tout en adaptant votre réponse à son âge;
    • S’il s’agit d’un très jeune enfant, parlez de l’aiguille juste avant l’injection;
    • S’il s’agit d’un enfant plus âgé, d’un adolescent ou d’un adulte, parlez de l’intervention qu’il subira la veille de l’intervention afin qu’il puisse planifier des stratégies d’adaptation.
  • Communication à la personne immédiatement avant l’intervention et pendant l’intervention. À tous les âges :
    • Parlez calmement, clairement, en utilisant un langage simple.
    • De façon neutre, informez la personne que l’intervention commencera (p. ex., en disant « 1, 2, 3, on y va »).
    • Ne dites pas « Cela ne fera pas mal ». Cela ne sert à rien et n’est pas forcément vrai, et cela risque de rendre la personne méfiante.
    • Ne rassurez pas la personne sans arrêt (p. ex., en disant « Ça va » ou « C’est presque terminé »). Cela n’aidera pas.
  • Distraction – il s’agit de stratégies qui consistent à attirer l’attention de la personne ailleurs que sur l’injection. Utilisez des techniques de distraction adaptées à l’âge, comme :
    • Parler d’autre chose que de l’intervention (p. ex., vacances, film préféré)
    • Jouets
    • Vidéos (avec l’accompagnement d’un adulte pour intéresser l’enfant, lorsqu’il s’agit d’un jeune enfant)
    • Chanter
    • Jeux vidéo
    • Livres
  • Respiration profonde ou expiration – cette stratégie consiste à inviter la personne à prendre des respirations lentes, profondes et régulières, ce qui peut favoriser la détente. L’utilisation d’un jouet est recommandée avec les enfants d’âge scolaire et les adolescents (p. ex., un moulin à vent ou une baguette à bulles), ce qui fait aussi une diversion. On peut demander aux enfants (et aux adultes) de pratiquer la respiration diaphragmatique, en respirant calmement et lentement (p. ex., « Prends une grande respiration en gonflant ton ventre. Lorsque tu inspires, ton ventre devrait se gonfler comme un ballon. Ensuite, expire en faisant tout sortir l’air. ») Certains adultes trouveront utile de tousser, ou de prendre une respiration profonde puis retenir leur souffle (s’il s’agit d’une injection comme l’administration d’un vaccin).

Que faire si la peur des aiguilles est très présente?

La peur des aiguilles est présente chez environ les deux tiers des enfants et le quart des adultes et peut aller de légère à grave. Les stratégies énumérées ci-dessus aident les personnes qui ont une peur des aiguilles faible à modérée. Au cours de leur vie, environ 10 % des individus éprouveront une peur élevée des aiguilles, qui peut les empêcher de subir les interventions médicales dont ils ont besoin. À l’extrémité la plus grave du spectre, environ 4 % à 5 % des individus ont une phobie des aiguilles, caractérisée par une peur et une anxiété extrêmes et appelée phobie du sang-injection-accident. Pour les personnes qui ont très peur des aiguilles, les stratégies ci-dessus ne sont pas suffisantes. Ces personnes doivent suivre une thérapie basée sur l’exposition, au cours de laquelle elles sont confrontées à leur peur de manière contrôlée et progressive. Une fois que leur peur a diminué, les stratégies habituelles de gestion de la douleur et de la détresse peuvent leur être bénéfiques.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse  https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par la Dre C. Meghan McMurtry, de l’Université de Guelph. La présente version est basée sur la version de 2011 rédigée par la Dre C. Meghan McMurtry, la Dre Christine T. Chambers, de l’Université Dalhousie, et la Dre Anna Taddo, de l’Université de Toronto.

Date : mai 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : Le trouble affectif saisonnier (dépression saisonnière)

Est-ce que vous, ou quelqu’un que vous connaissez, commencez, chaque automne, à éprouver une baisse d’énergie, à devenir irritable et à vous sentir déprimé? Continuez à lire ceci pour voir si vous devriez parler à un professionnel de ce que vous ressentez.

Qu’est-ce que le trouble affectif saisonnier?

Le trouble affectif saisonnier (TAS), ou dépression saisonnière, est un trouble de l’humeur qui va et vient en fonction des changements saisonniers, apparaissant à l’automne et disparaissant au printemps ou à l’été. Ce diagnostic ne devrait être envisagé que lorsque l’état dépressif va au-delà du « blues de l’hiver » qui lui, est causé par la diminution des activités en plein air ou des passe-temps habituels en raison de la météo. Dans certains cas, le trouble affectif saisonnier se manifeste au printemps et en été, mais les symptômes du TAS sont plutôt rares pendant les saisons chaudes.

Tous ne s’entendent pas sur les causes du TAS. Certains croient que le trouble affectif saisonnier est influencé par l’exposition à la lumière du soleil. Notre corps réagit à la quantité de soleil à laquelle nous sommes exposés par l’intermédiaire de notre rythme circadien. Le rythme circadien est l’horloge naturelle qui régule une multitude de choses, y compris l’humeur et le sommeil. L’exposition au soleil peut également avoir une incidence sur les substances chimiques présentes dans le cerveau (sérotonine) et dans le corps (mélatonine), lesquelles influencent également les émotions. D’autres experts croient que les données probantes appuyant cette théorie sont insuffisantes, et font un lien entre la modification de l’humeur et le fait de ne pouvoir faire les activités de plein air et les passe-temps qui nous plaisent. L’influence sur l’humeur qui en résulte peut malgré tout bénéficier d’un traitement donné par un psychologue.

Qui est le plus à risque de développer le TAS?

On estime que 10 % de tous les cas déclarés de dépression sont le fait du TAS. Environ 15 % des Canadiens disent avoir déjà ressenti dans leur vie des symptômes légers du TAS, tandis que de 2 % à 3 % déclareront des symptômes graves. Il est également possible que les personnes ayant des antécédents familiaux de toute forme de dépression soient à risque de développer un TAS. Les Canadiens sont particulièrement exposés à ce trouble, car l’ensoleillement diminue pendant les mois d’hiver.

Si vous avez des antécédents de dépression ou de trouble bipolaire, il se peut que vos symptômes s’aggravent de façon saisonnière.

Quels sont les symptômes du trouble affectif saisonnier?

Si vous êtes atteint du TAS, peut-être ressentirez-vous beaucoup de symptômes de dépression, particulièrement de l’irritabilité, et serez-vous plus sensible dans vos relations interpersonnelles. Les gens déclarent souvent que leur niveau d’énergie est anormalement bas, entraînant de la fatigue, ou un sentiment de lourdeur ou de léthargie. Par conséquent, vous avez peut-être l’impression que votre routine de sommeil régulière ne vous fournit pas assez de repos. L’hypersomnie accompagne fréquemment le TAS.

Vous remarquerez peut-être que votre appétit a changé, et que vous avez envie de manger des aliments riches en glucides, en amidon et en gras. Certaines personnes rapportent un gain de poids, en particulier celles qui consomment fréquemment des aliments réconfortants (p. ex., des aliments riches en calories et du prêt-à-manger). Vous pourriez perdre de l’intérêt à faire certaines activités qui vous plaisaient auparavant, ce qui peut vous amener à développer un mode de vie plus évitant ou sédentaire. Parfois, l’intimité physique vous paraît inintéressante ou trop exigeante. Vous êtes également plus enclin à vous sentir stressé, distrait, triste, coupable ou désespéré.

La psychologie peut-elle aider au traitement du trouble dépressif saisonnier?

Il existe plusieurs moyens de réduire les symptômes du TAS ou du blues de l’hiver. La psychothérapie la plus recommandée est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). La TCC aide les individus à se concentrer sur les pensées immédiates, les humeurs et les émotions, ce qui permet de décomposer les problèmes et de les rendre plus faciles à gérer. Votre psychologue pourrait également vous recommander d’apporter certains changements à votre mode de vie en hiver, comme ouvrir les stores, sortir dehors et faire de l’exercice. La TCC peut être suivie individuellement ou en groupe. Selon la recherche, la TCC peut aider à améliorer les symptômes présents tout en aidant à acquérir une façon saine de réagir lors des épisodes futurs.

D’autres formes de psychothérapie sont utilisées couramment pour traiter la dépression saisonnière, comme le counseling et les thérapies psychodynamiques. Ces thérapies vous permettent de discuter de vos préoccupations et de vos inquiétudes avec un thérapeute dans un environnement ouvert et sûr. Vous pouvez discuter avec lui de vos sentiments par rapport à vous-même et aux autres, ou des expériences passées qui pourraient avoir une incidence sur vos symptômes. L’un des objectifs consiste à déterminer les souvenirs ou les émotions qui pourraient agir sur votre état d’esprit actuel. Une fois que les causes possibles seront déterminées, vous examinerez celles-ci afin de résoudre les influences négatives qui vous affectent dans le présent.

Existe-t-il d’autres façons de traiter le trouble affectif saisonnier?

Certaines études montrent que la luminothérapie est une méthode efficace pour améliorer les symptômes. Dans le cadre de cette thérapie, l’utilisateur s’assoit devant un caisson lumineux ou une lampe spéciale environ 30 minutes par jour. La luminothérapie peut être administrée au bureau du médecin, ou encore à la maison avec votre propre matériel, selon le calendrier recommandé par un clinicien. Vous devriez consulter votre médecin avant d’entreprendre une thérapie par la lumière. La luminothérapie ne convient pas à tout le monde, car, dans certains cas, ce traitement entraîne des effets secondaires négatifs, y compris de la fatigue oculaire, de l’agitation, des maux de tête et des nausées. Les caissons lumineux et les lampes de luminothérapie ne doivent être achetés qu’après en avoir discuté avec votre professionnel traitant, car les lampes de luminothérapie ne sont pas toutes efficaces; en outre, vous pourriez vouloir passer en revue, avec votre professionnel traitant, la recherche sur l’utilisation des lampes et des caissons lumineux.

L’exposition à la lumière naturelle peut être utile. La recherche révèle que les bienfaits de l’exposition à la lumière du soleil commencent à se manifester dans l’heure suivant le réveil le matin, en particulier chez les personnes qui souffrent du TAS. Vous pouvez vous asseoir à côté d’une fenêtre, garder vos stores ouverts lorsque vous êtes à la maison, couper les branches qui bloquent la lumière sur votre propriété ou faire de fréquentes promenades à l’extérieur en vous protégeant adéquatement contre les rayons ultraviolets.

Mais surtout, l’adoption d’un mode de vie sain et équilibré améliorera les symptômes et réduira la gravité des épisodes futurs. Essayez d’intégrer l’activité physique à votre routine quotidienne. L’activité physique aidera à améliorer votre bien-être physique et mental, à atténuer le stress et à réduire le sentiment de léthargie. Mangez sainement et prenez soin de ne pas céder à vos envies de sucre, d’amidon et d’aliments gras. Maintenez des habitudes de sommeil régulières pour lutter contre la fatigue et éviter l’hypersomnie. De plus, avec l’aide de votre médecin ou de votre pharmacien, assurez-vous que votre alimentation comprend un bon niveau de vitamine D.

Maintenez des contacts réguliers avec votre famille et vos amis, à la fois en personne et par des moyens électroniques, même si d’emblée, cela vous semble difficile. Vos réseaux peuvent vous donner l’occasion de socialiser et d’améliorer votre humeur. Faites appel aux membres de votre réseau de soutien pour chercher du réconfort et de la compréhension. Cela peut aider à atténuer votre sentiment de culpabilité, votre isolement ou votre désespoir. Assurez-vous de passer une partie de votre temps libre à faire des activités que vous trouvez gratifiantes et satisfaisantes. Pratiquez la pleine conscience et l’attention à l’intérieur de la maison si vous ne pouvez pas le faire à l’extérieur (devant une fenêtre si possible). Enfin, ayez recours aux techniques de gestion du stress, comme la méditation et la respiration consciente.

Sinon, votre médecin peut décider que la médication, comme les antidépresseurs, est un traitement efficace pour vous. La pharmacothérapie sera probablement recommandée si les symptômes sont graves et ont un impact important sur le fonctionnement quotidien. Les médicaments ont des effets secondaires, que vous devriez examiner avec le professionnel qui vous les a prescrits.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

La présente fiche d’information a été rédigée pour le compte de la Société canadienne de psychologie par Sarah Amirault, Université Carleton.

Date : juillet 2018

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca

Société canadienne de psychologie
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Série « La psychologie peut vous aider » : L’anxiété sociale 

Qu’est-ce que l’anxiété sociale?

Il n’est pas rare de se sentir anxieux, de temps à autre, dans certaines situations sociales. Nous sommes nombreux à nous sentir anxieux pendant une entrevue de sélection, lors d’un premier rendez-vous ou lorsque nous prononçons un discours. Nous voulons tous faire bonne impression et être aimés. Cependant, certaines personnes se sentent très nerveuses et mal à l’aise dans les situations sociales. Les personnes qui souffrent d’anxiété sociale appréhendent vraiment de faire quelque chose d’embarrassant et ont peur que les gens aient une mauvaise opinion d’elles. Elles ont tendance à être très gênées et à se sentir constamment observées. Tandis que certaines personnes qui souffrent d’anxiété sociale craignent plusieurs situations sociales différentes (p. ex., faire connaissance avec de nouvelles personnes, aller à une fête, amorcer une conversation, être au centre de l’attention, commander au restaurant, etc.), d’autres ne deviennent anxieuses que dans des situations bien précises (p. ex., prendre la parole en public). Lorsqu’elles sont confrontées aux situations sociales qu’elles redoutent, les personnes qui souffrent d’anxiété sociale ont tendance à expérimenter ce qui suit :

  • Pensées : pensées négatives sur elles-mêmes (p. ex., « Je vais dire quelque chose de stupide », « J’ai l’air anxieux », « Je n’ai rien d’intéressant à dire ») et sur la façon dont les autres vont réagir à cela (p. ex. « Les gens ne m’aiment pas », « Mes camarades de classe vont penser que je suis une personne ennuyante », « Mes collègues vont me trouver bizarre »)
  • Émotions : anxiété, peur, nervosité, gêne, honte
  • Réactions physiques : transpiration, rougissement, tremblements, secousses, palpitations, maux d’estomac, nausées, vertiges, étourdissements, sensations d’étouffement, bouche sèche
  • Comportements : évitement des situations sociales (p. ex., ne pas aller à la fête, ne pas se présenter à une réunion ou en classe, refuser les invitations à sortir de la part de ses amis) et comportements de sécurité, parmi lesquels figurent tous les actes posés dans le but de se sentir plus en sécurité et moins anxieux dans une situation sociale (p. ex., parler très peu, éviter tout contact visuel, répéter ce que vous allez dire avant de parler, ne pas exprimer son opinion, prendre de l’alcool ou de la drogue).

Quand l’anxiété sociale devient-elle un problème?

L’anxiété sociale devient un problème ou est considérée comme un trouble lorsqu’elle est intense, se produit souvent, cause de la détresse chez la personne qui la vit et affecte les différents aspects de sa vie, notamment :

  • Travail et école (p. ex., s’absenter du travail ou manquer l’école, difficulté à participer à des réunions ou à des cours, faible rendement au travail ou à l’école, éviter certains programmes d’études ou emplois/carrières et difficulté à parler au patron ou aux collègues de travail, ou aux professeurs et aux autres étudiants)
  • Relations et amitiés (p. ex., difficulté à se faire des amis et à les garder, difficulté à fréquenter des filles ou des garçons, difficulté à s’affirmer et à s’ouvrir aux gens)
  • Activités de loisirs et passe-temps (p. ex., éviter d’essayer de nouvelles activités ou de faire certaines choses, comme aller s’entraîner au gym, se joindre à un club de course ou suivre un cours de dessin)
  • Activités quotidiennes (p. ex., difficulté à s’acquitter de ses activités quotidiennes, comme faire l’épicerie, commander un plat au restaurant, faire des appels téléphoniques, demander de l’aide et utiliser les transports en commun)
Si l’anxiété sociale affecte votre vie, demandez de l’aide. Il existe des traitements efficaces pour la surmonter.

Qui a des problèmes d’anxiété sociale?

N’importe qui peut avoir des problèmes d’anxiété sociale. Parfois, la personne souffre à l’intérieur sans que cela soit visible de l’extérieur. Lorsque l’anxiété sociale cause de la détresse et nuit au fonctionnement dans la vie de tous les jours, nous appelons cela un « trouble d’anxiété sociale ». Il s’agit de l’un des troubles anxieux les plus courants, de 8 % à 12  % des gens ayant déjà reçu un diagnostic d’anxiété sociale à un moment donné de leur vie.

D’après la recherche, la génétique et l’environnement peuvent jouer un rôle dans le développement de problèmes d’anxiété sociale. L’anxiété sociale a tendance à courir dans la famille, ce qui signifie que si un membre de votre famille a un problème d’anxiété, vous serez peut-être plus susceptible d’en développer un. Divers événements ou expériences de la vie, comme le fait d’être victime de moqueries ou d’intimidation, peuvent jouer un rôle. Dans certains cas, les problèmes d’anxiété sociale se développent lentement au fil du temps; ils commencent souvent à l’école primaire ou au début de l’adolescence, ou après un événement particulièrement stressant ou embarrassant.

Quels sont les traitements qui peuvent aider les gens qui souffrent d’anxiété sociale?

Les interventions pharmacologiques (médicaments) peuvent aider les personnes atteintes d’un trouble d’anxiété sociale. Parlez à votre médecin de famille (généraliste) ou à un psychiatre pour connaître les options possibles.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est le traitement non pharmacologique de référence pour le trouble d’anxiété sociale. La recherche scientifique montre que la TCC aide les gens qui souffrent d’anxiété sociale. La TCC implique l’apprentissage de nouvelles façons de penser (cognition) et d’agir (comportement), qui peuvent contribuer à réduire l’anxiété. Un traitement cognitivo-comportemental typique consiste en 12 à 20 séances d’une heure.

Les personnes qui souffrent d’anxiété sociale ont tendance à surestimer le danger que présentent les situations sociales et à sous-estimer leur capacité à y faire face. Les personnes qui suivent une TCC apprennent des techniques cognitives (p. ex., identifier les pensées et les croyances inutiles, et les confronter) qui les aident à calmer leur anxiété et à s’engager davantage dans des situations sociales.

Les personnes atteintes d’anxiété sociale ont aussi tendance à éviter les situations sociales ou les personnes qui leur font ressentir de l’anxiété. L’évitement fonctionne bien à court terme (p. ex., en n’allant pas à la fête, la personne voit son anxiété diminuer temporairement) mais cela entraîne d’autres problèmes à long terme (p. ex., s’empêcher de se faire de nouveaux amis, vous dire que la situation que vous évitez est dangereuse et que vous êtes incapable d’y faire face). Un thérapeute cognitivo-comportemental vous aidera à affronter progressivement vos craintes excessives. Le processus d’« exposition » permet de réduire l’anxiété en enseignant aux gens (par l’expérience) que les situations sont plus sûres qu’ils le pensent, et qu’ils peuvent se débrouiller.

La thérapie basée sur la pleine conscience et la thérapie interpersonnelle peuvent également aider les gens qui souffrent d’anxiété sociale; toutefois, elles semblent moins efficaces que la TCC traditionnelle. La thérapie basée sur la pleine conscience enseigne comment prêter attention à ses pensées, ses émotions, ses sensations et son environnement dans le moment présent, sans jugement. La thérapie interpersonnelle consiste à examiner les problèmes liés aux relations avec les autres afin d’aider à comprendre et à améliorer les relations interpersonnelles.

Heureusement, la psychothérapie se révèle efficace chez la plupart des personnes atteintes d’un trouble d’anxiété sociale, ce qui signifie que la plupart des gens vont mieux grâce au traitement. Cependant, il faut parfois plusieurs semaines et plusieurs mois, voire davantage, pour remarquer des changements. En ce qui concerne les médicaments, cela peut prendre quelques essais et erreurs pour trouver le bon médicament. N’abandonnez pas, les changements ne surviennent pas du jour au lendemain.

Que peuvent faire les psychologues pour aider les personnes qui souffrent d’anxiété sociale?

  • Les psychologues donne de l’information aux gens sur ce qu’est l’anxiété sociale et sur son traitement.
  • Les psychologues effectuent des évaluations qui aident à préciser le diagnostic et à élaborer un plan de traitement.
  • Les psychologues offrent un traitement efficace, comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
  • Les psychologues font de la recherche pour mieux comprendre l’anxiété sociale et améliorer les traitements.
  • Les psychologues peuvent aussi défendre les intérêts des personnes qui souffrent d’anxiété sociale. En ce moment, les Canadiens n’ont pas tous accès gratuitement et facilement à des traitements psychologiques fondés sur des données probantes pour le traitement du trouble d’anxiété sociale.
La psychologie peut aider les personnes qui souffrent d’anxiété sociale!

Pour plus d’informations :

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

Vous trouverez des renseignements supplémentaires et des ressources d’autosoins gratuites qui vous seront utiles pour surmonter vos problèmes d’anxiété sociale à :

La présente fiche d’information a été rédigée pour la Société canadienne de psychologie, en collaboration avec AnxietyBC, par les Dres Melanie Badali et Kristin Buhr, psychologues agréés, à la North Shore Stress and Anxiety Clinic.

Date : samedi 29 juin 2018

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Série « La psychologie peut vous aider » : Le stress de l’aidant

Être un proche aidant peut être une expérience positive, mais il arrive que le stress associé aux responsabilités d’aidant naturel compromette le bien-être de l’aidant et de la personne aidée, si l’aidant n’a pas le soutien approprié.

Qu’est-ce qu’un aidant?

Les aidants (également appelés « proches aidants » ou « aidants naturels ») sont des personnes impliquées dans le cercle de soins, notamment les membres de la famille et d’autres personnes importantes, qui fournissent un soutien non rémunéré à une personne qui en a besoin. Selon les estimations, 8,1 millions de Canadiens (une personne sur quatre) fournissent un certain niveau de soins à un membre de la famille ou à un ami atteint d’une maladie chronique physique ou mentale ou d’une incapacité (Statistique Canada, 2013). Le travail non rémunéré que fournissent les aidants hors du système de santé représente 25 milliards de dollars (Hollander et coll., 2009).

Généralement, le degré d’implication non rémunérée du soignant varie au fil du temps et dépend de la disponibilité des ressources externes, des besoins de la personne aidée et de l’aidant lui-même (ses besoins et sa propre capacité à aider). Certaines personnes ont besoin d’aide pour accomplir quelques tâches seulement, tandis que d’autres, en raison de déficiences plus prononcées, nécessitent des soins et une supervision continus pour accomplir la majorité ou la totalité des activités de la vie quotidienne. Par exemple, les soins que requiert un parent âgé sont souvent moins exigeants que ceux à fournir à un enfant ou à un conjoint malade (Statistique Canada, 2012). Les soins requis peuvent également varier au fil du temps. Certains problèmes de santé sont limités dans le temps et surviennent plus tard dans la vie (p. ex., maladie d’Alzheimer) tandis que d’autres durent toute la vie (p. ex., maladie mentale, enfants ayant des problèmes de développement).

En outre, il est possible que vous donniez des soins à un proche dont la capacité physique, mentale, émotionnelle, sociale ou cognitive est diminuée en raison de l’âge, d’un accident, ou d’une maladie physique ou mentale grave. Bien que la plupart des aidants naturels déclarent donner des soins à une personne à la fois, il n’est pas rare qu’un aidant s’occupe de plusieurs amis ou membres de la famille. Plus d’un Canadien sur cinq (22 %) a déclaré compter dans sa famille plus d’une personne atteinte d’un problème de santé mentale en 2012 (Pearson, 2015).

En tant qu’aidant, vous pouvez vous attendre à exécuter une variété de tâches, notamment :

  • Transporter la personne ou faire les courses
  • Nourrir la personne ou préparer les repas
  • Habiller, donner le bain et faire la toilette
  • Gérer l’élimination et la propreté/incontinence
  • Transfert/levage
  • Gérer les comportements difficiles
  • Administrer des médicaments, aider aux soins médicaux/thérapies
  • Assurer la liaison avec les fournisseurs de services de santé
  • Aider à l’entretien intérieur et extérieur de la maison et aux tâches ménagères
  • Offrir du soutien émotionnel et des stratégies d’adaptation
  • Socialisation
  • Surveiller la sécurité de l’être cher
  • Surveiller le confort de l’entourage

Ces tâches peuvent se présenter individuellement ou conjointement, et chacune d’elle a des répercussions sur le stress vécu par l’aidant.

Quels sont les causes et les symptômes du stress de l’aidant?

Comme aidant, il se peut que vous ressentiez des symptômes de stress. Si le stress n’est pas géré adéquatement, il risque de devenir chronique. Cela est particulièrement vrai lorsque les soins sont donnés à long terme, par exemple, lorsqu’il s’agit d’un enfant ayant un trouble du développement ou une maladie chronique, ou de proches de tous âges atteints d’une maladie mentale ou physique chronique grave. Dans beaucoup de cas, le caractère imprévisible de certains problèmes de santé a une forte incidence sur le stress vécu par l’aidant; les aidants naturels ne sont pas toujours en mesure de contrôler ou de prédire les défis associés à leurs responsabilités d’aidant. Cela peut être particulièrement difficile pour les aidants qui ne s’adaptent pas facilement aux situations inattendues.

Le stress lié au soutien d’un proche peut être direct ou indirect. Dans certains cas, il découlera du nombre, de la durée et de l’intensité des tâches reliées aux soins à donner, ainsi que de la perte ou du deuil qui sont souvent associés au fait d’avoir un membre de la famille ou un ami atteint d’une maladie ou d’une incapacité mentale ou physique chronique. Dans d’autres cas, le stress est associé aux difficultés financières que causent un arrêt de travail ou le coût du traitement, aux conflits interpersonnels, aux problèmes de santé de l’aidant et aux relations sociales, qui sont souvent compromises par les obligations d’aidant. Le stress indirect n’est pas moins important, mais il est parfois difficile à déceler au début du cycle de soins.

On estime à 6,1 millions le nombre d’aidants qui doivent combiner activités professionnelles et prestation de soins à un proche. Cinquante pour cent des aidants sont âgés de 45 à 65 ans, c’est-à-dire à l’époque de leur vie où leurs revenus sont les meilleurs (Statistique Canada, 2013). Il est possible que votre travail soit perturbé, par exemple, que vous deviez vous absenter sans rémunération ou interrompre temporairement votre carrière.

Dans certaines situations de soins, la maladie ou l’incapacité aura une incidence sur la santé physique ou mentale du proche aidant, ainsi que sur sa stabilité émotionnelle. De nombreux aidants naturels déclarent négliger leurs propres besoins; certains négligent de prendre rendez-vous chez le médecin lorsqu’ils en ont besoin, sautent des repas ou s’alimentent mal, ne dorment pas suffisamment, fument, abusent de l’alcool ou de la drogue et ignorent leur détresse psychologique ou émotionnelle. De plus, les aidants naturels plus âgés, qui ont un statut socioéconomique plus faible ou un réseau limité de soutien, semblent plus vulnérables.

Voici d’autres symptômes de stress que l’aidant peut éprouver :

  • Dépression, anxiété ou irritabilité
  • Difficulté à se concentrer
  • Trouble du sommeil
  • Sentiment d’épuisement malgré un repos suffisant
  • Système immunitaire affaibli
  • Perte d’intérêt à l’égard des besoins, des désirs et des passe-temps personnels
  • Ressentiment accru envers la personne aidée, la famille ou les amis
  • Baisse de la satisfaction tirée du rôle d’aidant naturel
  • Sentiment d’impuissance, désespoir et isolement

Chacun de ces facteurs, pris ensemble ou individuellement, peut avoir un impact important sur le stress vécu par l’aidant.

Cependant, l’expérience d’offrir des soins à un proche peut être satisfaisante, et la plupart des aidants naturels déclarent en retirer beaucoup, tout comme la famille (National Opinion Research Center, 2014). Les conséquences positives du rôle d’aidant sont, notamment, l’établissement de liens et d’un engagement plus forts, la débrouillardise, la fierté et la satisfaction, ainsi que la croissance et l’adaptation. De plus, les aidants naturels déclarent que leur rôle donne un sens à leur vie, et augmente leur tolérance et leur capacité d’empathie et de compassion. L’information et le soutien aux aidants naturels peuvent aider à faire ressortir les aspects positifs de l’expérience de proche aidant et réduire le stress qui lui est associé.

Que dois-je faire pour réduire le stress qu’engendre mon rôle d’aidant naturel?

Le counselling, la thérapie, la méditation pleine conscience, le yoga, la tenue d’un journal intime ou la présence d’un animal de compagnie sont des moyens utiles pour réduire le stress de l’aidant.

Communiquez vos préoccupations et vos besoins aux personnes autour de vous. Envisagez de faire appel à des organisations locales, des groupes de soutien et des associations qui aident à la prestation des soins. Ceux-ci pourront vous orienter vers des ressources avec lesquelles partager les responsabilités. Rencontrer d’autres aidants qui vivent des situations semblables à la vôtre peut contribuer à briser l’isolement et vous permettre d’échanger sur les expériences difficiles que vous vivez. Les plateformes de médias sociaux peuvent être particulièrement utiles pour se mettre en contact avec d’autres aidants, surtout lorsque le proche aidant ne peut pas sortir de la maison ou est isolé.

En exprimant vos préoccupations et vos besoins, vous êtes moins susceptible de vous sentir isolé et seul dans la prestation des soins. Cela vous donnera l’occasion d’évaluer votre bien-être émotionnel. Cela vous donnera également la possibilité d’évaluer ce que vous ressentez par rapport à vos responsabilités d’aidant. Bien que, dans certains cas, vous n’ayez pas d’autre choix que de vous acquitter de vos responsabilités, sachez que vous avez le droit de dire « non » lorsque vous vous sentez dépassé. Acceptez que vos sentiments et vos besoins soient légitimes; ils affectent votre santé et votre capacité à fournir les soins requis.

Demandez de l’aide à votre famille ou à vos amis et acceptez l’aide qu’on vous offre. Si votre entourage ne vous propose pas directement de l’aide, parlez aux membres de votre famille ou à vos amis qui seraient en mesure de vous aider. Vous vous sentirez peut-être moins stressé si vous confiez à quelques personnes certaines responsabilités. Il est important de partager les responsabilités lorsque d’autres personnes participent à la prestation des soins. Ainsi, chaque personne se sent à l’aise et capable de mener à bien ses responsabilités.

Soyez attentif à votre santé physique et mentale. Allez à vos rendez-vous chez le médecin ou chez d’autres professionnels de la santé, mangez de manière équilibrée et assurez-vous de dormir suffisamment. Il est recommandé de réserver au moins 30 minutes quatre fois par semaine pour faire de l’exercice. Il est important de prendre une pause pour prévenir l’épuisement physique et mental. Prenez un peu de temps chaque semaine pour socialiser ou pour pratiquer un passe-temps ou des activités de loisirs. Concentrez-vous sur les choses sur lesquelles vous avez un certain contrôle et abordez vos responsabilités de manière positive tout en ayant de la compassion envers vous-même. La bienveillance envers soi et la pensée positive se révèlent efficaces pour contrer le stress chronique et l’épuisement.

Comment les psychologues peuvent-ils aider à atténuer le stress de l’aidant?

Les aidants naturels sont souvent en lien avec plusieurs prestataires de soins, y compris des médecins, des psychologues, des infirmières, des physiothérapeutes, des travailleurs sociaux et du personnel de soutien à domicile. Ces personnes connaissent des stratégies de réduction du stress qui peuvent vous aider.

Le psychologue peut vous accompagner dans le processus de reconnaissance de la perte et du deuil qui sont souvent associés aux soins à un proche. La réduction proactive du stress est importante, car elle vous permet de maintenir votre propre bien-être et de mieux remplir vos tâches d’aidant naturel. Cela, en plus du soutien et de l’information sur la maladie de votre proche et son évolution, peut atténuer certaines des conséquences négatives de la responsabilité d’aidant naturel.

