
Viola Desmond
Viola Desmond a fondé une école de beauté en Nouvelle-Écosse pour que les femmes noires n’aient pas à voyager aussi loin pour se former comme esthéticiennes. Ses étudiants ont ensuite créé leurs propres entreprises, répondant à un besoin important dans leurs communautés et créant des opportunités d’emploi là où il n’y en avait pas auparavant.
Ayant grandi à Halifax, Viola Desmond s’est rendu compte qu’il n’existait aucun salon de coiffure ou institut de beauté destiné aux femmes noires. Ne pouvant pas suivre une formation en esthétique à Halifax en raison de la couleur de sa peau, elle a parcouru l’Amérique du Nord et s’est formée à Montréal, New York et Atlantic City. Elle est ensuite revenue à Halifax pour ouvrir le Vi’s Studio of Beauty Culture. Peu après, elle a ouvert la Desmond School of Beauty Culture afin que les femmes noires puissent suivre une formation d’esthéticienne sans avoir à se déplacer aussi loin.
Parmi ses clientes se trouvaient Gwen Davis, qui allait devenir la première infirmière noire de Nouvelle-Écosse, et Portia May White, une chanteuse contralto qui fut la première chanteuse de concert noire de renommée internationale au Canada. Chaque année, l’école de Viola Desmond diplômait environ 15 élèves, qui étaient toutes encouragées à créer leur propre entreprise. Cela a permis d’augmenter les possibilités d’emploi pour les femmes noires dans des dizaines de collectivités de la côte Est.
En 1946, Viola Desmond a été arrêtée pour s’être assise dans la section du parterre plutôt qu’au balcon, qui était réservé aux clients noirs, dans un théâtre de New Glasgow. Les responsables de l’église de sa collectivité l’ont encouragée à contester les accusations. The Clarion, le premier journal appartenant à des Noirs en Nouvelle-Écosse, a chargé la journaliste Carrie Best de couvrir tous les aspects de l’affaire et du procès qui a suivi. Les accusations ont finalement été rejetées.
William Pearly Oliver, le pasteur baptiste qui avait initialement convaincu Viola de se battre, a plus tard déclaré à propos de cette affaire : « Cela a eu une grande importance pour notre communauté. Jamais auparavant ni après cela, il n’y a eu d’effort aussi intense pour obtenir des droits. Le peuple s’est levé d’une seule voix. Cet élan positif a renforcé le prestige de la communauté noire dans toute la province. Je suis convaincu que la plupart des actions positives qui ont eu lieu depuis découlent de cet événement. » [traduction libre]
Pour pouvoir lutter contre l’injustice, il est tout d’abord crucial de pouvoir compter sur le soutien de sa famille, de ses amis, de ses voisins et de sa communauté. Et lorsqu’on prend position, on reçoit le soutien de son entourage. Un soutien qui succède à la résistance et qui permet également de mener toute résistance future. Lorsqu’une personne se tient debout, son geste a un effet psychologique contagieux. La dignité et le courage sont des aspirations partagées. Les atteindre et les préserver est presque toujours le fruit d’un effort collectif.
