Profils du Mois de la psychologie : Dre Lindsay McCunn et Dr John Zelenski, Environmental Psychology

Dre Lindsay McCunn
Dre Lindsay McCunn
Dr John Zelenski
Dr. John Zelenski

Dre Lindsay McCunn et Dr John Zelenski, Environmental Psychology
La psychologie de l’environnement compte deux branches principales. Nous avons parlé à la Dre Lindsay McCunn de la branche de la psychologie de l’architecture (la conception de bâtiments et de pièces pour le bien-être des occupants) et au Dr John Zelenski, de la psychologie écologique (qui s’intéresse aux comportements écologiquement durables par l’intermédiaire de la connexion des gens à la nature).

À propos de Dre Lindsay McCunn et Dr John Zelenski

Psychologie de l’environnement

« Quand je dis que je ne vous juge pas, je pense que je veux vraiment dire “pas plus que les autres.” ».

Je suis un peu nerveux à l’idée que, pendant notre réunion Zoom, la Dre Lindsay McCunn et le Dr John Zelenski puissent juger mon arrière-plan, décidément très encombré. Tous mes appareils électroménagers sont placés sur une tablette derrière moi, ce qui donne l’impression (exacte, il se trouve) que mon bureau à domicile est un coin exigu près de la cuisine. La Dre McCunn et le Dr Zelenski sont des psychologues de l’environnement, c’est-à-dire des spécialistes des espaces que nous occupons et de la manière dont nous interagissons avec eux. Le Dr Zelenski est plutôt gentil et honnête – en tant qu’êtres humains, nous percevons des indices subtils, à partir des espaces de chacun, mais cela n’est probablement pas propre aux psychologues de l’environnement. Nous jugeons tous les arrière-plans Zoom, ne serait-ce qu’un peu.

La Dre Lindsay McCunn est professeure de psychologie à l’Université Vancouver Island. Elle est la présidente de la Section de psychologie de l’environnement de la SCP et la rédactrice en chef adjointe du Journal of Environmental Psychology. Selon elle, les arrière-plans Zoom des gens ou la façon dont ils aménagent leurs jardins ou leurs espaces de vie sont sources de curiosité pour chacun d’entre nous.

« La façon dont les gens s’expriment, organisent leur domicile et placent des objets importants est vraiment intéressante. Sam Gosling a écrit un livre intitulé Snoopologie; il s’agit d’une étude portant sur la façon dont on peut déduire la personnalité et la façon de penser des gens en fonction de la manière dont ils rangent leurs bibelots et leurs affaires dans leur maison et leur bureau. »

La Dre McCunn se spécialise en psychologie de l’environnement et décrit ainsi sa spécialité.

« La psychologie de l’environnement, c’est l’étude des transactions entre les personnes et les lieux. Et j’entends par là beaucoup de types d’endroits – un café, un bureau, une école, un parc, un océan, une montagne. Nous étudions les différentes façons dont les gens interagissent avec leur environnement. De la même manière qu’un psychologue social étudie et analyse les relations et les interactions entre les individus et les autres, les psychologues de l’environnement étudient et analysent les relations entre les personnes et les lieux. Dans mes recherches, je m’intéresse à la façon dont les gens interagissent dans les collectivités et les milieux de travail, en particulier dans les hôpitaux, les écoles et les bureaux. À ce titre, je me penche sur le personnel, principalement, et sur les personnes qui utilisent les environnements d’une manière différente de celle à laquelle on pourrait s’attendre, comme les étudiants et les patients, les enseignants, etc. ».

Le Dr John Zelenski est professeur au département de psychologie de l’Université Carleton. Il est également un psychologue de l’environnement, mais il se spécialise dans un domaine bien différent de celui de la Dre McCunn. On pourrait dire que l’un et l’autre représentent les deux principales branches de la psychologie de l’environnement – la psychologie de l’architecture (Dre McCunn) et la psychologie de l’écologie (Dr Zelenski).