La thérapie peut aussi vous aider à trouver les aspects positifs de la prestation de soins à un proche, tant pour la famille que pour vous-même. Parfois, dans le cadre des soins à un proche, une dynamique relationnelle difficile se développe. Le psychologue peut aider l’aidant et la personne qui a besoin de soins à échanger afin de mieux comprendre et connaître les besoins de chacun, ce qui réduit du même coup le stress.

Thérapie cognitivo-comportementale (TCC), thérapie interpersonnelle et thérapie psychodynamique sont des types des psychothérapies qui peuvent vous aider. Toutes les formes de psychothérapie vous permettent de faire face à votre stress, vos préoccupations, vos inquiétudes et d’autres symptômes, avec l’aide d’un thérapeute, dans un environnement sûr.

  • Dans le cadre d’une TCC, le thérapeute explorera avec vous vos pensées et vos comportements défaitistes, qui ont une influence négative sur votre vie. L’objectif de la TCC est de vous fournir les compétences nécessaires pour remettre en question ces pensées négatives et ces comportements inadaptés. En réduisant au minimum l’influence des pensées et des comportements négatifs, vous serez capable de développer un point de vue équilibré sur les événements qui se produisent chaque jour dans votre vie et dans votre environnement.
  • Avec la thérapie interpersonnelle, vous apprendrez à auto-évaluer votre difficulté à communiquer vos besoins aux autres. L’objectif de la thérapie est d’améliorer les habiletés de communication pour arriver à faire bien comprendre vos intentions et à veiller à ce que vos besoins soient satisfaits. Cela peut aider à réduire certains sentiments accablants associés aux soins à un proche. Cela permettra également de renforcer vos relations avec la famille, les amis, la personne aidée et toutes les ressources qui peuvent vous soutenir dans la prestation des soins.
  • Avec la thérapie psychodynamique, vous découvrirez les sentiments inconscients qui influencent négativement votre humeur et votre attitude. Le but de cette thérapie est de vous amener à reconnaître, comprendre et gérer ces sentiments inconscients. Cette thérapie s’est révélée moins efficace que la TCC et la thérapie interpersonnelle dans le traitement de la dépression et du stress de l’aidant.

Certains proches aidants éprouvent des symptômes suffisamment graves pour envisager la médication. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) constituent la classe d’antidépresseurs privilégiée pour traiter la dépression causée par le stress de l’aidant. Les ISRS agissent sur l’équilibre de la sérotonine dans le cerveau, ce qui aide à la régulation de l’humeur; les effets secondaires courants des ISRS sont l’agitation, la sécheresse de la bouche, la somnolence, les nausées et les étourdissements, pour n’en nommer que quelques-uns. Les médicaments prescrits par un médecin peuvent être combinés avec l’une des psychothérapies mentionnées.

Où puis-je obtenir plus d’information?

L’Association canadienne pour la santé mentale – fournit des informations et des ressources utiles pour les personnes qui s’occupent d’un proche atteint d’une maladie mentale :
https://cmha.ca/mental-health/finding-help/family-caregiver-support

L’Association canadienne des soins à domicile – fournit des informations et des ressources utiles pour les aidants :
http://www.cdnhomecare.ca/content.php?doc=223

American Psychological Association (APA) – fournit des informations et des ressources utiles pour les aidants :
http://www.apa.org/search.aspx?query=caregiver
http://www.apa.org/search.aspx?query=caregiving

Associations provinciales de psychologues – donne accès à de l’information sur les associations professionnelles de chaque province ou territoire :
https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse
https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

Références

Pearson, C. (octobre 2015). « L’incidence des problèmes de santé mentale sur les membres de la famille », Coup d’œil sur la santé, Statistique Canada, catalogue no 82-624-x, https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-624-x/2015001/article/14214-fra.htm.

Hollander, M. J., G. Lui et N. L. Chapell (2009). « Who Cares and How Much? The Imputed Economic Contribution to the Canadian Healthcare System of Middle-Aged and Older Unpaid Caregivers Providing Care to The Elderly, Law & Governance, volume 12, no 2, 42-49/a.

National Opinion Research Center. (Mai 2014). « Long term care in America: Expectations and realities ». Tiré de https://www.longtermcarepoll.org/project/long-term-care-in-america-expectations-and-reality/

Sinha, M. (2012). Portrait des aidants familiaux, 2012. Statistique Canada, Division de la statistique sociale et autochtone. https://www150.statcan.gc.ca/n1/fr/pub/89-652-x/89-652-x2013001-fra.pdf
Turcotte, M. (2013). Être aidant familial : quelles sont les conséquences? Ottawa : Statistique Canada. Tiré de : https://www150.statcan.gc.ca/n1/fr/pub/75-006-x/2013001/article/11858-fra.pdf?st=MiNJCt6i.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Anna Beth Doyle, Université Concordia, et Ella Amir, AMI-Québec.

Date : juillet 2018

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Série « La psychologie peut vous aider » : L’anxiété liée à l’état de santé

Qu’est-ce que l’anxiété liée à l’état de santé?

Au cours d’une vie, la plupart des personnes ont déjà éprouvé des inquiétudes au sujet de leur santé ou de la santé d’un proche. En fait, nous faisons souvent face à des situations où il est tout à fait normal d’éprouver de l’anxiété face à un état de santé. Par exemple, vous pourriez attendre les résultats d’une biopsie ou vous pourriez tout juste venir d’apprendre qu’un bon ami est atteint d’une maladie grave. Il est naturel de se sentir anxieux et chaviré dans ces situations. Dans un même ordre d’idées, la plupart d’entre nous avons de temps en temps des interrogations au sujet de la mort. Il est normal de vivre une forme d’anxiété face à la maladie et à la mort.

Les inquiétudes face à la santé et à la mort deviennent un problème si elles gênent la façon de vivre et de profiter de la vie. L’anxiété liée à l’état de santé suppose la crainte d’être atteint d’une maladie grave comme le cancer, une maladie coronarienne ou la sclérose en plaques. Elle s’accompagne souvent de très grandes inquiétudes, d’une attention exagérée accordée aux symptômes corporels, d’une recherche constante de signes et de symptômes liés à ses préoccupations, une hantise de la mort et des tentatives fréquentes d’obtenir la réassurance de membres de la famille, d’amis ou de professionnels de la santé. Il arrive que les personnes souffrant d’anxiété liée à l’état de santé évitent de consulter leur médecin parce qu’elles ont peur qu’il diagnostique une maladie grave ou qu’elles ont des doléances par rapport aux soins de santé reçus par le passé.

Les inquiétudes au sujet de la santé peuvent être déclenchées par des expériences souvent vécues au quotidien (une arythmie cardiaque passagère, un mal de tête), une expérience effrayante comme découvrir une masse sur un sein ou devoir composer avec la maladie ou le décès d’un être cher. L’anxiété peut également être déclenchée par des anecdotes au sujet d’issues de santé qui circulent dans la collectivité ou les médias. Légères et passagères, les inquiétudes peuvent aussi prendre une tournure plus grave et chronique et fluctuées au gré des jours. Certaines personnes peuvent s’inquiéter d’une maladie ou d’un symptôme particulier, tandis que pour d’autres s’inquiètent de plusieurs symptômes et maladies à la fois. L’anxiété liée à l’état de santé peut appraître seule ou elle peut s’accompagner d’autres problèmes comme d’un trouble panique, d’un trouble obsessif-compulsif ou d’une dépression.

Les personnes dont l’état a été diagnostiqué peuvent également éprouver de hauts niveaux d’anxiété en réaction à leur problème de santé. Dans certaines circonstances, le niveau d’anxiété liée à l’état de santé peut être excessif et peut nuire au fonctionnement normal et à la jouissance de la vie.

Le terme «hypochondrie» est un terme médical qui est parfois mal compris et qui comporte des connotations négatives. Cependant, lorsqu’il est utilisé adéquatement, le terme «hypochondrie» est simplement une autre façon de désigner l’expérience d’avoir des inquiétudes et des frayeurs intenses qui persistent au sujet d’une maladie, malgré la réassurance du médecin.

Quelle est la prévalence de l’anxiété liée à l’état de santé?

Des estimations suggèrent que de 3 à 10 % de la population générale souffrent d’une anxiété importante liée à l’état de santé. Jusqu’à 30 % de la population éprouvent des peurs intermittentes ou plus légères relativement à leur état de santé. Il s’agit d’un problème relativement commun qui peut s’ingérer profondément dans une vie. Il peut être coûteux pour le système de soins de santé lorsqu’il provoque un achalandage élevé des services de soins médicaux.

Quelles sont les principales causes de l’anxiété liée à l’état de santé?

Divers facteurs peuvent favoriser la création et le déclenchement des problèmes d’anxiété liée à l’état de santé, entre autres les suivants :

Génétique : Certaines personnes sont nées avec un tempérament qui les amène à être plus enclines à éprouver plus d’anxiété que la plupart des personnes. De plus, la plupart des formes d’anxiété se manifestent dans les familles jusqu’à un certain point.

Antécédents familiaux et expériences au cours de l’enfance : Les individus qui ont du faire face à une vie de famille éprouvante au cours de leur enfance (comme les conflits familiaux, le stress familial élevé ou l’abus) subiront plus vraisemblablement des problèmes d’anxiété et de dépression. Les personnes qui ont des problèmes d’anxiété en général peuvent être plus enclines à éprouver des inquiétudes et des craintes au sujet de leur santé et de la maladie.

Apprentissage social : Nous pouvons apprendre de nombreuses choses de nos parents, de nos frères et soeurs ou d’autres figures importantes dans nos vies. Ces leçons peuvent parfois être positives, mais il arrive aussi d’hériter de certains aspects négatifs des personnes qui nous entourent. Les enfants modélisent souvent le comportement de leur parents ou de leurs frères et soeurs. Par exemple, si un parent anxieux évite une gamme de situations, les enfants qui les copient seront plus enclins à se comporter de façon semblable (p. ex. ils éviteront les situations).

Les parents ou d’autres figures importantes peuvent aussi transmettre leurs peurs par la communication verbale. Par exemple, les personnes en proie à la peur ou à l’anxiété peuvent se préoccuper beaucoup trop des dangers possibles et souvent communiquent ces craintes à leur enfants en leur disant des choses comme : «Si tu as mal à l’estomac tu devrais rester au lit jusqu’à ce que tu te sentes mieux» ou «As-tu entendu parler de Suzanne? – elle se portait bien, puis du jour au lendemain elle a été diagnostiquée d’un cancer du cerveau et elle est morte».

Dans ce cas, en percevant la santé comme un état fragile et la maladie comme souffrante et mortelle, l’enfant peut en venir à se replier sur ses préoccupations de santé, éviter certaines situations ou s’inquiéter de manière excessive de la maladie et de la mort.

Expérience de maladie et de mort : L’anxiété liée à l’état de santé peut aussi être liée à une source de stress autour de la maladie et de la mort au cours de l’enfance ou de l’âge adulte.

Quels sont les traitements psychologiques utilisés pour traiter l’anxiété liée à l’état de santé?

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est le moyen principal le plus efficace pour traiter ce problème. Le traitement suppose qu’il faut :

  • comprendre l’anxiété et l’évolution du problème;
  • diminuer certains comportements déterminés comme la vérification des symptômes et le besoin d’être réassuré sur la santé;
  • apprendre les façons de lutter contre les inquiétudes excessives face à la santé et à la maladie;
  • surmonter l’évitement de situations liées à la maladie et à la mort;
  • apprendre à gérer les inquiétudes face à la maladie de façon réaliste et directe, ce qui peut réduire la peur associée à ces pensées;
  • composer avec la peur de la mort en insistant sur l’importance d’accepter la réalité de la mort et de vivre sa vie le plus pleinement possible;
  • des stratégies de gestion de l’anxiété en général comme les techniqeus de relaxation et l’augmentation de l’exercice.

Quelle est l’efficacité des méthodes psychologiques pour traiter l’anxiété liée à l’état de santé?

La recherche révèle que le traitement cognitivo-comportemental aide à calmer la crainte d’être atteint d’une maladie grave. Les études révèlent que les individus recevant de six à vingt séances de traitement manifestent habituellement une diminution de la peur de la maladie et une réduction de la dépression qui l’accompagne. Les traitements individuels et en groupe sont aussi efficaces.

Pour obtenir plus d’information :

Pour le grand public :

Pour le professionnel :

  • Treating Health Anxiety and Fear of Death: A Practitioner’s Guide. P. Furer, J.R. Walker, & M.B. Stein (2007). New York: Springer.
  • Treating Health Anxiety: A Cognitive-Behavioral Approach. S. Taylor & G.J.G. Asmundson (2004). New York: Guilford Press.
  • Treatment of Health Anxiety and Hypochondriasis: A Biopsychosocial Approach. J. Abramowitz & A. Braddock (2008). Ashland, OH: Hogrefe & Huber.

Vous pouvez consulter un psychologue autorisé pour déterminer si les interventions psychologiques peuvent vous venir en aide. Les associations de psychologie provinciales et territoriales ainsi que certaines associations municipales offrent souvent des services d’aiguillage. Pour obtenir le nom et les coordonnées des associations provinciales et territoriales en psychologie, visitez https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

 

Ce feuillet d’information a été préparé pour la Société canadienne de psychologie par Patricia Furer, Ph.D., C.Psych., Département de psychologie de santé clinique, Université du Manitoba.

Révision : juin 2020

Votre opinion est importante! Veuillez communiquer avec nous pour toute question ou tout commentaire sur les feuillets d’information de la série « La psychologie peut vous aider » : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : Le trouble de stress post-traumatique

La plupart d’entre nous avons vécu au moins un événement traumatisant dans notre vie. Les répercussions des événements traumatisants peuvent se faire sentir longtemps et affecter notre sentiment d’identité, notre système de croyances et notre fonctionnement global, que ce soit sur le plan personnel, social ou professionnel. Nous pourrions avoir des souvenirs douloureux constants de l’événement bouleversant ou traumatisant, faire des cauchemars, être constamment à l’affût du moindre signe de menace ou de danger, craindre qu’une catastrophe ou un malheur soient sur le point de se produire, avoir l’impression d’être engourdis émotionnellement, nous sentir isolés, avoir peu de tolérance au stress ou nous sentir mal à l’aise en public, être en colère, nous sentir irritables, anxieux, honteux ou coupables, ou être excessivement nerveux.

Le traumatisme a un impact individuel. Chaque personne peut vivre et ressentir différemment les symptômes du traumatisme. Chez certaines personnes, le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est associé à une dysrégulation émotionnelle, comme des flash-back, des souvenirs pénibles du traumatisme, une nervosité et une vigilance extrêmes tandis que chez d’autres, il est lié à un engourdissement émotionnel et à une tendance à s’isoler.

La majorité des personnes exposées à un événement potentiellement traumatisant éprouvent des symptômes post-traumatiques peu après l’événement. Avec le temps, en particulier au cours du premier mois ou à peu près, les symptômes ont tendance à diminuer progressivement. Dans certains cas, toutefois, les symptômes s’intensifient au fil du temps, engendrent une plus grande détresse émotionnelle et psychologique et perturbent le fonctionnement global. Dans ce dernier cas, les symptômes peuvent évoquer un trouble de stress post-traumatique.

Il y a, en outre, des facteurs de risque qui peuvent accroître la vulnérabilité au TSPT (p. ex., mauvais traitements et difficultés durant l’enfance; stress élevé), des facteurs de risque pendant l’état de stress post-traumatique (p. ex., accumulation d’incidents traumatisants, manque de soutien social) et des facteurs de risque après l’état de stress post-traumatique (p. ex., difficultés financières ou relationnelles, blessures physiques); de plus, les facteurs de risque peuvent augmenter la gravité et la durée des réactions de stress post-traumatique et avoir des répercussions sur le fonctionnement et le rétablissement. Par ailleurs, les facteurs de risque qui contribuent au développement du TSPT ne sont pas les mêmes que ceux qui en influencent la durée et la persistance.

Si vos symptômes ne s’améliorent pas avec le temps et s’exacerbent au fil du temps, en particulier plus d’un mois, que la détresse qu’ils causent augmente, ou si vous vous apercevez que vous avez de plus en plus de difficulté à exercer vos activités ou vos responsabilités quotidiennes et/ou que les symptômes se répercutent sur votre fonctionnement global, vous pourriez alors souffrir de TSPT. Dans un tel cas, un professionnel de la santé mentale, comme un psychologue clinicien qualifié, pourrait vous aider.

Quels sont les symptômes du TSPT?

La cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) (American Psychiatric Association, 2013)[1] définit le TSPT et ses quatre catégories de symptômes, à savoir les souvenirs intrusifs du traumatisme, l’évitement des stimuli liés au traumatisme, une altération de l’humeur ou de la conscience et une altération de l’état de vigilance et de la réactivité.

Symptômes de TSPT[2] chez les adultes, les adolescents et les enfants de plus de six ans; les symptômes doivent durer plus d’un mois :

  1. Exposition à la mort, à des blessures graves ou à de la violence sexuelle, réelle ou potentielle dans un (ou plusieurs) des cas suivants :
    1. Avoir vécu directement l’événement ou les événements traumatisants.
    2. Avoir été témoin de l’événement subi par d’autres personnes.
    3. Apprendre qu’un être cher, comme un proche ou un membre de la famille, a subi l’événement ou les événements traumatisants, et dans ce cas, le ou les événements doivent avoir été violents ou accidentels.
    4. Être exposé de façon répétée ou extrême aux détails sordides d’un événement ou d’événements traumatisants. Par exemple, les policiers qui mènent des enquêtes sur les mauvais traitements infligés à des enfants. Dans cette catégorie, la personne doit être exposée dans le cadre de ses activités professionnelles.
  2. Symptômes d’intrusion :
    1. Souvenirs ou images récurrents, pénibles et intrusifs de(s) événements traumatisant(s).
    2. Rêves pénibles ou cauchemars liés à l’événement traumatisant.
    3. Flash-back, impression de revivre l’événement ou d’agir ou de se sentir comme si l’événement se produisait de nouveau. Remarque : les enfants pourraient reproduire l’événement dans leurs jeux.
    4. Détresse psychologique après avoir été exposé à un déclencheur évoquant l’événement traumatisant ou à tout autre signe qui pourrait ressembler à l’événement.
    5. Réactions physiologiques après avoir été exposé à des stimuli liés au traumatisme. Par exemple, palpitations cardiaques, transpiration ou douleur à la poitrine.
  3. Évitement persistant :
    1. Éviter les souvenirs, les pensées ou les sentiments pénibles liés au traumatisme.
    2. Éviter les rappels du traumatisme. Par exemple, le lieu, sortir seul, les conversations, les personnes ou les objets, certaines émissions de télévision et/ou activités liés à l’événement. Les comportements de sécurité ne sont pas rares, par exemple, être toujours accompagné lorsqu’on sort de la maison; ou, lorsque l’on s’assoit en public, s’assurer d’être dos au mur.
  4. Modification négative de la cognition et de l’humeur :
    1. Incapacité de se souvenir d’éléments essentiels de(s) événement(s) traumatisant(s).
    2. Croyances négatives exagérées sur soi, sur les autres ou sur le monde. Par exemple, « Je suis un échec », « Je suis faible », « Je ne peux faire confiance à personne », « Le monde entier est dangereux, peu importe où vous allez ou ce que vous faites ».
    3. Pensées déformées sur la cause ou les conséquences de l’événement traumatisant. Dans ce cas, la personne en vient à se blâmer et/ou à blâmer les autres. Par exemple, « C’est de ma faute si cela s’est produit », « J’aurais dû faire ceci ou cela ».
    4. Émotions négatives persistantes, par exemple, ressentir constamment de l’anxiété, de la culpabilité ou de la honte.
    5. Diminution de l’intérêt à l’égard des activités ou des passe-temps auxquels on s’adonnait auparavant.
    6. Sensation d’engourdissement émotionnel, ou d’éloignement ou de détachement des autres. Par exemple, vous savez que vous aimez votre famille, mais vous vous sentez distant ou engourdi émotionnellement et avez de la difficulté à ressentir l’amour de vos proches.
    7. Incapacité à éprouver des émotions positives, comme le sentiment de bonheur ou d’amour.
  5. Modification marquée de la vigilance et de la réactivité :
    1. Comportement irritable et accès de colère, qui peuvent se manifester verbalement ou physiquement.
    2. Comportement autodestructeur ou imprudent. Par exemple, une consommation excessive d’alcool pour réduire sa détresse pourrait être considérée comme un comportement autodestructeur.
    3. Par exemple, se sentir constamment à l’affût de signes de menace ou de danger.
    4. Réaction de sursaut exagérée. Par exemple, être excessivement nerveux face à n’importe quel son ou bruit.
    5. Difficultés de concentration, d’attention ou de mémoire.
    6. Troubles du sommeil. Par exemple, difficulté à s’endormir ou à rester endormi; se réveiller très tôt le matin.

L’American Psychological Association (APA)2 a élaboré des lignes directrices qui fournissent des recommandations sur les traitements psychologiques et pharmacologiques du trouble de stress post-traumatique (TSPT) à l’intention des adultes. Ces lignes directrices sont fondées sur les recommandations du rapport de l’Institute of Medecine, intitulé Clinical Practice Guidelines We Can Trust (IOM, 2011).

Parmi les nombreuses recommandations qui figurent au rapport, les interventions suivantes sont fortement préconisées : thérapie cognitivo-comportementale (TCC), thérapie de traitement cognitif (TTC), thérapie cognitive (TC) et thérapie d’exposition prolongée (TEP). Parmi les traitements pharmacologiques, on recommande la fluoxétine, la paroxétine, la sertraline et la venlafaxine. Il existe des différences importantes entre les individus; en outre, la présence concomitance de troubles de santé mentale et la coexistence de problèmes de santé mentale et physique sont souvent observées. La dépression, les troubles anxieux, les troubles liés à la consommation de substances psychoactives, les troubles de la personnalité ou la psychose sont des troubles concomitants courants. Ainsi, une évaluation et une conceptualisation de cas complètes ainsi qu’une approche de prise en charge holistique de la personne peuvent contribuer à optimiser les options de traitement offertes à chaque personne. Il est recommandé de consulter systématiquement son professionnel de la santé mentale et un médecin pour obtenir un traitement pharmacologique qui pourrait être utile en association avec un traitement psychologique fondé sur des données probantes.

Les autosoins, par exemple, une alimentation saine et équilibrée, une bonne hygiène de sommeil, faire de l’exercice, chercher du soutien de qualité, la gestion des pensées et des émotions, l’établissement d’objectifs gradués significatifs et réalistes, la résolution active de problèmes et le maintien de l’espoir, sont des stratégies proactives qui aident à la santé, à la qualité de vie et au bien-être.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

Autres ressources sur le TSPT et son traitement :

Où puis-je obtenir plus d’informations sur la psychologie et les psychologues?

Associations provinciales de psychologues : https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

Fondation de psychologie du Canada : http://www.psychologyfoundation.org

American Psychological Association (APA): http://www.apa.org/helpcenter

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par la Dre Katy Kamkar, Ph.D., C. Psych, psychologue clinicienne et présidente, Section du stress traumatique de la Société canadienne de psychologie.

Date : août 2020

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[1] American Psychiatric Association (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders. (5e éd.). Auteur : Washington, DC.

[2] Clinical Practice Guideline for the Treatment of Posttraumatic Stress Disorder (PTSD) in Adults. American Psychological Association. Guideline Development Panel for the Treatment of PTSD in Adults. Politique de l’APA adoptée le 24 février 2017 https://www.apa.org/ptsd-guideline


Série « La psychologie peut vous aider » : Changement climatique et anxiété

L’anxiété liée au changement climatique

Le changement climatique est « la modification à long terme des conditions météorologiques moyennes qui définissent les climats locaux, régionaux et mondiaux de la Terre[1]. » [traduction] En raison des effets incertains et de la gravité du changement climatique, les gens recherchent de l’aide psychologique pour faire face aux sentiments négatifs que provoquent chez eux les événements climatiques et l’incertitude quant à l’avenir de la planète. Parmi ces sentiments négatifs figurent un sentiment d’impuissance et de désespoir par rapport à l’état actuel et futur de l’environnement naturel, à sa propre qualité de vie sous l’effet des événements climatiques, ainsi qu’à la santé et au bien-être de l’être humain en général.

Qu’est-ce qui contribue à l’anxiété liée au changement climatique?

L’anxiété relative à l’état du climat terrestre peut être ressentie avant, pendant et après un événement climatique[2] :

Avant l’événement climatique

Les avis d’alerte sur des événements climatiques imminents, comme les ouragans, les tempêtes et les feux de forêt, peuvent causer une inquiétude grave pour la sécurité personnelle, la sécurité de ses proches et/ou la sécurité de sa maison et de ses autres biens. Le fait de craindre des problèmes environnementaux imminents et graves peut également engendrer de l’inquiétude; en psychologie de l’environnement, ce type d’anxiété est appelée « habitual ecological worrying »[3] (propension à s’inquiéter au sujet de l’environnement). Les personnes qui sont confrontées à ce type d’inquiétude sont susceptibles de mieux s’en sortir en adoptant des attitudes et des actions pro-environnementales. Mais lorsqu’elle est associée à des sentiments de perte, d’impuissance, de frustration et d’incapacité à améliorer la situation, cette forme d’inquiétude n’est pas très constructive. Dans la documentation en psychologie de l’environnement, c’est ce qu’on appelle l’éco-anxiété[4].

Pendant l’événement climatique

La santé mentale peut être affectée de façon significative pendant un événement climatique soudain. Il arrive que les victimes de ce type d’événements perdent rapidement et de manière inattendue leur propriété et leurs biens. Certains perdront aussi des membres de leur famille et des amis à cause de catastrophes causées par le changement climatique. La santé mentale peut également être affectée par des événements climatiques qui se manifestent progressivement au fil du temps. Par exemple, les personnes qui vivent dans des régions du monde où le changement climatique a des répercussions considérables sur les paysages et les moyens de subsistance ont tendance à faire état d’une profonde tristesse, ou solastalgie, par rapport aux changements environnementaux.

Après l’événement climatique

Lorsqu’ils entraînent des pertes (amis, membres de la famille, collectivités, maisons, biens ou emploi) ou causent de l’incertitude financière, les événements climatiques peuvent avoir un impact considérable et durer longtemps. La dépression, le trouble de stress post-traumatique (TSPT), le deuil, le désespoir, l’agressivité, les difficultés interpersonnelles, la toxicomanie et même le suicide figurent parmi ces conséquences. Dans certains cas, les individus développeront des idées délirantes en lien avec les changements climatiques[5], caractérisées par la conviction que ses actions, quelle que soit leur importance, auront un effet négatif profond sur les personnes qui subissent les conséquences des événements climatiques.

Qui sont les plus vulnérables?

Gifford et Gifford (2016) citent des études indiquant que l’anxiété liée au changement climatique a tendance à affecter fortement les enfants, les personnes âgées, les personnes ayant des problèmes de santé mentale préexistants et les personnes ayant peu de ressources financières. Par exemple :

  • L’enfant qui souffre d’anxiété liée au changement climatique éprouvera des symptômes tels qu’une humeur dépressive, de l’anxiété, des cauchemars, des flash-back, du retrait social et de la difficulté à être séparé de ses parents/tuteurs. Il a été démontré que ces symptômes sont plus graves chez les enfants que chez les adultes et peuvent perdurer plus tard dans la vie.
  • Les personnes âgées pourraient être physiquement plus vulnérables aux changements climatiques qui les touchent et sont parfois moins capables d’utiliser des mécanismes efficaces d’adaptation, comme des comportements pro-environnementaux, dans des moments de détresse.
  • Les personnes ayant moins de ressources financières peuvent être plus vulnérables aux événements climatiques en raison de leurs conditions de vie, de leurs conditions d’emploi ou de leur situation professionnelle, du manque d’accès aux ressources, aux biens et aux services et de leur incapacité à adopter des comportements écoresponsables proactifs.
  • Les personnes qui vivent dans des pays où il y a peu de ressources pour protéger les populations contre les conséquences des événements climatiques risquent d’être plus lourdement affectées par le changement climatique.

Comment les psychologues peuvent-ils aider les personnes qui éprouvent de l’anxiété liée au changement climatique?

Les psychologues possèdent les connaissances et l’expertise nécessaires pour aider les gens à faire face aux effets négatifs du changement climatique sur la santé mentale, ainsi que pour encourager des comportements efficaces et positifs[6].

Interventions et services psychologiques

Bien que certaines personnes fassent face à leurs inquiétudes au sujet du changement climatique en se livrant à une forme ou une autre d’activisme écologique (par exemple, en évitant l’utilisation de plastiques à usage unique, en recyclant, en diminuant sa consommation d’eau, etc.), d’autres pourraient faire face à leur anxiété en se retirant ou en s’inquiétant excessivement. Les thérapies psychologiques peuvent aider les personnes qui éprouvent de l’anxiété au sujet du climat à maîtriser leurs inquiétudes, à diminuer leur anxiété et à améliorer leur qualité de vie globale. Les thérapies qui se révèlent efficaces sont :

  • Le recadrage cognitif pour corriger les schémas de pensée qui causent de l’inquiétude et amplifient celle-ci;
  • Formation en résolution de problèmes pour apprendre à mieux résoudre les problèmes quotidiens;
  • La thérapie d’exposition pour aider à affronter et à maîtriser sa peur, plutôt que de l’éviter et d’être contrôlé par elle;
  • La technique de Jacobson pour diminuer certains des symptômes physiques de l’anxiété[7].

Pour les enfants, les jeunes et les jeunes adultes qui ont vécu un événement climatique ou qui éprouvent de l’anxiété par rapport au climat, des psychologues travaillant dans les écoles, les collèges et les universités sont en mesure d’apporter leur soutien dans le cadre scolaire et universitaire.

Psychologie scientifique

La recherche en psychologie peut apporter des réponses aux questions actuelles et émergentes liées au climat. Que l’accent soit mis sur la modification de comportements destructeurs, comme la réduction de l’utilisation des véhicules automobiles, ou sur l’adoption de pratiques bénéfiques, comme l’utilisation du transport en commun, la recherche en psychologie est essentielle pour comprendre comment les gens appréhendent les questions environnementales et économiques[8].

Représentation et défense des intérêts

Les individus, les organisations et tous les ordres de gouvernement ont un rôle essentiel à jouer dans la compréhension et le traitement des rapports entre changement climatique, santé, économie et comportements individuels. Pour être efficaces, les mesures de lutte contre le changement climatique doivent promouvoir la modification des comportements individuels et collectifs. Les psychologues de l’environnement peuvent aider les organisations et le gouvernement à élaborer des programmes de sensibilisation et des politiques publiques qui permettront de surmonter les écarts entre ce que les gens comprennent des changements climatiques et ce qu’ils font au quotidien en matière d’environnement[9]. Pour aider les personnes qui éprouvent de l’anxiété et d’autres problèmes de santé mentale, il est important de financer les services de santé mentale dans l’ensemble de la société.

Mobilisation des connaissances

Pour accroître la sensibilisation aux changements climatiques, responsabiliser davantage les Canadiens et les encourager à modifier leurs comportements, il est important de comprendre comment les gens traitent l’information et prennent des décisions. Des informations précises et cohérentes sur les changements climatiques devraient être mises à la disposition des individus par des organisations fiables et bien informées, et ce, de manière stimulante. Les messages doivent être motivants et axés sur les résultats positifs des stratégies de prévention, plutôt que décourageants ou effrayants.

Pour plus d’informations :

Pour plus d’informations sur les recoupements entre la psychologie et le changement climatique, consultez les références suivantes :

  • Gifford, R. (2011). The dragons of inaction: Psychological barriers that limit climate change mitigation and adaptation. American Psychologist, volume 66, 290-302.
  • Steg, L. et Vlek, C. (2008). Encouraging pro-environmental behaviour: An integrative review and research agenda. Journal of Environmental Psychology, 29, 309-317.

Vous pouvez consulter un psychologue agréé pour savoir si une intervention psychologique pourrait vous aider. Pour connaître les noms et les adresses des associations de psychologues provinciales et territoriales, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

La présente fiche d’information a été rédigée pour la Société canadienne de psychologie par la Dre Lindsay J. McCunn, de l’Université Vancouver Island, M. Alexander Bjornson, de l’Université Vancouver Island, et le Dr Robert Gifford, de l’Université de Victoria.

