Le thème du Mois de la psychologie 2026 était « Tout est question de psychologie ». Il a mis en évidence les façons dont la psychologie a quelque chose à contribuer et à dire sur la plupart des problèmes qui affectent les Canadiens, grands et petits. Ce large éventail de connaissances et d’expertise est remarquable, et dans le monde incertain d’aujourd’hui, il est inestimable. La psychologie, et les psychologues, ont l’occasion de jouer un rôle déterminant pour faire avancer le monde, et notre pays, vers un changement positif, durable et fondé sur des preuves. C’est maintenant le moment de le faire.Consultez notre page Mois de la psychologie 2026.
Ce mois-ci, dans son magazine Monitor on Psychology, l’American Psychological Association a publié un article intitulé « Storytelling strengthens the impact of psychological science », de Tori DeAngelis. Cet article commence par les mots suivants : « La psychologie est peut-être la discipline scientifique la mieux placée pour aider les gens à faire face aux défis complexes de 2026. » Il souligne à quel point il est essentiel que les psychologues partagent leurs découvertes et expliquent pourquoi elles sont importantes, de manière à toucher un large public.
J’avais cet article en tête tout au long du Mois de la psychologie cette année, parce qu’il traite d’un sujet similaire au thème de cette année : « Tout est question de psychologie ». Cela signifie que la psychologie scientifique, plus que toute autre discipline scientifique, a quelque chose à apporter à presque tous les aspects de notre vie quotidienne. Il est impératif de communiquer cela au public, aux décideurs des organisations et aux décideurs du gouvernement.
Le simple fait de savoir quelque chose ne devrait pas être une fin en soi. Il est peu utile d’acquérir des connaissances si ces connaissances n’encouragent pas des changements positifs. Les psychologues savent, par exemple, que l’indicateur de type Myers-Briggs est à peu près aussi fiable et scientifiquement rigoureux que l’astrologie. Pourtant, il est utilisé par toutes sortes de grandes entreprises dans leurs processus d’embauche et dans leurs structures organisationnelles internes. En fait, il est utilisé par la majorité des entreprises classées au Fortune 500, même si nous (psychologues et chercheurs en psychologie de la personnalité) savons que la mesure de la personnalité à l’aide du modèle de personnalité à cinq facteurs est beaucoup plus précise.
Pourquoi ces entreprises continuent-elles à l’utiliser? Avons-nous simplement omis de leur en parler? Ignorent-elles tout simplement les données qui démontrent l’inefficacité de leur méthode?
Voici le problème : la psychologie scientifique peut expliquer à une entreprise figurant au Fortune 500 pourquoi l’utilisation du test Meyers-Briggs est un exercice futile. Elle peut expliquer pourquoi cette entreprise est réticente à modifier ses pratiques. Elle peut également montrer pourquoi cette entreprise pourrait tirer des avantages de sa façon de faire actuelle, même si les données ne soutiennent pas ces conclusions. Elle peut même suggérer des moyens par lesquels une personne qui souhaite modifier les pratiques de cette entreprise peut présenter ses arguments de manière efficace et convaincante.
Le problème central, tel que je le vois, est que parmi les différentes façons dont la psychologie peut contribuer à la culture du travail, à l’efficacité et même aux résultats financiers de cette entreprise, la plus faible de toutes est la plus essentielle. Nous (bien que je ne sois pas moi-même psychologue, j’utiliserai le mot « nous » à partir de maintenant pour des raisons de commodité) sommes très doués pour comprendre pourquoi les gens agissent comme ils agissent. Nous ne sommes pas aussi doués pour les convaincre d’agir autrement.
Nous n’attaquons pas le problème de front. Nous trouvons des moyens d’inciter les gens à recycler davantage au bureau, mais nous n’avons pas de solution efficace pour convaincre les politiciens de prendre des mesures significatives pour lutter contre les changements climatiques. Nous pouvons affirmer au monde entier que le fait de désigner les jeunes par leur pronom de référence et de fournir des soins d’affirmation de genre à tous a des effets très positifs sur la santé et le bien-être. Nous n’avons pas beaucoup de facilité à convaincre les commissions scolaires, les gouvernements et le public de se rallier à ces données scientifiques.