« En plus d’être un psychologue de l’environnement, je me considère aussi comme un psychologue de la personnalité qui se réclame de la psychologie positive. Je me suis beaucoup intéressé à ce que nous appelons le rapport à la nature, ou ce que d’autres appellent “la connexion avec la nature”. Je parle ici des impressions subjectives des gens : font-ils partie de la nature ou la nature est-elle distincte d’eux et n’a pas grand-chose à voir avec leur perception d’eux-mêmes? Je me suis aussi beaucoup intéressé de façon générale par ce que j’appelle un “chemin heureux vers la durabilité”. C’est l’idée que nous savons que la nature est capable de rendre les gens de bonne humeur. La nature est associée au bonheur, tant sur de longues périodes que sur le moment. Nous savons que les gens qui passent beaucoup de temps dans la nature et qui se sentent très liés à la nature adoptent des comportements proenvironnement et écologiquement durables. Au cours des dernières années, nous avons commencé à penser que l’inverse est peut-être vrai aussi. Si l’on peut amener les gens à faire quelques petits gestes pour la nature, en adoptant des comportements écologiquement durables, il serait possible de se servir de cela pour qu’ils se sentent plus proches de la nature et plus heureux de pratiquer ces activités. Nous pensons que les actions en faveur de l’environnement ne doivent pas nécessairement être onéreuses et que nous pouvons les associer à des émotions positives. »

Ce que « consacrer du temps dans la nature » signifie pour chaque personne est subjectif. Il s’agit peut-être de prendre un week-end pour faire de la randonnée dans les collines, de passer une journée à pêcher sur la glace ou simplement d’aller dans son jardin et s’occuper de son potager de radis. Pour la Dre McCunn, cela a entraîné de grands changements depuis le début de la pandémie de COVID-19. Elle nous parle par Zoom dans ce qui semble être un chalet dans les bois. Depuis quelques années, elle et sa famille vivaient dans le centre-ville de Nanaimo, en Colombie-Britannique, en face du service d’ambulance, du service de police et de la caserne de pompiers. Les sirènes ont augmenté considérablement lorsque la pandémie a commencé, leurs habitudes de sommeil ont commencé à en être affectées et ils ont décidé de louer un endroit à la campagne.

« Ce fut en quelque sorte une bonne étude de cas en psychologie de l’environnement, dans la mesure où nous pouvions réaliser ce qui nous stimulait dans notre environnement familial, puis décider comment le modifier pour notre santé mentale. Nous avons donc pensé à déménager dans un cadre naturel plus vaste où nous pourrions avoir un peu plus de contrôle sur les choses qui nous stimulent. Nous avons été très chanceux de pouvoir louer quelque chose à la campagne. C’était intéressant, parce que j’étais très attachée à la maison que nous possédions. L’une des choses que nous étudions, comme psychologues de l’environnement, est le “sentiment d’appartenance” ou un sentiment d’appartenance à un lieu, un sentiment identitaire ou un sentiment de dépendance. Au début de la pandémie, j’ai entendu beaucoup de questions sur la façon dont les gens faisaient face au sentiment de perte qu’ils ressentaient depuis qu’ils travaillaient à domicile. Pas seulement un sentiment de perte en rapport avec des éléments sociaux, mais aussi une perte des moyens habituels par lesquels ils se rendaient à leur lieu de travail. Peut-être prenaient-ils le même autobus tous les jours ou arrêtaient-ils au même café lorsqu’ils se rendaient à l’école ou au travail. Même le caractère physique de l’environnement de bureau ou de la salle de classe elle-même – cet environnement leur manquait. Je me suis donc demandé comment je réagirais lorsque je m’éloignerais de mon environnement familier auquel je m’étais vraiment attaché. Je ne voulais pas me mettre dans une position où je perdrais mon lien avec mon cadre habituel, mais je me suis rapidement attachée à cet endroit et aux caractéristiques naturelles qui l’entourent. Ce fut une belle aventure d’explorer la psychologie de l’environnement de l’intérieur et dans ce contexte. »

Se sentir proche de la nature, ce peut être aussi simple que de pouvoir sortir et toucher à un arbre, ou regarder par la fenêtre une montagne ou une variété d’espèces d’oiseaux. Alors, comment cela peut-il se traduire par des comportements plus respectueux de l’environnement, au moment où le changement climatique est devenu le problème le plus urgent de notre époque? Le Dr Zelenski donne l’exemple que voici.