Date : 1er décembre 2020

Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous à factsheets@cpa.ca.

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[1] https://climate.nasa.gov/resources/global-warming-vs-climate-change/

[2] Gifford, E., & Gifford, R. (2016). The largely unacknowledged impact of climate change on mental health. Bulletin of the Atomic Scientists, 72, 292-297.

[3] Verplanken, B., & D. Roy. (2013). ““My worries are rational, climate change is not”: Habitual ecological worrying is an adaptive response.” PLoS ONE, 8 (9), e74708.

[4] Rabinowitz, P. M., & A. Poljak. (2003). “Host-environment medicine: A primary care model for the age of genomics.” Journal of General Internal Medicine, 18 (3), 222–227.

[5] National Wildlife Federation. (2011). The psychological effects of global warming on the United States and why the U.S. mental health care system is not adequately prepared. National Forum and Research Report, February 2012. https://www.nwf.org/pdf/Reports/ Psych_Effects_Climate_Change_Full_3_23.pdf.

[6] https://www.theguardian.com/environment/2020/oct/08/anxiety-climate-crisis-trauma-paralysing-effect-psychologists

[7] https://cpa.ca/docs/File/Publications/FactSheets/PsychologyWorksFactSheet_GeneralizedAnxietyDisorder.pdf

[8] https://cpa.ca/docs/File/Government%20Relations/Canadian%20Psychological%20Association’s%202020%20Pre-Budget%20Submission.pdf

[9] https://cpa.ca/docs/File/Government%20Relations/Canadian%20Psychological%20Association’s%202020%20Pre-Budget%20Submission.pdf

Série « La psychologie peut vous aider » : La dépression chez les personnes âgées

Quels sont les symptômes de la dépression chez les personnes âgées?

La fiche d’information de la Société canadienne de psychologie sur la dépression dresse la liste des symptômes de la dépression. Ces symptômes sont aussi ceux qui permettent d’identifier la dépression chez les personnes âgées. Les symptômes les plus courants chez les personnes âgées dépressives sont la perte d’énergie, une réduction de l’intérêt et du plaisir dans les activités habituelles, des plaintes de douleur et de malaises physiques, et des plaintes de problèmes de mémoire.

Qui est touché?

La dépression ne doit pas être envisagée comme le destin inévitable de l’avancée en âge. Cela dit, un certain nombre de personnes âgées ressentent de la dépression. D’un côté, le taux de dépression majeure est relativement bas, touchant entre 3 et 5 % des personnes âgées de plus de 65 ans vivant de manière autonome dans la communauté. D’un autre côté, la prévalence des symptômes dépressifs est significativement plus élevée, environ 15 % des personnes âgées dans la communauté rapportant des niveaux importants de symptômes dépressifs.

Certains sous-groupes de personnes âgées présentent un risque plus élevé de dépression, en particulier les personnes souffrant de maladie chronique, celles qui résident dans des établissements de soins de longue durée et celles qui procurent des soins à un membre de la famille, par exemple une personne atteinte de démence.

Quels sont les autres problèmes associés à la dépression?

La dépression accroît de deux à trois fois le risque de décès des personnes âgées. Par ailleurs, la dépression est le facteur le plus important associé au risque de suicide à l’âge adulte avancé.

La dépression aggrave les incapacités fonctionnelles produites par la maladie physique. Elle complique le traitement de cette maladie et la réadaptation, et contribue à un déclin plus important de la condition physique et du fonctionnement cognitif.

Pourquoi la dépression des personnes âgées est-elle souvent négligée et mal traitée?

La dépression peut être difficile à cerner chez les personnes âgées pour plusieurs raisons. Les personnes âgées sont peu enclines à parler de leurs symptômes psychologiques ou de leurs difficultés, et elles tendent à communiquer leur détresse psychologique en faisant part surtout de leurs symptômes physiques. Plusieurs symptômes de dépression (par exemple, problèmes de sommeil, fatigue et perte d’énergie) sont communs à l’âge adulte avancé, et comme tels, ils tendent à être attribués au vieillissement normal. Aussi, le mythe qu’il est normal pour les personnes âgés de ressentir de la dépression à un certain degré conduit à négliger les cas de réelle dépression clinique.

Quelles sont les causes de la dépression à l’âge adulte avancé?

Un historique de dépression plus tôt dans la vie adulte constitue un facteur de risque de dépression à l’âge adulte avancé. Des problèmes de maladie chronique et la perte du conjoint, particulièrement pour les hommes, peuvent être associés à la dépression. La dépression majeure peut être une des séquelles d’un accident vasculaire cérébral.

Des facteurs comme la perte de contrôle et d’indépendance à la suite d’une maladie et/ou d’une incapacité, ainsi que la solitude et la perte de soutien social peuvent conduire à la dépression à l’âge adulte avancé.

Quelles sont les approches psychologiques les plus utiles pour traiter la dépression des personnes âgées?

Plusieurs traitements psychologiques proposés pour les adultes d’âge adulte jeune et moyen s’avèrent tout aussi efficaces pour les personnes d’âge adulte avancé. En particulier, la thérapie cognitivo-comportementale, la thérapie interpersonnelle, la thérapie de résolution de problèmes et la thérapie par les réminiscences sont des traitements dont l’efficacité est appuyée par la recherche empirique.

La thérapie cognitivo-comportementale aide les personnes dépressives à prendre conscience de l’influence de leurs pensées sur leur humeur et leur comportement, et à corriger les pensées négatives pour soulager la dépression.

La thérapie interpersonnelle aide la personne dépressive à surmonter les stresseurs et défis actuels dans les relations interpersonnelles, en particulier dans le contexte des conflits, du deuil et du veuvage, des changements de rôles et du soutien social.

La thérapie de résolution de problèmes aide la personne déprimée à développer des habiletés de résolution de problèmes efficaces pour composer avec les difficultés actuelles, comme gérer sa condition physique ou s’adapter à la vie en résidence pour personnes âgées.

La thérapie par les réminiscences aide la personne à réévaluer les souvenirs personnels en vue de redécouvrir un sentiment de valeur personnelle et de cohérence et de signification de sa vie.

Ces traitements psychologiques constituent des alternatives sécuritaires et efficaces aux médicaments, une combinaison de pharmacothérapie et de traitement psychologique étant favorisée pour les cas complexes.

Les traitements psychologiques s’avèrent particulièrement utiles pour les personnes qui ne peuvent pas ou qui ne veulent pas prendre de médicaments antidépresseurs.

Pour obtenir plus d’information :

De plus amples renseignements sur la dépression chez les personnes âgées, incluant une description détaillée des traitements psychologiques et d’autres ressources de soutien, peuvent être obtenus dans le document intitulé « Lignes directrices nationales de la CCSMPA sur la santé mentale des personnes âgées : Évaluation et prise en charge de la dépression », Coalition canadienne pour la santé mentale des personnes âgées (2006).

Vous pouvez consulter un psychologue agréé pour déterminer si les interventions psychologiques peuvent vous venir en aide. Les associations de psychologie provinciales et territoriales ainsi que certaines associations municipales offrent souvent des services d’aiguillage. Pour obtenir le nom et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, rendez-vous à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par le Dr Philippe Cappeliez, professeur émérite, École de psychologie, Université d’Ottawa.

Dernière révision : mars 2020

Votre opinion compte! Si vous avez des questions ou des commentaires au sujet des rubriques La psychologie peut vous aider, veuillez communiquer avec nous à l’adresse suivante : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : Interventions psychologiques pour la prise en charge de la douleur aiguë chez les enfants

Qu’est-ce que la douleur aiguë?

On entend généralement par douleur aiguë une douleur vive variant de légère à intense. Elle apparaît soudainement et est très brève, signalant en général à l’organisme que quelque chose ne va pas. La douleur aiguë est importante parce qu’elle fait partie du système d’alerte intégré de l’organisme. L’expérience de la douleur varie selon les individus, ce qui signifie que le même événement douloureux peut être ressenti très différemment chez les enfants.

Tel un casse-tête, la douleur est constituée de différents éléments, à savoir un élément biologique (p. ex., une blessure antérieure peut rendre la personne plus sensible à la douleur), un élément psychologique (p. ex., les souvenirs d’expériences douloureuses passées peuvent avoir des répercussions sur les expériences douloureuses futures) et un élément lié à l’expérience sociale (p. ex., les personnes qui se trouvent dans la même pièce que vous peuvent influencer l’intensité de la douleur que vous ressentez et celle que vous exprimez réellement). Même chez la même personne, les effets de chaque élément peuvent changer d’une situation à l’autre ou à mesure que la personne acquiert de la maturité. Ainsi, la même personne peut vivre différemment le même événement douloureux à différents moments!

Les causes courantes de douleur aiguë chez les enfants sont, entre autres, les bosses et les ecchymoses (p. ex., après une chute à vélo), les interventions médicales de routine (p. ex., recevoir une piqûre chez le médecin) et les douleurs post-chirurgicales (p. ex., la douleur consécutive à l’ablation des amygdales qui dure souvent plusieurs jours). La description de la douleur ressentie doit être respectée et prise en compte, quel que soit l’âge de la personne qui la vit. Parfois, les enfants sont incapables de nous dire qu’ils souffrent parce qu’ils sont trop jeunes ou qu’ils ont un handicap intellectuel ou un trouble du développement. Cependant, en règle générale, on peut tenir pour acquis que tout ce qui cause de la douleur chez les adultes en causera aussi chez les enfants. Il existe des moyens bien établis qui permettent d’évaluer et de comprendre la douleur chez les bébés, les enfants et les adolescents.  

L’évaluation de la douleur aiguë chez les enfants

Les scientifiques et les cliniciens savent que la douleur est difficile à évaluer, même chez les adultes; c’est pourquoi beaucoup de recherches ont été faites pour tenter de comprendre comment mesurer la douleur chez les enfants. Chez les bébés, les tout-petits et les enfants d’âge préscolaire, l’observation du langage corporel est souvent la meilleure façon de le faire. Par exemple, l’échelle FLACC (pour Face, Legs, Activity, Cry, Consolability) conseille aux personnes qui s’occupent des enfants de faire attention aux grimaces de douleur, au battement des jambes, à la cambrure du corps et au tortillement du bébé/enfant, et s’il pleure, la facilité avec laquelle il est consolé. Si l’enfant est hospitalisé, il est possible d’utiliser des mesures physiologiques comme la fréquence cardiaque ou la quantité d’oxygène circulant dans le sang. Plus le rythme cardiaque est élevé ou plus la saturation en oxygène dans le sang est faible, plus l’enfant est stressé et plus nous supposons qu’il souffre. Certains outils d’évaluation de la douleur utilisés à l’hôpital, comme le PIPP-R (Premature Infant Pain Profile-Revised), intègrent à la fois des comportements et des mesures physiologiques. Étant donné que, vers l’âge de six ou sept ans, les enfants sont capables d’exprimer leur douleur de manière plus fiable, les parents et les professionnels de la santé devraient essayer de les interroger sur leur douleur. Par exemple, l’échelle des visages (Faces Pain Scale – Revised[1] [voir ci-dessous] est un excellent moyen de demander aux jeunes enfants d’âge préscolaire à quel point ils ont mal. Avec les enfants plus âgés et les adolescents, qui sont susceptibles de bien comprendre le fonctionnement des échelles de notation, vous pouvez simplement utiliser une échelle de notation numérique sans accompagnement. Par exemple, vous pourriez demander à un enfant plus âgé ou à un adolescent : « Sur une échelle de 0 à 10, où 0 signifie aucune douleur et 10 signifie la pire douleur que tu puisses imaginer, comment évalues-tu la douleur que tu ressens en ce moment? »

Pourquoi ne faut-il pas négliger la douleur aiguë chez les enfants?

La douleur aiguë survient fréquemment chez les enfants en bonne santé et chez ceux atteints d’une maladie chronique. Bien que la douleur soit une réaction d’adaptation, si elle n’est pas prise en charge, elle peut avoir des effets néfastes sur le corps, l’esprit et le bien-être social de l’enfant. Par l’expérience, les enfants apprennent le concept de la douleur, et leurs expériences antérieures de la douleur influenceront la façon dont ils vivront la douleur à l’avenir. Sans une évaluation et un traitement appropriés, la douleur aiguë peut modifier la façon dont l’enfant réagit à la douleur. Si la douleur n’est pas correctement prise en charge, l’enfant peut développer une peur des aiguilles et tenter d’éviter les visites chez le médecin. Parfois, la douleur aiguë peut même conduire à une douleur à long terme (c.-à-d. une douleur qui dure plus de trois mois). Par exemple, la recherche indique que l’anesthésie et l’administration d’analgésiques pendant une chirurgie sont importantes, car elles peuvent empêcher l’enfant de développer de la douleur chronique.

Stratégies psychologiques pour la prise en charge de la douleur aiguë chez les bébés, les enfants et les adolescents

Que vous soyez le parent d’un bébé, d’un enfant ou d’un adolescent (ou la personne qui s’en occupe), les recherches montrent que vous influencez considérablement la façon dont votre enfant se prépare et s’adapte à la douleur aiguë. Le soutien qu’attend de vous votre enfant prend différentes formes, selon son âge.

Prise en charge de la douleur chez les bébés et les tout-petits

Comme les bébés (moins de deux ans) n’ont pas encore acquis les habiletés nécessaires pour comprendre pourquoi ils souffrent ou ce qu’ils peuvent faire pour se sentir mieux, ils dépendent plus que jamais de vous ou des personnes qui s’occupent d’eux pour les aider à comprendre ce qu’ils vivent et à y faire face. Les parents peuvent aider à réduire la douleur aiguë chez les bébés et les tout-petits. Il existe une approche simple en quatre étapes que peuvent utiliser les parents avec leur bébé et qui ne nécessite aucune préparation. Les étapes de cette approche sont les suivantes :

  1. Évaluez votre degré d’anxiété. Votre bébé cherche des indices de votre part pour comprendre ce qui se passe. Lorsque vous êtes calme, votre bébé est également plus susceptible d’être calme. Votre rythme cardiaque, lorsque vous tenez votre enfant dans vos bras, aura une influence sur lui; si votre rythme cardiaque est lent, il vous sera plus facile de calmer votre enfant.
  2. Respirez par le ventre si vous êtes stressé. Inspirez lentement et profondément par le nez et en emplissant votre ventre. En ralentissant votre respiration, vous ralentissez votre rythme cardiaque, ce qui peut contribuer à ralentir la respiration et la fréquence cardiaque de votre bébé.
  3. Serrez calmement votre bébé dans vos bras et faites-lui un câlin. Cela est extrêmement réconfortant pour votre bébé, en particulier lorsque vous le faites avant, pendant et après l’expérience douloureuse. Selon l’âge et l’activité de votre bébé, il peut s’agir d’un contact de peau à peau (tenir votre bébé, vêtu seulement d’une couche, contre votre poitrine nue, allaiter votre enfant) ou bien le serrer contre vous pendant qu’il est assis sur vos genoux ou est debout entre vos jambes ou pendant que vous le tenez dans vos bras.
  4. Distrayez votre bébé au bon moment. Distraire votre bébé avec un jouet, un livre, des bulles ou une chanson, ou en lui parlant de quelque chose qui n’a pas de lien avec la douleur peut l’aider à se calmer, mais vous devriez attendre de 30 à 45 secondes pour que ses pleurs ralentissent et que ses yeux s’ouvrent avant de commencer à le distraire. Les bébés vous montrent de différentes manières qu’ils ne sont pas encore prêts à ce qu’on les distraie (en se montrant encore plus contrarié, en repoussant le jouet ou en éloignant le regard pendant qu’on essaie de faire une diversion). Si cela se produit, revenez au câlin.

Prise en charge de la douleur chez les jeunes enfants (de 3 à 10 ans)

Entre l’âge de 3 et 10 ans, les enfants apprennent progressivement ce qu’ils peuvent faire pour traverser une expérience douloureuse, mais ils continuent de dépendre beaucoup de leurs parents ou des personnes qui s’occupent d’eux pour gérer la situation. Pendant cette grande période de la vie, le parent apprendra à l’enfant à faire face à la douleur en utilisant une combinaison de stratégies dirigées par l’enfant et par le parent, plus l’enfant est jeune, et plus le rôle du parent étant prédominant.

Bien que certaines stratégies qui sont efficaces à n’importe quel âge entre trois ans environ et l’adolescence (dont il sera question plus loin), les enfants de cette tranche d’âge présentent des caractéristiques psychologiques qui leur sont propres. Il arrive que les enfants qui en sont à ce stade de leur développement appréhendent avec inquiétude l’intervention douloureuse à venir. Pour aider à préparer leur enfant à une expérience douloureuse, les parents peuvent faire certaines démarches supplémentaires avant l’intervention prévue :

  • Décidez quand et comment partager avec votre enfant de l’information au sujet de l’intervention douloureuse à venir. Les enfants plus jeunes peuvent être informés le jour même de l’intervention. Les enfants plus âgés et les adolescents doivent être informés au moins la veille, afin qu’ils puissent établir des stratégies d’adaptation à l’avance et avoir l’occasion d’apprendre et de mettre en pratique les différentes étapes de l’intervention.
  • Répondez honnêtement aux questions de votre enfant. Par exemple, si votre enfant vous demande si l’aiguille lui fera mal, vous pouvez dire « Cela peut faire un peu mal ou moyennement mal, mais cela ne durera pas longtemps ».
  • Pensez à offrir à votre enfant la possibilité de choisir la manière dont il souhaite surmonter la douleur, par exemple, demandez-lui comment il aimerait être distrait pendant l’intervention, s’il veut tenir votre main et ce qu’il aimerait faire après l’intervention. En général, il n’est pas utile d’offrir des choix à un jeune enfant et cela pourrait l’affliger davantage. S’il s’agit d’enfants plus âgés, offrir des choix à l’avance (comme avant de partir de la maison) aidera l’enfant à comprendre ce qui l’attend et à se sentir plus en contrôle de la situation. On pourra également le motiver à passer au travers l’événement désagréable qui l’attend en le récompensant immédiatement après l’intervention douloureuse (p. ex., en lui offrant une sucette) ou dans un avenir proche (p. ex., arrêter manger une crème glacée sur le chemin de retour). Dans la section ci-dessous, vous trouverez des stratégies adaptées aux enfants pendant toute leur enfance.

Prise en charge de la douleur chez les enfants plus âgés et les adolescents (10 ans et plus)

Au fur et à mesure que les enfants traversent la préadolescence et l’adolescence, ils deviennent souvent de plus en plus autonomes lorsqu’il s’agit de gérer leur douleur. Bien que les stratégies préparatoires décrites ci-dessus puissent aider à réduire le stress éprouvé par votre enfant avant une intervention, elles devraient toujours être utilisées en combinaison avec des stratégies de gestion de la douleur pendant et/ou après l’intervention.

Les stratégies suivantes aideront à réduire la douleur chez les enfants et les adolescents pendant et après une expérience douloureuse :

  • Les stratégies à utiliser pour distraire votre enfant varieront selon son âge, ses capacités et ses intérêts; par exemple, faire des bulles ou faire tourner un moulin à vent, jouer avec un jouet ou à un jeu vidéo, regarder un film, écouter de la musique ou utiliser la technologie de la réalité virtuelle. En général, plus l’enfant participe activement à l’activité qui vise à le distraire, plus la distraction sera efficace.
  • Imagerie mentale dirigée. Grâce à l’imagerie mentale dirigée, vous pouvez aider votre enfant à utiliser son imagination et ses sens pour se visualiser dans un endroit différent, plus apaisant. Des scénarios d’imagerie mentale dirigée pour les enfants de tous âges sont disponibles en ligne.
  • Respiration profonde. Les exercices de respiration qui font appel à la respiration diaphragmatique (ou respiration profonde) peuvent être utilisés avec les enfants pour les aider à se calmer pendant et après une expérience douloureuse. On peut demander à l’enfant de respirer par le nez en emplissant son ventre (en gardant une main sur son ventre pour vérifier qu’il se gonfle à chaque respiration) et d’expirer par la bouche.
  • Citations motivantes. Apprendre aux enfants à se servir de citations motivantes peut aider ceux-ci à penser de manière plus positive et à être moins affectés par l’événement douloureux. Demander à l’enfant de dire à voix haute ou de réciter dans sa tête des phrases comme « Je peux passer au travers » ou « Je sais que la douleur va disparaître » peut l’aider à se sentir mieux. Le fait de leur rappeler, après l’expérience douloureuse, combien ils ont été parfaits, combien la douleur a été brève ou combien la récompense en valait la peine les aidera également à se construire de meilleurs souvenirs par rapport à la douleur.

Comportements parentaux à éviter

Parfois, malgré de bonnes intentions, les parents adoptent exagérément des comportements qui sont associés à une plus grande détresse relativement à la douleur. Les parents et les personnes qui s’occupent des enfants doivent essayer d’être attentifs à ces comportements et en limiter l’usage :

  • Rassurer votre enfant en disant, par exemple, « Tout va bien » ou « Tu n’as rien à craindre » lorsque votre enfant est visiblement en détresse ou avant qu’il ne le devienne. Cela peut le perturber et augmenter sa détresse, ou cela peut faire croire à l’enfant que quelque chose d’effrayant est sur le point de se produire, car les parents ne rassurent habituellement pas leur enfant quand tout va bien.
  • Critiquer la réaction de votre enfant face à la douleur. Si le parent dit des choses comme « Ton frère n’a pas pleuré après avoir reçu sa piqûre » ou « Les grandes filles ne pleurent pas », l’enfant risque d’apprendre qu’il est inacceptable d’exprimer la douleur lorsqu’il la ressent, ce qui augmente la détresse et la douleur futures.
  • S’excuser pour la douleur ressentie par votre enfant. S’excuser pour la douleur subie par votre enfant quand vous n’êtes pas la personne qui l’a causée peut le désorienter. Cela peut également lui donner l’impression que sa douleur a causé de la détresse chez vous, ce qui peut augmenter sa propre détresse.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour en savoir plus sur l’évaluation et le traitement de la douleur aiguë, rendez-vous sur le portail d’AboutKidsHealth, une ressource éducative sur la santé, destinée aux enfants et aux adolescents, et aux personnes qui s’en occupent, approuvée par l’Hospital for Sick Children (https://www.aboutkidshealth.ca/pain). En plus de décrire les stratégies psychologiques que nous avons mentionnées dans la présente fiche, cette ressource fournit des fiches d’information adaptées aux parents et aux patients, qui décrivent des approches physiques (comme l’utilisation d’odeurs et de sons ou de massages) et pharmacologiques (comme l’acétaminophène, de l’eau sucrée ou de la crème anesthésiante) à utiliser, et qui renforcent souvent les stratégies psychologiques.

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, vous pouvez consulter un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les sites Web des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Miranda Di Lorenzo, Shaylea Badovinac et la Dre Rebecca Pillai Riddell, de l’Université York.

Date : 24 novembre 2020

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[1] Échelle des visages – révisé. © 2001, Association internationale pour l’étude de la douleur.


Série « La psychologie peut vous aider » : La schizophrénie

Qu’est-ce que la schizophrénie?

La schizophrénie est un trouble grave qui est lié à un éventail de problèmes de comportement et de pensée. Malgré certains mythes courants, la schizophrénie ne désigne pas des « personnalités multiples », mais plutôt une perte de contact avec la réalité. Les symptômes de la schizophrénie sont différents d’une personne à l’autre, et les symptômes, du moins dans leur forme la plus légère, ont tendance à durer longtemps et un traitement à long terme est généralement nécessaire. Cependant, pour de nombreuses personnes, il y a un espoir d’amélioration et de retour à une vie normale. Grâce à une combinaison de médicaments, de thérapie psychologique et de soutien social/familial, les personnes atteintes de schizophrénie peuvent bien fonctionner dans leur collectivité.

Quels sont les problèmes rencontrés par les personnes atteintes de schizophrénie?

  • Des difficultés à percevoir la réalité, comme des hallucinations (par exemple, voir ou entendre des choses qui ne sont pas réelles), des idées délirantes (par exemple, croire qu’une organisation complote pour vous faire du mal; penser que des messages spéciaux sont contenus dans les publicités) et des comportements bizarres (par exemple, tenir des propos étranges). C’est le genre de symptômes auxquels les gens associent souvent les « épisodes psychotiques » manifestées par les personnes atteintes de schizophrénie. Ces symptômes sont également parfois appelés symptômes « positifs » en référence à la présence d’expériences sensorielles inhabituelles qui dépassent l’expérience humaine typique.
  • Des difficultés sur le plan du comportement et des émotions, comme la réduction de l’expérience, l’émoussement des émotions, l’évitement d’autres personnes, la perte de motivation et la diminution du discours. Ces symptômes sont parfois appelés symptômes « négatifs » en référence à la réduction des expériences sociales et émotionnelles habituelles, ou à leur absence.
  • Des difficultés liées aux processus de pensée (appelés capacités cognitives), comme l’attention, la mémoire, la vitesse de traitement de l’information, la planification et la résolution de problèmes. Cela signifie que plusieurs activités quotidiennes, comme faire l’épicerie, apprendre de nouvelles compétences au travail ou suivre une conversation, peuvent être très difficiles à accomplir pour les personnes atteintes de schizophrénie.
  • Des difficultés sur le plan du fonctionnement social, comme de la difficulté à tisser et à entretenir des relations, ou à réussir à l’école ou au travail.

La schizophrénie n’est pas le seul trouble associé à la psychose. Par exemple, certaines personnes peuvent présenter des symptômes à la fois de trouble de l’humeur (comme la dépression ou le trouble bipolaire) et de schizophrénie, tandis que d’autres peuvent tout simplement manifester des symptômes psychotiques (p. ex., avoir des hallucinations). Les personnes souffrant de psychose risquent de développer une forme plus grave de leur trouble de santé mentale et devraient être encouragées à se faire traiter.

Quelle est la prévalence de la schizophrénie?

  • Environ 1 % de la population mondiale répond aux critères de diagnostic de la schizophrénie.
  • Les hommes sont plus susceptibles de recevoir un diagnostic de schizophrénie – le rapport hommes/femmes est de 1,4 pour 1.
  • Les symptômes apparaissent souvent à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte, et peuvent se manifester pendant de nombreuses années avant que le diagnostic de schizophrénie ne soit établi; en moyenne, chez les hommes, la maladie est diagnostiquée à un plus jeune âge – 22 ans pour les hommes et 27 ans pour les femmes.

Quels sont les facteurs de risque de schizophrénie?

La schizophrénie est causée par plusieurs facteurs, qui agissent souvent en combinaison :

  • L’hérédité– Le fait d’avoir un parent, une sœur ou un frère atteint de schizophrénie constitue un facteur de risque de développer la maladie. Cependant, cela ne signifie pas que l’on sera forcément atteint de schizophrénie; cela augmente simplement la probabilité d’en être atteint comparativement aux personnes dont aucun membre de la famille n’a reçu ce diagnostic.
  • L’environnement – De nombreux facteurs non liés aux antécédents familiaux peuvent affecter le développement du cerveau et le risque de schizophrénie. Par exemple, une mère souffrant d’une maladie grave ou ayant connu une longue période de malnutrition lorsqu’elle était enceinte, un faible poids à la naissance, une privation d’oxygène à la naissance et une maladie grave durant la petite enfance. En outre, il est possible que certaines expériences vécues dans l’environnement de la personne augmentent la probabilité que celle-ci développe des symptômes psychotiques (surtout si elles sont déjà plus à risque en raison de facteurs héréditaires ou de problèmes de développement). Les mauvais traitements subis durant l’enfance, le fait d’avoir vécu en zone de guerre et la pauvreté en sont des exemples.

Quels sont les traitements psychologiques offerts pour aider à traiter la schizophrénie?

Pendant longtemps, la schizophrénie était traitée dans de grands hôpitaux, où les patients étaient complètement retirés de la société. Depuis les années 1950, grâce à de nouveaux médicaments, beaucoup de personnes atteintes de schizophrénie peuvent vivre dans la collectivité et n’ont pas besoin d’être hospitalisées pendant de longues périodes. Bien que les médicaments antipsychotiques puissent être efficaces pour contrer les symptômes « positifs » (c.-à-d. hallucinations et délire), ils ont bien souvent peu d’effets sur les symptômes « négatifs » (c.-à-d. les expériences émotionnelles et la motivation) et les difficultés cognitives. De plus, beaucoup de gens ont du mal à suivre leur traitement en raison de ses multiples effets secondaires néfastes. Ils risquent donc de recommencer à éprouver des symptômes s’ils cessent de prendre leurs médicaments.

La recherche indique que le plan de traitement le plus efficace consiste en une combinaison de médicaments antipsychotiques et de thérapies psychologiques qui aident les gens à modifier leurs comportements dans la vie réelle. Grâce à la mise au point de traitements plus efficaces, les personnes atteintes de schizophrénie sont plus que jamais capables de fonctionner dans la société, même si certaines continuent de présenter des symptômes.

  • Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) – Un type de thérapie collaborative et active, qui se concentre sur les pensées et les croyances fondamentales de la personne, et sur les comportements qui sont liés à ces pensées. Avec la TCCp (une forme de TCC pour la psychose), la personne apprend à remettre en question et à réévaluer la source et la signification de ses hallucinations et de ses idées délirantes.
  • Rééducation cognitive – Vise à apprendre à la personne à améliorer ses capacités cognitives, comme l’attention, la mémoire, le raisonnement et le traitement de l’information. De nouvelles stratégies de résolution de problèmes sont apprises, et on s’efforce d’aider la personne à s’impliquer davantage dans des tâches stimulantes et exigeantes sur le plan cognitif dans le quotidien. Les thérapeutes jouent un rôle important dans le développement de nouvelles compétences et stratégies, tout en s’attaquant aux croyances fondamentales négatives sur les capacités cognitives.
  • Soutien familial– Fournit de l’information, du soutien et de nouvelles compétences relationnelles aux personnes touchées par la schizophrénie et aux membres de leur famille, de sorte que toute la famille puisse apprendre à mieux gérer ce trouble.
  • Formation en aptitudes sociales– Se concentre sur l’enseignement de stratégies adaptatives à utiliser dans le cadre des relations interpersonnelles et permet de mettre en pratique ces stratégies dans un groupe et dans la vie quotidienne.

Remarque importante au sujet de la stigmatisation

La schizophrénie est souvent mal comprise par le public. Ce trouble mental retient souvent l’attention des médias, mais, comme c’est le cas de nombreux reportages liés à la maladie mentale, bon nombre de faits sont retirés de leur contexte afin de divertir ou de créer un effet de choc. Par exemple, les articles et les reportages populaires sur des personnes atteintes de schizophrénie présentés dans les médias donnent souvent l’impression que ces personnes sont dangereuses ou violentes. En fait, les personnes atteintes de schizophrénie ne sont généralement pas dangereuses et présentent habituellement un risque plus élevé de se faire du mal (en raison du suicide) que de faire du mal aux autres. De plus, les personnes atteintes d’un trouble psychotique sont plus susceptibles d’être victimes de crimes violents que d’être elles-mêmes violentes.

Où puis-je obtenir plus d’information?

  • Surviving Schizophrenia: A Manual for Families, Patients, and Providers– par Torrey
  • The Family Intervention Guide to Mental Illness: Recognizing Symptoms and Getting Treatment– par Mueser et Morey
  • Société canadienne de schizophrénie : schizophrenia.ca
  • Association canadienne pour la santé mentale : cmha.ca

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/publicfr/Unpsychologue/societesprovinciales/.

Le présent feuillet d’information a été rédigé pour la Société canadienne de psychologie par les Drs Katherine Holshausen, St. Joseph’s Healthcare Hamilton et département de psychiatrie et de neuroscience du comportement, Université McMaster, et Christopher R. Bowie, programme Heads Up! (programme d’intervention précoce en psychose) – Kingston, et département de psychologie, Université Queen’s. 