Le fait est que nous savons comment le faire! Nous étudions la réaction du public à la rhétorique. Nous savons comment formuler un message pour qu’il ait le plus grand impact. Une partie de cette constatation se trouve dans le titre même de l’article de Mme DeAngelis, Storytelling strengthens the impact of psychological science. (La mise en récit renforce l’impact de la psychologie scientifique). Comment se fait-il que nous disposions d’autant d’informations sur la manière de procéder, mais que peu d’entre nous souhaitent passer à l’action?
Chaque année (et par là j’entends l’année dernière et cette année encore), je fais une présentation au congrès de la SCP avec notre nouvelle présidente, la Dre Janine Hubbard. Nous parlons de la façon de s’adresser aux médias, et je vois notre présentation comme un appel aux membres de la profession à se faire entendre. Mon message principal s’adresse généralement aux universitaires, et il est le suivant : si ce n’est pas vous, alors ce sera qui? Les gens parleront de votre domaine d’expertise, mais vous êtes l’expert.
Le message de Janine s’adresse davantage aux praticiens (les psychologues qui travaillent en cabinet clinique et reçoivent des patients). Elle souligne que tous les psychologues font de longues études et qu’ils sont extrêmement compétents dans de nombreux domaines. Vous n’êtes peut-être pas LE spécialiste du stress post-traumatique, mais vous en savez assez pour en parler pendant deux minutes aux sympathiques journalistes du téléjournal de fin de journée. Vous êtes en mesure d’apporter à la communauté un peu plus de compréhension, et peut-être un sentiment de réconfort, au lendemain d’une tragédie. La plupart des psychologues ont une certaine expérience de l’enseignement auprès d’étudiants, et Janine considère les apparitions dans les médias comme une occasion de sensibiliser le public à un sujet. Elle s’appuie sur son expérience de psychologue pour enfants, qui l’amène régulièrement à expliquer des questions complexes aux enfants et à leurs parents. Selon elle, « Tous les cliniciens doivent utiliser un langage approprié pour atteindre leur public cible. Il en va de même lorsqu’on s’adresse à un public plus large. »
Janine elle-même est en quelque sorte arrivée par hasard dans ce type de travail, et aujourd’hui, non seulement elle est devenue une spécialiste des interventions devant les médias, mais elle en perçoit également l’immense valeur. Sa chronique régulière aux nouvelles du soir à Terre-Neuve a fait d’elle un visage familier dans la collectivité. Cette proximité a conduit à la confiance. Cette confiance implique que l’on croit Janine lorsqu’elle parle de quelque chose de vraiment important.
Les gens observent et écoutent. Ils ont écouté Janine lorsqu’elle a parlé des soins d’affirmation de genre. Ils ont l’écoutée quand elle a parlé du stress des Fêtes ou des effets des incendies de forêt qui ont effrayé Terre-Neuve. Et lorsqu’elle les a encouragés à se faire vacciner en les aidant à surmonter leur peur des aiguilles, et qu’elle les a encouragés à suivre les directives de santé publique en les rassurant et en partageant des stratégies pour les mettre plus à l’aise avec les écouvillons, les téléspectateurs des nouvelles locales ont en effet été rassurés. Ils faisaient confiance à sa crédibilité en tant que scientifique et en tant que visage familier.
Je comprends que cela ne soit pas naturel pour beaucoup de psychologues. Ce n’était pas naturel pour Janine non plus, mais le fait de reconnaître l’impact de cette démarche lui a permis de s’épanouir dans son rôle de communicatrice. Je pense que la rigueur scientifique, qui devient une seconde nature pour les psychologues au cours de leurs études, produit deux effets.
L’un d’eux est l’idée que les mots employés doivent être extrêmement précis. Ils ne se sentent pas à l’aise de dire, par exemple, qu’il est beaucoup plus courant de faire pipi lorsqu’on ne devrait pas chez les enfants de cinq ans que chez les ados de 15 ans. Au lieu de cela, ils pourraient avoir tendance à dire que l’énurésie touche entre 5 et 10 % des enfants de cinq ans, qu’il existe une différence entre l’énurésie et l’énurésie nocturne, et qu’elle survient chez environ 1 % des adolescents de 15 ans, mais que dans leur cas, il est beaucoup plus probable qu’elle soit nocturne… nous savons que ce genre de propos fera perdre l’attention de l’auditoire. Mais nous préférons parfois être précis plutôt qu’être entendus. Heureusement, lorsqu’elle a parlé de ce sujet avec moi dans le cadre du Mois de la psychologie, la Dre Jen Theule s’est inspirée de son expérience pour expliquer l’énurésie et l’encoprésie (faire pipi et caca là où il ne faut pas) aux enfants et me l’a expliqué de manière simple et directe.