« Nous avons beaucoup de bonnes preuves circonstancielles et d’études de laboratoire, et nous essayons de les assembler. Quelques programmes ont été prometteurs! Mon ancienne étudiante, amie et collaboratrice, Lisa Nisbet, a collaboré avec la Fondation David Suzuki pour relever le Défi nature 30×30. Ce défi consiste à consacrer 30 minutes dans la nature chaque jour pendant 30 jours. Les personnes qui s’inscrivent à ce défi ont tendance à être plutôt écologistes et déjà très proches de la nature. Mais au cours de ce mois, cette connexion semble se développer. Ce n’est pas un essai contrôlé randomisé, mais il semble que le fait de passer du temps dans la nature donne à ces personnes le sentiment d’être plus proches, ce qui les incite à adopter des comportements écologiquement durables. »

L’écologie est une division de la psychologie de l’environnement (relativement) nouvelle, et elle a sans aucun doute pris beaucoup d’ampleur au cours des 20 dernières années, les changements climatiques étant rapidement devenus un sujet de premier plan pour beaucoup d’entre nous. Le Dr Zelenski n’est pas le seul à avoir évolué dans cette direction.

« L’attention et l’importance accordées à l’aspect écologique de la psychologie de l’environnement semblent s’être accrues au cours des 10 ou 15 dernières années. Je suis venu à la psychologie écologique après mon doctorat, par simple intérêt personnel, et j’ai l’impression d’être l’un des millions de personnes qui ont suivi le mouvement, et ce, pour plusieurs raisons. Les gens semblent de plus en plus manifester des symptômes de dépression, d’anxiété, etc., et la nature semble offrir un répit agréable. De plus, la prise de conscience relative aux changements climatiques ne cesse de croître, car nous en voyons de plus en plus les effets. Et les décideurs politiques souhaitent savoir ce que les sciences sociales peuvent apporter pour résoudre ces problèmes. »

La dimension écologique de la discipline a émané naturellement de la branche traditionnelle de la psychologie de l’architecture, qui existe depuis les années 1960. Selon la Dre McCunn, il existe quelques programmes d’études supérieures officiels en « psychologie de l’environnement » au Canada, mais il y en a plus en Angleterre et aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Amérique du Sud. Donc, lorsqu’elle dit aux gens qu’elle est une « psychologue de l’environnement », ceux-ci savent souvent ce qu’elle veut dire.

« Certaines personnes, à juste titre, divisent la dimension de la psychologie de l’architecture et la dimension de la psychologie de l’écologie. Je le fais aussi si je veux expliquer aux gens ce que j’étudie, parce que je suis plutôt du côté de l’architecture. Je travaille avec des ingénieurs, des gestionnaires d’installations et des urbanistes, mais j’ai aussi des collègues, comme John, qui s’intéressent au lien avec la nature et travaillent avec des personnes qui étudient les attitudes et les comportements proenvironnement. L’idée de conservation de la nature est devenue très populaire dans le domaine de la psychologie de l’environnement, sans pour autant prendre le pas sur la dimension architecturale, qui s’intéresse à l’infrastructure des immeubles, etc. En fait, la psychologie de l’environnement a débuté dans le contexte de l’architecture, mais elle s’est largement étendue à son autre volet, qui consiste à poser aux gens des questions sur leur conscience écologique et leur rapport à la nature. »

Les deux branches vont de pair. Pensez à la tendance à construire des bâtiments « verts », avec du chauffage à faible consommation d’énergie, des panneaux solaires, voire un jardin sur le toit.

Selon la Dre McCunn, « Quand un ingénieur me demande : “devrions-nous concevoir ce bâtiment en tenant compte de la durabilité”, il veut en réalité savoir – “les gens vont-ils le remarquer? S’en soucient-ils? Vont-ils apporter des changements à leurs comportements à l’intérieur (et à l’extérieur) de l’immeuble pour cette raison?” Je peux les aider à étudier la manière dont les gens se comportent, travaillent et fonctionnent dans des bâtiments plus (ou moins) durables. J’ai fait une étude dans une école d’études supérieures qui a montré que le fait qu’un immeuble de bureaux soit “vert” ou durable ne signifie pas nécessairement que cela permettra de prédire une forte productivité ou une forte satisfaction. Il est important de garder un œil critique sur ce que l’on attend d’une conception durable et sur ce que l’on n’attend pas. »

Pensez à des espaces dans lesquels vous vous êtes sentis immédiatement à l’aise avec les personnes qui vous entouraient – et d’autres où ce n’était pas le cas. Il est possible que ce ne soit pas les personnes présentes qui en soient la cause, mais la conception de l’espace qui a rendu les interactions plus embarrassantes, ou qui a rendu cette pièce, ce bâtiment ou ce wagon plus confortable. La Dre McClunn précise.