Révision : mai 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

Société canadienne de psychologie
141, avenue Laurier Ouest, bureau 702
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Série « La psychologie peut vous aider » : Le suicide

Ce que tous les Canadiens doivent savoir sur le suicide

Quelques faits. Bien que les décès par suicide soient relativement rares, les pensées suicidaires sont, pour leur part, plus courantes. Il est beaucoup plus fréquent de penser au suicide et de se livrer à l’automutilation et à des comportements suicidaires. Lorsqu’ils se sentent accablés ou souffrent psychologiquement, les gens peuvent envisager le suicide à des degrés divers. Parfois, il s’agira de pensées suicidaires passives, comme souhaiter de ne pas se réveiller le matin ou espérer qu’un événement fatal se produise. Parfois, les idées suicidaires sont plus actives, et la personne pense à la façon dont elle mettra fin à ses jours. La présence de pensées suicidaires ne laisse pas nécessairement présager un passage à l’acte, mais, que les idées suicidaires soient passives ou actives, il faut les prendre au sérieux, car elles sont le signe que quelque chose ne va pas, à ce moment-là, dans la vie de cette personne. Au Canada, environ 4 000 personnes se suicident chaque année[i]. Ce chiffre ne représente probablement pas la réalité, car la mort par suicide est parfois classifiée à tort[ii] comme une blessure accidentelle ou le résultat d’une maladie chronique. De plus, ce chiffre ne comprend pas les décès des personnes en phase terminale qui obtiennent l’aide médicale à mourir (AMM).

Le risque de décès par suicide varie selon l’âge (augmente avec l’âge), le sexe (homme) et le groupe culturel. Les trois quarts des suicides sont commis par des hommes. La majorité des hommes et des femmes qui se suicident sont d’âge moyen. Au Canada, les taux de suicide les plus élevés se retrouvent chez les hommes d’âge moyen et d’âge mûr. Le suicide est la deuxième cause principale de décès chez les personnes de 15 à 34 ans[iii]. Selon les statistiques, les tentatives de suicide non fatales seraient plus nombreuses que les décès par suicide dans une proportion de 10 à 20:1[iv].

Chez qui le risque de suicide est-il le plus élevé? Plusieurs facteurs peuvent mener au suicide. Généralement, les personnes qui pensent au suicide ou meurent par suicide sont en proie à une grande souffrance psychologique[v], qui peut se traduire par du désespoir, de l’impuissance, de la solitude, de la tristesse, de la colère, de la culpabilité ou de la honte, ou une absence de sens[vi]. Les comportements passés ont tendance à prédire les comportements futurs; l’un des plus grands facteurs de risque de décès par suicide est le fait d’avoir tenté, dans le passé, de mettre fin à ses jours. Les études montrent que le suicide a tendance à être plus fréquent chez les personnes qui souffrent d’un ou de plusieurs troubles de santé mentale, principalement les troubles de l’humeur (comme le trouble dépressif majeur ou le trouble bipolaire), les troubles psychotiques (comme la schizophrénie), les problèmes de consommation d’alcool ou de drogue et les troubles de la personnalité[vii]. Le risque de suicide semble plus élevé chez les malades chroniques dont la maladie restreint le fonctionnement quotidien[viii], mais, généralement, le suicide se produit lorsqu’un trouble de l’humeur ou un autre trouble de santé mentale s’ajoute à la maladie chronique. On estime qu’environ 90 pour cent des personnes qui se suicident ont un trouble mental, mais la plupart des gens qui souffrent d’un trouble de santé mentale ne meurent pas par suicide[ix]. En outre, bien que la dépression et le risque de suicide aillent souvent de pair, les personnes qui se suicident ne sont pas toutes dépressives, et les personnes dépressives ne pensent pas toutes au suicide. Néanmoins, lorsqu’une personne est dépressive, il est important de chercher à savoir si elle a des pensées suicidaires. Pour en savoir plus sur troubles mentaux, rendez-vous à la page https://cpa.ca/fr/lapsychologiepeutvousaider/.

Quels sont les signes à surveiller si vous craignez qu’une personne pense au suicide? Certains signes peuvent indiquer qu’une personne est suicidaire : parler de suicide et de la mort, s’intéresser aux façons de se suicider ou rassembler des objets pour se faire du mal ou se suicider, se préparer à la mort en rédigeant un testament ou en donnant des objets personnels ayant une grande valeur, avoir déjà fait une tentative de suicide et avoir vécu récemment ou redouter de vivre une perte personnelle importante. Les autres indices qui laissent croire qu’une personne pense au suicide ressemblent aux signes de dépression. Il s’agit, notamment de : modification de l’appétit et des habitudes de sommeil, isolement, changements émotionnels extrêmes, émoussement de l’expression des émotions ou perte d’intérêt pour les activités habituelles, en particulier celles qui procuraient auparavant du plaisir, et apparence et hygiène personnelle négligées. On peut également remarquer une augmentation de la consommation d’alcool ou de drogue, ainsi que des comportements étranges ou dangereux. Comme il est mentionné ci-dessus, bien que la dépression soit un facteur qui augmente le risque de suicide, la majorité des personnes qui souffrent de dépression ne se suicident pas. Parfois, les gens sont les plus à risque de se suicider quand leur dépression s’atténue et qu’ils semblent aller mieux. Le risque de suicide peut être extrêmement élevé lorsque la personne sort d’un épisode dépressif, surtout si son énergie revient, mais que ses idées suicidaires restent fortes. Certaines personnes réussissent à faire croire qu’elles vont bien même si ce n’est pas le cas; il peut s’avérer essentiel de les soutenir et d’examiner avec elles leurs pensées et leurs sentiments face à la vie.

Comment parler du suicide? Le fait de demander à une personne si elle pense au suicide ne fera pas d’elle une personne suicidaire. Il est préférable d’aller droit au but et de dire que vous avez remarqué des changements chez elle ou des signes montrant qu’elle souffre ou qu’elle a besoin d’aide, que vous êtes inquiet ou préoccupé par son état, et que vous voulez l’aider. Si elle avoue être triste ou désespérée, demandez-lui directement si elle a pensé à se faire du mal ou à se tuer. Écoutez, ne jugez pas, et n’essayez pas de résoudre ses problèmes. Il se peut que vous ne compreniez pas comment ou pourquoi cette personne se sent ainsi, mais vous devez accepter le fait qu’elle souffre et qu’elle a besoin d’aide. N’essayez pas de la convaincre que sa façon de voir le monde ou que les gestes qu’elle envisage de poser sont mauvais ou irrationnels. Si quelqu’un songe au suicide et vous le confie, ne promettez jamais de ne pas divulguer cette information. Une personne qui a des pensées suicidaires est une personne qui a besoin d’aide, et vous aurez peut-être besoin d’en parler à d’autres personnes pour lui trouver de l’aide[x].

Comment obtenir de l’aide si je pense au suicide ou si l’un de mes proches a des pensées suicidaires? Il existe du soutien et des services efficaces pour aider les gens à faire face à leur détresse psychologique et à se remettre d’un trouble de santé mentale. Il est très important d’aider une personne en détresse à trouver de l’aide, car, dans les faits, moins de la moitié des personnes qui ont des problèmes psychologiques reçoivent l’aide dont elles ont besoin. Parfois, la stigmatisation associée aux troubles mentaux décourage les gens à demander et à recevoir de l’aide. Les services de santé mentale ne sont pas toujours financés par le régime public d’assurance-maladie; il peut donc être difficile pour les gens d’obtenir l’aide dont ils ont besoin. Gardez à l’esprit que, lorsque vous aidez un être cher, votre rôle n’est pas de résoudre ses problèmes, de le guérir ou de faire disparaître sa douleur. Aider ne signifie pas que vous êtes personnellement responsable de la sécurité de la personne suicidaire ou que vous avez la responsabilité de faire cesser ses idées suicidaires ou de l’empêcher de passer à l’acte. Cela signifie écouter, montrer de l’empathie, soutenir et aider la personne à obtenir l’aide psychologique dont elle a besoin, au moment et à l’endroit où elle en a besoin. Cela signifie parfois défendre ses intérêts. Il peut être intimidant, particulièrement pour une personne en détresse, de naviguer à travers un système de santé complexe. Dans certains cas, il sera très important de l’aider à faire des appels et à prendre des rendez-vous, et d’agir comme son représentant, pour obtenir l’aide dont elle a besoin au moment opportun.

Que faire si la situation est urgente? Les idées suicidaires représentent parfois une urgence médicale, qui doit être traitée de la même façon que toute autre situation de crise. Ne tenez pas pour acquis qu’une personne qui pense au suicide ou qui en parle n’est pas sérieuse, qu’elle dramatise ou que ses idées suicidaires disparaîtront d’elles-mêmes, tout simplement – c’est rarement le cas. Il n’y a pas de place pour l’« attente prudente ». Si vous, ou une personne de votre entourage pensez au suicide, que vos idées suicidaires ne vous quittent pas, que vous avez envie de passer à l’acte, que vous planifiez comment le faire ou avez accès à des moyens pour mettre fin à vos jours, il vous faut de l’aide immédiatement! Appelez le 911, rendez-vous à l’urgence de l’hôpital le plus près ou dans une clinique de soins d’urgence, ou appelez une ligne d’écoute téléphonique ou un centre de crise. Vous pouvez joindre les Services de crises du Canada au 1-833-456-4566. L’Association canadienne pour la prévention du suicide tient un répertoire des lignes d’écoute téléphonique de partout au Canada https://suicideprevention.ca/Need-Help.

Où puis-je obtenir de l’aide psychologique? Si la situation n’est pas urgente, mais que vous ou la personne pour laquelle vous êtes inquiet êtes en détresse, il existe de l’aide. La recherche montre que les traitements psychologiques donnent des résultats chez les personnes qui souffrent d’un trouble de santé mentale et peuvent réduire ou faire disparaître les pensées suicidaires, ou empêcher un comportement suicidaire. Les associations de psychologues des provinces et des territoires offrent des services d’aiguillage, qui vous permettent de trouver un psychologue dans votre région https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/. Pour savoir à quoi vous attendre lorsque vous consultez un psychologue, rendez-vous à l’adresse suivante : https://cpa.ca/fr/public/.

Il existe d’autres possibilités pour obtenir de l’aide; vous pouvez, notamment, parler de vos préoccupations à votre médecin de famille, à une équipe de soins de santé primaire ou à un centre de santé communautaire. Certains fournisseurs de soins de santé primaire, comme les médecins de famille, peuvent être en mesure de vous offrir de l’aide directement ou de vous référer à un fournisseur de soins de santé ou à un programme qui se spécialise en santé mentale. Si la personne en crise est un étudiant, l’école ou l’université qu’il fréquente a peut-être parmi son personnel des intervenants en santé mentale. L’Association canadienne pour la santé mentale peut également être une source d’information et de soutien utile. Lorsque vous décidez d’aller chercher de l’aide psychologique, il est toujours sage de rechercher les services d’un fournisseur de soins de santé mentale membre d’une profession réglementée (comme un psychologue ou un psychiatre) pour vous assurer que le problème de santé mentale dont vous souffrez est bien évalué et correctement diagnostiqué. Les problèmes de santé mentale, les troubles mentaux, ainsi que leur traitement, ne sont pas tous les mêmes. Les fournisseurs de soins de santé n’ont pas tous l’expertise nécessaire pour évaluer et traiter un trouble mental. Pour vous assurer de recevoir les bons soins, il est essentiel que l’évaluation et le diagnostic soient précis.

Ressources supplémentaires

RESSOURCES CANADIENNES :

Commission de la santé mentale du Canada https://www.mentalhealthcommission.ca/Francais/what-we-do/prevention-du-suicide

Services aux autochtones Canada
https://www.sac-isc.gc.ca/fra/1576089278958/1576089333975

Anciens Combattants Canada
https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

Société pour les troubles de l’humeur du Canada (STHC) http://www.troubleshumeur.ca/index.php/

Association canadienne pour la prévention du suicide (ACPS) http://www.mentalhealthcommission.ca/Francais/issues/suicide-prevention :
Vidéo : Let’s Talk about Suicide – http://vimeo.com/98177990

Coalition canadienne pour la santé mentale des personnes âgées (CCSMPA) http://www.ccsmh.ca/en/projects/suicideAssessment.cfm
http://www.ccsmh.ca/en/booklet/index.cfm

Association canadienne pour la santé mentale (ACSM)
http://www.cmha.ca/fr/sante-mentale/comprendre-la-maladie-mentale/le-suicide/
The Canadian Mental Health Association (CMHA)

The Centre for Suicide Prevention
http://suicideinfo.ca/

RESSOURCES AMÉRICAINES :

Suicide Prevention Resource Center
http://www.sprc.org/

The American Association of Suicidology (AAS)
http://www.suicidology.org/home

The American Foundation for Suicide Prevention (AFSP)
http://afsp.org

American Psychological Association (APA)
http://www.apa.org/topics/suicide/index.aspx

U.S. Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA)
http://www.samhsa.gov/prevention/suicide.aspx

RESSOURCES INTERNATIONALES

Association internationale pour la prévention du suicide (IAPS)
http://www.iasp.info/

Organisation mondiale de la santé (OMS) http://www.who.int/mental_health/prevention/suicide/suicideprevent/fr/

Où puis-je obtenir plus d’information?

Associations provinciales de psychologues : https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

Fondation de psychologie du Canada : http://www.psychologyfoundation.org

American Psychological Association (APA): http://www.apa.org/helpcenter

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales, et certaines associations municipales offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

Le présent feuillet d’information a été rédigé pour la Société canadienne de psychologie par la Dre Karen R. Cohen (Société canadienne de psychologie) et le Dr Marnin Heisel (Université Western).

Mars 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca

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[i] http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l01/cst01/hlth66a-fra.htm

[ii] http://www.med.uottawa.ca/sim/data/Suicide_e.htm, http://www.apa.org/monitor/2012/12/suicide.aspx

[iii] http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/lcd-pcd97/table1-fra.php

[v] Shneidman, E. S. (1993). Suicide as psychache (commentary). The Journal of Nervous and Mental Disease, 181(3), 145-147.

[vi] http://suicideprevention.ca/understanding/why-do-people-suicide/

[vii] Bertolote JM, Fleischmann A, De Leo D et Wasserman D. (2004) Psychiatric diagnoses and suicide: revisiting the evidence. Crisis, 25(4), 147-155.

[viii] Kaplan, M.S., McFarland, B. H., Huguet, M.S. et Newsom, J.T. (2007). Physical Illness, Functional Limitations, and Suicide Risk: A Population-Based Study. American Journal of Orthopsychiatry, 77(1), 56-60.

[ix] http://depts.washington.edu/mhreport/facts_suicide.php

[x] Pour en savoir plus sur la prévention du suicide et pour apprendre comment parler du suicide, rendez-vous sur le site Web suivant : http://www.helpguide.org/mental/suicide_prevention.htm.

Série « La psychologie peut vous aider » : Le perfectionnisme

Qu’est-ce que le perfectionnisme?

Le perfectionnisme est un style de personnalité multidimensionnel associé à un grand nombre de difficultés sur le plan psychologique et interpersonnel et sur le plan de la réussite scolaire ou professionnelle.

Il ne s’agit pas d’un trouble, mais plutôt d’un facteur de vulnérabilité qui engendre des problèmes chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte. Les gens confondent souvent le perfectionnisme avec la poursuite du succès ou le caractère consciencieux.

Le perfectionnisme se distingue de ces attitudes. C’est un modèle de comportement inadéquat, qui peut entraîner un grand nombre de problèmes. La poursuite du succès ou l’attitude consciencieuse impliquent des attentes appropriées et tangibles (souvent des objectifs très difficiles, mais réalisables) et produisent un sentiment de satisfaction et une récompense.

Le perfectionnisme, en revanche, est associé à des attentes et des objectifs inappropriés et non tangibles (c.-à-d. la perfection) et une insatisfaction constante, peu importe le résultat.

Le perfectionnisme est une source chronique de stress, qui donne à la personne le sentiment d’être une ratée même lorsque les autres voient le contraire. Les perfectionnistes exigent d’eux-mêmes d’être parfaits. Les exigences élevées et constantes qu’ils s’imposent sont une source de stress et de pression et contribuent au développement de mécanismes d’adaptation inappropriés.

Les dimensions du perfectionnisme

Le perfectionnisme comporte trois composantes principales : les traits de personnalité, les comportements interpersonnels et les pensées perfectionnistes relatives aux erreurs, aux attentes, aux échecs et à l’autocritique.

Les traits de personnalité de la personne perfectionniste sont des caractéristiques durables de la personnalité qui traduisent le besoin d’être parfait :

  • Le perfectionnisme orienté vers soi est un type de perfectionnisme où la personne exige d’elle-même la perfection.
  • Le perfectionnisme vers autrui est un type de perfectionnisme où la personne exige des autres (p. ex., conjoint, enfants et autres personnes en général) qu’ils soient parfaits.
  • Le perfectionnisme socialement prescrit est un type de perfectionnisme où la personne a l’impression que les autres (p. ex., parents, patron et autres personnes en général) exigent qu’elle soit parfaite.

Les comportements perfectionnistes sont des comportements qui visent à se montrer parfait ou à paraître parfait aux yeux des autres :

  • Présentation de soi comme une personne parfaite : le perfectionniste affiche sa propre perfection devant autrui.
  • Dissimulation de l’imperfection : le perfectionniste évite ou dissimule tout comportement qui pourrait être jugé par d’autres comme étant imparfait.
  • Non-divulgation de l’imperfection : le perfectionniste évite de révéler verbalement les situations où il a été imparfait.

Enfin, les personnes perfectionnistes entretiennent souvent des pensées négatives centrées sur le besoin d’être ou de paraître parfaites, accompagnées d’une autocritique sévère; elles craignent l’erreur et se font constamment des reproches.

Problèmes associés au perfectionnisme

Les traits de personnalité, les comportements et les pensées perfectionnistes ont plusieurs conséquences négatives pour les personnes perfectionnistes, qu’il s’agisse d’enfants, d’adolescents et d’adultes. Voici quelques problèmes associés au perfectionnisme :

Problèmes psychologiques/psychiatriques

  • Anorexie mentale, anxiété, troubles de l’alimentation et hyperphagie boulimique, dépression, idées suicidaires et tentatives de suicide.

Problèmes relationnels

  • Manque de compassion envers autrui et tendance à se sentir responsable de satisfaire les besoins des autres au détriment des siens, faible satisfaction conjugale, insatisfaction sexuelle et colère excessive envers autrui, isolement social, relations intimes difficiles, solitude et détresse sociale (c.-à-d. être pessimiste quant aux relations futures).

Problèmes de santé physique

  • Augmentation prolongée des réactions de stress, problèmes de sommeil, maux de tête chroniques, effets cardio-vasculaires et décès précoce.

Problèmes en lien avec la pression de la réussite

  • Dépendance au travail, épuisement professionnel, peur de l’échec, procrastination et handicap intentionnel (c.-à-d. la personne consacre son temps à trouver des excuses pour expliquer son échec plutôt que de se mettre en condition pour réussir).

Problèmes nuisant au traitement

  • Attitudes négatives à l’égard de la demande d’aide auprès de professionnels, difficultés à révéler des renseignements personnels qui ont un impact négatif sur le traitement, incapacité à s’investir dans le traitement.

Comment la psychologie peut-elle aider?

Parce que le perfectionnisme est un style de personnalité enraciné, la psychothérapie est très utile; elle a souvent tendance à être assez intensive et à être une démarche à long terme (souvent plus d’un an).

Des recherches récentes montrent que la thérapie individuelle et la thérapie de groupe sont toutes les deux efficaces pour traiter le perfectionnisme et ses complications. Il existe des preuves prometteuses indiquant que la thérapie de groupe dynamique-relationnelle, la thérapie de groupe psychodynamique/interpersonnelle et la thérapie de groupe cognitivo-comportementale et individuelle sont efficaces pour réduire le perfectionnisme et ses difficultés connexes.

Plusieurs études canadiennes en cours se concentrent sur l’amélioration des approches thérapeutiques actuelles et l’évaluation de l’efficacité des traitements utilisés chez les enfants, les adolescents et les adultes.

Où puis-je obtenir plus d’information sur le perfectionnisme?

Pour plus d’informations, consultez le site suivant :

  • Foire aux questions du Perfectionism and Psychopathology Lab, https://hewittlab.psych.ubc.ca/faq-2/
  • Hewitt, P. L., Flett, G. L. et Mikail, S. F. (2017). Perfectionism: A relational approach to conceptualization, assessment, and treatment. New York : Guilford.
  • Greenspon, T. (2002) Freeing our families from perfectionism. Minneapolis : Free Spirit.
  • Egan, Sarah J., Tracey D. Wade, Roz Shafran et Martin M. Antony. Cognitive-behavioral treatment of perfectionism. Guilford Publications, 2016.

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse http://www.cpa.ca/publicfr/Unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par le Dr Paul L. Hewitt, Mme Sabrina Ge de l’Université de la Colombie-Britannique et le Dr Gordon L. Flett de l’Université York.

Révision : mars 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : Le racisme

Qu’est-ce que le racisme? Que pouvons-nous faire pour y mettre fin?

Le racisme est une combinaison de pensée stéréotypée, de sentiments négatifs et haineux et d’actes discriminatoires ciblant des individus ou des groupes d’individus considérés comme intrinsèquement inférieurs, plutôt déviants socialement et méritant un statut inférieur dans la société. Même si tous les humains sont susceptibles d’entretenir des stéréotypes et des préjugés à l’égard d’autres groupes, le racisme devient un problème grave lorsqu’un groupe, ou les membres de ce groupe ont la capacité d’agir en se fondant sur ces points de vue et sur la valeur qu’ils attribuent aux autres.

  • Le racisme est un phénomène de catégorisation sociale et un système de comportements profondément enracinés dans l’histoire de la colonisation et de l’esclavage. La construction d’une hiérarchie raciale par les puissances coloniales continue de favoriser les personnes qui détiennent le pouvoir en maintenant leur domination sociale, économique et politique.
  • Les groupes qui deviennent les cibles du racisme ont généralement des caractéristiques physiques distinctes, comme la couleur de la peau, les traits du visage et la forme du corps. Historiquement, en Amérique du Nord et dans d’autres pays occidentaux, il s’agit surtout de personnes au teint foncé, qui constituent une minorité et qui sont défavorisées sur le plan socio-économique en raison du racisme systémique (p. ex., les personnes autochtones, noires et de couleur [PANDC]). Dans la présente fiche d’information, nous nous concentrons sur le racisme, mais nous reconnaissons que le racisme coexiste avec le sexisme, l’homophobie et la transphobie, le classisme, le capacitisme, etc.

Le racisme individuel renvoie au racisme intériorisé, qui existe à l’intérieur de la personne. Les sentiments, les paroles et les actes anti-Noirs, anti-Autochtones et anti-Asiatiques en sont des exemples. Le fait de croire que certains groupes sont intrinsèquement inférieurs à d’autres est un exemple de racisme individuel. Dans certains cas, les gens peuvent cautionner le racisme ouvertement ou de manière plus subtile, ce qu’on appelle aussi microagression.

Le racisme systémique fait référence aux pratiques déloyales et au traitement inéquitable des groupes touchés, soit en raison de la légitimation institutionnelle ou par la voie d’un consensus général et de pratiques informelles en usage depuis longtemps au sein des groupes majoritaires et privilégiés. En Amérique du Nord, le racisme systémique est le ciment sur lequel s’appuie la suprématie blanche pour opprimer et exploiter les minorités racialisées. Voici quelques-uns des nombreux exemples de racisme systémique, qui ont jalonné l’histoire du Canada :

  • Du 17eau 19e siècle, 200 ans d’esclavage, où les populations noires et autochtones étaient les principaux peuples asservis.
  • La Loi sur les Indiens de 1876 a pratiquement fait des peuples autochtones des pupilles de l’État. Entre 1894 et 1996, la politique canadienne exigeait que les enfants autochtones soient retirés de leur famille et placés dans des pensionnats gérés par des prêtres et des religieuses catholiques. Ces enfants ont été forcés d’abandonner leurs traditions culturelles, y compris leur langue.
  • 1885 : la Loi de l’immigration chinoise obligeait les immigrants chinois à payer un impôt très élevé pour venir au Canada, alors que les immigrants européens n’étaient pas tenus de payer cet impôt.

On a tendance à considérer le racisme comme une affaire de « bonnes » personnes vis-à-vis de « mauvaises » personnes, ce qui amène souvent les Blancs à chercher à se positionner comme les « bonnes personnes », car ils pensent avoir de bonnes intentions, et ne peuvent donc pas être racistes. De là naît un schéma de pensée, qui empêche d’examiner ses propres attitudes et comportements racistes. Ainsi, les PANDC peuvent être confrontées à des réactions extrêmement défensives, et parfois agressives, niant le comportement raciste. Cette dynamique sert à maintenir la suprématie blanche en muselant les PANDC et en les empêchant de parler du racisme qu’ils subissent.

Qu’est-ce que la psychologie du racisme?

Le racisme englobe : i) Les stéréotypes sociaux; les pensées généralisées; ii) les préjugés; les attitudes négatives et les émotions négatives; iii) la discrimination; les comportements injustes et inéquitables à l’égard des individus en raison de leur appartenance à un groupe.

Stéréotypes sociaux et jugements biaisés

  • L’esprit humain a comme caractéristique fondamentale de diviser le monde social en deux catégories : les gens qui me ressemblent (intragroupe) et les gens qui ne me ressemblent pas (hors-groupe). Cette idée de similarité et de dissimilarité avec autrui peut être fondée sur des critères bien visibles, comme la couleur de la peau, le sexe, l’âge, la langue, ou sur des critères qui ne sont pas aussi visibles, comme le système de croyances, la religion, la culture ou l’origine ethnique.
  • En raison de la fréquence et de l’habitude des interactions avec les membres de l’intragroupe, on peut identifier et distinguer les membres de l’intragroupe avec une relative facilité. En revanche, la relativement faible familiarité avec les membres hors-groupe est associée à une propension à percevoir et à juger l’hors-groupe comme un tout. Cela engendre des stéréotypes sociaux ou des pensées généralisées sur les hors-groupes, du genre « les Autochtones sont des alcooliques» ou « les Noirs sont des criminels ».
  • Cette propension à percevoir l’hors-groupe comme un tout est associée à l’effet de similitude. Cela peut expliquer en partie pourquoi les policiers sont susceptibles de commettre des erreurs lorsqu’il s’agit d’identifier des personnes appartenant aux « hors-groupes » qu’ils connaissent peu. Lorsqu’une erreur de jugement de ce genre se produit dans le contexte du racisme systémique, des conséquences négatives graves peuvent s’ensuivre, par exemple, des situations où un policier appréhenderait non seulement la mauvaise personne, mais ferait preuve, en plus, de brutalité à l’égard de celle-ci si elle est membre d’une communauté PANDC.
  • Le terme parti pris implicite renvoie au fait d’avoir une vision stéréotypée d’une catégorie de personnes sans en être conscient. Cependant, certaines situations peuvent entraîner un parti pris implicite sans qu’on en ait conscience, déclenchant dès lors une réponse comportementale partiale, par exemple, des insultes raciales involontaires ou le traitement injuste non intentionnel de la part des personnes appartenant aux communautés PANDC.

Préjugés et sentiments de haine

  • Lorsqu’ils s’accompagnent d’attitudes et d’émotions négatives, comme la colère, la haine, l’irritabilité et la peur, les stéréotypes négatifs à l’endroit d’une catégorie de personnes deviennent des préjugés.
  • Les préjugés peuvent également sembler « positifs », mais les attitudes qu’ils dénotent sont paternalistes, condescendantes et normatives; par exemple, «Tu devrais être attentionné et aimable. Tu es un Philippin », ou « Tu devrais être bon en mathématiques. Tu es Chinois ».
  • Les préjugés peuvent se traduire par un sentiment de malaise, d’irritabilité, de colère, de pitié et de dégoût envers les membres de groupes racialisés, ethniques et culturels minoritaires et par le refus de s’associer avec eux. Cependant, le préjugé peut s’accompagner du refus de reconnaître, par la personne qui l’entretient, cette attitude émotionnelle négative.
  • Lorsque les membres d’une minorité se conduisent bien et suivent les règles, ils sont considérés de manière impartiale. Toutefois, lorsque les membres d’une minorité dévient de la norme, violent une loi, ont un rendement inférieur à celui attendu ou donnent une rétroaction ou une évaluation négatives, la réaction du membre du groupe privilégié est parfois plus prompte et plus sévère. Par exemple, si un professeur noir donne de bonnes notes et des commentaires favorables aux étudiants, il est considéré au même titre que son collègue de la majorité blanche européenne. Cependant, si les deux professeurs donnent de mauvaises notes et des commentaires négatifs aux étudiants, le professeur noir sera probablement évalué plus sévèrement par ses étudiants que son collègue blanc européen.
  • Les préjugés ont un impact négatif sur la personne qui en est l’objet et peuvent conduire à des sentiments et des comportements réciproques. Ainsi, si une personne n’aime pas une autre personne ou fait preuve de discrimination à son endroit, ces attitudes et ces comportements se retournent contre elle. Les personnes qui expriment des préjugés et qui se livrent à des pratiques discriminatoires ne peuvent pas s’attendre à être aimées ou acceptées par celles qui sont exclues. Par conséquent, les individus qui sont régulièrement exclus du fait de préjugés systémiques ou individuels sont susceptibles de se venger de ceux qui sont à l’origine de ces préjugés.

Discrimination : traitement injuste et inéquitable

  • La discrimination est une action qui a pour effet de traiter les individus différemment, et à leur désavantage, en fonction de leur appartenance à un groupe.
  • Les actes discriminatoires peuvent avoir de graves répercussions, par exemple, si un médecin passe moins de temps avec un membre d’une minorité racialisée, ou ne prend pas au sérieux la gravité de ses symptômes ou interprète mal les symptômes et refuse de prodiguer les soins nécessaires. Cet acte discriminatoire peut être intentionnel ou non, mais ses conséquences peuvent être graves.
  • La discrimination est parfois subtile et souvent non verbale. Par exemple, un caissier de banque pourrait accueillir les membres de son intragroupe avec une courtoisie particulière, avec le sourire, et en leur offrant une aide supplémentaire, mais pourrait avoir une attitude très formelle et axée sur les tâches sans être particulièrement courtois ou affable avec les membres du groupe minoritaire racialisé. Faire des salutations peu enthousiastes ou ignorer les salutations des gens, montrer des signes de désintérêt pendant les interactions ou s’abstenir d’offrir de l’aide lorsque le besoin est manifeste, être prompt à signaler d’une voix forte une violation mineure de certaines normes (par exemple, « Hé, vous ne pouvez pas vous asseoir là. C’est pour les aînés seulement») sont d’autres exemples de comportements discriminatoires.
  • Des pratiques discriminatoires sont souvent observées dans les milieux de travail. Cela peut commencer par la préférence accordée à la sélection de candidats issus de groupes privilégiés, ce qui fait en sorte que moins de membres de minorités racialisées sont convoqués en entrevue. Pendant l’entrevue, la discrimination est manifeste lorsque l’employeur consacre moins de temps à la procédure d’embauche et montre des signes de malaise ou un manque d’intérêt. En outre, le candidat minoritaire racialisé se fera probablement offrir un salaire de départ inférieur, ce qui contribuera à des écarts de salaire qui s’ajoutent aux disparités sur le plan des richesses accumulées pour maintenir la suprématie des Blancs. La discrimination est susceptible de se poursuivre sous la forme d’évaluations du rendement biaisées et de l’absence de promotions malgré les qualifications de l’employé. Cela met en évidence l’importance du déséquilibre des pouvoirs entre les groupes. En d’autres termes, les évaluations négatives des autres sont possibles lorsqu’un groupe est capable d’agir sur la base des stéréotypes négatifs et des préjugés qu’il entretient à l’égard d’un autre groupe.
  • Il en résulte une « mosaïque verticale » dans laquelle, aux postes de direction de la plupart des organisations, nous voyons des individus appartenant au groupe privilégié, notamment des personnes d’origine blanche européenne. Au bas de la hiérarchie de l’emploi, où figurent les emplois manuels peu rémunérés, comme l’entretien ménager et le lavage de vaisselle, nous observons une surreprésentation des groupes minoritaires racialisés. Cela conduit à des disparités économiques. Par exemple, en 2016, le taux de chômage était plus élevé chez les Canadiens noirs que chez les Canadiens non issus d’une minorité visible (12,5 % vs 7,3 %). De plus, le revenu moyen des Canadiens noirs était nettement inférieur à celui des Canadiens qui n’appartenaient pas à une minorité visible (35 310 $ vs 50 225 $).
  • La discrimination s’observe également dans le système judiciaire et le système de placement familial. Tandis que les peuples autochtones ne représentent que 3,8 % de la population totale, 23,2 % de l’ensemble des personnes incarcérées et 52 % des enfants en famille d’accueil sont autochtones.
  • La discrimination a des répercussions négatives sur la santé physique et mentale de la personne qui la subit. Beaucoup des données solides et cohérentes indiquent que le racisme autodéclaré est associé à des problèmes de santé physique comme l’hypertension, les maladies cardiaques et l’obésité. Il se manifeste également par l’augmentation des maladies mentales comme la dépression, l’anxiété, la détresse et la toxicomanie. Les répercussions négatives du racisme sur la santé physique et mentale s’observent chez les hommes et les femmes de tous les groupes ethniques, y compris les Noirs, les Autochtones, les Latinos, les Asiatiques et les Blancs de tous les groupes d’âge (c.-à-d. adolescents, étudiants universitaires et adultes).

