{"id":27955,"date":"2022-02-20T00:01:49","date_gmt":"2022-02-20T05:01:49","guid":{"rendered":"https:\/\/cpa.ca\/?p=27955"},"modified":"2022-05-05T13:55:35","modified_gmt":"2022-05-05T17:55:35","slug":"psychology-month-profile-dr-brigitte-sabourin-and-dr-nicholas-carleton-clinical-psychology","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cpa.ca\/fr\/psychology-month-profile-dr-brigitte-sabourin-and-dr-nicholas-carleton-clinical-psychology\/","title":{"rendered":"Profils du Mois de la psychologie : Dre Brigitte Sabourin et Dr Nicholas Carleton, <em>sychologie clinique<\/em>"},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: left\">\n<p><a id=\"Clinical\" class=\"anchor\" name=\"Clinical\"><\/a><\/p>\n<div style=\"min-height: 130px\">\n<div class=\"textwrapleft\"><img decoding=\"async\" class=\"textwrapleft\" style=\"max-height: 150px\" src=\"https:\/\/cpa.ca\/docs\/File\/Psychology Month\/Brigitte Sabourin.jpg\" alt=\"Dr. Brigitte Sabourin\" \/><br \/>\n<span style=\"color: gray;font-size: 12px;line-height: 9px\"><em>Dr. Brigitte Sabourin<\/em><\/span><\/div>\n<div class=\"textwrapright\"><img decoding=\"async\" class=\"textwrapleft\" style=\"max-height: 150px\" src=\"https:\/\/cpa.ca\/docs\/File\/Psychology Month\/Nick Carleton.png\" alt=\"Dr. Nicholas Carleton\" \/><br \/>\n<span style=\"color: gray;font-size: 12px;line-height: 9px\"><em>Dr. Nicholas Carleton<\/em><\/span><\/div>\n<p><strong>Dre Brigitte Sabourin et Dr Nicholas Carleton, <em>Psychologie clinique<\/em><\/strong><br \/>\nLa psychologie clinique est la branche de la psychologie \u00e0 laquelle pensent la majorit\u00e9 des gens quand ils entendent le mot psychologue. Mais nous avons largement d\u00e9pass\u00e9 le clich\u00e9 patient-allong\u00e9-sur-un-divan, et la pratique clinique est entr\u00e9e dans le monde virtuel en ligne. Nous avons \u00e9chang\u00e9 avec la Dre Brigitte Sabourin et le Dr Nicholas Carleton sur la situation actuelle de la psychologie clinique.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"accordions-27944\" class=\"accordions-27944 accordions\" data-accordions={&quot;lazyLoad&quot;:true,&quot;id&quot;:&quot;27944&quot;,&quot;event&quot;:&quot;click&quot;,&quot;collapsible&quot;:&quot;true&quot;,&quot;heightStyle&quot;:&quot;content&quot;,&quot;animateStyle&quot;:&quot;swing&quot;,&quot;animateDelay&quot;:1000,&quot;navigation&quot;:true,&quot;active&quot;:999,&quot;expandedOther&quot;:&quot;no&quot;}>\r\n                <div id=\"accordions-lazy-27944\" class=\"accordions-lazy\" accordionsId=\"27944\">\r\n                    <\/div>\r\n\r\n    <div class=\"items\"  style=\"display:none\" >\r\n    \r\n            <div post_id=\"27944\" itemcount=\"0\"  header_id=\"header-1580324481504\" id=\"header-1580324481504\" style=\"\" class=\"accordions-head head1580324481504 border-none\" toggle-text=\"\" main-text=\"\u00c0 propos de  Dre Brigitte Sabourin et Dr Nicholas Carleton\">\r\n                                    <span id=\"accordion-icons-1580324481504\" class=\"accordion-icons\">\r\n                        <span class=\"accordion-icon-active accordion-plus\"><i class=\"fa fas fa-chevron-up\"><\/i><\/span>\r\n                        <span class=\"accordion-icon-inactive accordion-minus\"><i class=\"fa fas fa-chevron-down\"><\/i><\/span>\r\n                    <\/span>\r\n                    <span id=\"header-text-1580324481504\" class=\"accordions-head-title\">\u00c0 propos de  Dre Brigitte Sabourin et Dr Nicholas Carleton<\/span>\r\n                            <\/div>\r\n            <div class=\"accordion-content content1580324481504 \">\r\n                <p><strong><a href=\"https:\/\/cpa.ca\/fr\/sections\/clinicalpsychology\/\">Psychologie clinique<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Au d\u00e9but de sa carri\u00e8re, Sigmund Freud se sp\u00e9cialise en hypnose. Il hypnotise ses patients pour les amener \u00e0 s\u2019ouvrir sur leurs sympt\u00f4mes, diminuant suppos\u00e9ment leur gravit\u00e9. Il est novice en la mati\u00e8re, a peu d\u2019habilet\u00e9s, ses patients doivent donc \u00eatre le plus d\u00e9tendus possible\u00a0: il leur demande de s\u2019allonger sur un divan, pendant qu\u2019il fume son cigare en leur disant qu\u2019ils ont tr\u00e8s envie de dormir.<\/p>\n<p>\u00c9ventuellement, il d\u00e9couvre qu\u2019il peut \u00eatre encore plus efficace que les patients parlent simplement de leurs sympt\u00f4mes dans une atmosph\u00e8re d\u00e9tendue. Il abandonne l\u2019hypnose, mais conserve le divan (et le cigare). D\u2019autres psychanalystes qui ont suivi les traces de Freud ont \u00e9galement adopt\u00e9 le divan, \u00e0 tel point que dans les ann\u00e9es\u00a01940, l\u2019Imperial Leather Furniture Company de New York devint une entreprise richissime gr\u00e2ce aux \u00ab\u00a0divans de psychanalyse\u00a0\u00bb. Il y a plus de 70 ans, le psychanalyste au cigare et au divan aust\u00e8re devient en quelque sorte un \u00ab\u00a0m\u00e8me\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0m\u00e8me\u00a0\u00bb qui persiste \u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>Que seraient les dessins humoristiques du <em>New Yorker<\/em> sans le divan du psychologue? Bob Mankoff, lui-m\u00eame ancien psychologue exp\u00e9rimental, est le responsable des dessins humoristiques du <em>New Yorker<\/em>. Il affirme que le divan du psychiatre dans les caricatures est un raccourci utile, qui traduit imm\u00e9diatement une dynamique de pouvoir. Dans <em>Les Soprano<\/em>, lorsque Tony voit sa th\u00e9rapeute, il s\u2019assoit dans un fauteuil commun et confortable, mais le divan est l\u00e0 en arri\u00e8re-plan, au cas o\u00f9 nous oublierions de quel type de bureau il s\u2019agit.