« Si l’on veut qu’un certain espace soit accueillant et confortable, on peut le concevoir pour qu’un certain nombre de personnes puissent s’y asseoir à une certaine distance. Je pense à la conception d’un café, ou un restaurant ou même une salle de classe où l’on veut que les gens s’assoient d’une certaine façon et cohabitent d’une certaine manière.

Je pense qu’il est important d’utiliser différentes méthodes, tout comme les autres psychologues le font. Nous sommes capables d’intégrer une variété de méthodes combinées dans notre travail. Nous utilisons l’observation naturaliste pour observer et voir comment les gens se déplacent et se comportent dans un espace afin de prendre des décisions de conception à partir de nos observations. Nous effectuons beaucoup de sondages et d’entrevues et, à partir de ceux-ci, nous pouvons aider les architectes et les concepteurs à rendre les bâtiments les plus humains possible. Si l’objet du travail clinique et d’autres types d’intervention psychologique est d’aider les gens à se sentir bien, alors la psychologie de l’environnement est tout à fait en phase avec cela. Nous voulons que les bâtiments soient conçus de manière à aider les gens à se sentir aussi bien, motivés, enthousiastes et en forme que possible. »

Le Dr Zelenski jette également un pont entre les deux côtés de la psychologie de l’environnement, et ce, de différentes manières. La collaboration avec des groupes qui font déjà un travail environnemental lui permet de recueillir plus facilement des données, et l’analyse de ces données permet à ces groupes de fonctionner de manière plus efficace et efficiente.

« J’ai collaboré avec un architecte, faisant ainsi le pont entre ces deux composantes de la psychologie de l’environnement. Il était très intéressé par la construction de bâtiments qui donneraient envie aux gens de se comporter de manière écologique. De même, il ne s’agit peut-être pas seulement de l’intérieur du bâtiment, mais aussi des espaces naturels proches du bâtiment qui pourraient encourager ces comportements. Il s’agit de poser une question plus nuancée sur les types de milieux naturels à proximité qui pourraient aider les gens à se sentir mieux, à être plus heureux et plus productifs.

Il y a un petit organisme sans but lucratif qui fournit des trousses d’analyse de l’eau. Il les distribue aux gens, qui les utilisent pour tester la qualité de l’eau à proximité; les gens téléchargent ensuite leurs données dans un genre de base de données participative qui permet de voir si le lac ou la rivière près de chez eux est en bon ou en mauvais état, et comment cela évolue au fil du temps. Il serait difficile pour moi de monter une expérience dans laquelle je distribuerais des tas de trousses d’analyse de l’eau, mais je peux essayer de suivre les personnes qui le font déjà pour voir si cela change leur sentiment de connexion avec la nature, si cela les rend heureux et si cela leur donne envie de faire d’autres choses bonnes pour l’environnement que de simplement tester l’eau. »

Depuis la mise en place de mesures de confinement en raison de la pandémie, nous entendons beaucoup de personnes dire qu’elles apprécient davantage la nature. C’est un moyen sûr de sortir de chez soi. Si on ne peut pas aller dans un centre commercial bondé ou à un concert, on peut toujours aller dans un parc et se promener. Les gens voient la nature comme une source de bien-être et un bon moyen de s’adapter, et certaines études indiquent que la nature est l’une des choses les plus positives que les gens ont ressenties au cours des deux dernières années, où la distanciation physique était imposée. Mais ce lien avec la nature, ainsi que la prise de conscience de la grave menace que représente le changement climatique, crée à certains égards de nouveaux problèmes.

Selon le Dr Zelenski, « Beaucoup de gens parlent d’écoanxiété et le fait que les gens soient de plus en plus conscients des changements climatiques pourrait être une arme à double tranchant. Cela peut donc être motivant – ce qui est un résultat positif, les gens voulant se comporter d’une manière plus écologique – mais certaines personnes pourraient être bouleversées ou inquiètes à tel point que cela créera de nouvelles formes de stress et d’inquiétude qui, chez elles, peuvent être inadaptées. »

L’un des moyens de lutter contre l’écoanxiété, un nouveau mot à la mode dans le domaine de la préservation de l’environnement, consiste à faire connaître les psychologues de l’environnement et à solliciter leurs conseils. Cette sensibilisation accrue se ressent également dans la dimension architecturale, car les contributions des experts de ce domaine sont maintenant perçues par beaucoup comme étant inestimables. La Dre McCunn dit qu’elle a vu ce changement directement.