Comment apprendre à vivre ensemble et sans racisme?

La démarche à adopter pour combattre le racisme individuel et systémique doit s’effectuer à l’échelle individuelle et à l’échelle gouvernementale, juridique et politique.

  • S’il n’est pas stoppé, le racisme risque de s’aggraver. Les génocides, par exemple, ne se déclenchent pas du jour au lendemain. Il est donc important de combattre le racisme dès qu’il se manifeste, même dans ses formes les plus légères et subtiles, chez les gens ou dans les médias sociaux. Il faut immédiatement confronter et combattre les signes et les symboles d’oppression et de harcèlement à caractère racial qui s’expriment à une moindre échelle, comme les farces, le vandalisme, les insultes raciales et les blagues racistes. Les individus, par exemple, pourraient confronter leurs amis et leurs proches, et répondre aux messages négatifs qu’ils publient sur les médias sociaux.
  • Le poids de la sensibilisation et de la prévention des actes haineux motivés par les préjugés et de la discrimination ne doit pas reposer uniquement sur les épaules des groupes minoritaires racialisés. Au lieu de cela, les membres de la majorité qui ont hérité, et donc bénéficié des systèmes de pouvoir fondés sur la suprématie raciale, ont la responsabilité de réparer les torts et d’instaurer la justice. Ils doivent agir pour devenir de véritables partenaires du changement. Il s’instaurera ainsi la confiance entre groupes majoritaires et minoritaires, ce qui favorisera la motivation des groupes minoritaires racialisés à travailler avec les partenaires majoritaires. Pour les groupes majoritaires et minoritaires, il est essentiel de travailler ensemble pour transformer la société.
  • Le principe psychologique selon lequel la familiarité et la similitude créent des liens peut être mis en œuvre en donnant l’occasion aux gens d’augmenter leurs interactions avec l’« autre », dissemblable. Cela leur permettrait de découvrir des similitudes fondamentales pour renforcer le sentiment de familiarité générale tout en comprenant les différences culturelles. À l’école, on pourrait, par exemple, concevoir des plans de cours pour les jeunes enfants, mettant l’accent sur l’exploration des similitudes et la compréhension et l’appréciation des différences entre les enfants.
  • Les activités et les événements communautaires doivent inclure TOUS les groupes culturels, et ce, à tous les échelons (organisation, représentation, participation). Les membres de la majorité privilégiée doivent y prendre part aux côtés des minorités raciales. Les programmes communautaires devraient viser à favoriser une coopération et des échanges fructueux entre les groupes majoritaires privilégiés et les groupes minoritaires racialisés, réunis autour d’un objectif commun.
  • Il a été démontré que les contacts entre personnes d’origines diverses améliorent l’acceptation réciproque de la différence. Toutefois, de tels contacts sont probablement plus efficaces s’ils sont volontaires, s’ils s’établissent entre des individus de statut à peu près égal et s’ils ont comme objectif de promouvoir l’inclusion et réduire la discrimination. Les conditions propices à ces contacts doivent être mises en place par le truchement de politiques et de programmes publics.
  • Toutes les institutions sociales (gouvernement, soins de santé, éducation, famille, etc.) doivent reconnaître les politiques et les comportements racistes tout en s’engageant activement à éliminer les discriminations passées. Il faut mettre en place des mesures et des approches qui favorisent l’équité, la diversité et l’inclusion. Cela se fera sur plusieurs plans : (1) formation continue, éducation et discussion; (2) se responsabiliser pour prévenir les actes racistes et s’attaquer au racisme quand celui-ci est pratiqué; (3) organiser nos institutions de telle manière qu’elles favorisent intrinsèquement la diversité et la justice sociale.
  • Nous devons soutenir les politiques et les programmes qui favorisent l’acceptation des gens tels qu’ils sont, et de ce qui compte le plus pour eux, comme leur patrimoine culturel et leur religion.
  • Le fait de nous responsabiliser quant à la manière dont la société a été structurée au profit des Blancs et aux comportements racistes, à l’échelle individuelle et institutionnelle, permettra de faire évoluer la société vers un vivre ensemble exempt de racisme.

Où puis-je obtenir plus d’information?

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Gira Bhatt (Université polytechnique Kwantlen), Saba Safdar (Université de Guelph), John Berry (Université Queen’s), Maya Yampolsky (Université Laval) et Randal Tonks (Collège Camosun).

Date : 12 octobre 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

Société canadienne de psychologie
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Série « La psychologie peut vous aider » : Pourquoi la culture est-elle importante dans le contexte de la COVID-19?

Les pandémies sont des systèmes dynamiques complexes qui évoluent et changent avec le temps sous l’influence d’un vaste ensemble de variables interreliées. Les contextes culturels, bien qu’ils aient tendance à changer plus lentement, sont tout aussi complexes. La recherche sur les processus culturels qui se déploient en situation de pandémie est donc pleine d’incertitudes. Néanmoins, grâce aux recherches menées pendant et après les épidémies précédentes et aux études qui ont été rapidement constituées pendant les premiers mois de la pandémie actuelle, les psychologues culturels et interculturels sont en mesure de formuler les premières hypothèses fondées sur des données probantes reliées aux dimensions culturelles de la COVID-19.

La psychologie culturelle/interculturelle contemporaine rejette l’idée que la biologie et la culture sont opposées. Le virus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SRAS-CoV-2) est directement biologique, tout comme la maladie qu’il provoque, la COVID-19. Néanmoins, le contexte culturel influence la façon dont les gens réagissent à cette menace, qu’il s’agisse de l’état de santé préexistant (et donc de la vulnérabilité), des conditions de vie, de la réaction des gens à la menace du virus ou des mesures prises pour le combattre.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, nous avons observé des variations culturelles concernant :

  • L’état de préparation à l’éclosion d’un virus engendrant une pandémie ou une catastrophe
  • Le taux de transmission
  • Les réponses comportementales (p. ex., port du masque, lavage des mains)
  • Les politiques officielles (p. ex., « distanciation physique »)
  • Le respect des politiques officielles

Bien que notre système immunitaire biologique soit essentiel lorsque nous sommes infectés par un virus, notre système immunitaire comportemental nous aide à nous protéger contre l’infection dès le départ. Il y arrive en nous aidant à détecter les signaux pathogènes, puis à déclencher des réponses émotionnelles et comportementales adaptées à ces signaux. De nombreux éléments de ce système sont façonnés par le contexte culturel local.

En effet, certains aspects de la culture elle-même peuvent avoir été façonnés par les variations relatives aux niveaux de risque passés de maladies infectieuses, ce qui conduit à des différences persistantes entre les groupes culturels. Par exemple, les groupes culturels qui, dans leur histoire, ont connu un fort taux de prévalence d’agents infectieux ont tendance à présenter un niveau plus faible de grégarisme social et une plus grande préoccupation à l’égard des membres de l’exogroupe.

Nous distinguons trois niveaux d’analyse des liens entre contexte culturel et COVID-19 : 1) niveau macro de sociétés entières; 2) niveau méso de familles et de collectivités; 3) niveau micro de personnes individuelles.

Niveau macro de sociétés entières

Sur le plan démographique, les sociétés diffèrent à de nombreux égards relativement à la COVID-19. Par exemple, la vigueur de l’économie, le développement du système de santé, la densité de la population urbaine et le degré de préparation aux situations d’urgence sont des facteurs qui distinguent les sociétés.

Ces différences structurelles sont façonnées par des tendances culturelles anciennes. Ainsi, on s’attendrait à ce que les sociétés dont l’économie est basée sur un horizon prévisionnel à long terme mettent l’accent sur la préparation comparativement aux sociétés qui sont davantage axées sur le court terme.

La polarisation politique peut également affaiblir la confiance, ce qui amène les gens à privilégier les conseils de sources politiques et/ou les conseils qui correspondent à leurs idées politiques préconçues. La discrimination structurelle contre certains groupes ethnoculturels peut également compromettre la confiance. Il est en outre préoccupant qu’une telle polarisation puisse inciter différents segments de la société à entrer en conflit les uns avec les autres au lieu de poursuivre des objectifs communs.

Les sociétés diffèrent également sur le plan des modèles culturels qui influencent les valeurs et les comportements. La façon dont les personnes d’une société donnée se déplacent entre différents lieux, ou mobilité géographique, est associée à un ensemble de compétences qui facilitent les déplacements fréquents entre différents réseaux sociaux, ou mobilité relationnelle. Des recherches récentes révèlent que le taux de transmission observé au cours des 30 jours suivant le premier cas de COVID-19 est corrélé avec les niveaux sociétaux de mobilité relationnelle. Il semble que l’un des problèmes des sociétés mobiles vient du fait qu’elles favorisent la transmission au-delà des distances géographiques et sociales.

La mesure dans laquelle les membres d’une société donnée se conforment aux règles ou cherchent des occasions de les enfreindre peut être interprétée comme une distinction entre rigidité et relâchement. Les sociétés rigides et strictes sont plus susceptibles d’accepter des contraintes comportementales. Les sociétés qui sont capables de maintenir une ambidextrie où rigidité et souplesse coexistent peuvent s’en sortir mieux que d’autres car elles établissent des normes strictes tout en laissant une marge de manœuvre qui permet aux gens de « penser différemment ». Cette combinaison de retenue et de créativité pourrait être très utile dans les situations de pandémie, car toutes les deux sont nécessaires.

Niveau méso de familles et de collectivités

Les modèles comportementaux normatifs, en particulier les réseaux sociaux, peuvent avoir une incidence sur la transmission a) d’une maladie infectieuse et b) d’idées sur la maladie. D’une part, il est question de la façon dont un virus se propage à l’intérieur de l’organisme et entre les organismes (p. ex., contagion accrue d’un virus qui survit longtemps sur les surfaces), et d’autre part, il y a la façon dont les idées se propagent à l’intérieur de l’esprit et entre les esprits (p. ex., crédibilité accrue d’une idée qui est répétée fréquemment par une source jugée crédible).

Les réseaux sociaux accélèrent la transmission d’idées néfastes et d’idées utiles sur une maladie donnée et sur ce que l’on devrait faire face à cette maladie. Cette transmission peut se faire au moyen d’échanges entre les gens ou par l’apprentissage par l’observation, mais aussi par les sources d’information traditionnelles ou les médias sociaux. Le capital social, ou la valeur découlant de nos réseaux et de nos liens sociaux, varie selon les familles et les collectivités. Même si, en mettant l’accent sur le renforcement des liens intragroupe (capital de liens élevé), on peut maintenir le virus dans sa bulle locale, se focaliser sur le renforcement des liens inter-groupes (capital de liaison élevé) permettrait au virus de se transmettre davantage.

Dans de nombreuses collectivités, la place centrale des liens sociaux se reconnaît dans la participation à des activités communautaires que les gens considèrent comme obligatoires (p. ex., festivals, mariages, funérailles). Dans certaines collectivités, l’expression des émotions est associée à des conversations rapprochées, des poignées de main, des baisers, des exclamations bruyantes, etc. Tout cela est propice à la projection de gouttelettes, qui contribue à la propagation du virus.

Les mesures prises pour lutter contre la progression d’une pandémie sont également reçues différemment selon les caractéristiques locales. Par exemple, les familles et les collectivités diffèrent en ce qui concerne l’acceptation de la hiérarchie – et donc le respect de l’autorité. Une autre question vient compliquer les choses : qui est une source légitime d’autorité? À qui les gens accordent-ils leur confiance? Aux responsables de la santé publique, aux membres de leur famille, aux chefs religieux ou aux célébrités? En outre, il arrive que les responsables de la santé publique prescrivent des mesures qui sont en contradiction directe avec les réalités locales; empêcher d’enterrer les morts selon sa culture ou sa religion, par exemple, peut être très chargé émotionnellement.

Étant donné que les épidémies sont associées à des degrés élevés d’anxiété et d’incertitude, il ne faut pas sous-estimer le danger d’une augmentation des tensions entre les groupes. Il est prouvé que le risque de maladie augmente les préjugés et la discrimination contre :

  • Les exogroupes qui sont en général défavorisés (p. ex, les minorités visibles, les peuples autochtones, les pauvres et surtout les sans-abri);
  • Les exogroupes qui sont associés particulièrement à la source de transmission d’une maladie donnée (p. ex., les Canadiens originaires de l’Asie de l’Est, dans le cas de la COVID-19);
  • Les exogroupes et même, les membres des intragroupes qui, en raison de leur travail ou de leur situation particulière, sont plus exposés à la maladie (p. ex., le personnel des épiceries, les travailleurs de la santé, bien que dans ce dernier cas, il y ait aussi des points de vue positifs).

La stigmatisation a des conséquences; elle entraîne, entre autres, du stress et de la détresse, des difficultés d’accès à des soins de santé efficaces, de la méfiance, une distorsion des perceptions des risques par le public, des discours haineux et des crimes et d’autres formes de marginalisation. Ces conséquences peuvent favoriser la propagation de la maladie (p. ex., le stress affaiblit le système immunitaire tandis que les obstacles à l’accès aux soins de santé retardent le traitement).

En outre, les groupes défavorisés sont exposés plus que les autres en raison des inégalités sociales. Par exemple, certains groupes minoritaires sont plus susceptibles d’occuper des emplois qui impliquent des contacts nombreux, mais une faible rémunération. Il arrive aussi que les groupes défavorisés manifestent une « méfiance culturelle », c’est-à-dire une appréhension compréhensible, mais problématique, vis-à-vis des structures sociales officielles (p. ex., gouvernement, médias, police, soins de santé officiels). La situation économique a également une incidence sur la contagion, les personnes de milieux défavorisés étant plus susceptibles de présenter des problèmes de santé préexistants qui, à leur tour, semblent accroître les risques liés à la COVID-19. Par exemple, la présence combinée de vulnérabilité sanitaire et d’accès réduit aux soins de santé est endémique au sein des collectivités autochtones.

Mais surtout, la stigmatisation dépasse les groupes défavorisés et certaines personnes dont le rôle dans la lutte contre la pandémie est souligné (c.-à-d. les travailleurs de la santé) en sont parfois victimes. La crainte vis-à-vis des travailleurs de la santé et de leur rôle potentiel dans la propagation de la maladie peut interagir avec les croyances culturelles relatives à la santé et à la maladie. Si des préjugés négatifs sur les travailleurs de la santé ou les croyances conspiratrices qui les intègrent sont répandus dans une communauté donnée, le problème s’aggrave. En même temps, ce phénomène a été observé avec de nombreuses maladies, y compris la COVID-19, et dans un éventail de contextes culturels, ce qui indique un certain degré d’universalité.

Niveau micro de psychologie individuelle

Les comportements des gens sont basés sur leurs croyances, les comportements qu’ils observent chez les autres (et qu’ils interprètent à la lumière de leurs croyances) et les comportements qu’ils pensent que les autres attendent d’eux. Les croyances et les comportements de chacun sont fortement influencés par le contexte culturel. Les différences individuelles qui peuvent être, en partie, ancrées dans le tempérament — par exemple, l’attention que l’on porte à sa santé, l’hygiène, la capacité à supporter l’isolement, la tendance à rester à la maison quand on est malade, etc. — sont davantage façonnées par les normes locales.

La tendance à l’optimisme ou au pessimisme est un bon exemple de trait de caractère qui est façonné par le contexte culturel. On dispose de nombreuses preuves indiquant que les personnes qui vivent dans des contextes culturels est-asiatiques ont tendance à avoir une vision cyclique de la vie dans laquelle les expériences positives et négatives tendent à osciller et à s’équilibrer au fil du temps. En d’autres termes, dans ces cultures, les heureux coups du sort sont toujours suivis par la malchance et vice versa. Les personnes vivant dans des contextes culturels euroaméricains, en revanche, ont une vision plus linéaire de la vie, dans laquelle les expériences passées et présentes récentes prédisent les expériences futures.

Ainsi, nous pouvons considérer une longue période de temps sans pandémie grave comme une période de chance, auquel cas nous pourrions nous attendre à des variations culturelles quant au degré de préparation des gens face à une nouvelle pandémie. Dans les recherches menées après l’épidémie de SRAS de 2002, le pessimisme défensif était associé aux valeurs traditionnelles chinoises et prédisait une anxiété accrue au sujet de l’infection, mais aussi des comportements liés à la santé plus constants, comme le lavage des mains. L’optimisme irréaliste, en revanche, prédisait un sentiment d’invulnérabilité face à l’infection, conduisant à une meilleure humeur, mais aussi à une propension plus faible à se laver les mains.

La tendance à l’optimisme ou au pessimisme fait partie des traits de personnalité qui partagent tous des points communs avec les affects négatifs. La sensibilité à l’anxiété et l’intolérance à l’incertitude en sont des exemples. Bien que l’affect négatif apparaisse comme un champ de la personnalité indépendant dans un large éventail de contextes culturels, il existe des variations culturelles marquées quant à la mesure dans laquelle l’affect négatif est toléré ou minimisé. L’affect négatif est associé à la perception du risque, ce qui entraîne davantage de détresse, mais aussi une plus grande volonté d’observer les précautions recommandées.

L’affect négatif est également associé directement à la probabilité de ressentir des symptômes évoquant la maladie. L’anxiété au sujet de sa santé conduit à une augmentation de l’autosurveillance des signes de maladie; en outre, l’anxiété elle-même peut générer des réactions physiologiques que la personne pourrait confondre avec les signes d’une maladie. Par exemple, une forte anxiété s’accompagne parfois d’une augmentation du rythme cardiaque, de paumes moites, de tremblements, d’essoufflement, etc., qui évoquent tous des signes de maladie. Notez que certains migrants et membres de groupes minoritaires pourraient déjà ressentir une anxiété et une incertitude élevées.

Des expériences pouvant être confondues avec la maladie peuvent ainsi être produites par la combinaison des éléments suivants :

  • Des idées sur les symptômes de la maladie à l’origine de la pandémie qui circulent dans une communauté donnée;
  • Des tendances façonnées par la culture pour surveiller certaines sensations corporelles;
  • Les différences individuelles en ce qui a trait à l’affect négatif.

De plus, le fait même de prêter attention à certaines sensations peut rendre celles-ci encore plus fortes. Dans certains cas, la crainte que l’on ait pu attraper une maladie dangereuse est susceptible de générer davantage d’anxiété, ce qui pourrait aggraver ces sensations. Ce type d’effet de rétroaction pourrait conduire à des différences intra- et intergroupes relativement aux symptômes qui sont présentés et exprimés.

Conclusion : que devons-nous faire?

La lutte contre la COVID-19 nécessitera l’ingéniosité des scientifiques en biologie de diverses disciplines. Néanmoins, les contributions potentielles des sciences sociales et des sciences du comportement ne doivent pas être sous-estimées. La pandémie, tout comme les mesures prises pour la combattre, est fortement façonnée par la culture. Quelles sont donc les répercussions des différences culturelles?

Dans le monde entier, un nombre inégalé de personnes luttent contre la même maladie et subissent à peu près les mêmes mesures de distanciation. Il est donc tentant de se concentrer sur les similitudes. Les décideurs, les travailleurs de la santé et le public devraient, à tout le moins, garder à l’esprit que la façon dont les gens vivent la pandémie peut être très différente d’une personne à l’autre. Ces différences sont façonnées par la société dans laquelle on vit, les communautés dont on fait partie et les variations individuelles d’ordre culturel. Pour compliquer les choses, apprécier la différence ne signifie pas traiter toutes les interventions de la même manière lorsqu’il s’agit d’atténuer efficacement une pandémie. De toute évidence, certains modèles culturels sont plus efficaces que d’autres.

Néanmoins, il est important de comprendre que les croyances et les comportements des gens s’expliquent et se justifient. En admettant cela, on contribue à combattre les attitudes stigmatisantes et à adapter les stratégies à utiliser lorsqu’on travaille avec différentes communautés culturelles. Par exemple, les responsables de la santé publique et d’autres décideurs politiques pourraient travailler avec les dirigeants religieux pour diffuser de l’information sur la nécessité de repenser les célébrations publiques traditionnelles. Il est extrêmement difficile de démystifier les fausses informations une fois qu’elles se sont mises à circuler. La compréhension culturelle peut aider à élaborer des stratégies permettant de « réfuter proactivement » ces idées, c’est-à-dire combattre à l’avance ces informations de façon acceptable pour la population concernée.

Les cliniciens, quant à eux, exercent désormais de manière très différente, comparée au début de l’année. Les méthodes de prestation de services psychologiques en ligne, dont certaines se poursuivront probablement dans un avenir proche, sont de plus en plus utilisées. Néanmoins, même lorsqu’un client est seul sur un écran, il est important de garder à l’esprit le maillage d’influences qui l’entourent. Les clients peuvent avoir des croyances culturelles très différentes au sujet de la pandémie, différentes les unes des autres et différentes de celles du clinicien.

Parallèlement, les traditions culturelles peuvent être une source de résilience, par exemple, en guidant les membres de la communauté lorsqu’il s’agit de donner un sens et de se préparer à l’incertitude. Nous devons nous rappeler, en outre, que les interventions ne se limitent pas aux travailleurs de la santé issus de la culture majoritaire et aux patients issus de minorités. Les gens qui se trouvent en première ligne sont issus de nombreux groupes culturels. Comme c’est le cas des clients, cela peut entraîner des facteurs de stress particuliers et sous-estimés chez les travailleurs de la santé provenant de groupes minoritaires, mais aussi donner accès à un plus large éventail de ressources culturelles.

Que l’on se concentre sur les profanes ou les fonctionnaires, les patients ou les travailleurs de la santé, nous pensons qu’il est important de se méfier des affirmations selon lesquelles les personnes d’un contexte culturel donné agiront de manière prévisible. Une telle approche risque, par inadvertance, de promouvoir des stéréotypes, un danger important pendant une période d’anxiété accrue. Le caractère complexe de la recherche dans un contexte de pandémie en évolution rapide renforce encore davantage l’argument en faveur de la prudence. Pourtant, un paysage en mutation rapide et semé d’angoisses culturelles exige une approche fondée sur des données probantes et adaptée à la culture, et qui peut être communiquée rapidement et efficacement.

Pour les psychologues culturels et interculturels, le message général est clair :

  • La culture fait partie intégrante de la compréhension des réponses sociétales, communautaires, familiales et individuelles aux pandémies;
  • Garder la culture à l’esprit conduit à des interventions beaucoup plus nuancées et efficaces face aux situations individuelles.

Nous nous attendons à ce que de nouvelles conclusions de recherche viennent étoffer ce message général au cours des prochaines années. Néanmoins, nous avons toutes les raisons de croire que de telles conclusions serviront à confirmer et à renforcer ces idées fondamentales.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour obtenir des renseignements importants et à jour sur la COVID-19, visitez le site Web de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) à l’adresse https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/2019-nouveau-coronavirus.html.

Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par Andrew G. Ryder, professeur agrégé, Université Concordia, Hôpital général juif, John Berry, professeur émérite, Université Queen’s, Saba Safdar, professeure, Université de Guelph et Maya Yampolsky, professeure adjointe, Université Laval.

Date : 27 mai 2020

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Série « La psychologie peut vous aider » : Les phobies

Qu’est-ce qu’une phobie?

Le terme « phobie » renvoie à une peur excessive et persistante d’une situation (p. ex. les espaces clos, conduire une voiture, prendre l’avion, la vue du sang, les hauteurs) ou d’un objet (p. ex. les animaux, comme les rats, les serpents, les araignées, les chiens ou les oiseaux).

La peur de l’individu est généralement axée sur le danger ou les conséquences anticipés reliés à la situation ou à l’objet (p. ex. avoir un accident au volant d’une voiture, être mordu par un chien) ou la peur de perdre le contrôle et de ressentir les sensations physiques associées à l’anxiété (p. ex. paniquer dans un endroit clos, s’évanouir à la vue du sang).

La peur est considérée comme étant excessive parce qu’elle est disproportionnée par rapport au niveau réel de danger que présente la situation. Lorsqu’une personne atteinte d’une phobie est exposée au stimulus qu’elle craint (l’objet ou la situation) ou à ses signaux connexes (les choses qui lui rappellent l’objet ou la situation), une réaction d’anxiété immédiate est déclenchée, et celle-ci se transforme parfois en véritable crise de panique. Par conséquent, les personnes atteintes de phobie évitent les situations ou les objets qui leur font peur, ou si elles ne peuvent les éviter, elles vivent beaucoup de détresse en leur présence.

Par exemple, les personnes qui ont la phobie des serpents ressentent de l’anxiété dans certaines situations, notamment, quand elles voient un serpent à la télévision, quand elles sont dans des zones herbeuses ou boisées où peuvent vivre les serpents et quand elles voient des choses qui ressemblent à un serpent, comme un boyau d’arrosage enroulé dans la cour.

Les phobies sont assez courantes et touchent environ un Canadien sur dix. Il existe quatre grands types de phobies : type animal (p. ex. araignées, chiens et rongeurs), type environnement naturel (p. ex. tempêtes, hauteurs et eau), type sang – injection – accident (p. ex. voir du sang, recevoir une injection, subir une opération) et type situationnel (p. ex. lieux clos, prendre l’avion, conduire une voiture). Il existe d’autres types de phobies, classées dans une cinquième catégorie, appelée « Autre type » (p. ex. la peur de s’étouffer ou de vomir). Les phobies les plus communes sont la peur des animaux et la peur des hauteurs.

Les phobies de type sang – injection – accident et de type animal apparaissent habituellement dans la petite enfance tandis que les phobies de type situationnel et de type environnement naturel surviennent plus tard, habituellement à la fin l’adolescence et au début de la vingtaine. Environ 75 % des personnes atteintes d’une phobie de type sang – injection – accident déclarent s’être déjà évanouies en réaction au stimulus phobogène.

Les particularités des phobies sont décrites dans la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (American Psychiatric Association, 2013) :

  • Peur ou anxiété importante au sujet d’un objet ou d’une situation précise (les enfants peuvent exprimer la peur par des pleurs, des caprices, en s’agrippant à son parent ou en figeant);
  • Le stimulus phobogène déclenche presque toujours une peur ou une anxiété immédiate;
  • Le stimulus phobogène est évité ou est très pénible à supporter;
  • La peur ou l’anxiété est excessive ou disproportionnée par rapport au danger réel que pose le stimulus phobogène;
  • La peur, l’anxiété ou l’évitement connexe sont généralement présents pendant au moins six mois;
  • La peur, l’anxiété ou l’évitement connexe cause une détresse importante chez la personne ou interfère avec ses activités sociales et professionnelles quotidiennes ou avec d’autres activités importantes.

Les phobies affectent énormément la vie des personnes qui en souffrent. Elles causent beaucoup de souffrance et peuvent empêcher la personne de fonctionner normalement dans des situations sociales, au travail ou dans d’autres sphères de sa vie.

Par exemple, une personne qui a une phobie des serpents pourrait se priver d’activités agréables, comme jardiner, marcher dans la nature, faire du camping ou jouer dans un champ. Une personne qui a peur des hauteurs pourrait s’empêcher de travailler aux étages supérieurs d’une tour de bureaux. Une personne qui a la phobie des avions pourrait refuser une promotion, si ses nouvelles fonctions l’obligent à se déplacer en avion d’un bout à l’autre du pays. Une personne qui a peur des aiguilles ou des interventions médicales pourrait éviter de se faire traiter lorsqu’elle est malade ou éviter les analyses sanguines de routine en raison de sa phobie, mettant ainsi sa santé en danger.

Même si de nombreuses phobies apparaissent à la suite d’un événement traumatisant survenu dans la situation qui fait l’objet de la phobie (p. ex. se retrouver coincé dans un ascenseur ou avoir une crise de panique à bord d’un avion), un bon nombre de personnes ne se souviennent pas du moment ou de l’événement précis à l’origine de leur peur et disent plutôt que leur phobie s’est développée graduellement.

Ainsi, les phobies se développent de plusieurs façons, notamment par apprentissage direct (avoir vécu une expérience traumatisante en lien avec l’objet ou la situation phobogène), par apprentissage vicariant (être témoin de la peur d’une personne en présence de l’objet ou de la situation phobogène) et par transmission d’informations (entendre parler d’un événement effrayant dans les médias ou de la bouche d’un membre de la famille, ou se faire dire qu’un objet particulier ou une situation particulière sont dangereux).

Certains objets et situations sont plus susceptibles que d’autres de devenir l’objet d’une phobie. Par exemple, il est beaucoup plus facile de développer la peur des serpents que la peur des fleurs. En fait, notre peur des serpents nous a peut-être aidés à survivre au fil des siècles. Les facteurs de la personnalité propres à chaque personne (comme une réaction de dégoût en présence de certains stimuli) et le niveau de stress vécu au moment où survient un événement traumatisant peuvent également conduire au développement d’une phobie.

Quelles sont les approches psychologiques utilisées pour traiter les phobies?

Le traitement de choix des phobies spécifiques est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC).

Ce type de thérapie vise à exposer la personne, lentement et en toute sécurité, à l’objet ou à la situation qui lui fait peur. Ce traitement est appelé « traitement d’exposition », car il consiste à approcher de façon répétée la situation ou l’objet qui est à l’origine de la phobie jusqu’à ce que le stimulus phobogène ne produise plus une forte réaction de peur.

Plusieurs études ont révélé que la thérapie d’exposition est très efficace dans le traitement des phobies spécifiques.

En fait, les phobies spécifiques sont considérées comme les troubles anxieux les plus faciles à traiter. La plupart des personnes souffrant d’une phobie peuvent voir leur état s’améliorer significativement ou se rétablir complètement en cinq séances de thérapie à peine. Cette forme de traitement est utilisée chez les adultes, les adolescents et les enfants.

La TCC se révèle efficace lorsqu’elle utilise la méthode du « carnet de thérapie ». Depuis peu, on a recours à la réalité virtuelle pour simuler l’exposition à des situations difficiles à reproduire, comme prendre l’avion et se retrouver en hauteur.

En général, les médicaments ne sont pas considérés comme étant efficaces pour traiter les phobies spécifiques. Cependant, il n’est pas rare de prescrire aux personnes atteintes de phobie de faibles doses de benzodiazépines (médicament anxiolytique) à prendre lorsqu’elles sont exposées à la situation phobogène (par exemple, prendre l’avion). Bien que cela n’élimine pas la peur, cela permet à la personne de faire face à la situation.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour obtenir plus d’informations sur les phobies, visitez les sites Web suivants :

Pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, consultez un psychologue agréé. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour obtenir le nom et les coordonnées des associations provinciales et territoriales en psychologie, visitez https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par la Dre Randi E. McCabe, directrice clinique du centre de traitement des troubles de l’humeur et des troubles anxieux, et des services de santé mentale pour les aînés au St. Joseph’s Healthcare Hamilton et professeure au département de psychiatrie et de neurosciences comportementales de l’Université McMaster; elle a été mise à jour par la Dre Irena Milosevic, psychologue clinicienne au St. Joseph’s Healthcare Hamilton et professeure adjointe au département de psychiatrie et de neurosciences comportementales de l’Université McMaster.