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, le domaine de la psychanalyse a beaucoup \u00e9volu\u00e9 depuis les beaux jours de l\u2019Imperial Leather Furniture Company. Et s\u2019asseoir derri\u00e8re la t\u00eate d\u2019un patient alors qu\u2019il est sur votre divan \u00e0 vous parler est chose du pass\u00e9. Toutefois, des images fortes, ancr\u00e9es dans la culture populaire, peuvent encore exercer une certaine emprise bien longtemps apr\u00e8s leur date de p\u00e9remption. Pendant que l\u2019image cigare-divan-psychologue s\u2019estompe, il en va de m\u00eame pour l\u2019ostracisme que subissent les personnes qui cherchent de l\u2019aide pour traiter un probl\u00e8me de sant\u00e9 mentale.<\/p>\n<p>Le Dr Nicholas Carleton est professeur de psychologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Regina, psychologue clinicien agr\u00e9\u00e9 en Saskatchewan et actuel directeur scientifique de l\u2019Institut canadien de recherche et de traitement en s\u00e9curit\u00e9 publique. Il se r\u00e9jouit des progr\u00e8s que fait la discipline en d\u00e9mystifiant et en d\u00e9mantelant l\u2019ostracisme qui frappe les gens qui cherchent du soutien psychologique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je crois que nous assistons au d\u00e9clin de la stigmatisation, et je pense que c\u2019est largement d\u00fb au fait que les psychologues sont de plus en plus pr\u00e9sents dans la collectivit\u00e9. L\u2019id\u00e9e que vous vous retrouverez comme dans un \u00e9pisode de <em>Mad Men<\/em> quand vous entrerez dans le bureau d\u2019un psychologue, avec un grand canap\u00e9 en cuir et quelqu\u2019un qui fume un cigare, tout cela peut sembler tr\u00e8s inqui\u00e9tant \u2013 j\u2019imagine que c\u2019est en grande partie disparu de la r\u00e9alit\u00e9. Je pense \u00e9galement que cette id\u00e9e aujourd\u2019hui mythique au sujet de ce qui se produit lors d\u2019une visite chez un th\u00e9rapeute dispara\u00eet peu \u00e0 peu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La Dre Brigitte Sabourin est professeure adjointe \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Manitoba, au d\u00e9partement de psychologie clinique de la sant\u00e9, et praticienne en psychologie clinique \u00e0 Winnipeg. Elle est la pr\u00e9sidente de la Section de psychologie clinique de la SCP, et dit que le domaine a beaucoup progress\u00e9, mais que ses objectifs fondamentaux demeurent les m\u00eames.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous pouvons nous d\u00e9finir comme un champ d\u2019activit\u00e9 o\u00f9 nous avons affaire au fonctionnement humain. La psychologie clinique va de la d\u00e9termination des probl\u00e8mes humains et de leurs solutions, \u00e0 la promotion globale du bien-\u00eatre physique, social et mental. Cela implique l\u2019\u00e9valuation, le traitement, la consultation, l\u2019\u00e9laboration de programmes, la recherche, le mentorat, l\u2019enseignement\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La Dre Sabourin se sp\u00e9cialise en psychologie clinique de la sant\u00e9, au carrefour de la psychologie de la sant\u00e9 et de la psychologie clinique. Elle \u00e9volue dans une clinique de soins tertiaires aupr\u00e8s de personnes atteintes de douleurs chroniques. Son travail englobe l\u2019examen des aspects biopsychosociaux chez les gens qui vivent avec un probl\u00e8me de sant\u00e9 chronique, et la mise en application des comp\u00e9tences en psychologie clinique et des principes relatifs aux comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 pour tenter de les soutenir. La plupart des psychologues cliniciens ont une sp\u00e9cialisation de ce type, que ce soit en milieu hospitalier ou dans le traitement de troubles de l\u2019humeur particuliers. Ce n\u2019est pas le seul changement qui s\u2019est op\u00e9r\u00e9 dans ce champ d\u2019activit\u00e9 depuis les derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Comme le souligne la Dre Sabourin, \u00ab\u00a0je crois que d\u2019une part, le domaine est devenu plus diversifi\u00e9. Traditionnellement, il \u00e9tait domin\u00e9 par des hommes blancs, et \u00e7a continue de changer. Notre engagement envers la pratique fond\u00e9e sur des donn\u00e9es probantes poursuit son \u00e9volution, r\u00e9unissant l\u2019ensemble de nos connaissances sur ce que nous savons de tout ce qui touche les troubles mentaux jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9panouissement humain. Nous utilisons d\u00e9sormais ce savoir pour am\u00e9liorer nos services et rendre des comptes aux personnes que nous aidons. Je pense \u00e9galement que les milieux o\u00f9 nous pratiquons ont chang\u00e9. On trouve des psychologues cliniciens partout, que ce soit dans les soins primaires jusqu\u2019aux soins hypersp\u00e9cialis\u00e9s, avec pour r\u00e9sultat que les populations et les milieux aupr\u00e8s desquels nous intervenons sont beaucoup plus diversifi\u00e9s qu\u2019ils ne l\u2019\u00e9taient auparavant. De plus, je crois que la reconnaissance de l\u2019aide que peut apporter l\u2019acc\u00e8s aux services a progress\u00e9. Il ne s\u2019agit pas de savoir si quelque chose ne va pas chez vous ou si vous \u00eates fou\u00a0: la stigmatisation a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019att\u00e9nuer et les gens r\u00e9alisent que nous pouvons aider n\u2019importe qui, de l\u2019athl\u00e8te d\u2019\u00e9lite \u00e0 la personne qui \u00e9prouve de r\u00e9elles difficult\u00e9s \u00e0 accomplir les t\u00e2ches essentielles du quotidien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le fait de rassembler ces connaissances et de les utiliser en pratique clinique est une question que connaissent bien la Dre Sabourin et le Dr Carleton. Ils sont tous deux chercheurs, en plus d\u2019\u00eatre cliniciens. Le Dr Carleton re\u00e7oit, et traite, plusieurs intervenants de premi\u00e8re ligne \u00e0 Regina \u2013 particuli\u00e8rement \u00e0 la GRC, puisque l\u2019\u00c9cole est situ\u00e9e dans la ville. <a href=\"https:\/\/cpa.ca\/docs\/File\/Psynopsis\/2021-Vol43-1_FR\/index.html#p=25\">Il r\u00e9alise \u00e9galement plusieurs recherches aupr\u00e8s de la GRC<\/a> et d\u2019autres membres du personnel de la s\u00e9curit\u00e9 publique (PSP). R\u00e9cemment, lui et son \u00e9quipe ont cr\u00e9\u00e9 un outil en ligne anonyme o\u00f9 les membres du PSP peuvent \u00e9valuer leur propre sant\u00e9 mentale, pour ensuite chercher le soutien dont ils ont besoin.