Le second effet est l’idée que lorsqu’une personne en sait plus que vous sur un sujet donné, ce n’est pas à vous d’en parler. Et si vous le faites, le compteur du syndrome de l’imposteur se met à grimper.
Janine m’a raconté une fois une histoire où elle essayait de trouver d’autres psychologues pour faire une chronique aux nouvelles. Elle a contacté plusieurs de ses collègues pour trouver quelqu’un qui puisse parler à un animateur, mais tous ont refusé. Ce n’était pas leur domaine d’expertise et ils estimaient que cela dépassait leurs compétences; ils ont donc décliné l’invitation. Le sujet dont on leur demandait de parler était le syndrome de l’imposteur.
Je le dis à tous les psychologues que je rencontre. Vous en savez plus sur le comportement humain, sous presque tous ses aspects, que les personnes que vous pourrez atteindre en prenant la parole. J’écris sur la discipline de la psychologie et sur la psychologie scientifique, et ce quotidiennement depuis six ans. Vous en savez toujours plus que moi sur tous les aspects du comportement humain.
Il y a près de deux ans, le Dr Steve Joordens m’a écrit pour me proposer un épisode de balado sur le fléau des paris sportifs. C’était la première fois que je réfléchissais au danger réel que représentent les paris sportifs en ligne pour les jeunes, et j’ai été à la fois heureux et immédiatement intéressé lorsque Steve a attiré mon attention sur ce sujet. Peu de temps après, Steve a rédigé une lettre au nom de la SCP et s’est ensuite exprimé devant le Sénat pour demander que des mesures soient prises concernant la publicité sur les paris sportifs. Il a organisé un webinaire pour la SCP sur le sujet. Il sera le rédacteur en chef invité d’un prochain numéro du magazine de la SCP, Psynopsis, sur le thème de la dépendance comportementale.
Steve est très sensible aux dangers du jeu chez les jeunes. Et d’une certaine façon, c’est UN expert. Ce n’est pas L’expert. Mais il en sait plus à ce sujet que la plupart des sénateurs à qui il s’adressait. Et plus que je n’en sache sur le sujet. Le VÉRITABLE expert pourrait bien être le Dr Robert Sapolsky; je le sais parce que Steve a eu une réaction d’excitation et d’admiration lorsqu’il a rencontré le Dr Sapolsky pour la première fois dans le cadre de l’article que nous rédigions pour le Mois de la psychologie.
En revanche, je n’avais jamais entendu parler du Dr Sapolsky avant ce jour. Je soupçonne que peu de psychologues diraient la même chose. Ils pourraient être aussi surpris de constater mon ignorance que je l’ai été quand j’ai découvert que ma fille de 26 ans n’avait jamais entendu parler de Bad Bunny avant le Super Bowl. Le Dr Sapolsky est, à juste titre, une personnalité très importante dans les milieux de la psychologie. Mais ces milieux sont aussi fermés. Nous vivons tous dans notre propre bulle, et la psychologie vit aussi dans la sienne.
Dans son article, Mme DeAngelis cite la Dre Myra Fernandes, professeure de neurosciences cognitives à l’Université de Waterloo au Canada et rédactrice en chef adjointe de la Revue canadienne de psychologie expérimentale (RCPE), qui explique comment le système des revues scientifiques pourrait mieux rejoindre le public. La Dre Fernandes soutient que les revues pourraient exiger des énoncés d’impact d’intérêt général brefs et accessibles au grand public, expliquant une étude en termes simples et, notamment, comment elle peut bénéficier à la société. La RCPE est l’une des revues qui demandent ces énoncés, ce qui est un bon début. Mais je pense qu’une étape supplémentaire est nécessaire, celle de l’intention.