Révision : mai 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : Deuil, perte et COVID-19

La COVID-19 est une maladie infectieuse qui, non seulement, présente un risque important pour la santé publique et la façon dont nous faisons face à notre vie quotidienne, mais aussi un défi important quant à la façon dont nous mourons et dont nous faisons le deuil de nos proches.

La mort et le processus de la mort

La distanciation physique qu’impose la COVID-19 fait en sorte que de nombreuses personnes meurent – ou sont confrontées à la perspective de mourir – sans la présence de leur famille et de leurs amis, ce qui entraîne chez elles un sentiment d’isolement et de la détresse psychologique. En raison des contraintes auxquelles sont confrontés les travailleurs de la santé et les établissements de soins, il se peut que les personnes en soins palliatifs ne puissent faire respecter intégralement leurs directives médicales anticipées (p. ex., lieu de décès préféré, traitements visant à prolonger la vie)[i]. Cela peut être particulièrement problématique et pénible pour les personnes qui sont tout à fait conscientes que leurs directives ne sont pas respectées.

La distanciation physique imposée par la pandémie entraîne également de la détresse chez les membres de la famille et les amis, qui ne sont pas autorisés à être avec leurs proches lorsqu’ils sont malades ou mourants; ils n’ont donc pas la possibilité de tenir la main de leur proche, d’avoir avec lui une dernière conversation significative, d’exprimer leur attachement, de s’excuser ou demander pardon ou simplement de lui dire au revoir[ii]. En outre, certaines restrictions provinciales actuelles obligent les familles à décider rapidement (entre une et trois heures suivant le décès, selon que le décès s’est produit à l’hôpital ou dans un établissement de soins de longue durée) de l’endroit où envoyer le corps, ce qui cause encore plus de détresse.

Répercussions sur le deuil

Chaque culture a des coutumes et des rituels de deuil qui lui sont propres. En raison des restrictions relatives à la distanciation physique, il est difficile pour les gens de se réunir avec d’autres personnes en deuil pour traverser ensemble cette épreuve, de passer du temps avec le défunt ou présenter ses derniers hommages à la personne décédée, de se soutenir mutuellement et/ou de trouver du réconfort dans leurs traditions culturelles ou laïques, ce qui complique le deuil et entraîne un sentiment d’isolement[iii].

Lorsqu’ils n’ont pas l’occasion de dire au revoir à leur proche et qu’il leur est impossible de se réunir pour s’apporter les uns les autres du réconfort physique, les êtres chers risquent de ne pas parvenir à résoudre leur deuil – ce que l’on qualifie également de « perte ambiguë »[iv]. Ils pourraient ressentir de la colère contre les personnes qui ont mis en place les restrictions, regretter de ne pas avoir eu la possibilité de tenir la main de leur proche ou de s’excuser ou demander pardon, craindre que l’être cher ne reçoive pas les soins appropriés ou n’obtienne pas les traitements nécessaires pour soulager la douleur et se sentir coupables de leur propre impuissance et de leur incapacité à être avec l’être cher dans les moments difficiles.

On ignore combien de temps seront en place les mesures de distanciation physique; par conséquent, il est important que les gens trouvent de nouvelles façons d’appréhender le processus de la mort et de faire face à leur deuil. Pendant le processus de la mort, les appels vidéo, s’ils sont possibles, peuvent mettre les patients en contact avec les membres de leur famille, de qui ils sont séparés en raison des restrictions de voyage et des interdictions de visite; cela apporte un certain réconfort aux patients dans leurs derniers jours et leurs derniers instants. Après la mort, les amis et la famille peuvent se réunir de manière virtuelle, utiliser des mémoriaux en ligne, écrire des nécrologies plus étoffées et/ou prévoir de célébrer les funérailles lorsque les restrictions relatives à la distanciation physique seront levées[v]. Bien que ces moyens permettent dans une certaine mesure d’honorer la personne décédée, ils ne peuvent remplacer le réconfort physique et le sentiment de solidarité qu’apporte une étreinte ou une poignée de main.

Deuil perturbé, compliqué ou prolongé

Bien que le deuil soit une réponse normale à la perte, « le processus de deuil lui-même est très personnel et individuel, de sorte que chaque personne appréhende et vit son deuil différemment[vi]. » [traduction] Pour beaucoup de gens, se réunir pour célébrer des funérailles ou pour accomplir un autre rituel culturel afin d’honorer la mort de la personne décédée est une étape essentielle – et normale – du processus de deuil. Le fait de ne pas pouvoir se rassembler pour faire son deuil peut non seulement conduire à une perte ambiguë, mais aussi augmenter la probabilité de vivre un deuil perturbé, compliqué ou prolongé.

Lorsque la détresse psychologique devient trop grande

Les personnes qui vivent un deuil perturbé, compliqué ou prolongé présentent un risque accru d’abus d’alcool et de drogue, de troubles du sommeil, d’affaiblissement du fonctionnement immunitaire et de pensées suicidaires[vii].

Même si les chefs spirituels sont eux-mêmes privés de la possibilité d’accompagner les individus au moment de leur mort et d’accomplir les derniers rites de passage, ils peuvent être une source de réconfort pour les êtres chers et aider ceux-ci à faire face à la perte. Les psychologues et d’autres fournisseurs de soins de santé mentale peuvent également aider à traverser un deuil perturbé, compliqué ou prolongé.

Si les signes et les symptômes suivants augmentent ou s’aggravent avec le temps et nuisent au fonctionnement global, cela peut indiquer que la personne a besoin d’aide pour faire face à la perte :

  • Dormir mal, dormir trop ou pas assez
  • Éviter les autres, même dans les limites de la distanciation physique
  • Maux de tête, problèmes d’estomac, douleurs au cou ou au dos
  • Pleurer excessivement et sans cesse
  • Parler moins et s’isoler
  • Se sentir hébété ou déconnecté de soi ou de la réalité
  • Se sentir anxieux, déprimé ou avoir des crises de panique
  • Se sentir en colère, coupable, impuissant, indifférent ou confus
  • Ne pas vouloir se lever le matin
  • Avoir de la difficulté à se concentrer ou à réfléchir
  • Manger trop pour se réconforter
  • Boire plus d’alcool ou prendre des médicaments d’ordonnance plus que ce qui est prescrit
  • Avoir peu de patience
  • Vouloir surprotéger ses proches

Il est important de se rappeler que la plupart d’entre nous ont eu ou connu, à un moment ou à un autre, certains des signes et des symptômes énumérés ci-dessus, et que la COVID-19 cause beaucoup de stress chez la plupart des gens. Si vous constatez plusieurs de ces signes et de ces symptômes, et que ceux-ci :

  • persistent au-delà de quelques semaines
  • persistent au point où vous ne pouvez pas effectuer les activités domestiques ou professionnelles autorisées par les consignes de distanciation physique
  • sont accompagnés de sentiments intenses de désespoir, de détresse, d’impuissance ou de pensées suicidaires

il serait avisé de consulter un professionnel de la santé membre d’une profession réglementée, comme un psychologue, votre médecin de famille, un psychiatre ou un autre fournisseur de soins de santé mentale.

Ressources :

Réseau ontarien des soins palliatifs, 2020. Planification de la prestation des soins palliatifs au cours de la pandémie de la COVID-19. https://www.virtualhospice.ca/covid19/fr/

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour obtenir des renseignements importants et à jour sur la COVID-19, visitez le site Web de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) à l’adresse https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/2019-nouveau-coronavirus.html.

Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par la Dre Lisa Votta-Bleeker, directrice générale associée de la Société canadienne de psychologie, la Dre Katy Kamkar, psychologue clinicienne au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) et présidente de la Section du stress traumatique de la Société canadienne de psychologie, et Mme Eva Sheppard-Perkins, Société canadienne de psychologie.

Date : 11 mai 2020

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[i] Arya, A., Buchman, S., Gagnon, B. et Downar, J., 2020. Pandemic palliative care: beyond ventilators and saving lives. Journal de l’Association médicale canadienne, 192(15), E400-E404.

[ii] https://www.apa.org/topics/covid-19/grief-distance

[iii] Leong, I., Lee, A., Ng, T., Lee, L., Koh, N., Yap, E., Guay, S. et Ng, L., 2004. The challenge of providing holistic care in a viral epidemic: opportunities for palliative care. Palliative Medicine, 18(1), 12-18.

[iv] https://www.apa.org/topics/covid-19/grief-distance

[v] Wolfelt, A., 2020. Exploring the Natural Complications of the “Whys” of Funerals During the Coronavirus Pandemic – Center For Loss & Life Transition. [En ligne] Center for Loss & Life Transition. Disponible à l’adresse https://www.centerforloss.com/2020/04/funeral-whys-during-coronavirus/.

[vi] https://weareunsinkable.com/when-struck-by-a-dark-cloud-grief-loss/

[vii] Shear, K.M. 2015. Complicated Grief, New England Journal of Medicine, vol. 372, No 2, 153-160.


Série « La psychologie peut vous aider » : Le financement de la recherche dans le contexte de la COVID-19

Le soutien du Canada à la recherche sur la COVID

Les urgences de santé publique, comme la COVID-19, affectent la vie des individus, des familles et des collectivités. Au début de mars, le gouvernement du Canada a annoncé un investissement de plus de 275 millions de dollars pour la recherche sur les mesures de lutte contre la COVID-19. De cet investissement, 27 millions de dollars ont été affectés à la recherche par l’intermédiaire des trois organismes fédéraux de financement de la recherche―les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH)― et du Comité de la coordination de la recherche au Canada, par l’entremise du Fonds Nouvelles frontières en recherche, du Centre de recherches pour le développement international et de Génome Canada. La communauté internationale de la recherche, les bailleurs de fonds de la recherche et les établissements publics de soins de santé collaborent pour trouver des solutions nouvelles, allant de nouveaux vaccins jusqu’à une meilleure communication sur la pandémie. À ce jour, plus de 95 projets dirigés par des chercheurs canadiens portent sur l’élaboration et la mise en œuvre de mesures visant à détecter, à gérer et à réduire rapidement la transmission de la COVID-19, ainsi qu’à en évaluer les répercussions.

Information des trois organismes subventionnaires du Canada

Si vos recherches sont financées par un organisme fédéral comme les IRSC, le CRSNG ou le CRSH, consultez les sites Web de chaque organisme pour obtenir des renseignements sur les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur vos travaux de recherche actuels ou futurs.

IRSC

Les IRSC surveillent de près l’évolution et l’impact du nouveau coronavirus (COVID-19) et continuent de prendre des mesures pour soutenir leurs titulaires de subventions, de bourses et de bourses d’études ainsi que leurs candidats, pairs évaluateurs et employés. Visitez cette page régulièrement pour lire les messages du président des IRSC, le Dr Michael Strong, et pour obtenir des renseignements à jour destinés au milieu de la recherche : https://cihr-irsc.gc.ca/f/51917.html.

CRSH

Pendant que la situation de la COVID-19 continue d’évoluer, la direction du CRSH évalue les mesures supplémentaires qu’il pourrait avoir à prendre pour appuyer les étudiants, les boursiers de recherches postdoctorales et le personnel de recherche financés par le CRSH et pour répondre aux préoccupations de ceux-ci. Visitez cette page régulièrement pour obtenir des renseignements à jour sur les répercussions de la COVID-19 sur les politiques et les programmes du CRSH : https://www.sshrc-crsh.gc.ca/news_room-salle_de_presse/covid-19-fra.aspx.

CRSNG

Le CRSNG continue d’adapter ses activités en surveillant l’évolution et l’impact de la COVID-19. Visitez cette page régulièrement pour lire les messages du président du CRSNG, M. Alejandro Adem, et pour obtenir de l’information à jour sur les programmes du CRSNG relativement à la COVID-19 : https://www.nserc-crsng.gc.ca/Media-Media/NewsDetail-DetailNouvelles_fra.asp?ID=1139.

Autres sources de financement

Il est possible que vous receviez du financement de sources autres que les trois organismes (par exemple, financement provincial, associations, fondations, industrie privée, universités); dans ce cas, vérifiez auprès de votre fournisseur de financement pour évaluer les répercussions de la COVID sur votre financement de recherche et sur les dates limites.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour obtenir des renseignements importants et à jour sur la COVID-19, visitez le site Web de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) à l’adresse https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/2019-nouveau-coronavirus.html.

Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour le compte de la Société canadienne de psychologie par la Dre Lisa Votta-Bleeker, directrice générale associée de la Société canadienne de psychologie.

Date : 7 mai 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : Conseils aux étudiants en psychologie relativement à la COVID-19

Au fur et à mesure que la situation de la COVID-19 évolue dans le monde, la vie quotidienne des étudiants est de plus en plus perturbée : les cours ne sont plus donnés en personne, mais en ligne; les rencontres avec les amis et la famille sont interdites; l’accès à certaines ressources comme la bibliothèque universitaire, les services de counseling pour les étudiants ou d’autres locaux et endroits sur le campus ne sont plus accessibles; certains étudiants ont dû quitter leur résidence d’étudiants, rapidement, dans certains cas; les conférences en personne ont été annulées; les dates limites des concours et des demandes de subventions et de bourses ont été retardées; les internats, les résidences et les stages coopératifs/stages ont été annulés ou modifiés et des projets de recherche ont été interrompus.

Le présent document donne un aperçu du soutien financier accordé aux étudiants dans le contexte de la COVID au Canada ainsi qu’une synthèse des ressources pouvant aider les étudiants en psychologie à faire face aux répercussions du coronavirus sur leurs recherches, leur formation et leur travail universitaire.

La fiche d’information de la SCP qui porte sur le financement de la recherche dans le contexte de la COVID-19 (https://cpa.ca/fr/corona-virus/cpa-covid-19-resources/) renferme des renseignements détaillés sur le soutien du Canada en matière de financement de la recherche et de l’information provenant des bailleurs de fonds.

Information des trois organismes subventionnaires du Canada

Les trois organismes fédéraux de financement (les Instituts de recherche en santé du Canada [IRSC], le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie [CRSNG] et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada [CRSH]) surveillent de près l’évolution et l’impact de la COVID-19 et continuent de prendre les mesures nécessaires pour soutenir leurs titulaires de subventions, de bourses de recherche et de bourses d’études, soutenir leurs candidats, pairs évaluateurs et employés, protéger leur personnel et modifier leurs activités. Vous trouverez ci-dessous des liens conduisant aux messages des trois organismes.

Chaque organisme met également régulièrement à jour son site Web, en y ajoutant les messages des présidents et de l’information à jour destinée au milieu de la recherche.

Soutien aux étudiants; dates limites des demandes de subvention et des concours de bourses d’études et de bourses de recherche

Le gouvernement du Canada a annoncé un soutien d’urgence important pour les étudiants et les nouveaux diplômés touchés par la COVID en élargissant les programmes pour les étudiants et les jeunes, en améliorant l’aide financière aux étudiants pour l’automne 2020, en créant la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants et la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant et en offrant de l’aide aux étudiants internationaux. Vous trouverez de l’information sur ce soutien ici : https://www.canada.ca/fr/ministere-finances/nouvelles/2020/04/soutien-aux-etudiants-et-aux-nouveaux-diplomes-touches-par-la-covid19.html.

Au début de mai, les trois organismes ont annoncé que les titulaires d’une bourse de formation en recherche (étudiants à la maîtrise et au doctorat et stagiaires postdoctoraux) peuvent reporter la date d’entrée en vigueur de leur bourse ou demander une interruption non payée, pour une période pouvant aller jusqu’à quatre mois, en raison de la pandémie de COVID-19 https://cihr-irsc.gc.ca/f/42405.html. Les titulaires d’une bourse au niveau de la maîtrise ou au niveau du doctorat peuvent faire concorder le report avec la prochaine date d’entrée en vigueur d’une bourse (soit le 1er mai 2021, le 1er septembre 2021 ou le 1er janvier 2022). Les organismes continueront d’appuyer les titulaires d’une bourse de formation en recherche qui, en raison des défis que pose la pandémie de COVID-19, mènent des travaux de recherche uniquement à temps partiel. Les titulaires conservent leur bourse, et se verront verser le montant intégral de la bourse. Le montant des versements ne sera pas calculé au prorata, et la date de fin de la bourse ne sera pas modifiée.

Visitez les pages Web des programmes ci-dessous pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les demandes de subventions et les concours de bourses d’études et de bourses de recherche suivants et sur les répercussions que la COVID pourrait avoir ou non sur les dates limites de présentation des demandes :

Autres sources de financement

Il se peut que les étudiants reçoivent du financement de sources autres que les trois organismes (par exemple, financement provincial, associations, fondations, industrie privée, universités); dans ce cas, vérifiez auprès de votre fournisseur de financement pour évaluer les répercussions de la COVID sur votre financement de recherche et sur les dates limites.

Étudier à partir de la maison

Étant donné que les mesures de distanciation sont en place depuis des semaines et que les écoles sont passées à l’apprentissage virtuel, plusieurs étudiants ont déjà aménagé leur espace de travail à domicile. Néanmoins, vous trouverez ci-dessous quelques points à garder à l’esprit lorsque vous étudiez à la maison :

  • N’oubliez pas d’avoir des attentes réalistes quant à votre travail et à vos progrès pendant une pandémie mondiale. Il est très normal de ne pas se sentir capable mentalement ou émotionnellement de produire des connaissances ou d’entreprendre des recherches pendant une crise mondiale.
  • Si possible, configurez un espace de travail réservé aux études, dans lequel vous pourrez garder votre matériel pédagogique et suivre des cours virtuels ou des discussions de groupe, afin de séparer vos activités scolaires et votre vie personnelle. Lorsque vous configurerez votre espace de travail, tenez compte de l’aspect ergonomique.
  • Prenez le temps de vous assurer que vous disposez de toutes les ressources nécessaires pour étudier efficacement, car cela pourrait contribuer à réduire les facteurs de stress potentiels. Par exemple, installez tout logiciel requis sur votre ordinateur ou commandez un casque et une caméra Web pour suivre les cours en ligne. Si vous avez besoin de soutien et de ressources, communiquez avec votre professeur ou votre association étudiante.
  • Dans la mesure du possible, veillez à ce que votre espace d’étude soit calme et exempt de distractions. Si vous avez des colocataires, vous pouvez utiliser un casque (idéalement un casque antibruit) pour étouffer le bruit. Assurez-vous que votre espace est accueillant pour que vous ayez envie d’y passer du temps (vous pourriez vous asseoir près d’une fenêtre ou mettre une plante ou votre bibelot préféré sur votre bureau).
  • Communiquez avec votre fournisseur d’accès Internet pour obtenir des options Internet gratuites ou peu coûteuses si vous n’avez pas l’accès Wi-Fi à la maison et ne pouvez pas accéder aux ressources en ligne qui peuvent vous aider à poursuivre votre formation.

Établir un horaire pour le travail et la vie personnelle

  • Maintenez une routine cohérente: c’est-à-dire les heures de sommeil, le temps consacré à l’exercice et l’horaire de travail/école. Il se peut que vous trouviez facile de faire vos travaux scolaires toute la journée parce que vous avez l’impression que vous n’avez rien d’autre à faire.
    Établir une routine, ainsi que s’y tenir aidera à préserver un sentiment de normalité dans votre vie.
  • Prenez des pauses: il est important de prendre des pauses pour vous reposer les yeux, l’esprit et le corps. Si vous avez du mal à vous rappeler de prendre des pauses, vous pouvez régler une minuterie à 90 minutes, qui vous rappellera de prendre une pause de 15 minutes.
  • Communiquez avec vos superviseurs/professeurs pour vous informer de leurs attentes: maintenez une bonne communication avec vos superviseurs et vos professeurs. Demandez-leur si, avec les cours en ligne, les attentes relatives aux devoirs, aux examens et aux autres obligations scolaires restent les mêmes. Par exemple, vous pourriez demander d’assouplir les échéances en fonction du fuseau horaire de la région où vous vous trouvez.
  • Restez en contact avec votre entourage : établissez un plan dans le but de rester en contact avec vos amis, votre famille et vos collègues. Planifiez des appels téléphoniques réguliers ou des rencontres sur Facetime. Accédez aux réseaux sociaux et aux plateformes technologiques qui permettent de tenir des réunions de groupe virtuelles.

Répercussions sur les étudiants diplômés, la recherche étudiante et la formation professionnelle

Les étudiants diplômés et les stagiaires ont été particulièrement touchés par la pandémie de COVID-19 en raison du stress découlant de l’incertitude financière, de l’urgence d’obtenir leur diplôme dans un délai donné et avant que le financement ne s’épuise, de leurs obligations en matière de recherche et d’enseignement, de la perturbation du travail universitaire et de la transition vers l’apprentissage à distance. Pendant cette période, les étudiants devraient :

  • Parler au responsable de recherche de leur université pour connaître les répercussions potentielles de la COVID-19 sur le financement des étudiants (p. ex., bourses d’études, subventions, bourses de recherche).
  • Vérifier si leur recherche peut être effectuée au moyen d’enquêtes en ligne ou si leur protocole de recherche peut être remplacé par une expérience en ligne.
  • Parler à leur professeur ou à leurs professeurs du travail de publication sans perdre de vue les capacités mentales nécessaires pour faire face à la COVID-19.

Impact sur la formation professionnelle

Certains étudiants diplômés et stagiaires ont également été particulièrement touchés par la perturbation des stages coopératifs/stages, des internats et des autres activités de formation en personne. Les étudiants doivent aborder avec le responsable de leur département ou le coordonnateur de leur stage coopératif/stage (le cas échéant) les répercussions possibles de l’annulation des stages et des stages coopératifs et parler de la possibilité de prolonger leur stage avec les fournisseurs de stage et de trouver de nouveaux lieux de stage.

En ce qui concerne les internats, la SCP, le Conseil canadien des programmes de psychologie professionnelle (CCPPP) et l’Association des organisations canadiennes de réglementation en psychologie (AOCRP) ont publié une déclaration commune reconnaissant l’impact de la COVID-19 sur le fonctionnement des programmes de formation en psychologie professionnelle, et sur leur corps professoral, leur personnel et leurs étudiants (https://cpa.ca/fr/cpa-ccppp-acpro-statements-regarding-covid-19/). Il est important de comprendre que les décisions relatives à la formation se prennent à plusieurs niveaux (https://ccppp.wildapricot.org/news). Le programme de stage et l’université constituent le premier niveau, car ils déterminent conjointement si les exigences du stage ont été satisfaites. Les organismes de réglementation, qui prendront des décisions indépendantes au cas par cas pour déterminer si le candidat à l’autorisation d’exercer, à l’inscription ou à la certification satisfait aux normes provinciales énoncées dans la législation et les règlements administratifs, constituent le deuxième niveau de prise de décision.

Annulations de conférences et de congrès

La pandémie a également entraîné l’annulation de nombreux congrès, conférences et activités de mobilisation des connaissances en personne, ce qui a également des répercussions sur les étudiants et les stagiaires en les privant de la possibilité de présenter leur travail lors de congrès ou d’assister à ces événements. Jusqu’à ce que les conférences et congrès en personne reprennent, les étudiants devraient rechercher des occasions de participer à des conférences virtuelles ou d’y présenter leur travail. Le congrès national de la SCP se tiendra de manière virtuelle en juillet et en août 2020; consultez régulièrement le site Web de la SCP pour obtenir de plus amples renseignements sur la façon de participer ou de présenter votre travail à l’événement virtuel.

Si vous deviez présenter une communication à un congrès et que le congrès est annulé, communiquez avec les organisateurs du congrès pour connaître leur politique relative à la création d’un recueil de résumés ou d’actes du congrès, la façon de mentionner votre communication dans votre curriculum vitæ et la procédure à suivre pour ce faire. La SCP préparera un recueil consignant tous les résumés des communications acceptées; vous trouverez ci-dessous des renseignements sur la façon de citer la communication que vous deviez présenter au congrès national de la SCP en mai 2020.

Nom, initiales. & Nom, initiales. (2020, 27 au 30 mai). Titre de la communication acceptée. [préciser le type de présentation – affiche, présentation éclair, présentation orale de 12 minutes, etc.]. 81e congrès national annuel de la Société canadienne de psychologie, Montréal (Québec), Canada. (insérer le lien vers le livre des résumés en format PDF lorsqu’il sera disponible) (congrès annulé en raison de la COVID-19)

Autres possibilités d’apprentissage

  • Inscrivez-vous à des cours de formation continue en ligne, que propose la SCP à titre d’association nationale ou d’autres associations de psychologues provinciales, dont beaucoup sont actuellement gratuits ou à prix réduit.
  • Apprenez ou approfondissez de nouvelles méthodes de recherche ou applications statistiques en téléchargeant des logiciels offerts gratuitement.
  • Renseignez-vous sur le Center for Open Science (https://cos.io/) et la procédure de préenregistrement (https://cos.io/prereg/).
  • Diffuseurs de publications, qui offrent l’accès gratuit à des livres et des revues en ligne.
  • Participez au webinaire de l’APA (https://www.apa.org/education/coping-webinar-students) dans lequel les psychologues Lynn Bufka et Vaile Wright donnent des conseils aux étudiants de premier cycle et de cycle supérieur pour les aider à traverser la crise de la COVID-19.

Prendre soin de soi et bien-être psychologique des étudiants

En cette période de crise, il est important de prendre soin de vous et de faire attention à votre bien-être mental.

  • Consultez la fiche d’information intitulée « Le bien-être psychologique des étudiants et la COVID-19 » (https://cpa.ca/docs/File/Publications/FactSheets/PW_StudentWellness_COVID-19_FR.pdf), qui a été rédigée par la SCP en collaboration avec la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants.
  • Consultez la fiche d’information de la SCP intitulée « L’impact psychologique de la pandémie de coronavirus (COVID-19) » (https://cpa.ca/docs/File/Publications/FactSheets/PW_Psychological_Impacts_COVID-19_FR.pdf) et d’autres fiches d’information élaborées par la SCP, qui portent sur la COVID (https://cpa.ca/fr/lapsychologiepeutvousaider/).
  • Consultez une présentation de la Section des étudiants sur le bien-être psychologique des étudiants, livrée au congrès national de la SCP de 2020 (https://cpa.ca/docs/File/Students/2019/Self-Care%20for%20Grad%20Student_Halifax%202019_AP_GJ_AR.pdf).
  • Suivez les consignes de santé et de sécurité.
  • Arrêtez de regarder les nouvelles.
  • Prenez soin de votre corps en mangeant sainement, en faisant de l’exercice régulièrement, en dormant suffisamment et en évitant d’augmenter votre consommation d’alcool et de drogue.
  • Prenez soin de votre esprit en vous engageant dans des activités stimulantes qui gardent votre esprit en éveil.
  • Restez en contact avec les autres, que ce soit de manière virtuelle ou par téléphone.
  • Appelez un fournisseur de soins de santé, comme un psychologue, un travailleur social, un conseiller, un médecin de famille ou un psychiatre, si vos symptômes de détresse psychologique durent au-delà de quelques semaines, persistent au point où vous êtes incapable d’effectuer vos activités domestiques ou toute autre activité liée au travail dans le respect de la distanciation physique exigée par la santé publique et sont accompagnés de sentiments intenses de désespoir, d’impuissance ou de pensées suicidaires.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour obtenir des renseignements importants et à jour sur la COVID-19, visitez le site Web de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) à l’adresse https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/2019-nouveau-coronavirus.html.

Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par la Dre Lisa Votta-Bleeker, directrice générale associée de la Société canadienne de psychologie.

Date : 7 mai 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

Société canadienne de psychologie
141, avenue Laurier Ouest, bureau 702
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Numéro sans frais (au Canada) : 1-888-472-0657

Série « La psychologie peut vous aider » : Conseils aux membres du corps professoral et aux chercheurs en psychologie relativement à la COVID-19

La COVID-19 n’a pas qu’un impact sur la vie quotidienne; elle affecte également les enseignants et les équipes de recherche, et ce, de plusieurs façons; les professeurs et les chercheurs sont forcés de passer aux cours en ligne, de trouver des façons de travailler et de soutenir les étudiants à distance et d’adapter leurs projets de recherche tout en assurant le bien-être et la sécurité des sujets de recherche; la pandémie a en outre un impact sur le paiement des salaires/charges et d’autres coûts, ce qui peut avoir comme effet de modifier ou d’interrompre les recherches en cours.

Avec la transition vers l’enseignement virtuel, les chercheurs et le corps professoral travaillent assidûment pour protéger leurs participants à la recherche et leurs animaux de laboratoire, leurs étudiants, leurs bourses d’études et, dans certains cas, leur carrière. En attendant, voici quelques informations qui pourraient vous aider à traverser ces moments difficiles.

La fiche d’information de la SCP qui porte sur le financement de la recherche dans le contexte de la COVID-19 (https://cpa.ca/fr/corona-virus/cpa-covid-19-resources/) renferme des renseignements détaillés sur le soutien du Canada en matière de financement de la recherche et de l’information provenant des bailleurs de fonds.

Travailler à distance

Depuis la mi-mars, la plupart des gens travaillent à distance. Cela a obligé le personnel enseignant, le personnel et les chercheurs à s’assurer d’avoir avec eux toute l’information essentielle à leur mission, à utiliser des protocoles de sécurité approuvés par l’université pour analyser et stocker les données hors du lieu de travail, à se doter d’un ordinateur portable, d’un chargeur et d’une caméra Web et à avoir les coordonnées des membres de leur équipe et l’accès à tout matériel électronique nécessaire à leur travail. La connaissance de Skype, Zoom, Hangouts/Google-Meet et d’autres logiciels de visioconférence est devenue indispensable pour rester connecté de manière virtuelle.

Poursuivre votre recherche

En raison de la COVID-19, les recherches qui rapprochent physiquement les gens ou qui se font dans de grands rassemblements ont été les plus touchées. Les politiques relatives à la réalisation de recherches en situation d’urgence sont établies par les universités et vous devez suivre les politiques d’urgence ou de préparation aux catastrophes de votre établissement pour obtenir de l’information sur l’impact de la COVID-19 sur vos recherches, votre carrière et l’obtention de votre diplôme.

Information des trois organismes subventionnaires du Canada

Les trois organismes fédéraux de financement (les Instituts de recherche en santé du Canada [IRSC], le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie [CRSNG] et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada [CRSH]) surveillent de près l’évolution et l’impact de la COVID-19 et continuent de prendre les mesures nécessaires pour soutenir leurs bénéficiaires de subventions, de bourses de recherche et de bourses d’études, soutenir leurs candidats, pairs évaluateurs et employés, protéger leur personnel et modifier leurs activités.

Chaque organisme met également régulièrement à jour son site Web, en y ajoutant les messages des présidents et de l’information à jour destinée au milieu de la recherche.

Rester en contact avec votre agent de programme

Bien que les organismes de financement du Canada aient prolongé les dates limites, il est néanmoins important de faire preuve de créativité pour trouver des moyens de poursuivre vos recherches pendant au moins les trois à six prochains mois. Communiquez régulièrement avec l’agent de programme de votre université et dites-lui comment la crise affecte votre travail et comment vous entendez poursuivre vos projets.

Maintenir la communication avec votre équipe de recherche

Il est important de communiquer fréquemment avec son équipe de recherche pour soutenir les projets de recherche, évaluer la façon dont les membres de l’équipe s’adaptent et maintenir les liens sociaux entre eux. Prévoyez des visioconférences quotidiennes ou hebdomadaires pour établir les objectifs et/ou les mesures à prendre. Rassurez votre personnel en lui disant qu’il est normal de ne pas être aussi productif en ces temps difficiles. Dans la mesure du possible, donnez une formation polyvalente à votre personnel, confiez-lui d’autres tâches et, si ce n’est déjà fait, faites transférer les appels sur le téléphone portable d’un employé du projet.