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je crois que nous observons une meilleure int\u00e9gration de la science et de la pratique, poursuit-il. Nous am\u00e9liorons nos fa\u00e7ons de nous connecter les uns aux autres, et nous entretenons des relations fond\u00e9es sur la pratique r\u00e9flexive entre les psychologues qui font de la recherche et les psychologues praticiens. Nous constatons combien la science oriente la pratique et vice versa, de mani\u00e8re beaucoup plus dynamique. Par exemple, on a assist\u00e9 \u00e0 des changements consid\u00e9rables pour ce qui est du SSPT. Gr\u00e2ce aux interactions \u00e9troites entre la pratique clinique et la science, il existe d\u00e9sormais quatre groupes de sympt\u00f4mes plut\u00f4t que trois. Les diagnostics de SSPT peuvent d\u00e8s lors \u00eatre pos\u00e9s sans qu\u2019il y ait un \u00e9v\u00e9nement unique, mais en consid\u00e9rant l\u2019ensemble des \u00e9v\u00e9nements accumul\u00e9s. Il ne fait aucun doute que, pour nos intervenants de premi\u00e8re ligne et les autres membres de la s\u00e9curit\u00e9 publique, il s\u2019agissait de deux immenses pas en avant. Les membres du personnel de la s\u00e9curit\u00e9 publique avaient de la difficult\u00e9 \u00e0 pr\u00e9ciser quel incident leur causait le plus de probl\u00e8mes parce qu\u2019ils en avaient v\u00e9cu des centaines, voire des milliers, au cours d\u2019une seule ann\u00e9e. Auparavant, ils se rendaient chez un psychologue en disant \u201cJ\u2019ai des probl\u00e8mes\u201d, ce \u00e0 quoi le psychologue aurait pu r\u00e9pondre \u201cJ\u2019en ai aussi car je ne peux \u00e9tablir de diagnostic \u00e0 moins que vous ne choisissiez un seul \u00e9v\u00e9nement\u201d. Nous avons corrig\u00e9 ces choses, et nous r\u00e9alisons des am\u00e9liorations progressives et d\u2019importantes avanc\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une autre \u00e9volution avec laquelle nous sommes tous familiers aujourd\u2019hui est de nature technologique. Je m\u00e8ne la pr\u00e9sente entrevue avec la Dre Sabourin et le Dr Carleton via Zoom, et il existe des dizaines d\u2019autres plateformes virtuelles disponibles pour tenir des rencontres, et m\u00eame des s\u00e9ances de th\u00e9rapie.<\/p>\n<p>La Dre Sabourin pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0Je crois qu\u2019un autre \u00e9l\u00e9ment qui a pris de l\u2019ampleur, particuli\u00e8rement depuis la pand\u00e9mie, est le r\u00f4le de la technologie et de l\u2019innovation sur le plan de l\u2019acc\u00e8s aux services psychologiques. L\u2019id\u00e9e de devoir se rendre dans un cabinet de psychologue m\u00eame pour une s\u00e9ance de 15 minutes, quelque part dans un \u00e9difice mena\u00e7ant, ce n\u2019est plus ainsi que nous envisageons la psychologie clinique. Aujourd\u2019hui, nous avons recours aux plateformes de visioconf\u00e9rences, aux applications sur nos t\u00e9l\u00e9phones, et ainsi de suite. Par exemple, nous faisons beaucoup de programmes de groupe o\u00f9 les participants peuvent demeurer dans le confort de leur domicile, sans avoir \u00e0 se rendre en voiture \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et payer le stationnement, et tenter de trouver le chemin, et ainsi de suite. Le fait de diminuer les obstacles aux soins et d\u2019augmenter la souplesse dans notre fa\u00e7on de faire repr\u00e9sente un progr\u00e8s enthousiasmant. Ce mouvement existait d\u00e9j\u00e0 depuis un moment, mais depuis deux ans, depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, il a pris de l\u2019essor.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il y a deux ans, avant le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, la th\u00e9rapie virtuelle \u00e9tait plut\u00f4t marginale. Cependant, bien des choses ont chang\u00e9 depuis. Les psychologues qui \u00e9taient r\u00e9ticents \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019organiser des s\u00e9ances de th\u00e9rapie sur les plateformes virtuelles ont appris \u00e0 le faire efficacement, et la pr\u00e9valence de ce type de technologie a \u00e9limin\u00e9 certains des obstacles aux soins, accru l\u2019aide psychologique disponible et largement contribu\u00e9 \u00e0 att\u00e9nuer la stigmatisation persistante entourant la recherche d\u2019aide en sant\u00e9 mentale. Le Dr\u00a0Carleton souligne que cela a aussi aid\u00e9 d\u2019autres fa\u00e7ons.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au risque de dire une h\u00e9r\u00e9sie, j\u2019estime vraiment que le fait d\u2019\u00eatre oblig\u00e9 de travailler \u00e0 distance, quoique cela ait pu faire obstacle \u00e0 certains congr\u00e8s, a r\u00e9ellement rehauss\u00e9 la collaboration, et ce, sous plusieurs angles. Je peux rencontrer quelqu\u2019un de l\u2019Australie \u00e0 la fin de ma journ\u00e9e et au d\u00e9but de la sienne\u00a0: nous pouvons \u00e9changer des notes pendant une demi-heure. Nous ne sommes pas pr\u00e9occup\u00e9s parce que l\u2019un de nous deux devra bient\u00f4t prendre un vol de 16 heures.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La Dre Sabourin acquiesce. Non seulement les collaborations sont plus faciles, mais il est \u00e9galement plus facile de fournir des soins psychologiques \u00e0 un plus grand nombre de personnes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous examinons comment augmenter les ressources et notre port\u00e9e. Une part de ce travail consiste \u00e0 adapter le <a href=\"https:\/\/cpa.ca\/docs\/File\/Psynopsis\/2021-Vol43-1_FR\/index.html#p=9\">mod\u00e8le de soins par paliers<\/a> qui se d\u00e9ploie dans tout le pays. Au premier palier, on offre du soutien \u00e0 beaucoup de personnes, et puis, quand les besoins augmentent et se complexifient, on offre aux personnes des services psychologiques plus soutenus et intensifs. Nous lisions un article paru dans une revue scientifique \u00e0 propos de ce mod\u00e8le \u00e0 Ottawa, et le directeur de ma clinique disait \u201cJ\u2019aimerais que nous puissions prendre un vol vers Ottawa, nous asseoir et discuter avec cette personne!