« Lorsque je rencontre des ingénieurs, des architectes et des urbanistes, je constate qu’ils sont davantage sensibiliés à la psychologie de l’environnement et qu’ils sont tout à fait disposés à travailler avec nous. Lorsque je faisais ma maîtrise, j’ai remarqué que très peu de personnes occupant ces postes voulaient travailler avec un spécialiste en sciences sociales. Plusieurs d’entre eux disaient qu’ils faisaient ce genre de recherche accessoirement, et qu’ils “savaient déjà comment étudier les gens”. Aujourd’hui, ils font appel à moi car ils veulent intégrer cette dimension professionnelle à leur activité ou à leurs processus.

La cognition spatiale, par exemple, est un sujet très habituel en psychologie de l’environnement. Je pense qu’il est important de le mentionner car la population vieillit. Les psychologues de l’environnement consultent souvent les concepteurs pour savoir comment aider les personnes atteintes de démence à s’orienter dans une maison de soins, par exemple. Nous pouvons les observer et les aider avec des pancartes et des symboles, et des moyens d’intégrer leur psychologie dans la conception pour leur faciliter la vie. »

Êtes-vous déjà allé dans un magasin où il y a, sur le sol, un motif très simple qui se transforme un peu à l’approche des toilettes, et un peu plus près de la caisse? Peut-être y a-t-il des rampes d’escalier de couleur vive le long des murs, et le siège des toilettes est-il d’une couleur nettement différente du reste des toilettes. Le magasin est bien éclairé, mais pas trop, car il y a peu de surfaces réfléchissantes et pas de miroirs. Un magasin qui ressemble à ça a probablement été conçu pour être accessible aux personnes atteintes de démence, avec l’aide de psychologues de l’environnement.

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de différents types de démence sont généralement suivies par une équipe de soins, notamment par un neuroscientifique (voir le portrait de la neuropsychologie clinique présenté plus tôt ce mois-ci). De plus en plus, les psychologues de l’environnement travaillent au sein d’équipes interdisciplinaires plus larges, et les neurosciences elles-mêmes prennent une place plus importante dans la discipline. La Dre McCunn dit qu’elle le constate grâce aux articles proposés au Journal of Environmental Psychology.

« Il y a beaucoup d’articles qui fusionnent les neurosciences et la psychologie de l’environnement. Je fais aussi cela dans mon propre travail – j’ai presque terminé une deuxième maîtrise en neurosciences appliquées, simplement pour approfondir mes recherches dans le domaine des neurosciences environnementales. J’aime chercher à comprendre des concepts tels que “que se passe-t-il dans le cerveau lorsque nous ressentons un attachement à un lieu? Est-ce différent de l’attachement que l’on ressent face à une personne? Que se passe-t-il dans le cerveau lorsque nous rencontrons différents contextes?” Ce sont des questions importantes qui, je pense, sont de plus en plus populaires. »

La psychologie de l’environnement devenant une discipline de plus en plus demandée, l’expertise des personnes travaillant dans ce domaine est appliquée à une variété de sujets sans cesse croissante. La Dre McCunn espère que cette tendance se poursuivra, afin que l’ensemble des compétences de ses collègues puisse être utilisé pour aider à résoudre des problèmes importants.

« Je souhaite que la psychologie de l’environnement fasse partie d’un grand nombre d’équipes très diverses. Bien sûr, les architectes et les urbanistes, mais aussi les cliniciens, les médecins, les neuroscientifiques, etc. Je crois que nous sommes de bons partenaires et nous pouvons ajouter des facettes aux questions de recherche qui peuvent enrichir une réponse et la rendre plus complète. Il est très difficile de tirer des conclusions à partir de quelques variables seulement. La mobilisation des données et de la modélisation dans le domaine de la psychologie de l’environnement peut nous aider à aider les autres à obtenir des réponses plus fiables à de vastes questions de société sur ce qui pousse les gens à agir et à penser de telle ou telle manière. J’aimerais voir la psychologie de l’environnement mettre à contribution son expertise dans toutes sortes de contextes et dans toutes sortes d’équipes. »

Mais soyez rassuré – si un psychologue de l’environnement se retrouve chez vous, il ne jugera pas la disposition de votre argenterie ni l’endroit où vous avez placé votre saucière, à côté du pot de Nutella. Du moins, pas plus que n’importe qui d’autre.