Modifier vos études de recherches et l’analyse de vos données

Avec l’arrêt des études sur les humains réalisées en personne ou la fermeture temporaire des laboratoires de recherche, les chercheurs qui dépendent des interactions en personne ou qui ont besoin de laboratoires pour recueillir des données ont dû interrompre leurs recherches ou poursuivre leur recherche en ligne. Si vous passez à la collecte et au stockage de données à distance, gardez à l’esprit que, si votre méthodologie de recherche change, vous devrez peut-être en aviser le comité d’examen ou le comité d’éthique en recherche de votre établissement et, éventuellement, mettre à jour les consentements à participer à l’étude. Les modifications apportées aux méthodologies au cours d’une étude devront être prises en compte dans les analyses futures.

Soutien aux étudiants et aux stagiaires

Les étudiants diplômés et les stagiaires sont particulièrement vulnérables en ce moment en raison du stress découlant de l’incertitude financière, de l’urgence d’obtenir leur diplôme dans un délai donné et avant que le financement ne s’épuise, de leurs obligations en matière de recherche et d’enseignement, de la perturbation du travail universitaire, de la transition vers l’apprentissage à distance, de l’annulation ou de la modification des stages coopératifs, des internats et des résidences et des occasions perdues de présenter leurs travaux à des congrès ou d’assister à ces événements. Si vous êtes en mesure de le faire, aidez-les à progresser pour atteindre leurs objectifs et faites preuve de souplesse en ce qui concerne les délais.

Encouragez les étudiants à visiter le site Web du gouvernement du Canada pour obtenir de l’information sur le soutien d’urgence offert aux étudiants et aux récents diplômés touchés par la COVID : https://www.canada.ca/fr/ministere-finances/nouvelles/2020/04/soutien-aux-etudiants-et-aux-nouveaux-diplomes-touches-par-la-covid19.html.

Encouragez-les à visiter les sites Web des trois organismes pour obtenir de l’information sur les modifications apportées à la durée des bourses et aux dates limites des concours auprès du Programme de bourses d’études supérieures du Canada, des Bourses d’études supérieures du Canada Vanier, des Bourses postdoctorales Banting et des Bourses de recherche de 1er cycle du CRSNG, pour n’en nommer que quelques-unes.

Si les étudiants reçoivent du financement de sources autres que les trois organismes, demandez-leur de communiquer avec le fournisseur de financement pour obtenir des renseignements sur les répercussions de la COVID sur les dates limites.

Restez en contact avec vos étudiants et discutez avec eux de la façon dont ils prévoient poursuivre leur travail dans cette nouvelle réalité, tout en leur rappelant qu’il est normal de ne pas se sentir mentalement ou émotionnellement apte à produire des connaissances ou à poursuivre leurs recherches pendant cette période difficile.

Des renseignements plus détaillés sur l’impact de la COVID sur les étudiants en psychologie se trouvent dans les fiches d’information suivantes : « Conseils aux étudiants en psychologie relativement à la COVID-19 » et « Le bien-être psychologique des étudiants et la COVID-19 » (https://cpa.ca/fr/corona-virus/cpa-covid-19-resources/).

 

Soutenir vos jeunes collègues

Vos jeunes collègues sont également particulièrement vulnérables en ce moment. Dans la mesure du possible, les professeurs expérimentés peuvent proposer à leurs jeunes collègues des ensembles de données avec lesquels ils pourront travailler ou leur offrir la possibilité de collaborer à des projets de recherche en cours.

Si vous êtes vous-même un chercheur en début de carrière, expliquez comment la crise affecte vos recherches et parlez au directeur de votre département des répercussions potentielles de la pandémie sur votre parcours vers la permanence. Avec l’annulation de la plupart des congrès en personne, cherchez des occasions de réseautage virtuel, participez au travail de votre association de psychologues nationale ou provinciale ou participez à d’autres activités universitaires (p. ex., formation continue en ligne, évaluateur par les pairs).

Prendre soin de soi

Bien que la période actuelle soit très difficile pour tout le monde, il est important de se rappeler que tous vos collègues du département et tous vos collègues chercheurs sont dans la même position que vous. Un jour, les activités de recherche reprendront, tout comme les cours en personne. Entre-temps, il est important que les professeurs et les chercheurs prennent soin d’eux-mêmes.

Pendant la pandémie, il est possible que certains professeurs de psychologie soient sollicités davantage pour offrir des services et du soutien psychologique à leurs étudiants, beaucoup plus que ce qui était prévu avant la COVID-19. Vérifiez auprès de votre département et des services de counseling de votre université pour obtenir de l’information sur les ressources disponibles pour les étudiants, tout en vous assurant d’obtenir le soutien dont vous-même avez besoin.

Soyez conscient des conséquences de la surabondance de réunions virtuelles et de courriels. Le passage au travail à distance s’accompagne d’une augmentation marquée des réunions virtuelles; bien que les réunions virtuelles soient efficaces pour maintenir les liens et la communication, beaucoup de personnes sont excessivement fatiguées par le nombre de réunions par vidéoconférence qui sont maintenant nécessaires pour traiter des problèmes qui auraient été traités auparavant dans le cadre de réunions en personne ou en se rendant simplement dans le bureau de la personne concernée. On peut dire la même chose des courriels.

En plus de soutenir leurs étudiants et leur personnel de recherche, et de passer à l’apprentissage à distance, de nombreux professeurs et chercheurs doivent composer simultanément avec leur rôle d’éducateur auprès de leurs enfants qui sont à la maison et avec la fatigue que cela engendre.

Congrès et COVID-19

Compte tenu de l’état de la pandémie à l’échelle mondiale, les événements de mobilisation et de partage des connaissances en personne, comme les congrès, sont annulés ou reportés; dans certains cas, les congrès en personne passent en mode virtuel pour permettre à la fois la diffusion et le partage des résultats de la recherche et les activités de formation continue. C’est le cas du congrès national annuel de la SCP, qui devait avoir lieu en mai 2020 à Montréal, au Québec, mais qui sera présenté sous forme d’événement virtuel au cours de l’été 2020.

Une affiche ou une communication qui a été examinée par les pairs et avait été acceptée pour être présentée à un congrès peut toujours être mentionnée dans votre CV, même si le congrès a été annulé. La SCP recommande un format pour mentionner les présentations annulées; cette information a été envoyée à toutes les personnes qui devaient présenter une communication au congrès national de la SCP (voir ci-dessous).

Les personnes QUI DÉCIDENT DE PARTICIPER à l’événement virtuel de la SCP doivent utiliser le format suivant :

Nom, initiales. & Nom, initiales. (2020, insérer les dates de l’événement virtuel). Titre de la présentation acceptée. [préciser le type de présentation – affiche, présentation éclair, présentation orale de 12 minutes, etc.]. 81e congrès national annuel de la Société canadienne de psychologie, Montréal (Québec), Canada. [insérer le lien conduisant à l’événement]

Les personnes QUI DÉCIDENT DE NE PAS PARTICIPER à l’événement virtuel de la SCP doivent utiliser le format suivant :

Nom, initiales. & Nom, initiales. (2020, 27 au 30 mai). Titre de la communication acceptée. [préciser le type de présentation – affiche, présentation éclair, présentation orale de 12 minutes, etc.]. 81e congrès national annuel de la Société canadienne de psychologie, Montréal (Québec), Canada. (insérer le lien conduisant à l’événement] (congrès annulé en raison de la COVID-19)

Si le congrès au cours duquel vous deviez faire une présentation ne passe pas en format virtuel ou si vous ne pouvez pas participer à l’événement virtuel, vous pouvez envisager de partager votre affiche et/ou votre présentation via l’Open Science Framework (OSF). Pour plus d’informations, voir le service OSF Meetings.

Faire la transition : enseigner dans un environnement virtuel

L’urgence de passer de l’enseignement en personne aux plateformes en ligne a confronté beaucoup de professeurs à une courbe d’apprentissage abrupte. Il est important de se rappeler que, même si les plateformes sont utiles, il y a des différences importantes entre l’enseignement en personne et l’enseignement en ligne :

  • La plupart des études sur l’éducation des adultes montrent que les cours en ligne ne devraient pas durer plus de deux heures; la capacité d’attention commence à diminuer après seulement 15 minutes et il est difficile de participer pleinement devant un écran d’ordinateur. Les cours magistraux plus longs doivent être divisés en parties plus assimilables.
  • Certaines techniques peuvent aider à maintenir la participation des apprenants; par exemple, certains webinaires ou plateformes d’apprentissage en ligne permettent de créer des sondages qui encouragent les participants à rester attentifs et à répondre aux questions en temps réel.
  • Lorsque vous créez votre plan de cours, gardez à l’esprit que les thèmes et les objectifs d’apprentissage doivent rester précis et distincts afin de maintenir la clarté et la continuité de la matière. Prévoyez du temps pour une brève récapitulation au début de chaque cours, mais gardez le parcours bien défini et facile à suivre.
  • Si possible, envisagez d’ajouter à votre plan de cours un volet d’apprentissage autonome; des projets de courte durée, des lectures supplémentaires et des discussions en petit groupe, où les étudiants échangent de manière virtuelle sur la matière, peuvent enrichir la formation entre les séances et concourir aux objectifs généraux de la formation tout en responsabilisant les étudiants et en les intéressant à la matière.
  • Mais surtout, restez en contact avec vos étudiants. Si c’est la première fois que vous enseignez en ligne, profitez de l’occasion pour demander à vos étudiants ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Ne dérogez pas à vos objectifs, précisez vos critères et vos attentes et soyez ouvert à l’apprentissage et à l’expérimentation.

Vous trouverez ci-dessous une liste de ressources précieuses, qui vous aideront à passer à l’enseignement en ligne.

Ressources fournies par l’APA

Rester actif professionnellement

Même si certaines personnes souffriront de la charge émotionnelle et mentale que représente la pandémie, d’autres voudront ou devront peut-être rester professionnellement actives pendant cette période. Vous trouverez ci-dessous quelques façons de rester professionnellement actif.

  • Suivez des cours de perfectionnement professionnel continu en ligne, comme ceux offerts par la SCP, par les associations provinciales/territoriales ou d’autres associations professionnelles.
  • Créez votre propre plan d’apprentissage professionnel ou mettez-le à jour.
  • Apprenez de nouvelles méthodes de recherche – quantitatives et/ou qualitatives – ou applications statistiques, en particulier celles qui proposent des logiciels téléchargeables gratuits.
  • Profitez de l’occasion pour lire les plus récents articles de revue; les trois revues de la SCP (Psychologie canadienne, Revue canadienne de sciences du comportement, Revue canadienne de psychologie expérimentale) sont accessibles à tous les membres de la SCP par l’entremise du portail réservé aux membres de la SCP.
  • Abonnez-vous à la base de données PsychNetGold de l’APA par l’intermédiaire de la SCP (https://cpa.ca/fr/publications-et-ressources/psycnet-gold/); vous aurez ainsi accès aux bases de données suivantes : PsycINFO, PsycARTICLES, PsycBOOKS, PsycEXTRA et PsycCRITIQUES.
  • Proposez des articles pour publication.
  • Portez-vous volontaire pour jouer le rôle d’évaluateur pour l’un des organismes de financement du Canada.
  • Commencez à préparer des demandes de subventions.
  • Participez à des congrès virtuels.

 

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour obtenir des renseignements importants et à jour sur la COVID-19, visitez le site Web de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) à l’adresse https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/2019-nouveau-coronavirus.html.

Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour le compte de la Société canadienne de psychologie par la Dre Lisa Votta-Bleeker, directrice générale associée de la Société canadienne de psychologie.

Date : le 7 mai 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca

Société canadienne de psychologie.
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Tél. : 613-237-2144
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Série « La psychologie peut vous aider » : Troubles Cognitifs Et Démence

Qu’est-ce que la cognition?

La cognition est la capacité qu’a l’être humain de traiter l’information. Elle permet au cerveau de procéder à l’enregistrement, à la consolidation, à l’emmagasinage et à la récupération de l’information afin d’interagir avec l’environnement. La cognition fait appel à de nombreux processus mentaux, tels que l’attention, la perception, la mémoire, le langage et le raisonnement.

Qu’est-ce que la démence?

La démence est le stade avancé d’un ensemble de troubles neurodégénératifs et vasculaires qui déclenchent la détérioration progressive des fonctions cognitives.

Celles-ci entraînent des changements de comportement chez la personne atteinte, nuisant éventuellement à sa capacité de fonctionner de façon autonome au jour le jour. Il y aurait près d’une cinquantaine de différents types de démence. Les troubles neurodégénératifs progressent graduellement, tandis que les démences vasculaires progressent de façon séquentielle.

La démence peut être due à une détérioration des cellules nerveuses (neurones) de la couche externe (cortex) ou des structures internes (le sous-cortex) du cerveau. Les symptômes varient selon les régions du cerveau les plus affectées. Par exemple, le trouble neurodégénératif d’Alzheimer affecte les régions corticales du cerveau qui entrent en jeu dans l’acquisition ou l’apprentissage d’une nouvelle information (amnésie), dans la capacité de faire des actions qui requièrent de la dextérité ou l’usage d’outils (apraxie), dans l’utilisation du langage (aphasie) ou dans la capacité de percevoir des objets ou de reconnaître des personnes (agnosie).Le Parkinson est un autre trouble neurodégénératif qui touche principalement les régions sous-corticales, lesquelles sont à l’origine de mouvements anormaux (ex. tremblements, posture voûtée, initiation du mouvement), d’anomalies de la parole et de la voix (troubles d’élocution, bégaiement) et de difficultés d’attention. De plus, les problèmes de la mémoire sont liés davantage à la récupération qu’à l’acquisition de l’information.

Prévalence de la démence

Environ 6.4 % de la population canadienne souffre d’une certaine forme de démence, mais sa prévalence augmente considérablement avec l’âge. La démence touche à peine 2 % des personnes âgées de 65 à 74 ans, mais frappe 30% des 85 ans et plus.

Quels sont les états attribuables à la démence?

Le syndrome d’Alzheimer représente environ 50 % de tous les cas. Il affecte les neurones graduellement jusqu’à leur dégénérescence très avancées. Le premier symptôme le plus courant chez la personne atteinte est la perte de mémoire. Elle ne parvient pas à se souvenir de conversations récentes et d’événements personnels significatifs. L’oubli des noms de personnes familières, même celui de membres de sa famille, et le manque du bon mot pour exprimer sa pensée sont d’autres symptômes précoces.

Le syndrome d’Alzheimer progresse lentement et peut durer plusieurs années avant son décès. Pendant ce temps les fonctions cognitives sont affectées notamment le langage, l’orientation spatiale, la perception et la capacité d’exécuter ses propres habiletés. Le plus souvent, la personne doit être alitées au cours des dernières années et elle décède de causes secondaires, des suites d’une infection, par exemple.

La démence vasculaire apparaît à la suite de dommages répétés à des régions du cerveau causés par des blocages dans les vaisseaux sanguins. Elle peut se produire suite à plusieurs accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou suite à de très brèves périodes de désordre du débit sanguin au cerveau (accident ischémique transitoire ou AIT). Les symptômes varient en fonction de la région affectée. Les fonctions cognitives peuvent empirer, à cause des effets immédiats d’un AVC ou d’un AIT, mais il peut aussi avoir de faibles périodes d’amélioration. Cependant, si la personne subit d’autres AVC, sa condition fonctionnelle s’aggrave.

La maladie des corps de Lewy est la troisième cause la plus commune des troubles neurodégénératifs. Les personnes atteintes manifestent des symptômes semblables à ceux souffrant de la maladie de Parkinson, notamment des tremblements, de la raideur et de la rigidité dans les mouvements et des expressions faciales immuables, ainsi que des problèmes cognitifs tels que la perte de mémoire, l’attention fluctuante, des difficultés de raisonnement et dans la composition d’une séquence de mouvements. Les personnes souffrant de la maladie des corps de Lewy ont souvent des hallucinations visuelles, le moins souvent des hallucinations auditives. Comme pour le syndrome d’Alzheimer, sa progression est lente.

Bien d’autres états sont à l’origine de troubles neurodégénératifs, entre autres:

  • le trouble neurodégénératif de Parkinson ;
  • le trouble neurodégénératif mixte Alzheimer-vasculaire ;
  • l’encéphalopathie traumatique chronique ;
  • le trouble neurodégénératif fronto-temporal ;
  • l’encéphalite limbique ;
  • l’hydrocéphalie à pression normale ;
  • la paralysie supra nucléaire progressive ;
  • la maladie de Jakob-Creutzfeldt ;
  • la dégénérescence corticobasale ;
  • l’atrophie multi-systémique ;
  • la calcification idiopathique des noyaux gris centraux ;
  • la sclérose amyotrophique latérale ;
  • la maladie de Korsakoff ;
  • la maladie de Huntington.

Certains troubles neurodégénératifs sont-ils réversibles

Oui, s’ils ont été causes a l’origine par, entre autre :

  • la dépression ;
  • une intoxication médicamenteuse ;
  • un déséquilibre métabolique et nutritionnel ;
  • une déficience de la vitamine B12 ;
  • l’hydrocéphalie à pression normale ;
  • l’hypothyroïdisme ;
  • des affections cardio-vasculaires.

Savons-nous ce qui cause le syndRome d’alzheimer et d’autres types de troubles neurodégénératifs?

Au cours des vingt dernières années, de la recherche prometteuse (mais aussi décevante) a été entreprise en vue d’identifier la dysfonction neurologique qui caractérise le syndrome d’Alzheimer. Le consensus est qu’il y a plusieurs causes qui nécessiteront une combinaison d’efforts thérapeutiques, incluant des interventions cognitives et comportementales.

Une petite part (2%) du syndrome d’Alzheimer est héréditaire, mais dans la majorité des cas, les causes exactes demeurent inconnues. Il y a des facteurs génétiques qui prédisposent une personne à développer le syndrome. Or, même les individus qui portent ces caractéristiques ne le développent pas nécessairement, ce qui a conduit les scientifiques à penser qu’il y a une interaction entre l’environnement et la composition génétique.

Y a-t-il des traitements pour troubles neurodegeneratifs?

Aujourd’hui, un certain nombre de médicaments permettent d’atténuer les symptômes du syndrome d’Alzheimer, mais ils ne la guérissent pas, non plus qu’ils ne la préviennent.  Le donépézil (Aricept (marque déposée)), la mémantine (Ebixa (marque déposée)) et le rivastigmine (Exelon (marque déposée)) sont des exemples de ces médicaments.

Des traitements cognitifs et comportementaux sont également utilisés pour aider la personne et son aidant naturel à atténuer les effets des troubles cognitifs spécifiques. La personne manifestant une perte de mémoire, en début de maladie, peut apprendre à utiliser des aide-mémoires comme un planificateur de journée ou un assistant personnel électronique (APE) pour aider à se souvenir des choses. Un environnement bien conçu peut aussi contribuer réduire de beaucoup les déficiences. Un soutient durable au partenaire principale et l’entrainement aux techniques de gestion de comportement sont aussi très utiles.

Qu’est-ce qu’un trouble cognitif léger (TCL)?

Le TCL est un état caractérisé par la dégradation d’un processus cognitif ou plus, mais qui n’a pas d’incidence importante sur la capacité de l’individu de fonctionner de façon autonome. Les causes peuvent être tout aussi variées que celles des troubles neurodégénératifs.

 Une bonne proportion des individus atteints d’un TCL développera éventuellement un trouble neurodégénératif. On estime qu’après 5 ans, pour environ 50 % des individus leur TCL évoluera en une forme ou une autre de trouble neurodégénératif, le plus souvent le syndrome d’Alzheimer. Cependant, les TCL sont difficile à diagnostiquer car près de 25% des cas n’aurons plus le diagnostic lors d’une réévaluation.

Que peuvent faire les psychologues pour aider les personnes atteintes de déficiences cognitives et de troubles neurodégénératifs?

Les conséquences de divers troubles neurodégénératifs sont les déficiences cognitives graves (comme les troubles de la mémoire, de la perception, du langage et de fonctions exécutives) causées par les dommages neurologiques sous-jacents.

Les psychologues ont beaucoup à offrir dans l’évaluation des fonctions cognitives épargnées et perdues, à poursuivre des pistes de recherche clinique, et aider à concevoir des programmes d’intervention visant à minimiser les effets des déficiences cognitives.

Les psychologues peuvent aider notamment en :

  • administrant des évaluations neuropsychologiques qui sont des outils sensibles et efficaces lorsque combinés à une variété de biomarqueurs pour le diagnostic des nombreux trouble neurodégénératifs ;
  • fournissant aux patients et leur proches les connaissances nécessaires qui amène à comprendre l’altération des fonctions cognitives et la façon qu’elle opère des changements dans le comportement et l’incidence sur les activités quotidiennes de la personne ;
  • fournissant des techniques de réadaptation cognitive pour aider à alléger les effets de leurs déficiences ;
  • enseignant aux membres de la famille, aux amis ou aux fournisseurs de soins, des moyens d’aider la personne ;
  • fournissant aux membres de la famille, aux amis ou aux fournisseurs de soins, des moyens de composer avec les comportements parfois difficiles des personnes souffrant de déficience cognitive ;
  • donnant l’accès à du matériel d’éducation et à des services de soutien communautaire de valeur.

Signes d’une déficience cognitive possible qui justifient un examen plus poussé

  • la personne a de la difficulté à se rappeler du nom de la personne qui lui a été présentée récemment ;
  • il faut lui répéter les questions ou les commentaires parce qu’elle n’est pas en mesure de se souvenir de l’information ;
  • elle a besoin de rappels pour s’assurer qu’elle n’oublie pas ses rendez-vous ;
  • elle oublie de prendre ses médicaments – ce qui peut signifier qu’elle ne prend pas ses médicaments ou qu’elle les prend deux fois parce qu’elle a oublié les avoir déjà pris ;
  • elle oublie des événements récents comme des vacances, des anniversaires, de payer les comptes à temps ;
  • elle égare ou perd de ses choses ;
  • elle se perd dans un entourage familier ou ne reconnaît pas les points de repère ;
  • elle éprouve de la difficulté à se souvenir du nom d’une personne qu’elle connaît bien et elle éprouve de la difficulté à trouver le mot le plus approprié à utiliser.

Nota : Pour qu’ils soient significatifs ces problèmes doivent se manifester plus fréquemment que pour la personne moyenne du même âge.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Consultez un psychologue agréé pour savoir si une intervention psychologique peut vous aider, vous et votre famille. Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

Ce feuillet d’information a été préparé pour la Société canadienne de psychologie par Dr Guy Proulx, Directeur du Centre de santé cognitive du campus Glendon de l’Université York. https://centerforcognitivehealth.ca/fr/

Date : 2 avril 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

Société canadienne de psychologie
141, avenue Laurier Ouest, bureau 702
Ottawa (Ontario) K1P 5J3
Tél. : 613-237-2144

Numéro sans frais (au Canada) :  1-888-472-0657

Fiche d’information sur les mesures de soutien fédéral pour les employeurs touchés par la COVID-19

Pendant l’actuelle pandémie de COVID-19, plusieurs gouvernements canadiens ont annoncé des programmes destinés à soutenir les employeurs dans le but précis d’atténuer certaines des conséquences économiques de la réponse du Canada pour les petites entreprises.

En raison de la distanciation sociale et des autres politiques mises en place, l’activité économique au Canada a considérablement ralenti. Cela engendre des difficultés financières pour les entreprises qui poursuivent leurs activités. 

Les initiatives du gouvernement évoluent de jour en jour, et la présente fiche d’information sera mise à jour régulièrement pour suivre l’évolution des choses.

Même si cette fiche d’information porte sur les initiatives fédérales, le lecteur est encouragé à vérifier, auprès de son gouvernement provincial et municipal, si du soutien supplémentaire est offert.

Gouvernement fédéral

Subvention salariale temporaire pour les employeurs 

De quoi s’agit-il? La subvention salariale temporaire pour les employeurs est une mesure de trois mois qui permettra aux employeurs admissibles de réduire le montant des retenues à la source à remettre à l’Agence du revenu du Canada (ARC). Cette mesure remplace un programme de subvention annoncé précédemment.

La subvention équivaut à 75 % de la rémunération que vous versez du 15 mars 2020 au 15 juin 2020, jusqu’à 1 375 $ pour chaque employé admissible à un montant maximum total de 25 000 $ par employeur.

Qui peut faire une demande? Les employeurs admissibles sont les organismes sans but lucratif, les organismes de bienfaisance enregistrés ou les sociétés privées sous contrôle canadien (SPCC).

Comment faire une demande : cette subvention est calculée pour réduire le versement courant de retenues à la source d’impôt sur le revenu fédéral, provincial ou territorial que vous envoyez à l’ARC, du montant de la subvention.

Pour plus d’informations : https://www.canada.ca/fr/agence-revenu/campagnes/mise-a-jour-covid-19/foire-aux-questions-subvention-salariale-temporaire-petites-entreprises.html

Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC)

De quoi s’agit-il? La SSUC accorde un remboursement pouvant aller jusqu’à 75 % du salaire d’un employé (maximum 847 $/semaine), pendant 12 semaines (du 15 mars au 6 juin).

Qui peut faire une demande? Les employeurs admissibles, à savoir les particuliers, les sociétés imposables publiques et privées, les partenariats constitués d’employeurs admissibles, les organismes sans but lucratif et les organismes de bienfaisance, qui font face à une baisse de revenus d’au moins 30 % par rapport à l’année précédente (année s’écoulant entre mars 2019 et mars 2020) ou une baisse de 15 % par rapport à l’année précédente (pour avril et mai).

Comment faire une demande : les entreprises pourront demander la SSUC en ligne par l’intermédiaire du portail Mon dossier d’entreprise de l’ARC ou d’une application Web, qui devrait être accessible d’ici la fin d’avril.

Pour plus d’informations : https://www.canada.ca/fr/ministere-finances/plan-intervention-economique/subvention-salariale.html

Programme de prestations supplémentaires de chômage (PSC)

De quoi s’agit-il? Les employeurs peuvent mettre en place un régime de prestations supplémentaires de chômage (PSC) afin de bonifier la rémunération hebdomadaire de leurs employés lorsque ceux-ci se retrouvent sans emploi en raison d’un arrêt temporaire de travail. Les sommes versées ne constituent pas une rémunération et ne sont pas déduites des prestations d’assurance-emploi.

Qui peut faire une demande? Les employeurs qui subissent un arrêt temporaire de travail en raison d’une formation, d’une maladie, d’une blessure ou d’une mise en quarantaine.

Comment faire une demande : les régimes de prestations supplémentaires de chômage sont enregistrés par Service Canada. L’enregistrement doit être effectué avant la date d’entrée en vigueur du régime. Les agents du Programme de PSC évaluent les régimes de prestations supplémentaires de chômage des employeurs en fonction des exigences énoncées dans le Règlement sur l’assurance-emploi. De plus, ils aident les employeurs à concevoir des régimes de prestations supplémentaires de chômage qui répondent aux exigences du Règlement.

Pour plus d’informations : https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social/programmes/assurance-emploi/ae-liste/assurance-emploi-employeurs-supplement-chomage.html

Programme de Travail partagé

De quoi s’agit-il? Le Travail partagé (TP) est un programme qui aide les employeurs et les employés à éviter les mises à pied lorsqu’il y a une diminution temporaire du niveau d’activité normale de l’entreprise, qui est indépendante de la volonté de l’employeur. Le programme fournit des prestations d’assurance-emploi aux employés admissibles qui acceptent de réduire leurs heures normales de travail et de partager le travail disponible pendant la relance de l’entreprise. Le Travail partagé est un accord entre les employeurs, les employés et le gouvernement du Canada.

Le gouvernement du Canada a mis en place une mesure spéciale temporaire de travail partagé pour les employeurs qui sont touchés par le ralentissement des activités à cause de la COVID-19.

Qui peut faire une demande? Généralement utilisé pour les travailleurs de la sylviculture et de la sidérurgie, ce programme a été élargi à tous les employeurs du 15 mars 2020 au 14 mars 2021, et la durée maximale d’une entente est passée de 38 semaines à 76 semaines.

Comment faire une demande : les employeurs doivent présenter une demande de participation à un accord de Travail partagé et remplir un formulaire d’unité de Travail partagé, puis ils doivent envoyer le tout au bureau de Service Canada de leur région. (Pour en savoir plus : https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social/ministere/avis/coronavirus.html).

Pour plus d’informations : https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social/ministere/avis/coronavirus.html

Ressources pour les entreprises

Soutien au financement et à la trésorerie des entreprises

Programme de crédit aux entreprises (PCE)

De quoi s’agit-il? Le Programme de crédit aux entreprises (PCE) vise à aider les entreprises canadiennes à obtenir du financement durant cette période de grande incertitude.

Comment faire une demande? Les employeurs qui souhaitent obtenir du financement par l’intermédiaire du PCE doivent communiquer avec les institutions financières avec lesquelles ils entretiennent déjà des liens d’affaires, afin que l’institution financière puisse évaluer leur dossier.

Pour plus d’informations : https://www.canada.ca/fr/ministere-finances/programmes/politique-secteur-financier/programme-credit-entreprises.html

Le 27 mars 2020, le gouvernement fédéral a lancé deux programmes supplémentaires, sans en annoncer les détails. Ces deux programmes sont :

Programme de garantie et de prêts pour les petites et moyennes entreprises  40 000 $ sous forme de prêts garantis par le gouvernement à des petites entreprises et à des organismes sans but lucratif afin d’aider à couvrir les coûts d’exploitation au cours d’une période où les recettes ont diminué en raison de la COVID-19. Il s’agit de prêts sans intérêt.

Programme de garantie et de prêts pour les PME  40 milliards de dollars par l’intermédiaire de la BDC et d’EDC pour aider les PME qui ont besoin de soutien supplémentaire afin de répondre à leurs besoins en matière de flux de trésorerie opérationnels.

La présente fiche d’information sera mise à jour dès que des détails supplémentaires seront annoncés.

Autres programmes

Souplesse pour les entreprises qui produisent des déclarations de revenus

De quoi s’agit-il? La date limite de paiement des montants de l’impôt sur le revenu qui deviennent exigibles à compter du 18 mars et avant le 1er septembre 2020 est reportée au 1er septembre 2020. Cela signifie qu’aucune pénalité ni aucun intérêt ne vous sera imposé si le paiement de votre solde d’impôt à payer est effectué avant le 1er septembre 2020.

Pour plus d’informations : https://www.canada.ca/fr/agence-revenu/campagnes/mise-a-jour-covid-19.html

 

Le présent feuillet d’information a été rédigé pour la Société canadienne de psychologie

Date : le 15 avril, 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la SCP, veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

Société canadienne de psychologie
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Série « La psychologie peut vous aider » : Les défis émotionnels et psychologiques auxquels sont confrontés les fournisseurs de soins de santé de première ligne pendant la pandémie de COVID-19

Pendant que le monde entier est confronté aux défis engendrés par la pandémie de COVID-19, nous vivons tous une période de grande incertitude et de changement. Bien que certains facteurs de stress soient universels, les fournisseurs de soins de santé de première ligne font face aussi à des défis particuliers, étant exposés au risque d’être infectés ainsi qu’aux conséquences émotionnelles et psychologiques qu’ils risquent de subir pendant une période où la pression médicale est forte et constante.

L’information qui suit vise à aider les fournisseurs de soins de santé de première ligne de toutes les disciplines professionnelles de la santé à mieux reconnaître les défis et les facteurs de stress auxquels ils pourraient faire face pendant la pandémie de COVID-19. Une sensibilisation accrue au stress et aux stratégies à utiliser pour faire face aux pressions exercées sur les soins de santé de première ligne peut aider à traverser cette période difficile. Pour s’adapter, les fournisseurs de soins de santé ne sont pas sans ressources; ils peuvent puiser dans leurs ressources et leurs forces personnelles, rechercher le soutien de leurs amis, leur famille ou leurs collègues ou consulter un psychologue ou un autre professionnel de la santé mentale.