\u00a0\u00bb Et j\u2019ai r\u00e9pondu \u201cJe vais organiser une rencontre Zoom ce mardi\u201d. \u00c7a peut s\u2019organiser si rapidement et nous sommes si habitu\u00e9s \u00e0 ces plateformes que nous avons l\u2019impression de nous rencontrer en personne lorsque nous \u00e9changeons de cette mani\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je commande souvent de la nourriture \u00e0 des fermes locales de ma r\u00e9gion, qui me livrent des aliments \u00e0 domicile. La nourriture est livr\u00e9e par Miles [nom fictif], un homme tr\u00e8s costaud, qui porte une barbe qui lui descend jusqu\u2019\u00e0 la boucle de ceinture et qui conduit un \u00e9norme camion r\u00e9frig\u00e9r\u00e9. Il y a peu de temps, nous discutions de mon nouvel emploi \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 canadienne de psychologie, et Miles m\u2019a parl\u00e9 d\u2019un de ses coll\u00e8gues dont il s\u2019inqui\u00e9tait parce qu\u2019il devenait de plus en plus repli\u00e9 sur lui-m\u00eame. Il s\u2019inqui\u00e9tait de la sant\u00e9 mentale de son ami. Est-ce que je devrais lui parler? Est-ce que je devrais le laisser seul? En tant que non-psychologue, je ne pouvais lui donner de bons conseils sur ce qu\u2019il fallait faire au juste, mais je pensais que lui offrir gentiment son aide ne pouvait faire de mal. Les autres fois o\u00f9 j\u2019ai vu Miles, il me donnait des nouvelles de son ami. Un jour, l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier, alors que je travaillais dans mon garage, Miles et son coll\u00e8gue \u00e9taient tous les deux dans le camion et sont venus s\u2019asseoir quelques minutes. Depuis, \u00e0 chaque fois qu\u2019ils font une livraison chez moi, nous nous assoyons pendant une quinzaine de minutes et nous parlons un peu de notre propre sant\u00e9 mentale. Comment nous tenons le coup avec la pand\u00e9mie, quels genres de probl\u00e8mes nous et nos familles avons affront\u00e9s. Le Dr\u00a0Carleton indique que ce genre de situation se produit de plus en plus.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous avons observ\u00e9 d\u2019extraordinaires am\u00e9liorations dans le discours entourant la sant\u00e9 mentale. Plut\u00f4t que de taire le sujet, les gens en parlent avec franchise. Le fait que nous en soyons \u00e0 une \u00e9tape o\u00f9 nous essayons de mobiliser les connaissances sur la sant\u00e9 mentale pour faciliter la transition vers des changements r\u00e9els \u2013 c\u2019est un virage ph\u00e9nom\u00e9nal m\u00eame au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. Nous ne savons peut-\u00eatre pas exactement o\u00f9 nous irons ensuite, mais au moins, nous ne nions plus que nous pouvons offrir beaucoup d\u2019aide et de formes d\u2019aide aux personnes souffrant de probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale. Je crois qu\u2019une large part de ce changement est le r\u00e9sultat des activit\u00e9s de repr\u00e9sentation des int\u00e9r\u00eats men\u00e9es par les psychologues cliniciens et d\u2019autres professionnels de la sant\u00e9 mentale.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nous n\u2019avons pas encore termin\u00e9\u00a0: un certain ostracisme demeure et persiste, comme l\u2019image du divan et du cigare. Mais les professionnels de la sant\u00e9 mentale poursuivent leurs efforts pour l\u2019\u00e9radiquer, et les psychologues cliniciens n\u2019y font pas exception. La Dre Sabourin r\u00e9sume tr\u00e8s bien le message.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est normal d\u2019avoir des probl\u00e8mes, vous \u00eates humain. Ce n\u2019est pas facile pour un \u00eatre humain d\u2019habiter notre plan\u00e8te! Nous essayons tous de vivre nos vies, mais nous n\u2019avons pas choisi nos parents, nous n\u2019avons pas choisi nos g\u00e8nes, nous n\u2019avons pas choisi le fait que nos cerveaux sont probablement encore programm\u00e9s pour nous aider \u00e0 survivre comme il y a 20 000 ans, et notre environnement s\u2019est consid\u00e9rablement transform\u00e9 depuis. Il s\u2019agit de normaliser le fait que ce n\u2019est pas grave si certains moments de votre vie sont plus difficiles que d\u2019autres. Nous voyons des \u00eatres humains exceptionnels qui se sont \u00e9panouis, comme Clara Hughes, l\u2019athl\u00e8te olympique qui a reconnu avoir des probl\u00e8mes. Il y a des acteurs renomm\u00e9s et des politiciens qui s\u2019ouvrent sur leurs difficult\u00e9s et affirment que l\u2019on peut faire quelque chose \u00e0 ce sujet. En tant que soci\u00e9t\u00e9, nous reconnaissons qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019\u00eatre soit en bonne sant\u00e9, soit malade. Vous pouvez trouver des trucs. Vous pouvez trouver des moyens de vous faciliter la t\u00e2che, d\u2019\u00eatre mieux dans votre peau, d\u2019\u00eatre plus pr\u00e9sent aupr\u00e8s de vos enfants. Nous sommes plusieurs \u00e0 \u00e9prouver des difficult\u00e9s, et le fait de voir un psychologue ne signifie pas que quelque chose cloche chez vous\u00a0: simplement, nous sommes tous des \u00eatres humains qui tentent de faire de leur mieux dans un monde difficile.