Lorsque vous publiez un article dans une revue scientifique, il est tout à fait possible que son impact sur le public soit obscur, même pour vous. Cela peut donner l’impression que la rédaction d’un énoncé d’impact d’intérêt général n’est qu’une case de plus à cocher — une source d’irritation et non une obligation. Peut-être que votre étude n’aura pas d’incidence directe sur le public ou sur les politiques. Mais elle permettra d’orienter les recherches scientifiques futures, ce qui contribuera à des changements plus importants susceptibles d’améliorer considérablement le bien-être de la population. L’énoncé d’impact peut être prospectif.
Je pense qu’un article paru récemment dans la RCPE offre un excellent exemple d’énoncé d’impact d’intérêt général bien rédigé. Cet article a été publié par MacMillan, Churchill et Hourihan, et s’intitule « Effects of valence and list composition on memory predictions, performance, and beliefs ». Le résumé de l’article suppose que le lecteur comprend des termes tels que « métamnémotechnique », « modèle statistique mixte », « modèle statistique pur » et « manipulation de la valence ». Un autre chercheur en psychologie qui lit ce résumé comprendrait parfaitement ces termes. (Je suppose — je ne les comprends pas assez bien moi-même pour l’affirmer avec certitude.) Voici l’énoncé d’impact d’intérêt général qui accompagnait l’article :
« On sait peu de choses sur la façon dont les émotions influencent notre perception de ce dont nous sommes susceptibles de nous souvenir et de ce que nous sommes susceptibles d’oublier. Cette étude a révélé que les gens pensent que les mots à connotation émotionnelle sont plus faciles à mémoriser que les mots neutres, surtout lorsqu’ils sont étudiés ensemble. Comprendre la nature de cette relation peut contribuer à améliorer les stratégies d’apprentissage que nous choisissons, tant dans un contexte éducatif que dans la vie quotidienne. »
À mon avis, c’est un excellent énoncé d’impact d’intérêt général. Je comprends immédiatement ce qui a été fait dans le cadre de cette étude, et je comprends comment les résultats peuvent contribuer à de futures recherches ou, dans une moindre mesure, orienter un programme pédagogique plus large. Et j’ai pu tirer cette conclusion à partir d’un seul paragraphe, sans avoir à me plonger dans les définitions de la manipulation de la valence métamnémotechnique.
Lorsque j’écris des articles (comme celui-ci), mon objectif est de créer un contenu correspondant au niveau de lecture d’un étudiant de 9e année (ou secondaire 3). Non pas parce que je pense que c’est le niveau du lecteur moyen — en fait, je crois que presque tout le monde qui lit cet article a probablement un niveau de compétence supérieur à celui d’un étudiant de secondaire 3. Je fais ce choix parce que plus un texte est facile à lire, plus les gens seront disposés à le lire. Pourquoi faire travailler les gens plus fort que nécessaire si votre objectif est l’accessibilité? Je soulève ce point, car la méthode que j’utilise pour déterminer cela est un outil simple disponible dans Word qui vous indique le niveau de lecture auquel correspond votre document. J’ai utilisé cet outil récemment pour examiner environ 30 énoncés d’impact d’intérêt général tirés des trois revues de la SCP, y compris la RCPE. Le niveau de lecture moyen était celui de la 16e année. Je ne sais même pas de quel niveau scolaire il s’agit. La quatrième année du premier cycle en psychologie? La première année de la maîtrise? Certains des énoncés étaient si denses que l’outil ne pouvait même pas me donner de niveau de lecture.
La Dre Fernandes a raison et l’intention est bonne. Mais il est tout à fait possible que cet énoncé d’impact ait été rédigé depuis le vase clos de la psychologie. Il peut paraître très simple pour le chercheur qui en est l’auteur, ainsi que tous ses collègues. Mais pas pour le public. Ni pour les journalistes, ni pour les écrivains, ni pour les députés, ni pour moi. Un chercheur qui publie des travaux de recherche en psychologie s’intéresse vraisemblablement aux possibilités qu’ouvrent ces travaux. C’est la visibilité qui offre les meilleures chances d’avoir un impact. Et sans accessibilité, la visibilité est plutôt rare.