Voici quelques défis que rencontrent les fournisseurs de soins de santé de première ligne en ces temps de pandémie :

Surcharge d’informations sur la COVID-19

De nombreux fournisseurs de soins de santé de première ligne auront sûrement du mal à répondre OUI à la question : « Y a-t-il un moment, dans votre journée, où vous ne pensez pas à la COVID-19 ou ne parlez pas de la pandémie? » Étant donné que la prise en charge directe ou indirecte de la COVID-19 est, à l’heure actuelle, un aspect indispensable du travail des fournisseurs de soins de santé de première ligne, la recherche d’informations supplémentaires risque d’être contre-productive. Nous sommes aussi dans une situation où plusieurs règles destinées au grand public ne s’appliquent pas aux fournisseurs de soins de santé de première ligne (p. ex., rester à la maison). D’une certaine manière, cela peut être angoissant ou déroutant, et le fait de rechercher des informations relatives à la COVID-19 qui ne s’appliquent pas directement à soi n’est pas très utile. Se réserver du temps pour parler et discuter d’autre chose que la COVID-19 et faire des activités qui n’ont rien à voir avec la pandémie peut être bénéfique sur le plan émotionnel et sur le plan de la fatigue, et améliorer la présence et l’implication au travail.

  • Plusieurs fournisseurs de soins de santé de première ligne reçoivent beaucoup de questions et de demandes de renseignements sur la COVID-19 de la part d’amis et de membres de leur famille. Par exemple, il se peut que les proches se demandent ce qu’ils doivent faire pour se protéger ou ce qu’il se passe dans les milieux médicaux, et les fournisseurs de soins de santé de première ligne peuvent se sentir obligés de répondre et d’en parler. En ce moment, le public a accès facilement à de l’information crédible. Dans ce contexte, les fournisseurs de soins de santé de première ligne pourraient envisager de demander à leurs proches de parler d’autre chose que de la COVID-19 et expliquer pourquoi cela les aiderait. Les amis et la famille pourraient en profiter pour apporter leur soutien de cette manière et ne sont probablement pas conscients des effets que peut avoir sur les fournisseurs de soins de santé le fait de se concentrer uniquement sur la COVID-19.
  • Les fournisseurs de soins de santé dont les cercles sociaux sont composés principalement d’autres professionnels de la santé pourraient trouver utile de réserver du temps (p. ex., 15 minutes) au début des rencontres virtuelles pour parler d’autre chose que de la COVID-19. Cela donnerait également aux participants la possibilité de ne pas participer aux discussions ultérieures relatives à la pandémie si c’est ce qu’ils souhaitent.
  • En gardant à l’esprit la sursaturation d’informations sur la COVID-19, le début de la journée est le moment idéal pour apporter des changements à sa routine. Au lieu de se réveiller et de vérifier son téléphone au saut du lit, il peut s’avérer utile de prendre la décision consciente de sortir du lit, d’aller à la salle de bains, de se brosser les dents, voire de prendre une douche avant de prendre la décision consciente de vérifier ses messages. Bien qu’il s’agisse d’un moment où tout semble urgent, les choses peuvent attendre qu’on ne soit brossé les dents.
  • Lorsque c’est possible, il pourrait être judicieux de prévoir du temps dans la journée pour lire les actualités/courriels/réseaux sociaux, si nécessaire, au lieu de le faire tout au long de la journée. Les médias sociaux servent souvent à prendre une courte pause pendant la journée, mais dans le contexte actuel, le contenu qui y circule n’aidera probablement pas à se changer les idées. Il pourrait s’avérer utile de trouver d’autres activités à faire soit pendant de courtes pauses au travail ou pendant de plus longues périodes à la maison, comme écouter de la musique, bouger ou lire un livre.
  • Il est fort probable que, du fait de leur travail sur la ligne de front, les travailleurs de la santé voient passer dans leurs fils d’actualités et leurs boîtes de courriels une quantité excessive d’informations et de contenu liés à la COVID-19. Cela peut donner une vision déformée de ce qui se passe dans les milieux non médicaux, dont une grande partie est admirable. Par exemple, des personnes qui sont en isolement chez elles ou qui respectent les consignes de distanciation physique trouvent des façons originales de se rencontrer en ligne (p. ex., en mangeant ensemble à distance via Zoom ou Facetime, etc.), l’habitude de téléphoner à ses amis et aux membres de sa famille refait surface, s’ajoutant aux messages textes, les salles de sport et les studios de danse proposent des cours en ligne gratuits, des artistes donnent des cours en ligne gratuits, des musées et des galeries d’art proposent des visites virtuelles gratuites et, dans tout le pays, des gens sortent avec des casseroles à 19 h 30 chaque soir pour manifester leur soutien aux fournisseurs de soins de santé. Le fait de reconnaître que le monde existe au-delà des murs des hôpitaux, même pendant la pandémie, peut être réconfortant pour les fournisseurs de soins de santé de première ligne, tout comme le fait de savoir qu’à l’extérieur de ces murs, les gens sont très reconnaissants des sacrifices que font les fournisseurs de soins de santé de première ligne pour la sécurité de tous.
  • Bien que de nombreuses activités en ligne soient actuellement offertes, les fournisseurs de soins de santé de première ligne n’ont pas nécessairement le temps d’explorer ces activités. Par exemple, beaucoup d’activités en ligne, interactives, amusantes et gratuites pour les enfants de tous âges sont offertes en ligne. Les amis ou les membres de la famille peuvent aider en trouvant de l’information sur ces activités et en la partageant, ce qui allégera la tâche des fournisseurs de soins de santé de première ligne qui ont des enfants.

Peur et incertitude au sujet de sa propre sécurité et celle des autres

On le comprend aisément, de nombreux fournisseurs de soins de santé de première ligne éprouvent de la peur et de l’anxiété quant au risque d’être infectés et à la possibilité de contaminer des personnes de leur entourage. Garder ces craintes pour soi et essayer de tenir bon peut être efficace un certain temps, mais ce ne sont pas des stratégies durables, en particulier en cette période de stress prolongé et constant, exigeante physiquement et émotionnellement, sans que l’on sache exactement quand tout cela va finir. Déterminer lesquelles de ces craintes vous affectent est la première étape à franchir pour établir les stratégies qui vous aideront à les surmonter. Dans certaines circonstances, vous aurez besoin de soutien, qu’il s’agisse de soutien individuel ou professionnel, ou de l’aide d’un fournisseur de soins de santé, comme votre médecin de famille, un psychologue ou un autre professionnel de la santé mentale.

  • De nombreux fournisseurs de soins de santé de première ligne ont été confrontés à la crainte de ne pas disposer d’équipement de protection individuelle suffisant ou adéquat et ont dû prendre des décisions qui ne semblaient pas prudentes, mais qui étaient adaptées à la situation. Dans certains secteurs, les individus savent qu’ils contracteront la maladie; ils ne savent tout simplement pas quand.
  • Les fournisseurs de soins de santé qui doivent se placer en isolement ou qui étaient déjà en congé au moment de l’éclosion risquent d’éprouver un sentiment de malaise ou de culpabilité car ils peuvent avoir l’impression de faillir à leur tâche à un moment où le public a grandement besoin d’eux. L’autodivulgation des symptômes et l’isolement, lorsqu’ils sont prescrits, constituent une mesure très importante. Étant donné que la situation risque de durer encore un certain temps, il y aura des périodes où les professionnels de la santé seront incapables de travailler. Utiliser ce temps de répit pour se reposer et « refaire le plein » peut être bénéfique pendant et après, en améliorant la préparation et la résilience au moment de retourner au travail. Cependant, pour certaines personnes, il sera difficile de profiter de cette période pour se concentrer sur leur guérison, prendre soin d’elles ou faire des activités amusantes au lieu de ruminer sur le fait de ne pas travailler et de se surcharger d’information sur la COVID-19.
  • Certains fournisseurs de soins de santé de première ligne sont confrontés à des décisions difficiles pour protéger leur famille et décident, dans certains cas, de se séparer d’elle. Dans une telle situation, il serait judicieux de réfléchir à des moyens créatifs de rester en contact avec ses proches sans s’imposer des exigences déraisonnables. Par exemple, se connecter à Zoom ou à Facetime brièvement pendant que les enfants mangent, jouent ou se préparent à aller se coucher sans être obligés de discuter de choses importantes peut aider à maintenir un certain lien malgré cette séparation forcée. En dehors du travail, lire une histoire de manière virtuelle ou demander à son enfant de raconter sa journée peut également contribuer à maintenir le contact.
  • Bien qu’il devienne naturel pour les fournisseurs de soins de santé de première ligne de prendre soin des autres ou d’avoir de la compassion, il est parfois difficile d’être compatissant envers soi-même. Souvent, les individus qui sont très empathiques trouvent difficile d’être bienveillants envers eux-mêmes; au lieu de cela, ils se livrent à une autocritique sévère en présence d’un défi. En l’absence de bienveillance envers soi-même, la probabilité d’épuisement professionnel augmente. Pendant cette période où il faut se mettre au service des autres, les fournisseurs de soins de santé devraient trouver des moyens de faire preuve de chaleur et de prendre soin d’eux-mêmes. Face à l’autocritique et au défi, demandez-vous ce que vous diriez à une personne qui se trouverait dans la même situation que vous, un collègue ou un ami. Quel ton de voix utiliseriez-vous? Quels mots utiliseriez-vous pour les soutenir avec compassion?

Difficulté à rester présent et à répondre à ses besoins

Apprendre à rester présent et concentré devant le stress et la lourde charge de travail est important pour les fournisseurs de soins de santé de première ligne, et c’est peut-être encore plus important pendant une période de stress intense et constante sans date de fin connue.

  • L’anxiété peut nuire à la capacité d’être présent car elle pousse à ruminer sur le passé ou à s’inquiéter de l’avenir. Pour rester présent et répondre à ses besoins dès qu’ils se présentent, prendre quelques secondes à différents moments de son quart de travail pour faire des étirements, prendre une gorgée d’eau de manière attentive, prendre quelques respirations lentes ou nommer ses émotions peut vraiment aider. Certains fournisseurs de soins de santé se livrent régulièrement à ces brefs moments de présence attentive (p. ex., avant de passer au prochain patient, avant ou après rédigé leurs notes médicales, avant d’entrer dans le lieu de travail) pour améliorer leur travail et leur efficacité cliniques.
  • Dans le contexte de la pandémie, il est possible que les individus aient tendance à se préparer excessivement (voir la surcharge d’informations sur la COVID-19), ce qui est contre-productif, voire improductif. Tenter de lire suffisamment et de se documenter suffisamment jusqu’à ce qu’on se sente « prêt » peut poser problème dans la situation actuelle, où beaucoup de choses sont impossibles à prédire. Il pourrait être utile de se demander : est-ce que je lis cela pour diminuer mon anxiété ou parce que je dois le faire pour bien effectuer mon travail et que cela aura un impact direct sur mon travail demain ou après-demain? Les fournisseurs de soins de santé savent comment faire face aux imprévus et il peut être rassurant pour eux de se rappeler qu’ils le feront à nouveau pendant la pandémie.
  • Il se peut que les fournisseurs de soins de santé de première ligne voient s’aggraver leurs problèmes de santé préexistants ou développent de nouveaux problèmes de santé pendant cette période de stress intense et exigeante sur le plan physique; la réalisation du travail difficile qui leur est demandé peut, par conséquent, devenir plus ardue. De nombreux types de soins de santé physique et de soutien psychosocial sont désormais dispensés à distance, en ligne ou par téléphone; ils peuvent être fournis selon un horaire flexible et hors des périodes de pointe. À titre de fournisseur de soins de santé de première ligne, vous pourriez envisager de recourir à ces soins en consultant un physiothérapeute en ligne, par exemple, pour faire face à tout ce que vos tâches actuelles imposent à votre corps ou encore, communiquer avec un psychologue ou un autre professionnel de la santé mentale pour obtenir de l’aide et pour résoudre les problèmes auxquels vous êtes confrontés. Il peut être avantageux de vérifier, ou de demander à votre conjoint de vérifier les prestations d’assurance-maladie complémentaire qui vous sont offertes par l’intermédiaire de votre employeur ou par un assureur privé. De plus, de nombreuses initiatives ont été mises en place partout au pays pour offrir des services aux fournisseurs de soins de santé de première ligne. C’est aussi le moment de veiller à renouveler vos ordonnances et de continuer à prendre soin de vous, dans la mesure du possible.
  • En plus de faire face à la peur et à l’anxiété liées à la multiplication des besoins de la population dans le contexte de la COVID-19, les fournisseurs de soins de santé de première ligne doivent s’adapter à des procédures et des façons de faire nouvelles, ce qui peut engendrer du stress. Par exemple, l’utilisation d’un équipement de protection individuelle nouveau et la nécessité de maintenir la distance physique dans certaines circonstances peuvent modifier la façon dont les membres de l’équipe communiquent entre eux ou ajouter à l’inconfort physique; le fait de travailler avec de nouvelles équipes et dans de nouveaux environnements en raison du redéploiement peut rendre des procédures, même familières, moins familières, plus lourdes et plus inconfortables; le fait de travailler avec des collègues qui sont également confrontés à beaucoup de stress et à une lourde charge de travail peut avoir un impact sur le ton émotionnel des interactions au travail. Il peut s’avérer utile d’être conscient de l’impact cumulatif des facteurs de stress, même ceux de moindre importance; cela peut inciter les individus à utiliser des stratégies utiles pour y faire face (p. ex., utiliser des moyens pour être présent, manger le matin plutôt que de partir le ventre vide, s’étirer régulièrement pour soulager la tension musculaire plutôt qu’attendre que la douleur ou l’inconfort augmentent).
  • Pendant la pandémie, les activités habituelles et les lieux de socialisation, qui ajoutent du sens et du plaisir et améliorent la santé, ne sont plus accessibles, du moins physiquement. Le fait de ne pouvoir assister aux services religieux auxquels on est habitué, de ne pouvoir assister à son cours de conditionnement physique préféré, de ne pouvoir courir avec son groupe de course ou de ne pouvoir se réunir avec ses amis autour d’un brunch peut compliquer la recherche d’un équilibre face aux fortes exigences du travail. Il est temps de se rappeler que, pour l’instant, cela n’est pas possible et qu’il vaut mieux se concentrer sur ce qui l’est. Trouver des façons créatives d’interagir avec ses proches de manière virtuelle et profiter des nombreuses activités amusantes, accessibles en ligne gratuitement peut grandement aider. Si l’on se sent trop épuisé pour étudier ces options, les amis ou les membres de la famille qui ne sont pas des professionnels de la santé peuvent le faire.
  • Les fournisseurs de soins de santé de première ligne devraient s’interroger sur leur consommation actuelle d’alcool ou de drogue, en particulier si elle sert à soulager le stress ou engourdir l’inconfort ou la douleur émotionnelle, à aider à dormir, ou si elle est plus fréquente. Certaines personnes pourraient avoir déjà eu des problèmes de toxicomanie dans le passé, et l’augmentation du stress et du temps passé seul en dehors du travail occasionnée par la pandémie risque de faire réapparaître ces stratégies d’adaptation problématiques.
  • En plus d’envisager des stratégies ou de recourir à des ressources pour régler ses problèmes de sommeil, il peut s’avérer utile d’envisager des moyens de restreindre son propre sommeil même si l’on n’éprouve aucune difficulté à s’endormir ou à rester endormi. Par exemple, certains fournisseurs de soins de santé de première ligne se couchent plus tard pour faire des lectures sur la COVID-19 en consultant les médias sociaux ou pour regarder les nouvelles. Une fois de plus, si l’on consulte son téléphone après s’être réveillé durant la nuit, on risque de ne pouvoir se rendormir. Il est également important de prendre conscience des autres facteurs, outre le sommeil, qui contribuent à la fatigue, comme l’alimentation et l’activité physique.
  • Même pour les fournisseurs de soins de santé de première ligne, il demeure important de soutenir leurs proches en cette période de stress. Parfois, les fournisseurs de soins de santé veulent protéger leurs proches de leurs inquiétudes ou de leur stress. Les fournisseurs de soins de santé auraient intérêt à réfléchir à la façon et au moment de demander le soutien de leurs proches et à communiquer à ceux-ci ce qui ne leur est pas utile à l’heure actuelle. Le fait d’être un fournisseur de soins de santé ne rend pas invulnérable à l’inquiétude et au stress liés à la COVID-19 et les amis et les membres de la famille qui ne sont pas médecins le comprendront.

Que peuvent faire les psychologues?

En ce qui concerne l’impact potentiel du stress que subissent les travailleurs en raison de la pandémie de COVID-19, les psychologues sont formés pour évaluer et aider les personnes à faire face, par exemple, à l’anxiété, à la peur, à la détresse, aux traumatismes et au deuil. L’apprentissage de compétences permettant de tolérer et de faire face à l’incertitude, la correction d’habitudes malsaines anciennes ou nouvelles, le traitement des troubles du sommeil, la recherche de soutien pour faire face à des relations tendues et la recherche de moyens de maintenir la résilience dans des situations difficiles ne sont que quelques exemples de ce que l’on peut choisir d’aborder avec un psychologue dans le cadre d’une relation thérapeutique de soutien et confidentielle.

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour obtenir des renseignements importants et à jour sur la COVID-19, visitez le site Web de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) à l’adresse https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/2019-nouveau-coronavirus.html.

La SCP met régulièrement à jour sa page de ressources sur la COVID-19 en lien avec la psychologie : https://cpa.ca/fr/corona-virus/.

Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/.

La présente fiche d’information a été préparée pour la SCP par Anita Gupta, Ph. D., C.Psych., psychologue clinicienne en santé et réadaptation dont les clients sont des médecins qui travaillent en première ligne à Toronto, en Ontario.

Date : 29 mars 2020

Votre opinion est importante! Si vous avez des questions ou des commentaires sur les fiches d’information de la série « La psychologie peut vous aider », veuillez communiquer avec nous : factsheets@cpa.ca.

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Série « La psychologie peut vous aider » : Aider les adolescents à faire face aux impacts et aux restrictions liés à la COVID-19

Les adolescents peuvent être fortement affectés par les crises de santé publique comme le nouveau coronavirus (COVID-19). Les directives de santé publique visant à réduire la transmission se traduisent par l’annulation d’activités sportives et récréatives organisées, des fêtes et des voyages scolaires, et par des pertes d’emploi ou la réduction des heures de travail; en outre, les jeunes ne peuvent plus socialiser entre eux et risquent de perdre l’apprentissage scolaire en classe – les bals de finissants, la remise des diplômes et les examens suivront peut-être bientôt. Ces impacts, associés à l’exposition indirecte au virus par l’intermédiaire des médias sociaux et de la couverture médiatique à la télévision, peuvent mettre à l’épreuve leur capacité d’adaptation, et ce, de manière importante.

Les facteurs de stress liés à la COVID-19 arrivent à une période où les adolescents vivent de nombreux changements physiques, sociaux et émotifs propres à leur âge. Au moment où ils développent leur identité propre, leurs croyances et leurs valeurs, les adolescents sont probablement plus susceptibles que les adultes d’agir impulsivement, de repousser les limites et de revendiquer leur invincibilité. Ces comportements peuvent les rendre particulièrement à risque de contracter une maladie infectieuse comme la COVID-19.

Quelques réactions prévisibles

En général, la plupart des adolescents sont courageux et sensés, et disposent de bons systèmes de soutien social qui les aideront à s’adapter aux situations stressantes. Néanmoins, une situation très stressante ou une urgence de santé publique grave peut avoir de nombreux effets sur les adolescents. Voici quelques réactions courantes :

  • Inquiétudes, craintes et anxiété quant à leur sécurité et à celle de leur famille et de leurs amis
  • Crainte que d’autres urgences graves ne se produisent
  • Pensées négatives et méfiance à l’égard des autres, en particulier ceux provenant d’un autre milieu
  • Augmentation des comportements perturbateurs, par exemple, disputes, gestes de défi, crises de colère
  • Pleurs, tristesse ou sentiments dépressifs accrus
  • Difficulté accrue à se concentrer ou à être attentif
  • Variations du niveau d’énergie – diminution du niveau d’activité et sentiment de fatigue; ou augmentation du niveau d’activité, impatience et agitation
  • Problèmes de sommeil – dormir trop ou pas assez
  • Modification de l’appétit – manger trop ou pas assez

Comment les aider

Les adolescents ont besoin que les adultes qui les entourent soient attentifs à leurs émotions et à leurs réactions. Souvenez-vous que :

  • les adolescents sont capables de faire face à des situations stressantes, et vous pouvez les y aider.
  • ils expriment leurs émotions de différentes façons, directement et indirectement.
  • les adolescents ont besoin de votre réconfort; rappelez-leur qu’ils sont en sécurité et que vous êtes là pour les aider s’ils se sentent bouleversés.
  • la façon dont leurs parents et les autres adultes gèrent la situation influence les adolescents; vous devez être conscient de vos propres réactions et poser des gestes concrets pour prendre soin de vous-même.

L’état d’urgence, le confinement, les fermetures forcées et la distanciation sociale sont des expériences nouvelles pour la plupart des gens. Pendant la pandémie, vos adolescents passeront probablement beaucoup plus de temps à la maison qu’auparavant, et ce sera le cas une fois la pandémie passée; profitez de cette période pour vous rapprocher et pour passer du temps de qualité avec vos adolescents.

Ne vous alarmez pas. Nombre de réactions des adolescents, notamment les sautes d’humeur et l’attitude de contestation, sont des traits caractéristiques de l’adolescence. Vous devriez, toutefois, être attentif aux comportements nouveaux et à ceux qui vous dérangent vraiment, et faire preuve de compréhension et de soutien. Si ces comportements sont dangereux ou gravement perturbateurs ou s’ils ne cessent pas après quelques semaines, les parents, les membres de la famille ou un enseignant devrait chercher de l’aide.

D’autre part, il arrive que les adolescents fassent semblant de ne pas être affectés ou préoccupés par la situation afin de se convaincre qu’ils sont invincibles ou pour avoir l’air détachés et « cool ». En réalité, ils sont peut-être effrayés, confus et inquiets, et ont besoin de votre aide.

Voici quelques suggestions pour aider vos adolescents à faire face à la crise :

Deuil et perte. Les étapes du deuil sont le choc, le déni, la colère, la torpeur, la tristesse et la confusion; il s’agit d’une réaction normale aux pertes de toutes sortes, y compris celles associées aux pertes réelles ou redoutées lors d’une crise de santé publique. La pandémie de COVID-19 est une situation tout à fait inédite pour la plupart d’entre nous. Parce que la COVID-19 change beaucoup de choses dans notre vie quotidienne, les adolescents rateront les événements, typiques de l’adolescence, qui n’arrivent qu’une seule fois dans une vie, comme les voyages scolaires en Europe, la remise des diplômes et le bal des finissants; il n’y a aucun moyen d’arrêter ou de faire reculer le temps, et ces moments ne reviendront jamais. Même si la perte d’une vie humaine dépasse la peine d’être privé de son bal des finissants, le fait d’avoir à renoncer à des événements importants de la vie peut être douloureux pour tout le monde. Laissez vos adolescents parler des choses qu’ils ratent, prenez au sérieux leurs préoccupations et leur détresse. Écoutez-les et comprenez qu’il s’agit de grands moments de leur vie, et laissez-les faire le deuil de la perte de ces expériences. Expliquez-leur que surmonter une perte peut prendre du temps et encouragez-les à être patients avec eux-mêmes et avec les autres.

Rassurer de manière franche. Offrez du réconfort en vous basant sur les mesures concrètes prises pour résoudre la situation et expliquez l’importance de suivre les consignes de santé publique comme la distanciation sociale. Admettez que vous n’avez pas réponse à tout, et que vous ignorez, entre autres, le temps que va durer la crise. Cependant, n’hésitez pas à leur dire que beaucoup de gens travaillent pour assurer la sécurité de chacun, et qu’en suivant les directives de la santé publique, nous réduisons les chances qu’il vous arrive quelque chose, à eux ou à vous.

Écoutez ce qu’ils ont à dire sur les événements et ce qu’ils en perçoivent. Fournissez-leur, du mieux que vous le pouvez, de l’information factuelle et aidez-les à distinguer les opinions des faits. Évitez de leur faire la morale ou de les interrompre.

L’humour. Lorsque nous faisons face à des situations difficiles, il est parfois utile de regarder ou d’écouter des choses drôles. Cependant, certains adolescents peuvent faire des blagues sur des tragédies dans un effort inconscient pour se distancier de leurs peurs. Découragez les plaisanteries de mauvais goût sans pour autant couper la communication.

Colère. Les adolescents, et les gens en général, pourraient ressentir de la colère à cause de ce qu’ils ont perdu. La colère prend souvent naissance lorsqu’on se sent menacé, impuissant ou vulnérable. Faites dévier la conversation sur les sentiments profonds; n’hésitez pas à leur dire comment vous vous sentez et discutez avec eux des façons de faire face à ces sentiments.

Affection. Soyez patients envers les adolescents et envers vous-mêmes. Trouvez des façons simples de prouver tous les jours aux adolescents que vous les aimez : soyez affectueux, félicitez-les et ayez du plaisir ensemble.

Réconforter les amis. Si les adolescents ont des amis qui ont été touchés directement par la COVID-19, aidez-les à trouver des façons de les réconforter; ils peuvent éviter de leur parler par crainte de causer plus de douleur. Ils auront peut-être besoin d’aide, surtout en cette période de distanciation sociale, pour trouver des façons d’apporter leur réconfort et leur appui.

Réseaux sociaux et reportages à la télé. Peut-être voudrez-vous, vous et votre adolescent, limiter l’accès aux nouvelles sur le virus. Il ne faut pas protéger les adolescents des faits concernant le virus, mais s’ils regardent trop de reportages, ils pourraient, tout comme n’importe qui d’ailleurs, être submergés par les émotions et l’anxiété. Regardez ensemble les reportages à la télé et parlez de ce que vous voyez, entendez et ressentez.

Maintenir la routine familiale. Maintenez vos habitudes, en particulier en ce qui concerne l’heure du coucher et les repas. Les horaires sont utiles : heure du lever, travaux scolaires, temps libre, temps à l’extérieur, lorsque c’est possible.

Pour la plupart d’entre nous, les moments de stress ne sont pas les meilleurs moments pour prendre des décisions importantes. Si les adolescents sont très bouleversés par la crise de la COVID-19, encouragez-les à prendre le temps dont ils ont besoin pour réfléchir à toute décision importante.

Comportement et réactions appropriés chez les adultes. Dites aux adolescents ce que vous pensez et ressentez à propos des conditions liées au virus afin qu’ils puissent mieux les comprendre. Ils acquerront la confiance nécessaire pour faire face à leurs propres émotions si vous leur montrez que les vôtres sont sincères et que vous les vivez sainement.

Adolescents en situation de vulnérabilité. Les événements stressants et un climat permanent d’incertitude et d’inquiétude peuvent avoir un impact plus important sur les adolescents vulnérables, par exemple, ceux qui sont victimes d’intimidation de la part d’autres jeunes, qui vivent une rupture familiale difficile, une situation de deuil, de violence familiale ou d’abus sexuels, ou une expérience traumatisante de réfugié, qui souffrent de dépression majeure, de troubles anxieux ou d’autres maladies mentales, ou qui ont des antécédents de toxicomanie ou d’abus d’alcool, d’automutilation ou de tentatives de suicide. Certains adolescents vulnérables peuvent alors connaître une aggravation de leurs problèmes de santé mentale ou de leurs comportements, pouvant aller jusqu’à la tentative de suicide.

Les adolescents, la technologie et la distanciation sociale

Les catastrophes et les situations d’urgence sont souvent des moments où les gens et les collectivités se rassemblent dans un esprit amical et de convivialité. Toutefois, la COVID-19 est différente car, dans un contexte de pandémie, nous ne pouvons pas nous rassembler physiquement. Même si nous devons nous tenir physiquement éloignés les uns des autres pour réduire la propagation du virus, nous ne sommes pas obligés de nous éloigner socialement. Nous devons simplement entrer en contact avec les autres d’une manière différente, que les adolescents connaissent habituellement beaucoup mieux que leurs parents!

L’un des moyens de rester connecté socialement tout en s’éloignant physiquement est de rester connecté en ligne. En fait, la distanciation sociale imposée aura probablement peu d’impact sur la génération actuelle d’adolescents qui sont habitués à socialiser au moyen de leurs téléphones cellulaires, de leurs tablettes et d’applications comme Houseparty et Snapchat. Les contacts en ligne peuvent aider les adolescents à rester connectés avec leurs pairs, surtout s’ils peuvent communiquer par vidéoclavardage avec leurs amis ou jouer à plusieurs à des jeux mobiles.

Les contacts en ligne peuvent également permettre aux adolescents de rester en contact avec les membres de leur famille et leurs proches qui sont loin ou qui trouvent difficile la distanciation sociale. Dans ce cas, les adolescents peuvent être une source utile de connectivité et de soutien pour leurs proches, en particulier ceux qui sont âgés ou vulnérables.

Pendant la période où les mesures de distanciation sociale sont imposées, les sites Web et les bibliothèques des écoles peuvent utiliser la technologie pour aider les étudiants à faire des travaux scolaires en ligne; les ressources en ligne peuvent également être utiles pour tenir des activités parascolaires virtuelles, des projets scientifiques et des défis de LEGO.

Activités utiles pour les adolescents

Les adolescents ont besoin de faire des activités qui les aident à se sentir mieux, tout en maintenant la distanciation sociale. En voici quelques exemples :

  • Activités de détente. Encouragez-les à faire des activités relaxantes, comme lire, écouter de la musique, faire des promenades ou de la bicyclette.
  • Journal intime et dessin. Écrire ses pensées et ses émotions dans un journal intime, ou dessiner ou peindre pour exprimer leurs émotions peut aider certains jeunes.
  • Activités récréatives. L’activité physique vigoureuse et le sport aident à réduire le stress et à devenir plus alerte, plus énergique et de meilleure humeur. Même si de nombreux adolescents sont privés des sports organisés auxquels ils s’adonnaient, ils peuvent quand même pratiquer leur sport préféré à la maison, ou commencer de nouvelles activités physiques, comme le vélo ou la course à pied.

Les familles pourraient également profiter de cette période pour faire des activités ensemble, comme s’attaquer à des projets domestiques qui étaient en attente, faire des corvées, peindre ou redécorer la chambre d’un adolescent, essayer de nouvelles recettes, faire de l’exercice ensemble, jouer à des jeux de société et faire des casse-tête, regarder des films et faire des promenades en famille.

Quand faut-il chercher de l’aide?

Lorsqu’ils sont confrontés à des facteurs de stress, certains adolescents sont plus susceptibles de réagir très négativement ou de façon persistante, voire à avoir des comportements suicidaires. Soyez vigilant et prêt à demander de l’aide professionnelle si votre adolescent présente certaines des réactions énumérées ci-dessous et à garder la communication ouverte en vous assurant de savoir comment ils vont. Discuter avec un professionnel de la santé, comme un psychologue, un travailleur social, un médecin, une infirmière ou un psychiatre, qui pourra les aider à comprendre et à gérer leurs émotions, pourrait leur faire du bien.

  • Problèmes de comportement
  • Problèmes d’apprentissage
  • Accès de colère
  • Retrait de la famille et interruption des contacts en ligne avec ses amis
  • Cauchemars fréquents ou autres troubles du sommeil
  • Problèmes physiques, par exemple, nausée, maux de tête, gain ou perte de poids
  • Peur ou anxiété importantes
  • Tristesse ou dépression persistantes
  • Désespoir face à la vie et à l’avenir
  • Tendance accrue à prendre des risques, ennuis avec la justice
  • Abus d’alcool, de drogues illégales, de médicaments ou de solvants
  • Pensées ou comportements suicidaires

Où puis-je obtenir plus d’information?

Pour obtenir des renseignements importants et à jour sur la COVID-19, visitez le site Web de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) à l’adresse https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/2019-nouveau-coronavirus.html.

Les associations provinciales et territoriales de psychologues, et certaines associations municipales de psychologues offrent des services d’aiguillage. Pour connaître les noms et les coordonnées des associations provinciales et territoriales de psychologues, veuillez vous rendre à l’adresse https://cpa.ca/fr/public/unpsychologue/societesprovinciales/

Jeunesse, J’écoute https://jeunessejecoute.ca/

La présente fiche d’information a été préparée pour la Société canadienne de psychologie par la Dre Lisa Votta-Bleeker, directrice générale associée de la Société canadienne de psychologie.

Date : 31 mars 2020

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