\u00a0\u00bb<\/p>\n            <\/div>\r\n    <\/div>\r\n\r\n\r\n\r\n            <\/div>\n<\/div>\n<hr \/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div style=\"text-align: left\">\n<p><a id=\"Clinical\" class=\"anchor\" name=\"Clinical\"><\/a><\/p>\n<div style=\"min-height: 130px\">\n<div class=\"textwrapleft\"><img decoding=\"async\" class=\"textwrapleft\" style=\"max-height: 150px\" src=\"https:\/\/cpa.ca\/docs\/File\/Psychology Month\/Brigitte Sabourin.jpg\" alt=\"Dr. Brigitte Sabourin\" \/><br \/>\n<span style=\"color: gray;font-size: 12px;line-height: 9px\"><em>Dr. Brigitte Sabourin<\/em><\/span><\/div>\n<div class=\"textwrapright\"><img decoding=\"async\" class=\"textwrapleft\" style=\"max-height: 150px\" src=\"https:\/\/cpa.ca\/docs\/File\/Psychology Month\/Nick Carleton.png\" alt=\"Dr. Nicholas Carleton\" \/><br \/>\n<span style=\"color: gray;font-size: 12px;line-height: 9px\"><em>Dr. Nicholas Carleton<\/em><\/span><\/div>\n<p><strong>Dre Brigitte Sabourin et Dr Nicholas Carleton, <em>Psychologie clinique<\/em><\/strong><br \/>\nLa psychologie clinique est la branche de la psychologie \u00e0 laquelle pensent la majorit\u00e9 des gens quand ils entendent le mot psychologue. Mais nous avons largement d\u00e9pass\u00e9 le clich\u00e9 patient-allong\u00e9-sur-un-divan, et la pratique clinique est entr\u00e9e dans le monde virtuel en ligne. Nous avons \u00e9chang\u00e9 avec la Dre Brigitte Sabourin et le Dr Nicholas Carleton sur la situation actuelle de la psychologie clinique.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"accordions-27944\" class=\"accordions-27944 accordions\" data-accordions={&quot;lazyLoad&quot;:true,&quot;id&quot;:&quot;27944&quot;,&quot;event&quot;:&quot;click&quot;,&quot;collapsible&quot;:&quot;true&quot;,&quot;heightStyle&quot;:&quot;content&quot;,&quot;animateStyle&quot;:&quot;swing&quot;,&quot;animateDelay&quot;:1000,&quot;navigation&quot;:true,&quot;active&quot;:999,&quot;expandedOther&quot;:&quot;no&quot;}>\r\n                <div id=\"accordions-lazy-27944\" class=\"accordions-lazy\" accordionsId=\"27944\">\r\n                    <\/div>\r\n\r\n    <div class=\"items\"  style=\"display:none\" >\r\n    \r\n            <div post_id=\"27944\" itemcount=\"0\"  header_id=\"header-1580324481504\" id=\"header-1580324481504\" style=\"\" class=\"accordions-head head1580324481504 border-none\" toggle-text=\"\" main-text=\"\u00c0 propos de  Dre Brigitte Sabourin et Dr Nicholas Carleton\">\r\n                                    <span id=\"accordion-icons-1580324481504\" class=\"accordion-icons\">\r\n                        <span class=\"accordion-icon-active accordion-plus\"><i class=\"fa fas fa-chevron-up\"><\/i><\/span>\r\n                        <span class=\"accordion-icon-inactive accordion-minus\"><i class=\"fa fas fa-chevron-down\"><\/i><\/span>\r\n                    <\/span>\r\n                    <span id=\"header-text-1580324481504\" class=\"accordions-head-title\">\u00c0 propos de  Dre Brigitte Sabourin et Dr Nicholas Carleton<\/span>\r\n                            <\/div>\r\n            <div class=\"accordion-content content1580324481504 \">\r\n                <p><strong><a href=\"https:\/\/cpa.ca\/fr\/sections\/clinicalpsychology\/\">Psychologie clinique<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Au d\u00e9but de sa carri\u00e8re, Sigmund Freud se sp\u00e9cialise en hypnose. Il hypnotise ses patients pour les amener \u00e0 s\u2019ouvrir sur leurs sympt\u00f4mes, diminuant suppos\u00e9ment leur gravit\u00e9. Il est novice en la mati\u00e8re, a peu d\u2019habilet\u00e9s, ses patients doivent donc \u00eatre le plus d\u00e9tendus possible\u00a0: il leur demande de s\u2019allonger sur un divan, pendant qu\u2019il fume son cigare en leur disant qu\u2019ils ont tr\u00e8s envie de dormir.<\/p>\n<p>\u00c9ventuellement, il d\u00e9couvre qu\u2019il peut \u00eatre encore plus efficace que les patients parlent simplement de leurs sympt\u00f4mes dans une atmosph\u00e8re d\u00e9tendue. Il abandonne l\u2019hypnose, mais conserve le divan (et le cigare). D\u2019autres psychanalystes qui ont suivi les traces de Freud ont \u00e9galement adopt\u00e9 le divan, \u00e0 tel point que dans les ann\u00e9es\u00a01940, l\u2019Imperial Leather Furniture Company de New York devint une entreprise richissime gr\u00e2ce aux \u00ab\u00a0divans de psychanalyse\u00a0\u00bb. Il y a plus de 70 ans, le psychanalyste au cigare et au divan aust\u00e8re devient en quelque sorte un \u00ab\u00a0m\u00e8me\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0m\u00e8me\u00a0\u00bb qui persiste \u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>Que seraient les dessins humoristiques du <em>New Yorker<\/em> sans le divan du psychologue? Bob Mankoff, lui-m\u00eame ancien psychologue exp\u00e9rimental, est le responsable des dessins humoristiques du <em>New Yorker<\/em>. Il affirme que le divan du psychiatre dans les caricatures est un raccourci utile, qui traduit imm\u00e9diatement une dynamique de pouvoir. Dans <em>Les Soprano<\/em>, lorsque Tony voit sa th\u00e9rapeute, il s\u2019assoit dans un fauteuil commun et confortable, mais le divan est l\u00e0 en arri\u00e8re-plan, au cas o\u00f9 nous oublierions de quel type de bureau il s\u2019agit.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, le domaine de la psychanalyse a beaucoup \u00e9volu\u00e9 depuis les beaux jours de l\u2019Imperial Leather Furniture Company. Et s\u2019asseoir derri\u00e8re la t\u00eate d\u2019un patient alors qu\u2019il est sur votre divan \u00e0 vous parler est chose du pass\u00e9. Toutefois, des images fortes, ancr\u00e9es dans la culture populaire, peuvent encore exercer une certaine emprise bien longtemps apr\u00e8s leur date de p\u00e9remption. Pendant que l\u2019image cigare-divan-psychologue s\u2019estompe, il en va de m\u00eame pour l\u2019ostracisme que subissent les personnes qui cherchent de l\u2019aide pour traiter un probl\u00e8me de sant\u00e9 mentale.