Pour illustrer mon propos, je citerai l’exemple de la Dre Fernandes elle-même, chercheuse extrêmement talentueuse, rédactrice en chef d’une revue scientifique, figure respectée du monde des neurosciences cognitives et communicatrice scientifique hors pair. Quand je tape son nom dans Google, le premier résultat qui apparaît est l’Université de Waterloo, ce qui est tout à fait logique. Le deuxième résultat est Google Scholar, ce qui est également compréhensible. Le troisième résultat est un balado. (En fait, c’est l’épisode du balado Mind Full de la SCP dans lequel la Dre Fernandes nous parle de ses recherches sur le lien entre la musique et la mémoire.) Je supposais que l’algorithme qui filtre mes activités sur les réseaux sociaux était un peu différent de celui des autres, ce qui augmentait les probabilités que le balado soit proposé dans mes résultats (après tout, je clique souvent sur ce lien). J’ai demandé à quelques amis de faire la même recherche Google, et ils ont obtenu le même résultat.
Dans le monde de la communication sur les réseaux sociaux, l’indicateur central qui nous importe lors de la collecte de données est la « portée ». Bien sûr, le nombre de personnes qui interagissent avec notre contenu, cliquent sur les liens que nous fournissons et regardent les vidéos que nous publions a une importance. Mais ce qui importe le plus, c’est le nombre de personnes qui ont la possibilité de faire tout cela, ce qui signifie que nous devons d’abord les atteindre. La plupart des chaînes de télévision ont une portée plus importante que la plupart des stations de radio, qui ont elles-mêmes une portée plus importante que la plupart des journaux, qui ont tous une portée plus importante que la plupart des balados, qui ont tous une portée plus importante que les magazines, qui ont tous une portée plus importante que les réseaux sociaux. Votre page Bluesky ou LinkedIn a une portée plus grande qu’un article de revue.
À mon avis, les psychologues font partie des très rares groupes capables d’accéder à l’intérieur de la majorité de ces vecteurs. Et cela signifie qu’il faut se montrer. Dans les journaux, les magazines, les blogues, les balados.
Le Dr Bruce Hutchison est un expert de la contagion émotionnelle et il a mis son expertise à la disposition du monde entier via la plateforme Substack. Sa page sur Substack compte actuellement 39 abonnés. Mais chaque article et chaque texte qu’il publie lui offre une chance supplémentaire d’être vu par un public plus large.
La Dre Elena Antoniadis n’est pas L’experte de la mémoire. Mais elle en parle dans ses cours. Elle publie certains de ses cours sur sa chaîne YouTube, et c’est là que j’ai découvert sa vidéo sur la mémoire. Sa façon d’expliquer la mémoire était simple, directe et facile à comprendre, et j’étais ravi lorsqu’elle a accepté de m’éclairer sur le sujet à l’occasion du Mois de la psychologie.
Madeline Springle utilise également beaucoup YouTube, où elle a créé une chaîne consacrée à son domaine d’expertise en tant que candidate au doctorat à l’Université de Calgary. @MasterYourInterview propose plus de 60 vidéos sur la préparation et la réussite d’un entretien d’embauche, et une grande partie de son contenu a inspiré notre article sur les entretiens d’embauche, un article qui mettait également en vedette l’avis de L’expert (ou peut-être l’un des rares à pouvoir prétendre à ce titre), le Dr Nicolas Roulin.
Dans le cadre de mon travail de spécialiste des communications à la SCP, je m’occupe de nos divers réseaux sociaux. Je vois de plus en plus de psychologues s’exprimer sur des questions extrêmement importantes. Racisme, xénophobie, changements climatiques, régulation psychologique, violence familiale, soins de santé, jeux de hasard, crise des opioïdes, prendre soin de soi, transphobie, fascisme, châtiments corporels, thérapie de conversion, crise du logement, désinformation, IA, l’importance du sommeil, usure de compassion, les fondements scientifiques discutables du test Myers-Briggs, les avantages de la luminothérapie, les stratégies de lutte contre l’intimidation à l’école, les traumatismes intergénérationnels, les avantages des stratégies de réduction des méfaits, les traumatismes multiples chez les réfugiés, le harcèlement au travail... et ainsi de suite.
Ils partagent leur expertise à des moments où cela compte vraiment. Parfois, ils le font de manière hésitante. Il est compréhensible d’hésiter, surtout dans le contexte actuel où les trolls et les robots sur les réseaux sociaux peuvent rendre les échanges désagréables. C’est particulièrement difficile lorsqu’on pense que le fait de s’exposer risque d’entraîner des jugements ou des critiques de la part de ses pairs et collègues du même milieu professionnel. La Dre Jenn Vriend, psychologue pour enfants à Ottawa, a publié sur LinkedIn un message concernant une décision récente prise en Ontario de modifier les critères d’accès au titre de psychologue. Elle a exprimé en mots les sentiments de plusieurs :
« Le processus a été difficile, et parfois, je dois l’avouer, un peu angoissant.
Ce qui m’a le plus marquée, c’est le courage et l’intégrité dont ont fait preuve beaucoup de mes collègues. Sans parler fort. Sans réactions exagérées. En étant simplement calmes, éthiques et profondément rationnels.
Je sais à quel point la peur peut se cacher derrière une simple publication ou une simple republication. L’hésitation. La remise en question. La sensation de vulnérabilité qui suit la prise de parole.
Et pourtant, des gens continuent de choisir de rester fidèles à leurs responsabilités éthiques et de se soucier du public. C’était incroyablement apaisant d’en être témoin. Et, à bien des égards, cela m’a aussi aidée à trouver ma propre stabilité.
Même discret, le courage reste du courage.
Et le courage ne manquait pas. »
Si ce n’est pas vous, alors qui ce sera? Si ce n’est pas maintenant, alors quand le sera-t-il? Nous sommes à un moment de notre histoire qui, jusqu’à présent, était cantonnée à... eh bien, l’histoire. La montée de l’autoritarisme mondial, la renaissance du fascisme, l’accélération des changements climatiques, la banalisation du racisme et de l’homophobie, la menace accrue de pandémies et de maladies autrefois éradiquées, la montée de la culture incel parallèlement à la féminophobie et à la masculinité toxique, les répercussions de l’isolement social. Les menaces qui pèsent sur les populations du monde entier sont nombreuses — et pour la première fois de notre vie, ces menaces ne sont plus cantonnées à des régions reculées du globe, mais sont désormais à notre porte.
Si la psychologie est capable de comprendre pourquoi, elle est également capable de comprendre comment, et est particulièrement bien placée pour aider les autres à comprendre. Nous savons comment bâtir la confiance avec le public. Faisons-le en étant présents à la radio, à la télévision, dans les balados et dans les journaux. Les membres de la SCP peuvent commencer par consulter le guide sur l’utilisation des médias que nous avons créé à cette fin. Nous savons comment convaincre les gens de vérités objectives. Faisons-le en convainquant les élus de ce que nous savons être vrai. Les membres de la SCP peuvent s’y mettre en consultant la Trousse d’outils sur la représentation des intérêts créée par Glenn Brimacombe, notre directeur des politiques et affaires publiques. Nous savons comment les gens se laissent convaincre par des mensonges à cause de la désinformation. Érigeons-nous en rempart contre cela, à l’instar du Dr Jonathan Stea, auteur du livre Mind The Science. Nous avons une expertise considérable à partager, et beaucoup d’entre nous le font dans un langage simple afin que d’autres puissent en bénéficier, grâce à des vidéos ou des fiches d’information.
Je suis parfaitement conscient du caractère quelque peu circulaire de la logique qui consiste à écrire quelque chose dans le but de persuader les psychologues d’utiliser leur vaste expertise pour persuader les autres. Ce que j’espère accomplir, c’est nous faire prendre conscience à tous de la chance qui s’offre à nous et de l’urgence de saisir cette chance pour placer la psychologie au cœur du plus grand nombre de domaines possible. Cela implique, à bien des égards, de raconter.
Nous pouvons raconter l’histoire des gens touchés par les guerres et les changements climatiques. Nous pouvons relayer des anecdotes sur le TSPT, le trouble bipolaire et les milieux de travail toxiques. Nous pouvons lutter contre les charlatans du « bien-être » physique et mental en expliquant aux gens comment nous parvenons à des traitements fondés sur des données probantes et étayés par des preuves. Nous sommes capables de contribuer à la mise en récit de nos réponses collectives à l’antisémitisme, à la diversité de genre, aux théories de complot ou à l’isolement social. Lorsque les psychologues racontent des histoires, ils racontent les histoires des gens. Et cela, comme nous le savons (grâce à la psychologie), permet de toucher un plus grand nombre de personnes.
Mon travail, tel que je le conçois, consiste à mettre en récit la psychologie. Le rôle de la psychologie, tel que je le conçois, est de raconter au monde les histoires de ses habitants.