<\/p>\n<p>Le Dr Nicholas Carleton est professeur de psychologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Regina, psychologue clinicien agr\u00e9\u00e9 en Saskatchewan et actuel directeur scientifique de l\u2019Institut canadien de recherche et de traitement en s\u00e9curit\u00e9 publique. Il se r\u00e9jouit des progr\u00e8s que fait la discipline en d\u00e9mystifiant et en d\u00e9mantelant l\u2019ostracisme qui frappe les gens qui cherchent du soutien psychologique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je crois que nous assistons au d\u00e9clin de la stigmatisation, et je pense que c\u2019est largement d\u00fb au fait que les psychologues sont de plus en plus pr\u00e9sents dans la collectivit\u00e9. L\u2019id\u00e9e que vous vous retrouverez comme dans un \u00e9pisode de <em>Mad Men<\/em> quand vous entrerez dans le bureau d\u2019un psychologue, avec un grand canap\u00e9 en cuir et quelqu\u2019un qui fume un cigare, tout cela peut sembler tr\u00e8s inqui\u00e9tant \u2013 j\u2019imagine que c\u2019est en grande partie disparu de la r\u00e9alit\u00e9. Je pense \u00e9galement que cette id\u00e9e aujourd\u2019hui mythique au sujet de ce qui se produit lors d\u2019une visite chez un th\u00e9rapeute dispara\u00eet peu \u00e0 peu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La Dre Brigitte Sabourin est professeure adjointe \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Manitoba, au d\u00e9partement de psychologie clinique de la sant\u00e9, et praticienne en psychologie clinique \u00e0 Winnipeg. Elle est la pr\u00e9sidente de la Section de psychologie clinique de la SCP, et dit que le domaine a beaucoup progress\u00e9, mais que ses objectifs fondamentaux demeurent les m\u00eames.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous pouvons nous d\u00e9finir comme un champ d\u2019activit\u00e9 o\u00f9 nous avons affaire au fonctionnement humain. La psychologie clinique va de la d\u00e9termination des probl\u00e8mes humains et de leurs solutions, \u00e0 la promotion globale du bien-\u00eatre physique, social et mental. Cela implique l\u2019\u00e9valuation, le traitement, la consultation, l\u2019\u00e9laboration de programmes, la recherche, le mentorat, l\u2019enseignement\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La Dre Sabourin se sp\u00e9cialise en psychologie clinique de la sant\u00e9, au carrefour de la psychologie de la sant\u00e9 et de la psychologie clinique. Elle \u00e9volue dans une clinique de soins tertiaires aupr\u00e8s de personnes atteintes de douleurs chroniques. Son travail englobe l\u2019examen des aspects biopsychosociaux chez les gens qui vivent avec un probl\u00e8me de sant\u00e9 chronique, et la mise en application des comp\u00e9tences en psychologie clinique et des principes relatifs aux comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 pour tenter de les soutenir. La plupart des psychologues cliniciens ont une sp\u00e9cialisation de ce type, que ce soit en milieu hospitalier ou dans le traitement de troubles de l\u2019humeur particuliers. Ce n\u2019est pas le seul changement qui s\u2019est op\u00e9r\u00e9 dans ce champ d\u2019activit\u00e9 depuis les derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Comme le souligne la Dre Sabourin, \u00ab\u00a0je crois que d\u2019une part, le domaine est devenu plus diversifi\u00e9. Traditionnellement, il \u00e9tait domin\u00e9 par des hommes blancs, et \u00e7a continue de changer. Notre engagement envers la pratique fond\u00e9e sur des donn\u00e9es probantes poursuit son \u00e9volution, r\u00e9unissant l\u2019ensemble de nos connaissances sur ce que nous savons de tout ce qui touche les troubles mentaux jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9panouissement humain. Nous utilisons d\u00e9sormais ce savoir pour am\u00e9liorer nos services et rendre des comptes aux personnes que nous aidons. Je pense \u00e9galement que les milieux o\u00f9 nous pratiquons ont chang\u00e9. On trouve des psychologues cliniciens partout, que ce soit dans les soins primaires jusqu\u2019aux soins hypersp\u00e9cialis\u00e9s, avec pour r\u00e9sultat que les populations et les milieux aupr\u00e8s desquels nous intervenons sont beaucoup plus diversifi\u00e9s qu\u2019ils ne l\u2019\u00e9taient auparavant. De plus, je crois que la reconnaissance de l\u2019aide que peut apporter l\u2019acc\u00e8s aux services a progress\u00e9. Il ne s\u2019agit pas de savoir si quelque chose ne va pas chez vous ou si vous \u00eates fou\u00a0: la stigmatisation a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019att\u00e9nuer et les gens r\u00e9alisent que nous pouvons aider n\u2019importe qui, de l\u2019athl\u00e8te d\u2019\u00e9lite \u00e0 la personne qui \u00e9prouve de r\u00e9elles difficult\u00e9s \u00e0 accomplir les t\u00e2ches essentielles du quotidien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le fait de rassembler ces connaissances et de les utiliser en pratique clinique est une question que connaissent bien la Dre Sabourin et le Dr Carleton. Ils sont tous deux chercheurs, en plus d\u2019\u00eatre cliniciens. Le Dr Carleton re\u00e7oit, et traite, plusieurs intervenants de premi\u00e8re ligne \u00e0 Regina \u2013 particuli\u00e8rement \u00e0 la GRC, puisque l\u2019\u00c9cole est situ\u00e9e dans la ville. <a href=\"https:\/\/cpa.ca\/docs\/File\/Psynopsis\/2021-Vol43-1_FR\/index.html#p=25\">Il r\u00e9alise \u00e9galement plusieurs recherches aupr\u00e8s de la GRC<\/a> et d\u2019autres membres du personnel de la s\u00e9curit\u00e9 publique (PSP). R\u00e9cemment, lui et son \u00e9quipe ont cr\u00e9\u00e9 un outil en ligne anonyme o\u00f9 les membres du PSP peuvent \u00e9valuer leur propre sant\u00e9 mentale, pour ensuite chercher le soutien dont ils ont besoin.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je crois que nous observons une meilleure int\u00e9gration de la science et de la pratique, poursuit-il. Nous am\u00e9liorons nos fa\u00e7ons de nous connecter les uns aux autres, et nous entretenons des relations fond\u00e9es sur la pratique r\u00e9flexive entre les psychologues qui font de la recherche et les psychologues praticiens. Nous constatons combien la science oriente la pratique et vice versa, de mani\u00e8re beaucoup plus dynamique. Par exemple, on a assist\u00e9 \u00e0 des changements consid\u00e9rables pour ce qui est du SSPT. Gr\u00e2ce aux interactions \u00e9troites entre la pratique clinique et la science, il existe d\u00e9sormais quatre groupes de sympt\u00f4mes plut\u00f4t que trois. Les diagnostics de SSPT peuvent d\u00e8s lors \u00eatre pos\u00e9s sans qu\u2019il y ait un \u00e9v\u00e9nement unique, mais en consid\u00e9rant l\u2019ensemble des \u00e9v\u00e9nements accumul\u00e9s. Il ne fait aucun doute que, pour nos intervenants de premi\u00e8re ligne et les autres membres de la s\u00e9curit\u00e9 publique, il s\u2019agissait de deux immenses pas en avant. Les membres du personnel de la s\u00e9curit\u00e9 publique avaient de la difficult\u00e9 \u00e0 pr\u00e9ciser quel incident leur causait le plus de probl\u00e8mes parce qu\u2019ils en avaient v\u00e9cu des centaines, voire des milliers, au cours d\u2019une seule ann\u00e9e. Auparavant, ils se rendaient chez un psychologue en disant \u201cJ\u2019ai des probl\u00e8mes\u201d, ce \u00e0 quoi le psychologue aurait pu r\u00e9pondre \u201cJ\u2019en ai aussi car je ne peux \u00e9tablir de diagnostic \u00e0 moins que vous ne choisissiez un seul \u00e9v\u00e9nement\u201d. Nous avons corrig\u00e9 ces choses, et nous r\u00e9alisons des am\u00e9liorations progressives et d\u2019importantes avanc\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une autre \u00e9volution avec laquelle nous sommes tous familiers aujourd\u2019hui est de nature technologique. Je m\u00e8ne la pr\u00e9sente entrevue avec la Dre Sabourin et le Dr Carleton via Zoom, et il existe des dizaines d\u2019autres plateformes virtuelles disponibles pour tenir des rencontres, et m\u00eame des s\u00e9ances de th\u00e9rapie.<\/p>\n<p>La Dre Sabourin pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0Je crois qu\u2019un autre \u00e9l\u00e9ment qui a pris de l\u2019ampleur, particuli\u00e8rement depuis la pand\u00e9mie, est le r\u00f4le de la technologie et de l\u2019innovation sur le plan de l\u2019acc\u00e8s aux services psychologiques. L\u2019id\u00e9e de devoir se rendre dans un cabinet de psychologue m\u00eame pour une s\u00e9ance de 15 minutes, quelque part dans un \u00e9difice mena\u00e7ant, ce n\u2019est plus ainsi que nous envisageons la psychologie clinique. Aujourd\u2019hui, nous avons recours aux plateformes de visioconf\u00e9rences, aux applications sur nos t\u00e9l\u00e9phones, et ainsi de suite. Par exemple, nous faisons beaucoup de programmes de groupe o\u00f9 les participants peuvent demeurer dans le confort de leur domicile, sans avoir \u00e0 se rendre en voiture \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et payer le stationnement, et tenter de trouver le chemin, et ainsi de suite. Le fait de diminuer les obstacles aux soins et d\u2019augmenter la souplesse dans notre fa\u00e7on de faire repr\u00e9sente un progr\u00e8s enthousiasmant. Ce mouvement existait d\u00e9j\u00e0 depuis un moment, mais depuis deux ans, depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, il a pris de l\u2019essor.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il y a deux ans, avant le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, la th\u00e9rapie virtuelle \u00e9tait plut\u00f4t marginale. Cependant, bien des choses ont chang\u00e9 depuis. Les psychologues qui \u00e9taient r\u00e9ticents \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019organiser des s\u00e9ances de th\u00e9rapie sur les plateformes virtuelles ont appris \u00e0 le faire efficacement, et la pr\u00e9valence de ce type de technologie a \u00e9limin\u00e9 certains des obstacles aux soins, accru l\u2019aide psychologique disponible et largement contribu\u00e9 \u00e0 att\u00e9nuer la stigmatisation persistante entourant la recherche d\u2019aide en sant\u00e9 mentale. Le Dr\u00a0Carleton souligne que cela a aussi aid\u00e9 d\u2019autres fa\u00e7ons.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au risque de dire une h\u00e9r\u00e9sie, j\u2019estime vraiment que le fait d\u2019\u00eatre oblig\u00e9 de travailler \u00e0 distance, quoique cela ait pu faire obstacle \u00e0 certains congr\u00e8s, a r\u00e9ellement rehauss\u00e9 la collaboration, et ce, sous plusieurs angles. Je peux rencontrer quelqu\u2019un de l\u2019Australie \u00e0 la fin de ma journ\u00e9e et au d\u00e9but de la sienne\u00a0: nous pouvons \u00e9changer des notes pendant une demi-heure. Nous ne sommes pas pr\u00e9occup\u00e9s parce que l\u2019un de nous deux devra bient\u00f4t prendre un vol de 16 heures.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La Dre Sabourin acquiesce. Non seulement les collaborations sont plus faciles, mais il est \u00e9galement plus facile de fournir des soins psychologiques \u00e0 un plus grand nombre de personnes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous examinons comment augmenter les ressources et notre port\u00e9e. Une part de ce travail consiste \u00e0 adapter le <a href=\"https:\/\/cpa.ca\/docs\/File\/Psynopsis\/2021-Vol43-1_FR\/index.html#p=9\">mod\u00e8le de soins par paliers<\/a> qui se d\u00e9ploie dans tout le pays. Au premier palier, on offre du soutien \u00e0 beaucoup de personnes, et puis, quand les besoins augmentent et se complexifient, on offre aux personnes des services psychologiques plus soutenus et intensifs. Nous lisions un article paru dans une revue scientifique \u00e0 propos de ce mod\u00e8le \u00e0 Ottawa, et le directeur de ma clinique disait \u201cJ\u2019aimerais que nous puissions prendre un vol vers Ottawa, nous asseoir et discuter avec cette personne!\u00a0\u00bb Et j\u2019ai r\u00e9pondu \u201cJe vais organiser une rencontre Zoom ce mardi\u201d. \u00c7a peut s\u2019organiser si rapidement et nous sommes si habitu\u00e9s \u00e0 ces plateformes que nous avons l\u2019impression de nous rencontrer en personne lorsque nous \u00e9changeons de cette mani\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je commande souvent de la nourriture \u00e0 des fermes locales de ma r\u00e9gion, qui me livrent des aliments \u00e0 domicile. La nourriture est livr\u00e9e par Miles [nom fictif], un homme tr\u00e8s costaud, qui porte une barbe qui lui descend jusqu\u2019\u00e0 la boucle de ceinture et qui conduit un \u00e9norme camion r\u00e9frig\u00e9r\u00e9. Il y a peu de temps, nous discutions de mon nouvel emploi \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 canadienne de psychologie, et Miles m\u2019a parl\u00e9 d\u2019un de ses coll\u00e8gues dont il s\u2019inqui\u00e9tait parce qu\u2019il devenait de plus en plus repli\u00e9 sur lui-m\u00eame. Il s\u2019inqui\u00e9tait de la sant\u00e9 mentale de son ami. Est-ce que je devrais lui parler? Est-ce que je devrais le laisser seul? En tant que non-psychologue, je ne pouvais lui donner de bons conseils sur ce qu\u2019il fallait faire au juste, mais je pensais que lui offrir gentiment son aide ne pouvait faire de mal. Les autres fois o\u00f9 j\u2019ai vu Miles, il me donnait des nouvelles de son ami. Un jour, l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier, alors que je travaillais dans mon garage, Miles et son coll\u00e8gue \u00e9taient tous les deux dans le camion et sont venus s\u2019asseoir quelques minutes. Depuis, \u00e0 chaque fois qu\u2019ils font une livraison chez moi, nous nous assoyons pendant une quinzaine de minutes et nous parlons un peu de notre propre sant\u00e9 mentale. Comment nous tenons le coup avec la pand\u00e9mie, quels genres de probl\u00e8mes nous et nos familles avons affront\u00e9s. Le Dr\u00a0Carleton indique que ce genre de situation se produit de plus en plus.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous avons observ\u00e9 d\u2019extraordinaires am\u00e9liorations dans le discours entourant la sant\u00e9 mentale. Plut\u00f4t que de taire le sujet, les gens en parlent avec franchise. Le fait que nous en soyons \u00e0 une \u00e9tape o\u00f9 nous essayons de mobiliser les connaissances sur la sant\u00e9 mentale pour faciliter la transition vers des changements r\u00e9els \u2013 c\u2019est un virage ph\u00e9nom\u00e9nal m\u00eame au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. Nous ne savons peut-\u00eatre pas exactement o\u00f9 nous irons ensuite, mais au moins, nous ne nions plus que nous pouvons offrir beaucoup d\u2019aide et de formes d\u2019aide aux personnes souffrant de probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale. Je crois qu\u2019une large part de ce changement est le r\u00e9sultat des activit\u00e9s de repr\u00e9sentation des int\u00e9r\u00eats men\u00e9es par les psychologues cliniciens et d\u2019autres professionnels de la sant\u00e9 mentale.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nous n\u2019avons pas encore termin\u00e9\u00a0: un certain ostracisme demeure et persiste, comme l\u2019image du divan et du cigare. Mais les professionnels de la sant\u00e9 mentale poursuivent leurs efforts pour l\u2019\u00e9radiquer, et les psychologues cliniciens n\u2019y font pas exception. La Dre Sabourin r\u00e9sume tr\u00e8s bien le message.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est normal d\u2019avoir des probl\u00e8mes, vous \u00eates humain. Ce n\u2019est pas facile pour un \u00eatre humain d\u2019habiter notre plan\u00e8te! Nous essayons tous de vivre nos vies, mais nous n\u2019avons pas choisi nos parents, nous n\u2019avons pas choisi nos g\u00e8nes, nous n\u2019avons pas choisi le fait que nos cerveaux sont probablement encore programm\u00e9s pour nous aider \u00e0 survivre comme il y a 20 000 ans, et notre environnement s\u2019est consid\u00e9rablement transform\u00e9 depuis. Il s\u2019agit de normaliser le fait que ce n\u2019est pas grave si certains moments de votre vie sont plus difficiles que d\u2019autres. Nous voyons des \u00eatres humains exceptionnels qui se sont \u00e9panouis, comme Clara Hughes, l\u2019athl\u00e8te olympique qui a reconnu avoir des probl\u00e8mes. Il y a des acteurs renomm\u00e9s et des politiciens qui s\u2019ouvrent sur leurs difficult\u00e9s et affirment que l\u2019on peut faire quelque chose \u00e0 ce sujet. En tant que soci\u00e9t\u00e9, nous reconnaissons qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019\u00eatre soit en bonne sant\u00e9, soit malade. Vous pouvez trouver des trucs. Vous pouvez trouver des moyens de vous faciliter la t\u00e2che, d\u2019\u00eatre mieux dans votre peau, d\u2019\u00eatre plus pr\u00e9sent aupr\u00e8s de vos enfants. Nous sommes plusieurs \u00e0 \u00e9prouver des difficult\u00e9s, et le fait de voir un psychologue ne signifie pas que quelque chose cloche chez vous\u00a0: simplement, nous sommes tous des \u00eatres humains qui tentent de faire de leur mieux dans un monde difficile.\u00a0\u00bb<\/p>\n            <\/div>\r\n    <\/div>\r\n\r\n\r\n\r\n            <\/div>\n<\/div>\n<hr \/>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[138,175],"tags":[],"class_list":["post-27955","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-psychprofilesfr","category-psychmonth2022fr"],"acf":[],"aioseo_notices":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-05-22 13:03:18","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cpa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27955","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cpa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cpa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cpa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cpa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27955"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/cpa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27955\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":28436,"href":"https:\/\/cpa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27955\/revisions\/28436"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cpa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27955"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cpa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27955"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cpa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27955"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}